La Fête de l’océan 2020

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Elle s’est déroulée le Samedi 6 juin 2020 à 12h et à 17h. L’Aquarium tropical de la porte dorée à Paris a proposé pour la 4e édition de la Fête de l’océan un tour du monde à la découverte des richesses marines, avec pour la première fois un événement participatif en ligne et en direct !

Animée par Fred Courant de l’Esprit Sorcier, et Dominique Duché, directeur de l’Aquarium tropical, la Fête de l’océan 2020 a permis un beau voyage des côtes bretonnes à celles de la Réunion, de la Polynésie aux mangroves de Guyane, de la cuisine d’un chef étoilé aux fonds marins de Méditerranée.

Cette émission en ligne a articulé des séquences avec des experts de la vie marine et des quizzs pour toute la famille. Le public était invité à poser des questions en direct sur Facebook aux spécialistes et à relever des défis depuis chez eux.

Rendez-vous de 12h à 13h pour la 1ère partie du voyage avec une mise en appétit et un petit tour dans l’océan Indien… : Comment pouvons-nous consommer poissons, algues, coquillages et crustacés, sans mettre en danger les espèces et les écosystèmes ?

Puis de 17h à 18h30 pour la 2e partie du voyage : Baleines, algues, herbiers, mangrove et récifs, de la métropole à la Polynésie, en passant par la Guyane et les Caraïbes !

Emma Michaud a participé à cette  2ème partie sur les mangroves de Guyane. Si le littoral de Guyane peut progresser vers le large par le dépôt de vastes bancs de vase venant de l’Amazone, rapidement recouverts par la mangrove, il peut aussi reculer rapidement sous l’effet de l’érosion marine. La mangrove de Guyane abrite peu d’espèces de palétuviers, arbres adaptés à une salinité très variable et une variété d’invertébrés, d’oiseaux et de poissons. C’est une zone de nurserie et de nourricerie pour les poissons et crustacés. Elle joue un rôle très important dans le cycle du carbone, élément majeur de la régulation du climat.

 

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Gaëlle Fornet / CNRS

 

Visite de la Ministre Frédérique Vidal à l’IUEM

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En visite en Bretagne notamment dans le cadre des modalités de la rentrée universitaire qui devrait se faire sous forme « hybride », la Ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, est venue rencontrer les acteurs d’ISblue (« Interdisciplinary graduate School for the blue planet ») le jeudi 4 juin matin. Lors de ce déplacement, elle était accompagnée d’Antoine Petit, le PDG du CNRS.

Accueillis chaleureusement dans le hall de l’Institut, par Fred Jean, Anne Marie Tréguier et Matthieu Gallou, ils se sont dirigés vers l’amphi A après avoir écouté quelques explications sur les posters des 7 unités de recherche de l’IUEM.

Dans l’amphi, ils ont pu écouter 3 présentations très intéressantes : Anne Marie Tréguier, directrice d’ISblue et directrice de recherche CNRS au LOPS, Grégory Charrier, membre du collège formation ISblue et Maître de conférence au LEMAR, venu présenter la formation au sein d’ISblue et Laurent Chauvaud, directeur de recherche CNRS au LEMAR qui a évoqué l’acoustique marine.

Anne Marie a présenté l’école universitaire de recherche ISblue en sciences et technologies de la mer, son partenariat unique avec 2 universités, 3 organismes de recherche et 4 écoles ainsi que ses actions. Les 5 thèmes de recherche et les différents types d’appels à projets ont également été évoqués. L’accent a été mis sur la l’ambition internationale et l’alliance entre la recherche et la formation.

Grégory a débuté sa présentation par l’objectif de formation ISblue qui est de créer une communauté formative en sciences de la mer et du littoral et en technologies marines. Il a insisté sur la richesse et la complémentarité du consortium (universités-écoles) qui permet l’émergence d’une identité commune avec 4 axes stratégiques de travail (enseignement par le numérique, approches méthodologiques, internationalisation et lien recherche-formation) et a décrit le rôle de l’ingénieur pédagogique, indispensable pour la stratégie de formation. Il a finalement évoqué la plus-value d’ISblue, les outils pour accompagner la formation et 2 premières actions de formation concrètes communes.

Enfin, Laurent Chauvaud a fini cette rencontre en apothéose, par une présentation de ses travaux scientifiques sur l’acoustique marine et a même fait écouter à l’assistance les bruits de la coquille Saint Jacques, d’une crevette claqueuse et d’un oursin.

La conclusion de Frédérique Vidal à l’issue des trois présentations a été la suivante : « Ceci est une très belle démonstration de ce que peut faire une communauté quand elle a trouvé sa signature ».

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Dominique Simon

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Anne Marie Tréguier

 

Stéphane Bertin, Chercheur en physique du littoral au pôle observatoire marin de l’UMS

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

Je suis diplômé de l’école d’ingénieur Polytech Lyon avec une spécialité en mécanique des fluides, agrémentée d’un master recherche portant sur les applications de la mécanique des fluides à l’environnement. J’ai travaillé à l’Université d’Auckland en Nouvelle-Zélande de 2011 à 2018, où j’ai effectué ma thèse de doctorat ainsi qu’un postdoc au sein de la faculté d’ingénieur en génie civil et environnement. Mes travaux de recherche portaient sur le transport sédimentaire et la mesure des changements morphologiques par télédétection. Je me suis tout d’abord intéressé à la modélisation physique (utilisation de canaux hydrauliques en laboratoire) et à la mise en place d’outils de photogrammétrie afin de caractériser la relation entre écoulement d’eau et rugosité (microtopographie) de surface. L’idée derrière ces travaux était de pouvoir améliorer notre compréhension, et ainsi mieux modéliser, la boucle de rétroaction reliant les propriétés physiques d’un écoulement turbulent et les paramètres topo-morphologiques de la surface sédimentaire sur laquelle l’écoulement agit. J’ai eu l’occasion de poursuivre ces travaux lors d’expériences de terrain en milieu côtier et fluvial.

