«Icelandia» – L’Islande est-elle le centre d’un vaste continent englouti ?

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Des universitaires pensent avoir découvert un remarquable secret géologique : un continent englouti caché sous l’Islande et l’océan environnant, qu’ils ont baptisé «Icelandia».
Une équipe internationale de géologues, animée par Gillian Foulger, professeur émérite de géophysique au département des Sciences de la Terre de l’Université de Durham (Royaume-Uni), pense que le continent englouti pourrait s’étendre du Groenland jusqu’à l’Europe. Laurent Geoffroy du LGO a participé à cette réflexion.

Une nouvelle théorie révolutionnaire

Les scientifiques pensent que le continent immergé couvre une superficie d’environ 600 000 km2, mais si l’on inclut les zones adjacentes à l’ouest de la Grande-Bretagne dans une «Grande Islande», la superficie totale pourrait atteindre environ 1 000 000 km2.

Si cette théorie est confirmée, cela signifie que le supercontinent géant de la Pangée, dont on pense qu’il s’est disloqué il y a plus de 50 millions d’années, ne s’est en fait pas complètement désagrégé.
Cette nouvelle théorie remet en question des idées scientifiques de longue date concernant l’étendue de la croûte océanique et continentale dans la région de l’Atlantique Nord, et la façon dont les îles volcaniques, comme l’Islande, se sont formées.

Une collaboration anglo-franco-norvégienne

La présence d’une croûte continentale, plutôt qu’océanique, pourrait également susciter des discussions sur une nouvelle source de minéraux et d’hydrocarbures, tous deux contenus dans la croûte continentale.
Cette nouvelle théorie révolutionnaire est née d’une série innovante de réunions d’experts tenues à Durham et fait l’objet d’un chapitre dédié dans l’ouvrage In the Footsteps of Warren B. Hamilton : New Ideas in Earth Science publié le 29 juin 2021 par la Geological Society of America, que le professeur Foulger a co-écrit avec le Dr Laurent Gernigon du Geological Survey of Norway et le professeur Laurent Geoffroy du Laboratoire Géosciences Océan (LGO).

À propos de cette nouvelle théorie, le professeur Foulger a déclaré :

«Il y a un travail fantastique à faire pour prouver l’existence de l’Icelandia, mais cela ouvre aussi une perspective complètement nouvelle sur notre compréhension géologique du monde. Un phénomène similaire pourrait se produire dans de nombreux autres endroits. […] Nous pourrions éventuellement voir les cartes de nos océans et de nos mers être redessinées au fur et à mesure que notre compréhension de ce qui se trouve en dessous évolue.»

Télécharger ici le chapitre dédié à Icelandia.

Crédits photos

Gillian Foulger / Durham University, Laurent Geoffroy / UBO & Laurent Gernigon / NGU

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Laurent Geoffroy / UBO

 

 

Laure Taupin, ingénieure d’études au LBCM

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

J’ai d’abord obtenu une licence de biochimie et de biologie moléculaire. Ensuite, j’ai validé un master professionnel en biochimie structurale et protéomique en 2007 à l’université Paul Sabatier de Toulouse. Durant mon master, j’ai appris différentes techniques de caractérisation des molécules et de leur structure. J’ai également effectué un stage de 6 mois, à Sanofi, une industrie pharmaceutique de Montpellier. L’objectif était de déterminer des structures 3D moléculaires à l’aide de la diffraction aux rayons X. J’avais pour fort souhait d’intégrer un laboratoire de recherche porté sur les études structurales. Ainsi, fin 2007, je suis rentrée au LBCM, Laboratoire de Biotechnologies et de Chimie Marines, en qualité d’ingénieure d’études en analyse chimique à Lorient. En 2016, le LBCM est devenu une unité de recherche de l’IUEM.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

En 2012, le LBCM avait déjà un statut de laboratoire associé à l’IUEM. En 2016, il a concrétisé son intégration en devenant un laboratoire de l’IUEM et il est lié avec deux autres laboratoires à l’axe « Biotechnologies Marines ». C’est donc naturellement que moi aussi j’ai rejoint l’IUEM.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Ma spécialité est l’analyse chimique. Cette branche d’activité permet d’identifier des molécules et de pouvoir les quantifier. Je participe à des travaux de recherche avec des étudiants en masters, des doctorants, des post docs ainsi que des chercheurs sur des thèmes de caractérisation structurale qui consistent à identifier une molécule responsable d’une activité biologique.

Le LBCM est reconnu pour son expertise sur les biofilms. Le biofilm est un mode de vie bactérien. Au départ du développement d’un biofilm, les bactéries adhèrent à une surface et sécrètent une matrice qui les enveloppe et les protège de l’environnement extérieur. Ce mode de vie est sous le contrôle de signaux moléculaires qui permettent aux bactéries de synchroniser leur phénotype comme la sécrétion de matrice. Une partie de mon activité consiste à identifier et quantifier ces signaux moléculaires.

En plus de mes activités au laboratoire, j’ai la chance de pouvoir animer des travaux pratiques et des travaux dirigés pour des étudiants de licence et de première année de master. Ces enseignements portent sur la chimie, de la réalisation de dosages au développement de méthodes analytiques et pour les étudiants en master, sur une semaine d’initiation à la recherche.

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

Oui, j’ai une anecdote que je ne suis pas prête à oublier. J’ai l’opportunité d’enseigner. Pour un tout premier TD, je me rapproche de la salle d’enseignement, rentre dans la salle et, en voulant refermer la porte, je tire sur la poignée… qui me reste dans la main après que la porte se soit refermée. Je repense à tous les étudiants surpris d’être enfermés avec moi dans cette pièce. Sur le coup, ça m’a fait rire et a eu l’effet de laisser s’envoler le trac que j’avais.

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

De manière générale, les meilleurs souvenirs professionnels sont les échanges motivés et bienveillants avec les étudiants et les chercheurs sur leurs projets de recherche.

Si je dois en retenir un, ce serait une réunion de travail pour le démarrage d’un projet.

Nous étions une quinzaine de personnes dans un gîte : étudiants de Master 2 et enseignants-chercheurs. Il y avait notamment une équipe de l’université de Rouen avec laquelle on collabore depuis plus de 10 ans. Après nous être répartis les missions, chaque chercheur travaillant sur une souche bactérienne particulière, nous avons passé un agréable moment de convivialité.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

J’aime beaucoup voyager et le sport tel que la course à pied ou le volley-ball. J’aime beaucoup l’Espagne, notamment Barcelone, l’Italie avec Rome et Lisbonne pour ses différents quartiers avec ses ambiances singulières.

As-tu une devise ?

Oui, je dirais qu’en recherche il faut aimer se poser des questions.
Et il y en a aussi une plus classique mais qui fait sens pour moi : « Ne remets pas à demain, ce que tu peux faire aujourd’hui ».

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Ambre Gautier / UBO

Contact :

Laure Taupin / UBS

Les pôles à l’IUEM

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Un groupe de travail pluridisciplinaire « polaire et subpolaire » a été mis en place à l’IUEM. Il est coordonné par Anne Choquet, Brivaëla Moriceau, Emmanuelle Quillerou, Laurent Chauvaud, Laurent Geoffroy, Lois Maignien, Paul Treguer, Sally Close et Serge Suanez, avec l’aide de Claudie Marec et Dominique Simon.

La grande majorité des unités de recherche de l’IUEM sont impliquées dans des programmes de recherches polaires et subpolaires, en coopération avec leurs partenaires au niveau national (Ifremer, MNHN, IPEV,…) et au niveau international. Cet effort s’inscrit déjà dans la longue tradition des recherches polaires de l’UBO, lancée dès les années 1970 par des recherches en géomorphologie du Spitzberg et en océanographie chimique du secteur indien de l’océan Austral.

La création d’un axe transverse polaire par l’IUEM répond à une double exigence :

1- Favoriser les synergies interdisciplinaires entre les différentes unités de recherche de l’institut et de ses partenaires.

2- Favoriser l’implication des chercheurs de l’IUEM et de ses partenaires dans les grands programmes nationaux et internationaux.

Vous pouvez rejoindre ou suivre ces travaux ici.

 

Crédit photo :

Claudie Marec / CNRS

Contacts :

Claudie Marec / CNRS

Dominique Simon / CNRS

Les journées des jeunes géomorphologues organisées par le LETG

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Du 23 au 25 juin 2021, le laboratoire Littoral, Environnement, Télédétection, Géomatique a organisé les  journées des jeunes géomorphologues (JJG 2021 – Brest) qui se sont tenues à l’IUEM. Cette manifestation a été organisée sous l’égide de l’association 1901 du Groupe français de géomorphologie (GFG), dont l’organe de publication est la revue Géomorphologie : relief, processus, environnement. Le GFG représente la France au sein de l’IAG (International Association of Geomorphologist), organe international de la géomorphologie dans le monde qui regroupe une soixantaine de pays. Cette manifestation était soutenue par le LETG, le laboratoire LETG-Brest, le CNRS, l’UBO, l’EUR ISblue, et la chaire ArMeRIE de l’UBO.

Objectifs et organisation de ces journées

Les journées des jeunes géomorphologues s’adressent à tous les jeunes chercheurs français et internationaux intéressés par la géomorphologie, les géosciences de l’environnement et les risques associés. Les doctorants (ou docteurs depuis moins de 2 ans), étaient invités à proposer une communication (orale ou poster) sur l’ensemble des thèmes intéressant la géomorphologie. Cette manifestation donnera lieu à un numéro spécial de la revue Géomorphologie : relief, processus, environnement, dans lequel les communicants sont invités à proposer un article.

L’organisation de ces journées a été assurée par Serge Suanez, Pierre Stéphan, Pauline Letortu, et Alain Hénaff du laboratoire LETG. La journée de communication a eu lieu le mercredi 23 juin dans l’amphi A de l’IUEM ; elle était suivie de deux jours d’excursion les 24 et 25 juin dans le nord Finistère et les Côtes d’Armor.

Durant la première  journée de sortie de terrain (24 juin), les problématiques de conservation du milieu naturel (Natura 2000), des aléas (érosion / submersion) et de suivis morphologiques et hydrodynamiques ont été abordées. Sur le site de Plouescat, la gestion et la conservation de la baie de Goulven, ainsi que la géo-archéologie côtière de l’allée couverte de Kernic ont, entre autres, été étudiées. Le vendredi 25, la sortie de terrain s’est effectuée sur le sillon de Talbert (Pleubian, Côte d’Armor).