 

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

L’idée de pouvoir travailler à l’IUEM, un institut pluridisciplinaire tourné vers les sciences marines, et comprenant des services nationaux d’observation, m’a tout de suite intéressé. J’ai donc choisi l’IUEM pour la portée scientifique des travaux de recherche qui y sont menés, notamment en géomorphologie et télédétection appliquée au domaine côtier, mais aussi du fait de la possibilité de pouvoir interagir facilement avec d’autres équipes tournées vers des thématiques complémentaires, telles que l’océanographie et la biologie marine. J’ai aussi choisi l’IUEM pour sa situation géographique : je n’ai jamais pu être aussi proche de l’eau en travaillant !

 

Que fais-tu à l’IUEM ?

Mon travail à l’IUEM est celui d’un physicien adjoint contractuel, dont les missions rassemblent observation, recherche et enseignement. Je suis ainsi chargé d’assurer la co-coordination depuis Brest du service national d’observation DYNALIT (DYNAmique du LIttoral et du Trait de côte), dont l’IUEM est l’OSU coordinateur. DYNALIT est un réseau d’observation, labélisé SNO par le CNRS-INSU en 2014, dédié à la métrologie récurrente et de long terme visant à caractériser le fonctionnement physique et l’évolution morphologique du littoral. DYNALIT compte actuellement 35 sites-ateliers en France métropolitaine et outre-mer, répartis sur 5 façades maritimes. Dans ce contexte, j’effectue des travaux de recherche au sein du Laboratoire Géosciences Océan dont les principales orientations sont la mesure par télédétection, les protocoles de traitement et d’analyse de la géomorphologie, et les processus physiques contrôlant l’évolution court-terme du littoral au travers de séries d’observation. Un de mes projets clés pendant ma première année à l’IUEM a été la qualification et la valorisation d’une longue série temporelle de suivis topo-bathymétriques (mesures fines permettant de comprendre la géomorphologie) effectués sur la plage de Porsmilin. Je souhaite par ce travail améliorer la collecte, le traitement et l’analyse de ces données, ainsi que permettre la mise en relation avec les forçages hydrodynamiques (ex vagues, marée) mesurés ou modélisés. Je m’intéresse donc tout particulièrement à la qualification des erreurs dans les modèles topographiques et à leurs effets dans les analyses sédimentaires pour lesquelles ils sont utilisés. J’ai aussi eu l’occasion d’aider au développement et à la demande de financement de projets de recherche portant sur la mesure de l’état de mer sur les côtes et la caractérisation précise de la forme des vagues au déferlement.

Côté aide à l’enseignement, plusieurs sorties de terrain étaient prévues dans le cadre de la Licence 3 Hydrographie UBO-Shom. Ces sorties ont été annulées du fait des changements occasionnés par le confinement.

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

Cette anecdote me replonge dans un diner de conférence à Chengdu en Chine. Le repas proposé, un « hotpot », était typique de cette région (Sichuan) où le piment et le poivre (légèrement anesthésiant en bouche) sont particulièrement appréciés. Bien que prévisible, l’effet sur les mangeurs fut rapide et durable : visages rouges comme une tomate, sueur, envie d’éternuer !… Beaucoup de rire donc ! L’envie était trop forte pour pouvoir s’arrêter…

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

Je suis vraiment reconnaissant de l’opportunité de pouvoir travailler et nouer des liens avec des gens sur tous les continents. Mes plus beaux souvenirs sont ainsi d’avoir pu participer à des conférences à l’étranger, par exemple en Australie et en Chine, me permettant de découvrir un petit peu de ces pays.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

Je suis particulièrement tourné vers les activités de plein air et nautiques ! Je pratique régulièrement (jamais assez) le surf, mais aussi la nage, le vtt et la randonnée. Par la suite, je souhaiterais continuer ma formation à la voile. En dehors de ces activités sportives, j’apprécie jardiner, cuisiner et lire des romans, surtout ceux relatant de voyages et îles autour du monde…

As-tu une devise ?

Restons optimiste !

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Candide Lionet

Stéphane Bertin / UBO

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Stéphane Bertin / UBO

Le manque d’accès aux données marines : un barrage à une gestion plus saine des océans

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À l’ère du numérique, alors que les bases de données océaniques sont continuellement enrichies, les écosystèmes marins s’appauvrissent et se dégradent de manière alarmante. Dans le contexte des changements globaux, ce type de données devrait nous permettre une meilleure gestion de notre consommation des ressources océaniques, afin de les préserver. Pourtant, nombre de ces informations sont difficilement accessibles et/ou peu partagées ; cet état de fait gêne la bonne compréhension des différentes modifications physiques, écologiques et sociales en cause dans ces changements écosystémiques évolutifs et rapides. Ceux-ci impliquent de constantes réévaluations et mises à jour des données océaniques. On observe cependant un progrès significatif dans la communication et la transparence de ces données. D’intéressantes alternatives pourraient venir l’enrichir.

À ce jour, d’innombrables observations satellites de la Terre sont répertoriées par les dispositifs de télédétection (ex. programmes Landsat et Sentinel), des milliers de scientifiques collectent des milliers de données sur le terrain ; un grand nombre de plateformes en résulte, offrant un accès et un partage à ces ressources en ligne.

Trop souvent, un manque évident de structuration et/ou de standardisation nuit au partage en ligne des données ; celles-ci peuvent, par exemple, être collectées par des étudiants ou des chercheurs non-académiques. Malgré des incertitudes de mesures souvent inconnues voire douteuses, de nombreuses informations importantes sont contenues au sein de ces données « désordonnées ». Comment les combiner au mieux avec celles des chercheurs académiques, et ainsi en valoriser l’ensemble ? Les bases de données actuelles pourraient s’enrichir d’une quantité conséquente de ressources ignorées ou non partagées (cf. fig. 1).

Fig. 1 : Situation actuelle (à gauche) et souhaitée (à droite) dans le contexte de la disponibilité et du partage des données océaniques. Les débits d’eau représentent la quantité de données relative à chaque source.

Trois obstacles très concrets, expliquant les difficultés d’accès aux données océaniques, peuvent ainsi être identifiés : leur mise en ligne, leur accessibilité et la navigation sur les plateformes dédiées. Le téléchargement des ressources vers le Cloud (stockage à distance) correspond à leur transfert dans une grande base de données numériques où elles peuvent être partagées. Se posent alors des contraintes (cf. fig. 2) de recherche et localisation des bases de données thématiquement proches et regroupant des informations de même nature que celles à déposer, de leurs sources d’origine et du respect des exigences de formatage.

Dans certains cas, les données océaniques ne sont pas numériques et par conséquent, pas répertoriées (informations relevées dans des carnets de bord par ex.). De même un propriétaire n’a pas forcément conscience de l’utilité de ses données pour la communauté ; c’est typiquement le cas des publications de photos sur les réseaux sociaux : les Smartphones peuvent en effet être considérés comme des outils d’enregistrement des changements d’état des mangroves ou des herbiers marins en Indonésie par ex.

Fig. 2: Paramètres de la production et du partage des données. (1) mesures sur le terrain, (2) instruments de traitements de données détenus par les producteurs uniquement, (3) ensemble de données dispersées, (4) données locales non partagées en dehors d’une institution, (5) données potentiellement intéressantes pour des utilisateurs extérieurs à l’institution, (6) barrage aux partages des données, (7) articles produits à partir de données stagnantes, (8) utilisation impossible de données aux formats inadaptés, (9) non-renseignement de la source de données mises en ligne, (10) montagnes de disciplines différentes auxquelles pourraient s’appliquer un même type de données.

Une fois téléchargées sur le Cloud, se pose le problème de l’accès à ces données. Celles-ci sont souvent classées par disciplines, régions océaniques et sous différents formats. Les liens entre ces ressources sont donc fragiles et facilement rompus. De plus, les utilisateurs ne sont pas toujours informés des mises à jour du fait de l’impossibilité de communiquer avec les producteurs de données. Enfin, la navigation se complique à mesure que le volume et la diversité des ressources augmentent. Les données océaniques, réparties sur différentes plateformes, sont peu évidentes à évaluer (qualité/précision de mesure) et à dater (données anciennes/récentes). Néanmoins et même si l’outil de recherche Google propose un accès assez simple à des données récentes, un système de navigation qui offrirait une combinaison optimale de toutes ces données, allègerait le coût de la Recherche en sciences marines sur le long terme et à large échelle géographique.

La plupart des solutions à ces problèmes existent déjà mais sont exploitées partiellement ou appliquées à d’autres domaines que l’Océanographie. S’en inspirer permet d’envisager une combinaison de différentes approches pour accéder à un maximum de ressources. Le procédé « d’optimisation combinatoire » consiste, dans ce cadre, à coupler les technologies de navigation à l’utilisation de réseaux sociaux (cf. fig. 3)

Fig. 3 : Combinaison de diverses solutions (représentée par le moulin), cette combinaison fournirait une plateforme de découverte et d’accès aux données, ainsi que de nombreux outils et applications.

Pour exemples : l’utilisation d’un « grand livre » (registre) facilite la lecture de paramètres mesurés et classés, issu du domaine comptable, il concourt à la traçabilité des sources et à la transparence des données. Le registre le plus simple est le DOI (identificateur d’objet numérique), déjà appliqué à de nombreuses ressources en sciences. Les DOI certifient la provenance et sont associés aux données source. Par ailleurs, l’utilisation d’un blockchain (chaîne de blocs) permet la traçabilité et assure la sécurité du partage des données, jusqu’alors son principal domaine d’application est celui de la cryptomonnaie. Il permet un enregistrement ponctuel des modifications des données ainsi qu’une gestion de données combinées dans un cadre interdisciplinaire. Enfin, l’utilisation d’un extracteur et transcripteur automatique tire parti de l’intelligence artificielle, pour un traitement rapide d’une grande quantité d’informations, il réduit aussi les coûts et efforts associés au téléchargement et à la navigation (ex. : NPL / Natural Language Processing).

De nouveaux appels au partage volontaire de données pourraient enfin venir compléter l’utilisation des outils mentionnés précédemment. Des revues scientifiques reconnues soutiendraient la collecte d’une grande quantité de données pour leur valorisation. Un index de citation existe déjà pour les articles scientifiques et l’ensemble des données répertoriées, via le service d’information universitaire du Web of Science (WOS). La présence systématique d’un index pourrait désigner la source des données océaniques ayant donné lieu à une publication dans les revues scientifiques, en vue d’un regroupement de ces données.

Certaines communautés numériques utilisent également des monnaies non officielles dans diverses régions, pour favoriser les dépenses locales. Une monnaie communautaire numérique (DCC /Digital Community Currency) pourrait donc être créée afin de soutenir les fournisseurs de données océaniques en fonction de la quantité, la qualité et la transparence des ressources partagées. Cette monnaie serait en outre échangée contre d’autres ressources en ligne. Un tel procédé augmenterait la visibilité de jeux de données conséquents et soutiendrait le financement de campagnes scientifiques. Les agences gouvernementales pourraient aussi en bénéficier pour faire face aux catastrophes naturelles et des réseaux sociaux spécialisés dans les échanges entre chercheurs profiteraient également de ces partages. Une combinaison de ce type de réseaux avec les plateformes de données en ligne (ODCM/Ocean Data Combinatorial Machine) permettrait notamment une gestion des mises à jour en plus de nouvelles collaborations entre chercheurs.

Des enseignes internationales comme Amazon ont déjà résolu, à des fins commerciales, des problèmes similaires concernant la gestion et la compilation des données. Cette entreprise utilise des agencements spécifiques pour stocker ses articles dans d’énormes entrepôts, leur accessibilité est optimisée en permanence. La transparence est également assurée sur l’origine, la composition, la fabrication de nombreux produits et des interactions directes sont prévues avec les clients. Ce type d’exemple rend envisageable, le regroupement des données marines, leur accessibilité ainsi que des échanges entre producteurs et utilisateurs. Une transposition durable au domaine océanique permettrait la création de bases de données universelles pour une gestion plus saine des Océans. Coordonner des actions efficaces pour atténuer le déclin des écosystèmes marins passe par une meilleure gestion de nos données océaniques, collaboration et partage maximal restent donc essentiels.