Crédits photos

Erwan Le Cornec / GEOS AEL

Dominique Halleux / Conservatoire du Littoral

Denis Mercier / GFG

Contact

Serge Suanez / UBO

 

Stefan Lalonde, chargé de recherche CNRS au LGO

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

J’ai effectué toutes mes études au Canada à l’Université McGill de Montréal et à l’Université d’Alberta à Edmonton. J’ai réalisé une licence en biologie cellulaire suivie d’un master en géomicrobiologie à Montréal puis une thèse en géochimie à Edmonton. Je voulais m’orienter vers la géochimie isotopique et j’avais fait dans ce but, une demande de financement post doc pour travailler avec un chercheur français reconnu : Olivier Rouxel qui était à l’Institut Océanographique de Woods Hole. J’ai eu mon financement avant la fin de ma thèse, et quand j’ai prévenu Olivier que j’allais pouvoir travailler avec lui, il m’a dit qu’il avait obtenu une chaire LabexMER à Brest. Je n’avais jamais entendu parler de cette ville, je pensais que c’était en Biélorussie. Je suis donc arrivé au LGO (anciennement LDO) pour le suivre. Le reste appartient à l’histoire.

Après 3 ans de post doc (financement CRNSG équivalent ANR pendant 2 ans), puis un an de post doc LabexMER, je suis rentré au CNRS en 2013.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

Ce n’était pas mon choix à l’origine, j’avais choisi un chercheur plutôt qu’un lieu. J’ai découvert l’IUEM de manière assez inattendue, mais j’ai trouvé cet environnement tellement stimulant avec tous ces croisements interdisciplinaires. La région et les gens étaient en plus très sympas, donc finalement, j’étais plutôt content de mon déracinement.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Mes recherches sont centrées autour de la Terre primitive : les premiers 3 milliards d’années de l’histoire de la Planète où elle n’était encore qu’un monde microbien. Je m’intéresse plus particulièrement aux étapes clés dans l’évolution des grands cycles biogéochimiques que l’on connait aujourd’hui, ceux qui ont rendu notre planète habitable. Par exemple, quand est-ce que certains métabolismes sont apparus dans l’histoire de la planète ? Comment étaient les premiers océans, l’atmosphère et les surfaces continentales il y a des milliards d’années ? Comment fonctionnent les interactions entre la biosphère et la géosphère au cours des temps géologiques (milliards d’années) ?

Actuellement, j’ai des projets en cours sur l’initiation de l’usine carbonatée de la Terre il y a environ 3 milliards d’années. Comprendre la capacité de la biosphère à faciliter la précipitation des minéraux carbonatés est très important. Les sédiments carbonatés contiennent plus de 100 000 fois plus de CO2 que l’atmosphère. Aujourd’hui, les Bahamas sont constituées de 7 km de CACO3 quasi pur, ce qui représente un réservoir de CO2 60 000 fois plus important que le réservoir atmosphérique actuel. La capacité de la biologie à promouvoir la précipitation de ces minéraux est essentielle pour la régulation planétaire. La tendance naturelle des corps planétaires est de dégazer au cours des milliards d’années, et sur Terre, c’est la production et l’éventuelle subduction des roches carbonatées qui forment le bilan de carbone. Dans l’atmosphère de Vénus, qui est saturée en CO2 et sous haute pression, il n’y a jamais eu cette production de carbonate, et on comprend alors ce que pourrait devenir une planète sans cette usine carbonatée que nous observons sur Terre. Un de mes projets consiste à comprendre ce qui est à l’origine de ce processus de dégazage et de réintégration des sédiments carbonatés dans le manteau. Ces mêmes microbes sont responsables en partie de l’accumulation de l’O2 dans l’atmosphère et c’est aussi un de mes sujets de recherche que j’exploite grâce au projet EARTH BLOOM 2017-2022.

Stefan Lalonde présente lors du passage du G7 à Brest

Je suis également co-porteur d’un projet ICDP (International Continental Drilling Program) qui vise une séquence sédimentaire de 3,2 gigannées en Afrique du Sud et qui représente le premier environnement côtier préservé sur la planète. En 2018, mon équipe a découvert des tapis microbiens fossilisés dans des rares sédiments fluviatiles à la base de ce dépôt qui constituent la première et plus ancienne preuve d’une biosphère terrestre (émergeant de l’océan). C’est difficile de partager à quel point la Terre était différente à cette époque : une atmosphère sans aucune trace d’oxygène, un quasi « water world » avec très peu de continents émergés, des océans à potentiellement 60°C, une incidence d’UV solaire très élevée, une lune jusqu’à 30% plus proche de la surface terrestre et avec des marées gigantesques correspondantes. Pour moi, travailler sur ces périodes de temps-là, les étudier et comprendre le fonctionnement de la biosphère à l’époque, c’est presque comme regarder la vie sur une autre planète.

En parallèle, j’adore enseigner. J’interviens régulièrement en L3 dans le module « Évolution », en M2 géosciences marines, ici à l’IUEM, dans le module « Paléo-environnement et ressources minérales » et j’enseigne aussi une grosse partie du module « Océans et climat » pour le master de chimie marine.

Je suis également coordinateur scientifique du PSO pour l’IUEM  et l’un des coordinateurs du Thème 2 ISblue : interactions Océan Terre. Je suis co-directeur de l’équipe Cyber de la future UMR Géo-Océan. Je suis aussi chaire adjoint du comité scientifique du programme ICDP et j’organise les séminaires LGO. J’étais coordinateur de l’axe 3 du LabexMER.

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

Quand j’étais en thèse au Canada, tous les ans le labo prenait un stagiaire pour 2 mois de recherche. Et à la fin du stage, le ou la stagiaire réalisait un poster récapitulatif. Ce coup-ci, on avait une stagiaire et pendant son premier jour, sa première mission était de s’occuper de la vaisselle du labo. Il fallait plonger les ustensiles dans de l’acide, puis rincer, re-remplir le bac en acide et tout recommencer dans l’autre sens. Et elle était tellement stressée de son premier jour qu’elle s’est évanouie devant le bac d’acide. Juste avant de tomber, elle s’est mise à parler avec difficulté, je n’ai vraiment pas compris. Je me suis dit que j’avais tué ma stagiaire. Je suis sorti pour demander du secours, et quand je suis revenu, elle était en train de se réveiller et elle m’a dit « Mais qu’est-ce que tu fais dans ma chambre ? »

Une fois où l’on faisait une sortie de terrain en hydravion au Nord du Canada dans un endroit très difficile d’accès, le pilote qui venait nous chercher nous a déclaré qu’il en avait marre, que les avions n’étaient pas entretenus, qu’il craignait pour sa vie et qu’il fuyait le village le soir-même. Il nous a même demandé s’il était possible qu’on le cache le temps de repartir le lendemain parce que son responsable était dangereux. Pour preuve, il l’attendait armé à l’aérodrome le lendemain.
Enfin, j’étais en Afrique du Sud avec Pierre Sansjofre, on traversait la montagne. C’était magnifique, elle était constituée de 2 km de sable de la première plage de la terre, avec des tapis microbiens fossilisés partout dans le sable. Le haut de la montagne était perdu dans le brouillard, on voyait à peine 10 m devant nous. Tout d’un coup, Pierre me prend par le manteau et me jette violemment sur le côté. J’étais à 2 doigts de marcher sur un serpent très venimeux. Il m’a sauvé la vie ce jour-là.

Stefan Lalonde et Pierre Sansjofre

J’étais avec un étudiant en master sur une île caribéenne : Los Roques, au large du Vénézuela. Les chefs de mission sont venus une semaine sur les deux semaines de terrain. À la fin de la mission, nous devions charger des kilos d’échantillons dans un avion en direction de Caracas. Mais il n’y avait pas de véritable aéroport, c’était en réalité une sorte de cabane pas plus grande qu’une baraque à frites. On devait prendre l’avion pour Caracas puis rentrer au Canada, et à Caracas on devait envoyer les échantillons au Canada via un transporteur. L’homme qui était en charge de « l’aéroport » nous a dit qu’il était impossible de monter dans l’avion avec les quelques 100 kg d’échantillons, que c’était trop lourd. Donc j’ai donné ma carte bleue à l’étudiant pour qu’il puisse monter dans l’avion avec les échantillons, et une fois à Caracas les envoyer vers le Canada. J’ai regardé l’avion partir sans moi. Je suis resté à côté de la piste en attendant qu’un avion ait de la place pour me ramener à Caracas, je ne parlais pas un mot d’espagnol et n’avais plus ma carte bancaire sur moi. Finalement en arrivant à Caracas, qui était l’une des principales plaques tournantes de la drogue d’Amérique Centrale, j’ai été pris dans un contrôle anti-drogue et ai failli rater l’avion. Quand finalement, les militaires ont vu le permis que j’avais sur moi, signé du Ministre de l’Intérieur vénézuélien qui expliquait mes recherches, ils m’ont tout de suite rapatrié à l’avion qui m’avait attendu.

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

Ils sont multiples et tournent tous autour des moments que j’ai passés sur le terrain. Il y a une camaraderie incroyable lorsqu’on est en mission et que l’on met sa vie dans les mains de son coéquipier. Nos vies dépendent les unes des autres. C’est puissant comme dynamique. Les endroits que j’ai visités et les choses très rares et si exceptionnelles que j’ai eues la chance de voir, font toutes partie de mes plus beaux souvenirs de boulot.

Le haut des montagnes rocheuses, les systèmes hydrothermaux du désert d’Atacama au Chili avec les alpagas et les flamants roses, les lacs gelés au Nord du Canada, les plus anciennes traces de vie sur terre en Afrique et en Australie, les séquence de terre boule de neige dans la Vallée de la Mort (Etats-Unis) et les grands espaces vides d’humanité au Nord du Canada : c’est tout ça mes plus beaux souvenirs. Je me sens super chanceux, j’ai l’impression d’en avoir déjà eu pour toute une vie dans ma jeune carrière.

J’ai aussi eu le plaisir de travailler avec des jeunes chercheurs et chercheuses exceptionnels, et c’est une de mes motivations premières le matin quand je me lève.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

Ma vie s’est déroulée en deux temps. Et oui les vidéos et images de Stefan Lalonde, le skateboarder semi professionnel, c’est bien moi. Je recevais plein de matériel de sponsors, des fringues, c’était assez dingue. Maintenant que mon corps ne me soutient plus, pour retrouver ces sensations fortes, je construis des drones de course et d’acrobatie et je vole avec. À part ça, j’aime beaucoup l’astronomie et l’astrophotographie.