Médiation scientifique

Assurée par Pierre Fourrier, doctorant de l’École Doctorale des Sciences de la Mer et du Littoral (EDSML – Université de Bretagne Occidentale), en 1ère année de thèse en Chimie Organique Marine au Laboratoire des Sciences de l’Environnement Marin (LEMAR), à l’Institut Universitaire Européen de la Mer (IUEM).

L’article

Pendleton, L. H., Beyer, H., Grose, S. O., Hoegh-Guldberg, O., Karcher, D. B., Kennedy, E., Llewellyn, L., Nys C., Shapiro, A., Jain, R., Kuc, K., Leatherland, T., O’Hainnin, K., Olmedo, G., Seow, L., Tarsel, M. (2019). Disrupting data sharing for a healthier ocean. ICES Journal of Marine Science, 76(6), 1415-1423. https://doi.org/10.1093/icesjms/fsz068

Les auteurs

Cet article est issu d’une collaboration internationale entre des chercheurs du World Wildlife Fund (WWF) (Washington, USA) ; du Nicholas Institute for Environmental Policy (Duke University, USA) ; du Global Change Institute (University of Queensland, Australie) ; de l’Ifremer (IUEM, UBO, Plouzané) de l’unité de recherche AMURE ; de la Conservation Science Unit (WWF, Indonésie) ; de l’Australian Institute of Marine Science (Townsville, Australie) ; et de l’IBM Corporation, Corporate Citizen & Corporate Affairs (New-York, USA).

La revue

« The ICES Journal of Marine Science » publie des articles originaux, des essais d’opinions (« Food for Thought »), des projets pour l’avenir (« Quo Vadimus ») et des revues critiques qui contribuent à notre compréhension scientifique des systèmes marins.

Contacts

Auteurs : consulter l’annuaire de l’IUEM

Bibliothèque La Pérouse : Suivi éditorial, rédaction, corrections et mise en page : Fanny Barbier

Service Communication et médiation scientifique : communication.iuem@univ-brest.fr

 

Adélie Pomade, Enseignant-chercheur en droit à AMURE

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

J’ai soutenu ma thèse à l’Université d’Orléans en 2009 sur la société civile et le droit de l’environnement. Dans cette recherche, j’ai apprécié de quelle manière la société civile participe en pratique à l’élaboration et à l’application du droit de l’environnement, et j’ai tiré les conséquences théoriques de cette analyse en proposant de revisiter les théories des sources du droit et de la validité des normes juridiques. Après ma thèse, j’ai continué à approfondir le rôle de la société civile et les jeux d’acteurs qu’elle implique, toujours en droit de l’environnement, mais au prisme de thématiques différentes : agriculture, forêt, biotechnologies, climat…

Pour cela, j’ai fait 2 post-docs en France : à l’Université de Lyon 3 et à l’Université de Rennes 1 (agriculture, activités minières), et 2 en Belgique à l’Université Catholique de Louvain et à l’Université Saint Louis de Bruxelles (forêt, instruments basés sur le marché de la biodiversité). Je suis ensuite partie 2 ans au Brésil à l’université Fédérale de Rio Grande Do Sul (FURG) en qualité de professeur invité, où j’ai exploré la relation entre les peuples autochtones, la biodiversité et le droit de l’environnement.

 

Mission d’observation de la biodiversité pendant la saison sèche, dans une réserve protégée du Pantanal (Centre-ouest du Brésil)

J’ai aussi coordonné des projets de recherche consacrés aux biotechnologies, nanotechnologies, ou encore à la pêche.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

Parmi les différentes thématiques que je n’avais pas encore réellement explorées, il y avait le milieu marin.  Il constituait pour moi un nouveau laboratoire d’observation des relations Humains-environnement au prisme du droit. C’est aussi l’interdisciplinarité en termes de potentiel de travail qui m’a fait venir à l’IUEM en septembre 2018, car depuis quelques années je m’intéresse au « savoir travailler ensemble ». Cela rejoint très bien mes champs d’expertise en tant que juriste environnementaliste : spécialiste des jeux d’acteurs et de normes en droit de l’environnement d’une part, et méthodologie de l’interdisciplinarité d’autre part.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Côté enseignement, j’interviens dans le Master 1 du Master SML. Je fais les TD inter-SML en droit de l’environnement. L’objectif est de permettre aux étudiants qui ne sont pas juristes de s’approprier la manière dont réfléchit un juriste. J’ai construis la pédagogie de ce cours autour de jeux de rôles et de travail en équipe. C’est très stimulant. A la rentrée prochaine, j’enseignerai également le droit de l’environnement aux étudiants de M2 du Master Droit des activités maritimes.

Par ailleurs, je suis responsable scientifique de l’unité d’enseignement Sciences et société. Avec Riwalenn Ruault, qui s’occupe plus particulièrement du volet pédagogique, nous nous attelons actuellement à développer une plus grande visibilité du remarquable travail accompli par les étudiants de M2 et les doctorants qui les encadrent. A suivre !

Concernant la recherche, elle se construit autour de 3 dynamiques : juridique, méthodologique et interdisciplinaire.

Pour la partie juridique, je travaille sur l’introduction de la notion de scénario en droit. L’objectif est de déterminer quelles normes seront les plus effectives et efficaces à l’issue d’un processus décisionnel ; cela invite à envisager un degré de prospective en droit. Par exemple, nous sommes au sein d’une Aire marine protégée (AMP) avec énormément de fréquentations touristiques nautiques. Des décisions sont prises pour réguler cette fréquentation et sont concrétisées par une norme juridique dont le contenu et la forme feront qu’elle sera appliquée ou non. Pour être sûr que la norme soit appliquée, il faut arriver à anticiper la réception et le bénéfice de cette norme par les destinataires ; une sorte de logique gagnant-gagnant.