As-tu une devise ?

« Not my first rodeo! ». Je dis ça souvent pour faire comprendre aux gens de ne pas s’inquiéter et que ce n’est pas la première fois que je fais telle ou telle chose.

 

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LGO

UBO

Nicolas Guillas / Sciences Ouest

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Stefan Lalonde / CNRS

Le CNRS intensifie son engagement pour la sauvegarde de l’océan

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En janvier dernier, lors d’un colloque de la Task Force Océan du CNRS, quatre groupes de travail rassemblant plus de 100 chercheurs CNRS ont fait ressortir la nécessité de caractériser, d’anticiper et d’accompagner les changements auxquels l’océan est aujourd’hui confronté. C’est dans cette optique d’interdisciplinarité propre aux différents instituts du CNRS que le Groupement De Recherche Océan et MERs a été créée. Lancé pour une durée de 5 ans, le GdR Omer devrait mobiliser en tout, 4 à 5 000 chercheurs, dont 1 000 dès le mois de septembre.

Mené par Laurent Chauvaud, directeur du GdR et chargé de missions Océans auprès de la Direction générale déléguée à la science du CNRS, le groupe de travail entend faire émerger des recherches interdisciplinaires, et aborder l’océan par le prisme des sciences dites « dures » ainsi que par celui de la philosophie, la sociologie, la biodiversité et bien d’autres encore. Alix Levain et Marie Bonnin font partie du Comité Scientifique du GdR. Marie est également membre du bureau.

Structuré en quatre axes et centré sur l’océan et les mers, il évoluera autour de cinq missions principales :

  • l’animation de la communauté scientifique française
  • la coordination des activités de recherche autour de l’objet « Océan »
  • la veille scientifique
  • la formation des professions pour le développement de la recherche
  • la valorisation et la diffusion des travaux sur les mers et l’océan.

Le premier axe thématique concerne les perceptions et représentations de l’océan, allant de son potentiel d’inspiration et d’innovation jusqu’à sa valeur patrimoniale. Il vise à renforcer les liens qui unissent les sciences de la mer à la société. Le second se concentre sur la caractérisation et le diagnostic des systèmes marins. Il vise à explorer de nouveaux outils et approches capable d’améliorer la quantification et la caractérisation de l’état actuel de l’océan. Le troisième s’appuie sur la modélisation locale et globale de l’océan et de son évolution. La modélisation océanique étant aujourd’hui en plein essor, elle reste cependant limitée par les connaissances actuelles, les méthodes numériques… Enfin, le quatrième et dernier axe tournera autour de la conservation, de la préservation et de la gestion durable des socio-écosystèmes marins. Il s’agira notamment de proposer des actions centrées sur les aires marine protégées (AMP), l’économie bleue ou encore les changements d’usage.

 

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Marie Bonnin / IRD

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Laurent Chauvaud / CNRS

Marie Bonnin / IRD

L’IUEM réduit ses déchets à travers le projet PPP

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Les objectifs du projet Preventing Plastic Pollution

Lancé en 2020 par l’Université Queen Mary de Londres, le projet Interreg France (Manche) Angleterre Preventing Plastic Pollution (PPP) se déploie à grande échelle pour prévenir et éliminer la pollution par les déchets plastiques dans des zones sensibles en France et en Angleterre.
Dans sept sites pilotes (la rade de Brest, la Baie de Douarnenez, la Baie des Veys, la zone de Medway, les fleuves du Tamar et du Great Ouse, et le port de Poole), le projet Preventing Plastic Pollution participe au développement de modèles permettant d’identifier les zones critiques de pollution plastique et d’évaluer à la fois les sources mais aussi le devenir des débris plastiques.

L’implication du CNRS et d’Ifremer au travers du LEMAR

Auprès de 17 autres partenaires, le LEMAR via ses tutelles CNRS et Ifremer est impliqué dans une démarche scientifique visant à évaluer la toxicité des débris plastiques sur les organismes marins, à effectuer des campagnes d’échantillonnage des microplastiques dans la rade de Brest, la baie de Douarnenez ainsi que dans la mer d’Iroise dans le but d’évaluer les niveaux et l’évolution temporelle de cette contamination. Ces travaux permettront ainsi d’évaluer l’efficacité des mesures de réduction des déchets plastiques mises en place progressivement sur les bassins versants concernés par les autres partenaires du projet PPP : installation de filets de rétention aux exutoires, de bacs à marée, actions collectives de ramassages de déchets…

La réduction des déchets à l’IUEM

En complément de ces actions, le projet porte également un volet supplémentaire déployé à l’échelle d’Ifremer et de l’IUEM. Cette démarche a pour objectif de mettre en place des actions très concrètes visant à réduire la production de déchets plastiques dans les bureaux et les laboratoires de l’Institut. Le projet participe également au déploiement de système de collecte et de tri des déchets plastiques afin d’en améliorer la fin de vie et de permettre leur valorisation par recyclage, en lien avec les acteurs locaux. Cette action s’inscrit enfin dans une volonté de transformer l’IUEM en un site pilote expérimental pour envisager une possible extension des mesures à d’autres bâtiments de l’Université de Bretagne Occidentale.