En méthodologie, je travaille sur le « comment travailler ensemble » pour mettre sous tension sciences humaines et sociales et sciences du vivant. En effet, nous parlons beaucoup du travail en interdisciplinarité, mais en pratique cela est souvent chaotique. J’essaie donc d’accompagner cette dynamique en dégageant des moyens de faciliter les échanges. Dans ce cadre, je suis intervenue dans le séminaire du LEMAR indisciplinés, et un ouvrage a été publié aux Presses universitaires de Rennes (PUR). Dans la continuité, une journée d’études a été organisée à l’Institut de l’ouest : Droit et Europe (IODE) à Rennes 1. Le fascicule de restitution de l’atelier va être édité par AMURE à l’automne.

Du point de vue de la recherche interdisciplinaire, j’explore la manière et les voies mobilisées ou mobilisables par les sciences humaines et sociales pour saisir la science participative qui est principalement explorée par les sciences de la nature. Il s’agit vraiment d’établir une tension positive entre les unes et les autres. Dans ce contexte, j’ai déposé un projet H2020 SWAFs qui questionne les leviers de l’engagement citoyen à participer aux activités de science participative, au regard de différentes disciplines. Une journée d’étude sera organisée à l’IUEM à l’automne sur le sujet.

 

Préparations réalisées par des femmes d’une communauté autochtone de l’Etat du Pará (Nord du Brésil), lors d’entretiens relatifs aux usages traditionnels des plantes amazoniennes

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

Oui ! Une belle aventure culturelle (de mon point de vue). C’est lorsque je donnais des cours à la FURG. Dans l’Etat du Rio grande do Sul, les hivers sont très froids et humides. A la FURG, les cours sont souvent dispensés le soir, à partir de 19h et jusqu’à 23h, pour permettre aux étudiants de travailler dans la journée. Les salles de cours ne sont pas chauffées en hiver. Lors de mon 1er cours j’avais une vingtaine d’étudiants dans la salle, installés sur deux rangées d’arc de cercle, emmitouflés dans leurs manteaux et pour la plupart dans leurs ponchos (en référence à la culture gaúcho du sud du Brésil). Quatre ou cinq étudiants avaient avec eux un thermos d’eau chaude et deux d’entre eux une cuia (calebasse) où ils y avaient préparé du chimarrão (qu’on connait sous le terme maté).  Pendant le cours, les étudiants pratiquent la « Roda de chimarrão », c’est-à-dire qu’ils boivent tour à tour à la cuia pour se réchauffer et alimentent le chimarrão en eau chaude. Il serait impensable de leur demander de mettre un terme à cette tradition !

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

Quand j’ai reçu la médaille Vermeil de l’Académie d’Agriculture de France en 2018 ! C’était très symbolique pour moi, car il s’agissait de la reconnaissance, par des non-juristes, de la valeur ajoutée et de l’intérêt de mes travaux en droit pour leur communauté scientifique (écologie, géographie, biologie, anthropologie…).

Quels sont tes centres d’intérêt ?

Faire du bateau ! Je pratique le catamaran de sport depuis plus de dix ans. Au début c’était du loisir, et aujourd’hui, c’est en compétition, aussi bien en France qu’à l’international.

As-tu une devise ?

Ne jamais remettre à demain ce que je peux faire le jour même.

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Sylvain Chanteloup

Adélie Pomade / UBO

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Adélie Pomade

Blog Changement clim-éthique réalisé par Olivier Ragueneau, chercheur CNRS au LEMAR

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En cette période de confinement, e-mobilisés, chacun se demande comment il peut contribuer au commun et aux réflexions sur l’après Covid-19. Dans cette optique, Olivier Ragueneau a eu envie de partager un essai intitulé :

Changement clim-éthique. « Agir global, penser local » et autres retournements jubilatoires.

Olivier est océanographe de formation, biogéochimiste marin plus exactement. Pour des raisons que vous découvrirez dès le premier chapitre du manuscrit, il explicite les raisons d’une inflexion certaine dans sa trajectoire de recherche, qui date de l’année 2001, qui a mûri peu à peu et l’a emmené jusqu’à la COP 15 de Copenhague en 2009, pour y présenter l’idée de dette climatique. Depuis, il travaille de plus en plus en lien avec différentes disciplines des sciences humaines et sociales ainsi qu’avec la société civile organisée pour appréhender le fonctionnement et les trajectoires de ce qu’on appelle les socio-écosystèmes.

Son blog aborde les questions du changement climatique et des inégalités, que nous devrons traiter conjointement au lendemain de cette crise sanitaire, qui nous y invite déjà.

Il propose cet essai sous la forme d’une série de chapitres téléchargeables en ligne tous les trois jours, de façon à couvrir cette période de confinement, à 20h le mardi et le vendredi.

Voici le lien vers ce blog, où il explicite davantage sa démarche.

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Sébastien Hervé / UBO

 

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Olivier Ragueneau

 

Noé LAHAYE
, Physicien-Océanographe post-doctorant CNES au LOPS

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

J’ai obtenu ma thèse au laboratoire de météorologie dynamique à Paris. Je travaillais globalement sur la dynamique des tourbillons dans l’océan et dans l’atmosphère. Ensuite, j’ai fait un premier post-doctorat aux USA à San Diego. Il portait sur les ondes internes, qui sont des perturbations en courants et densités qui se propagent dans l’océan. Nous nous intéressons à ces ondes internes parce qu’elles jouent un rôle important dans la circulation océanique et notamment dans le mélange de masses d’eau de densité différentes.

Après mon 1er post-doc, je suis rentré en France et je suis arrivé à Brest — à l’IUEM, donc ! —, pour faire un second post-doc avec Jonathan Gula et Guillaume Roullet au LOPS. Je me suis intéressé à la génération de ces ondes internes par les fonds marins et à leur impact sur les courants profonds. Dans le cadre de ce post-doc, j’ai eu l’occasion de participer à une mission de collaboration pluridisciplinaire au niveau d’un site hydrothermal profond, « Lucky Strike », au large des Açores sur la dorsale nord atlantique, pour essayer de comprendre l’impact des courants sur les écosystèmes.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

C’est l’IUEM qui m’a choisi !

J’ai découvert et compris ce qu’était l’IUEM au cours de mes deux années de post-doc. Mais je ne connaissais pas l’IUEM avant de venir à Brest, je savais juste que je venais au LOPS. Je suis stimulé par les aspects pluridisciplinaires qui sont renforcés à l’Institut et les interactions potentielles avec les biogéochimistes notamment.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Je suis en post-doc, employé par le CNES pour travailler sur les ondes internes générées par la marée au sein du LOPS côté IFREMER, avec Aurélien Ponte qui est chercheur à Ifremer. Je travaille sur la modélisation de ces ondes et leur caractérisation à l’aide d’altimétrie par satellite. C’est un projet qui s’inscrit dans le contexte de la future mission spatiale SWOT (Surface Water and Ocean Topography), qui permettra de mesurer la signature dynamique des courants océaniques sur la déviation du niveau de la mer avec une couverture spatiale inédite. Nous parlons de révolution dans la communauté d’océanographie physique, et il y a beaucoup d’enjeux autour de la caractérisation de la signature des ondes de marée interne. Le but de mon travail est de mettre en place un modèle qui permette de reconstruire le champ d’ondes de marée interne à partir de ces données (entres autres) et de mieux caractériser leur cycle de vie : où sont elles générées, comment se propagent-elles, ou sont-elles dissipées, comment affectent-elles la circulation générale…

 

As-tu des anecdotes professionnelles ?

Je me suis déjà retrouvé dans une réunion où l’un des protagonistes n’a pas pu résister à la tentation d’une petite sieste. Nous étions trois…

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

C’est mon post-doc à San Diego. La plage était en bas du laboratoire. J’allais surfer le matin avant d’aller travailler ou le soir au coucher du soleil.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

Le surf, la plongée et, surtout, la musique. Je joue de la batterie.

Et je m’intéresse un peu aux questions politiques et environnementales. Je viens au travail à vélo, je fais partie d’une AMAP…

 

 

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Noé Lahaye

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Suzanne Lutfalla

Fermeture de l’IUEM

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En raison de la crise sanitaire actuelle, l’IUEM est fermé à l’ensemble des étudiants et personnels depuis le lundi 16 mars et jusqu’à la fin de la période de confinement. Certains membres du personnel sont d’astreinte mais la plupart des agents, si leur activité professionnelle le permet, télétravaillent depuis cette date ou sont en Autorisation spéciale d’absence (ASA). La mise en œuvre du télétravail s’est faite rapidement et les plans de continuité d’activités (PCA) ont permis aussi la poursuite des activités nécessitant une présence physique. L’Institut est ainsi rentré dans un nouveau mode de fonctionnement. Les activités, et plus largement la vie scientifique, se poursuivent, sous des formes nouvelles et appropriées.
Une belle initiative a été mise en place le vendredi 20 mars. En effet, une action groupée a été organisée au sein de l’Institut pour faire un don des gants et des masques en stock dans nos laboratoires de recherche qui en utilisent afin de les mettre à disposition du personnel soignant du CHRU de Brest. Le matériel a été déposé dans le hall d’accueil et le directeur a ensuite organisé la collecte avec la personne référente au CHRU.

Crédit photo

Institut national des maladies infectieuses américain (NIAID)

De l’île d’Aix à Marseille : le circuit des étudiants du M2 EGEL

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Comme chaque année à la fin du premier semestre, les étudiants de 2ème année du Master SML mention EGEL (Expertise et Gestion de l’Environnement Littoral), ont quitté leur salle de cours pour un périple pédagogique de deux semaines du 9 au 23 février 2020 sur les littoraux métropolitains organisé dans le cadre de leur association Patel.

 

Cette année, la première semaine s’est déroulée à l’île d’Aix dans le cadre de l’Unité d’enseignement « Aires marines protégées » coordonnée par Louis Brigand, enseignant au sein de cette formation pluridisciplinaire vouée à la connaissance et la gestion des littoraux et de la mer. Le principe de cette semaine est le suivant : après une semaine théorique de cours dispensés à l’IUEM par des experts de l’agence française pour la biodiversité (AFB) et le Parc naturel marin d’Iroise (PNMI), les étudiants répondent à deux ou trois problématiques présentées par des gestionnaires et des collectivités. L’objectif est de construire une réflexion structurée, rendre un rapport et faire une présentation publique des résultats dans la  semaine.

 

Le thème choisi par la directrice du Parc naturel marin de l’estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis, Madame Julie Bertrand, et le maire de l’île d’Aix, Alain Burnet, était en lien avec deux problématiques importantes pour l’île. La première portait sur les informations environnementales sur le parc marin à transmettre aux visiteurs durant leur acheminement vers l’île. Une enquête auprès d’une vingtaine de compagnies maritimes a permis de proposer des pistes originales de médiation et de communication.

La seconde était une enquête menée auprès d’habitants de l’île sur leur lien à la mer. Comment les Aixois vivent, utilisent la mer dans leur quotidien, et la perçoivent. Cette enquête anthropologique,  menée auprès d’un tiers des habitants a permis de dégager des pistes intéressantes de réflexion et aussi un débat public riche en échanges.

 

De l’avis de tous, cette semaine, dense et intense, fut une semaine riche et féconde. Rendez-vous est pris pour poursuivre l’année prochaine avec le parc marin et la commune sur de nouveaux thèmes de recherche.

La seconde semaine s’est prolongée par un périple de Montpellier à Marseille au cours duquel de nombreuses visites commentées par des acteurs locaux, entrepreneurs, associatifs, chercheurs, gestionnaires d’aires protégées, habitants autour de sites remarquables comme la Grande Motte, la Camargue, le port de Marseille, les Calanques… ont permis de découvrir cette portion du littoral méditerranéen.

 

Les étudiants, très investis et impliqués, ont rejoint Brest au terme de ces 15 jours riches en découvertes et bons moments pour enchaîner sur leurs stages de fin d’études.