Les avis et attentes du personnel de l’IUEM sur cette démarche

Afin de lancer cette démarche de réduction et de tri des déchets, un questionnaire a été diffusé auprès du personnel de l’Institut pour collecter leurs avis et leurs attentes sur ces thématiques. En un mois de diffusion, 164 participations ont été collectées. Les principaux résultats sont diffusés dans l’infographie ci-après.

Infographie Sondage déchets IUEM

Et concrètement ?

Cet objectif de réduction des plastiques sera atteint par l’installation d’ilots de tri multi-flux dans les trois bâtiments de l’Institut pour favoriser un tri à la source ; par la mise à disposition d’alternatives renouvelables aux plastiques jetables à usage unique pour ceux qui en feront la demande ; ou encore par la réduction de la consommation de certains plastiques de laboratoire. Un travail en faveur de l’élaboration d’une charte « Evènement 0 plastique » sera également mené et des temps de formation et de sensibilisation auprès du personnel seront aussi prévus dans les mois à venir. Engager le personnel de l’IUEM dans cette démarche qui œuvre pour un Institut plus durable, et qui nous concerne tous, c’est tout l’intérêt du projet PPP !

Pour plus d’informations sur le projet PPP, c’est ici. Retrouvez également une vidéo de présentation du projet sur la chaîne YouTube du LEMAR.

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Alastair Scarlett

Sébastien Hervé / UBO

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Mallorie Bodériou / CNRS

Ika Paul-Pont / CNRS

Interactions entre l’hydrodynamique du littoral et le transport des sédiments

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Les littoraux, à l’interface terre-mer, sont parmi les environnements les plus dynamiques et les plus fragiles de la planète. Les côtes sableuses sont particulièrement vulnérables, notamment en raison des risques côtiers, qui ont un impact sur le transport des sédiments et les bilans de sable, entraînant des problèmes sociétaux dans des zones à fort enjeu. Les forces hydrodynamiques (élévation du niveau de la mer, vagues et courants) jouent un rôle essentiel dans la modification des plages, et sont de plus en plus responsables de perturbations majeures des socio-écosystèmes côtiers. Il est essentiel de poursuivre les recherches sur les interactions entre l’hydrodynamique du littoral et le transport des sédiments afin d’évaluer la réponse future des systèmes côtiers nécessaire à une gestion intégrée des zones côtières (GIZC) efficace.

Bâti sur les avancées scientifiques de l’équipe DYNELI du laboratoire Géosciences Océan et sur les développements technologiques réalisés au sein du Pôle Image et Instrumentation (P2I) de l’IUEM, le projet WEST (« Natural Breaking WavEs and Sediment Transport during beach recovery » – Programme Jeunes chercheurs Jeunes chercheuses (JCJC) de l’Agence nationale de la recherche (ANR)  2021-2024, coordonné par France Floc’h) se concentre sur la couche limite des vagues et le transport sédimentaire à l’interface terre-mer, spécifiquement sur les plages sableuses. Il s’appuie sur la combinaison d’observations et d’approches de modélisation pour comprendre la variabilité de l’environnement côtier et vise à combler le fossé entre la théorie et les mesures in situ de la dynamique littorale.

Les mécanismes d’érosion pendant les événements extrêmes étant bien décrits dans la littérature, la nouveauté de WEST est d’initier de nouvelles recherches sur le transport sédimentaire pendant les périodes d’accrétion, conduisant au recouvrement des plages. En effet, l’érosion des tempêtes peut avoir des impacts à court ou moyen terme sur les côtes, en fonction des mécanismes et des échelles de temps du recouvrement post-tempête. Pour prédire l’évolution des côtes, les mécanismes d’érosion et d’accrétion doivent être définis avec précision. L’érosion sévère lors d’événements extrêmes est généralement la conséquence d’un déséquilibre important entre le profil de la plage et les conditions incidentes. Le transport de sable vers le large est fortement lié au courant de retour, et se fait en suspension dans la colonne d’eau. Ce mécanisme atteint un bon pouvoir prédictif actuellement. La nouveauté de WEST réside également dans la première tentative d’obtenir des mesures in situ précises, résolues dans le temps, à l’unisson du transport des sédiments et des déformations de la surface libre dans la zone critique : proche du déferlement des vagues. Pour la première fois, l’ensemble de la colonne d’eau proche du déferlement sera surveillé dans l’environnement naturel.

L’équipe

Membres du LGO : France Floc’h, Marion Jaud, Stéphane Bertin, Nicolas Le Dantec, Jérôme Ammann, Emmanuel Augereau, Charles Poitou, Christophe Prunier, Clarisse Hayoun, Noémie Fritsch, Aélaig Coumez.

Membre du LISIC : Guillaume Fromant

France Energies Marines : Jean-François Filipot

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Dano Roelvink / Deltares

France Floc’h / UBO

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France Floc’h / UBO

7ème édition de l’Université d’été Mer Education

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L’Ecole Universitaire de Recherche (EUR) ISblue propose cette année son Université d’été du 23 au 26 août 2021 à l’IUEM (Plouzané) en étroite collaboration avec l’UBO, Ifremer, Océanopolis et  l’Académie de Rennes. Cette formation, à destination de tous les enseignants du second degré (collèges et lycées), a pour objectifs de participer à leur formation continue, de contribuer au lien lycées-université et d’accroître la visibilité de la Bretagne en termes de recherche en sciences de la mer et du littoral.