Ce travail a donné lieu à trois rapports disponibles auprès de Louis Brigand.

M2 EGEL, 2020, Perceptions de la mer et du PNM-EGMP par les habitants de l’île d’Aix, 25 pages.

M2 EGEL, 2020, Étude de préfiguration – Compagnies maritimes et médiation sur les thématiques maritimes dans le périmètre du parc marin, 26 pages.

M2 EGEL, 2020, Rapport du voyage d’études Montpellier/Marseille, 49 pages.

Crédit photos

Loïck Le Roy

Contact

Louis Brigand

 

 

Nereis Park VI

L’objectif de cet événement est de rassembler la communauté scientifique internationale des chercheurs travaillant sur les mécanismes de la bioturbation dans les environnements marins, d’eau douce et terrestres, sous toutes les latitudes (polaires, tropicales, tempérées), et prenant en compte différentes échelles de temps (du Précambrien au présent). Cet événement est organisé par l’association Nereis Park, une association internationale regroupant tous les scientifiques travaillant sur la bioturbation (http://www.nereispark.org/). Cette 6ème édition propose une école thématique internationale sur la Bioturbation avec des conférences et une formation de haut niveau dans le but de donner aux scientifiques et aux étudiants les dernières avancées conceptuelles et technologiques sur les processus de bioturbation. Elle portera sur l’étude des processus de bioturbation dans leur ensemble et leurs impacts sur le fonctionnement des écosystèmes, à différentes échelles spatiales et temporelles.

Ouverture de la pré-incription : 14 février 2020

(Nereispark2020 formulaire d’inscription)

Date limite de soumission des résumés : 12 avril 2020

5 sessions


Session 1: relations bioturbation-fonctionnement des écosystèmes



Conférencier invité : Pr. Murray Gingras | Univ. Alberta, USA

Dans cette session, le rôle de la bioturbation pour l’évolution des écosystèmes sera discuté avec un accent particulier sur les différents services écosystémiques fournis par la bioturbation dans les écosystèmes terrestres, d’eaux douce et marine dans le contexte du changement global. Les divers effets de la bioturbation seront abordés, notamment: l’érosion des sédiments, la stabilisation et le drainage, la biogéomorphologie, la libération de contaminants et de kystes, l’oxygénation et la bioremédiation des sédiments et des sols pollués, la dégradation et minéralisation de la matière organique. Pour la première fois, le fonctionnement des environnements passés et extrêmes (Précambrien, grottes quaternaires, mangroves, environnements polaires et profonds, lacs hyper-salins …) sera considéré.


Session 2: Intégration des processus de bioturbation dans les modèles et les fonctions de la biodiversité



Conférencier invité : Pr. Andrew M. Lohrer | NIWA, New Zealand

L’influence des activités de bioturbation sur les écosystèmes dépend de la diversité structurale et fonctionnelle benthique fortement liée aux variables environnementales. Cette session abordera les différentes approches (ex : diversité spécifique, fonctionnelle, traits biologiques…) utilisées pour évaluer les effets de la biodiversité sur le fonctionnement des écosystèmes à travers des études expérimentales et en milieu naturel. Ce sera le point de départ d’une session de forums ouverts autour de deux questions:

  • Comment intégrer le rôle des caractéristiques individuelles des espèces sur les processus benthiques à l’échelle de la communauté?
  • Comment représenter les effets des communautés benthiques au niveau de l’écosystème?

Wiebke Ziebis

Session 3 : Interactions micro et macro-organismes impliquées dans les cycles biogéochimiques



Conférencière invitée : Dr. Wiebke Ziebis | Univ. Southern Carolina, USA

Les activités de bioturbation modifient la diversité microbienne et les processus microbiens impliqués dans la dégradation et le recyclage de la matière organique des sédiments. Ces derniers ont une influence, à plus grande échelle, sur les flux et bilans biogéochimiques (carbone, azote, soufre, phosphore, silice, fer). La qualité de la matière organique (réfractaire versus labile) et les variables environnementales influencent en parallèle ces activités microbiennes. Cette session se concentrera sur sur les interactions entre les micro-organismes (par exemple les procaryotes, les bactéries électriques « cable bacteria », les archae, les eucaryotes et les réseaux de co-occurrence) et les macro-organismes impliqués dans la biogéochimie des sédiments.


Session 4 : Nouvelles approches d’analyse, d’observation et de modélisation pour les études de bioturbation



Conférencière invitée : Dr. Simone Pennafirme | Univ. Federal do Fluminense, Brazil

Cette session portera sur les différents outils permettant de prendre en compte l’hétérogénéité des écosystèmes:

  • Capteurs optiques et infrarouges 1D et 2D pour mesurer la micro-hétérogénéité des solutés dans les eaux interstitielles (oxygène, manganèse, soufre, CO2, pH…)
  • Flux biogéochimiques aux interfaces sédiment-eau et sédiment-air
  • Télédétection pour visualiser la microtopographie et la diversité benthique à la surface des sédiments
  • Imagerie tomographique pour visualiser en 3D les structures biologiques dans les sédiments et les sols
  • Modèles mécanistiques et stochastiques pour simuler les processus biogéochimiques associés au comportement des animaux.

Nous examinerons également les limites potentielles de ces outils et comment elles peuvent être surmontées pour une configuration expérimentale ou étude de terrain spécifique.

Robert Aller

Session 5 : Transfert d’échelles



Conférencier invité : Pr. Robert C. Aller | Stony Brook University, USA

A partir des résultats des études présentées pendant les conférences et des conclusions des ateliers précédents, cette session se concentrera sur le changement d’échelle (transfert d’échelle) en faisant référence à:

  • l’importance d’un processus de bioturbation spécifique dans les modèles diagénétiques,
  • la représentation des espèces ou des traits fonctionnels dans la communauté;
  • le passage d’expériences contrôlées à des études in situ intégrant l’écosystème dans son ensemble
  • extrapolation des résultats d’une étude locale au niveau de l’écosystème en tenant compte de sa variabilité spatiale et temporelle.