L’Université d’été Mer & Education représente l’occasion de faire vivre aux participants une expérience d’immersion dans les actualités des sciences de la mer, du littoral et des technologies marines. Elle engendre aussi une prise de conscience sur la complexité du sujet abordé en mêlant histoire, enjeux sociétaux, conflit d’intérêts, incertitudes scientifiques etc. La formation fournit également aux participants une présentation des outils scientifiques, techniques et documentaires, ainsi que des bases de données qu’ils pourront réutiliser et réinvestir en classe.

Cette année la thématique sera : « Océan : explorer sans limite ? » et la formation se composera de trois parcours : • Tropical • Polaire • Abysse. Des conférences seront données le matin et des ateliers de médiation scientifique viendront en complément l’après-midi. Nouveauté pour l’année 2021 : l’Université d’été est inscrite au Plan Académique de Formation (PAF : catalogue des formations continues des enseignants du secondaire, au rectorat de Rennes).

Pour en savoir plus

Crédit photo

Sébastien Hervé / UBO

Contacts

Riwalenn Ruault / UBO

Quentin Milliere / UBO

Claire Geslin, enseignant chercheur en microbiologie au LM2E

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

Avant d’intégrer l’IUEM j’ai obtenu mon Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA) en microbiologie en 1998 à la Station Biologique de Roscoff. C’était un diplôme cohabilité avec Brest, Caen et Rennes. Le stage, encadré par Christian Jeanthon, s’est déroulé au laboratoire de bactériologie marine, dirigé par Daniel Prieur. Le sujet de recherche portait sur l’étude de bactéries isolées de sources hydrothermales océaniques et sur leurs interactions avec les métaux. En 1999, le laboratoire a migré de Roscoff vers Brest et intégré l’IUEM. Nous formions une équipe de microbiologie au LEMAR. Cette même année, j’ai débuté une thèse financée par l’UBO et un industriel. L’objectif de ma thèse était de rechercher des virus d’archées hyperthermophiles des environnements hydrothermaux océaniques profonds ; cela n’avait jamais été documenté auparavant.

En 2003, mon expérience post-doctorale en Pennsylvanie, à l’Université de Pittsburgh chez le Pr Roger Hendrix, m’a permis de travailler sur un projet portant sur l’analyse structurale de bactériophages isolés d’E. coli. C’est un modèle moins exotique que les micro-organismes extrémophiles mais pour lequel de nombreux outils de travail étaient disponibles.

Cette même année, j’ai décroché le concours de maître de conférences. Pour la petite anecdote, je passais le concours pour le poste de maître de conférence un jeudi, et le lendemain je m’envolais vers les États-Unis pour mon post doc. Je devais partir pendant deux ans de l’autre côté de l’Atlantique mais je suis revenue à Brest, 5 mois après, pour assurer la rentrée en septembre 2003.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

Au départ, j’ai suivi le laboratoire de microbiologie dirigé par Daniel Prieur pour ma thèse et c’est comme cela que je suis arrivée à l’IUEM. J’y suis restée grâce à l’obtention de mon poste de maître de conférences et pour poursuivre, au LM2E, ma thématique de recherche sur les virus hydrothermaux marins. Ce sont des virus qui vont infecter des micro-organismes marins (bactéries et archées) qui se développent à de très hautes températures (70-90°C), sans oxygène et sous forte pression hydrostatique. Ces virus sont confrontés à des conditions extrêmes. Le but premier de ma thèse était de savoir s’il existait de tels virus. Il s’avère qu’au bout d’un an et demi de thèse, j’ai trouvé un virus : le premier isolé du système hydrothermal océanique : Pyrococcus Abyssi Virus n°1 (PAV1). Cette découverte, m’a permis d’être lauréate du Prix Bretagne Jeune Chercheur en 2005 (section Sciences de la vie et de l’environnement). Cette reconnaissance de mon travail de recherche par la région Bretagne a fait un peu connaître cette thématique de recherche auprès du grand public.

© Ifremer – Campagne BIG – 2010

Que fais-tu à l’IUEM ?

Je continue à travailler sur cette thématique, sur cet environnement : les sources hydrothermales océaniques profondes où j’y étudie la diversité virale. A ce jour, seulement 11 virus hydrothermaux marins sont caractérisés dans le monde. Au LM2E, par le travail que je mène avec les étudiants, nous en avons caractérisé 6 sur les 11 (3 virus de bactéries et 3 virus d’archées). Nous pouvons même dire que nous sommes les seuls à avoir isolé et caractérisé des virus d’archées hyperthermophiles marines.
C’est une thématique très spécifique. Grâce à notre labo (UBO, CNRS et Ifremer) nous avons accès aux campagnes océanographiques et aux précieux échantillons hydrothermaux, ce qui n’est pas donné à tout le monde.

En 2020, nous avons publié un travail sur un virus de méthanogène. Les archées méthanogènes jouent un rôle primordial dans le cycle global du carbone en produisant du méthane.
Ce virus présente une morphologie « tête-queue », démontrant sans équivoque, pour la première fois, que ce morphotype classiquement retrouvé dans le monde viral bactérien peut se propager dans des conditions extrêmes à des températures de plus de 90°C. En effet, avant cette étude, aucun virus tête-queue (caudovirus) n’avait été isolé de micro-organismes hyperthermophiles, soulevant des questions sur la thermostabilité de ce morphotype (Thèse Sarah Thiroux 2019). C’est un des exemples de résultats majeurs obtenus ces dernières années dans le cadre de thèse que j’ai encadrées.

Une autre activité importante dans mon emploi du temps est l’enseignement.
Depuis 2003, en tant que maître de conférences, j’enseigne en Licence (L2 et L3) et en Master (M1 et M2 ; principalement dans le Master de microbiologie fondamentale et appliquée (MFA) et un peu dans les Masters des Sciences de la Mer et du Littoral (SML), formations dispensées à l’UBO, IUEM et intégrées à l’Ecole doctorale des Sciences de la Mer et du littoral (EDSML).
Mes enseignements portent principalement sur la physiologie microbienne, la génétique microbienne, l’écologie et biologie des extrêmophiles, et aussi bien évidemment la virologie.
J’encadre également des étudiants en master et en thèse sur mes thématiques de recherche.

© LM2E

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

Avec mon sujet de thèse, j’ai été parachutée sur un sujet de virologie, on ne travaillait pas sur cette thématique au laboratoire. Daniel Prieur et Patrick Forterre (Professeur à l’Université d’Orsay avec lequel notre laboratoire collabore) m’ont envoyée pendant 1 mois au Max Planck Institute à Martinsried en  Allemagne pour me former à la virologie aux côtés de Wolfram Zillig, un chercheur qui dans les années 80 a été l’un des premiers à travailler sur le troisième domaine du vivant : Archaea. Wolfram Zillig a également fait un séjour dans notre labo à Brest, c ‘était vraiment enrichissant pour moi. D’ailleurs, les couloirs de l’IUEM doivent encore se rappeler de son tonitruant « Clear » come, quand il m’appelait !

J’ai été embauchée en 2003 donc finalement assez vite après ma thèse. Et puis, à l’époque je devais faire un peu jeunette. J’arrive pour mon premier cours en amphi, un quart d’heure avant le début du cours pour bien me préparer. J’étais assez stressée, alors pour me rassurer j’avais apporté quelques livres de microbiologie. Je les pose sur le bureau sur l’estrade, et deux étudiants arrivent et me disent « Oh super chouette tes bouquins ! », et commencent à les feuilleter. On discute un petit peu et le cours allant commencer, ils vont s’installer dans l’amphi. J’ai vu à leurs têtes qu’ils n’avaient pas compris que j’étais la prof et qu’ils pensaient que j’étais une étudiante comme eux.  Et bien, ils ont été très très attentifs pendant les deux heures de cours. Ça ne m’arrive plus maintenant, on m’appelle Madame Geslin (rires).

Enfin une autre fois, lors d’un pot organisé au labo, il fallait faire un gâteau. Je ne suis pas très bonne cuisinière. J’ai donc acheté une préparation toute faite. Je l’ai faite cuire, mais pas assez. J’ai quand même apporté le gâteau au citron et l’ai mis au milieu des autres ni vu ni connu, parce qu’il était trop tard pour que je recommence. Au final tout le monde l’a adoré, et quand certains se sont enquis du nom du cuisinier, quelqu’un a dit que c’était moi. Plusieurs collègues m’ont demandé la recette de ce fameux gâteau au citron…. J’ai fini par leur donner mon secret : l’ouverture d’un sachet.

© Ifremer – Campagne BIG – 2010

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

Je pense que le plus beau restera le moment où l’on m’a annoncé que c’était moi qui avais eu le concours pour le poste de maître de conférences. C’était vraiment un sentiment unique.

Autrement c’est lors des campagnes océanographiques. En 1999, j’ai eu l’opportunité de participer à la campagne océanographique AMISTAD, avec le navire l’Atalante et le sous-marin le Nautile. 21 plongées sont prévues avec le Nautile : 21 chercheurs et de la place pour les étudiants. Tout est réglé comme du papier à musique, s’il y a un problème technique qui empêche une plongée, tu peux perdre ton tour ! Le jour de ma plongée, il y a eu un problème électronique sur le Nautile, qui finalement a été résolu un peu plus tard. Alors vient le moment d’enfiler la combinaison jaune, et de partir pour 8 heures à 2300 m de profondeur. J’étais émerveillée par ce que je voyais ! Dans ce genre de plongée, on est enregistré pour pouvoir revenir sur ce qu’on a vu après. Et sur mon enregistrement on entendait uniquement des : « ohlala que c’est beau ! Vous avez vu ??? ».

J’ai eu une autre expérience de plongée en Atlantique cette fois, pendant la campagne EXOMAR, à 2000 m de profondeur en 2005. J’ai eu une chance dingue de pouvoir voir de près l’environnement sur lequel je travaille.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

J’adore lire un bon roman en buvant une tasse de thé. De bons repas entre amis c’est essentiel. Les voyages, les voyages forcément. Et j’aime la mer aussi, bien évidemment.

As-tu une devise ?

Je n’ai pas de devise. Mais en ce moment je lis Pas Mieux ! d’Arnaud Le Guilcher et on y trouve cette citation de Jean-Luc Godart :

« Van Gogh a cherché un peu de jaune

quand le soleil a disparu… Faut chercher mon vieux. Faut chercher… »

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