Objectif de l’école thématique BIOTURBATION



Cette formation pluridisciplinaire proposera des outils différents et complémentaires à chaque session (cours sous formes de plénière et études de cas sous forme de courtes interventions orales, travaux pratiques sur le terrain et en laboratoire, session de forum ouvert, tables rondes ..) pour comprendre le rôle de la bioturbation dans le fonctionnement actuel et passé des écosystèmes, et savoir comment l’intégrer dans les modèles d’écosystème, dans les projets d’ingénierie écologique, de restauration et de gestion des écosystèmes. Ces rencontres scientifiques et pédagogiques, en mélangeant les disciplines, permettront ainsi de constituer un réseau de compétences pour pouvoir faire émerger des approches innovantes pour répondre à des questions d’ordre fondamental et méthodologique. Cet événement s’adresse à tout scientifique (chercheur, étudiant, ingénieur) ainsi qu’à tout gestionnaire en sciences de l’environnement.

Comité scientifique international

Dr. Stefano Cannicci (Hong Kong University, China)

Dr. Suzanne Dufour (Memorial University, Canada)

Dr. Stefan Forster (University of Rostock, Germany)

Dr. Franck Gilbert (CNRS | ECOLAB, France)

Dr. Boris Jansen (Amsterdam University, Netherlands)

Dr. Pascal Jouquet (IRD | iEES, France)

Dr. Florian Mermillod-Blondin (CNRS | LEHNA, France)

Dr. Emma Michaud (CNRS | LEMAR, France)

Dr. Thomas Stieglitz (IRD | CEREGE, France)

Dr. Daniella Zeppilli (Ifremer | PDG-REM-EEP-LEP, France)

Comité local d’organisation

Dr. Emma Michaud (CNRS | LEMAR)

Dr. Gerard Thouzeau (CNRS | LEMAR)

Dr. Olivier Gauthier (Brest University | LEMAR)

Dr. Jill Sutton (Brest University | LEMAR)

Dr. Stefan Lalonde (CNRS | LGO)

Emilie Grosstefan (CNRS | IUEM)

Sébastien Hervé (Brest University | IUEM, LEMAR)

Nadine Reniers (CNRS |IUEM)

Nathalie Le Mentec (Brest University | IUEM, LEMAR)

Avec le soutien de

Hébergement

L’événement se tiendra en Bretagne (France) à Logonna-Daoulas du 23 au 28 août 2020 dans le centre de séminaires « Moulin Mer ». Cette installation offre un espace pour les sessions et les ateliers, les repas et l’hébergement, le tout à un seul endroit, y compris l’accès aux salles éducatives et aux sites d’échantillonnage dans les environnements marins, d’eaux douces et terrestres. Pour votre conjoint, il donne également accès à de belles promenades le long des plages, de la forêt et des lieux d’activités telles que le volley-ball, le badminton, la voile et la pêche. Le site est situé entre Brest et Quimper (à 8min de l’autoroute). Le site est situé entre Brest et Quimper (à 8mn de la voie express). Brest est la ville la plus proche avec une gare (TGV) et un aéroport  proposant quelques vols internationaux et un large choix de vols via Paris (Orly ou Charles de Gaulle).

Appel à contributions


Chacune des cinq sessions est composée de conférences invitées, d’un ensemble (limité) de présentations orales (sélectionnées parmi les résumés), d’une session d’affiches, de tables rondes et de cours pratiques et théoriques spécifiques.

Le comité scientifique de cet événement invite les participants à soumettre un résumé en anglais à l’une des sessions suivantes:

  • Session 1: Relations bioturbation-écosystème
  • Session 2: Intégration des processus de bioturbation dans les modèles de biodiversité et leurs fonctions
  • Session 3: Interactions micro / macro-organismes dans les cycles biogéochimiques
  • Session 4: Nouvelles approches d’analyse, d’observation et de modélisation pour les études de bioturbation
  • Session 5: Transfert d’échelles

La préférence pour l’oral / l’affiche et le choix de la session thématique sont des options indiquées sur le formulaire de soumission de résumé. Les motivations pour participer à l’école thématique doivent être ajoutées au formulaire de pré-inscription.

Nereispark2020_template_preregistration

Date limite de soumission: 12 Avril 2020

Inscriptions


Toute personne inscrite assistera à l’ensemble de l’évènement sur toute la semaine. L’école thématique « Bioturbation » est limitée à 70 participants. Pour participer, remplissez directement le formulaire de pré-inscription (pre-registration form) qui comprend un formulaire de soumission de résumé (avec des détails sur la présentation du résumé) et une section sur les motivations et les attentes pour participer à l’école thématique.

Les résumés seront sélectionnés par le comité scientifique international. Une fois votre résumé sélectionné, vous pouvez remplir le formulaire d’inscription final qui comprend les détails du paiement. Votre inscription sera officielle dès réception du paiement des frais d’inscription.

Les frais de conférence couvrent le prix total de l’hébergement, de la nourriture, des pause-café et du transport de l’aéroport ou de la gare jusqu’au lieu de la conférence, aux salles de conférence et d’enseignement de l’école thématique. Choisissez une option parmi les arrangements suivants (prix par personne):

Frais d’inscription :

Gratuit pour le personnel CNRS

  • [1] Chambre simple = 500 €
  • [2] Chambre double partagée (deux lits) = 420 €
  • [3] Etudiant (chambre double ou triple partagée, deux ou trois lits) = 370 €

Les chambres simples sont très peu nombreuses dans la résidence «Moulin Mer», et afin d’accueillir autant de participants que possible, la plupart des participants devront partager une chambre. Lorsque vous sélectionnez l’option « chambre partagée », veuillez indiquer le nom du participant avec lequel vous aimeriez être colocataire.

Pour plus d’informations, contactez-nous par courriel.

Dates limites


Ouverture de la pré-inscription d’ouverture: 14 février 2020
Date limite de soumission des résumés : 12 avril 2020
Les auteurs sont informés de la sélection des résumés et du programme: 27 avril 2020
Insciption: 28 avril –  1 juin 2020