L’IUEM s’engage dans une démarche d’égalité

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Le 25 novembre, c’est la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

L’occasion de rappeler que l’IUEM s’engage depuis quelques mois dans une démarche pro-active pour plus d’égalité. C’est notamment le cas avec la signature par l’ensemble des DU de l’IUEM de la « Charte d’engagement pour la co-construction d’un environnement de travail égalitaire, incluant la lutte contre les violences sexistes et sexuelles« . Cette charte rappelle que l’égalité professionnelle n’est pas acquise à ce jour, que le quotidien professionnel de certain·es est parfois noirci par des comportements inappropriés et que changer la donne est un enjeu collectif nécessitant un investissement et une vigilance de chacun·e d’entre nous. Combattre les inégalités et les violences au laboratoire, c’est un engagement du collectif, au quotidien.

Deux sessions de formation ont été organisées cette année, avec 50 collègues sensibilisé·es aux enjeux du sexisme et des VSS. Des réunions de sensibilisation sont également organisées auprès des étudiants, comme aujourd’hui la diffusion du documentaire «Étudiantes en terrain miné».

Si vous souhaitez en savoir plus sur la charte et/ou les différentes actions en faveur de l’Egalité, vous pouvez contacter les référent·es Egalité

 

Violentomètre de la recherche élaboré par la Fondation L’Oréal

 

Les Efflorescences phytoplanctoniques subantarctiques dans l’ouest de l’océan Indien sont fertilisées par des eaux riches en fer du courant des Aiguilles

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Résumé

Le Courant des Aiguilles, qui longe la côte Est de l’Afrique australe, se divise à la pointe du continent : une partie forme les anneaux des Aiguilles, d’énormes tourbillons qui dérivent vers l’Atlantique, tandis que le courant de retour des Aiguilles (ARC) se prolonge vers l’est dans l’océan Indien. Ce système, l’un des plus puissants de la planète, joue un rôle clé dans le climat mondial, en particulier par le phénomène d’« Agulhas Leakage », qui transporte de l’eau chaude et salée vers l’Atlantique.

Nous avons étudié un flux moins connu que nous avons nommé le « Southern Agulhas Leakage » (SAL), qui traverse le Front subtropical et apporte du fer de la côte est-africaine au secteur Indien de l’océan Austral. Le fer, élément limitant pour le phytoplancton, soutient ainsi environ un quart de la production primaire annuelle et de l’export de carbone dans cette région. Notre modèle couplé physique-biogéochimique à haute résolution montre que le SAL fournit près de la moitié du fer dissous dans la partie ouest de la zone subantarctique de l’océan Indien, comblant un déficit important dans le budget régional du fer.

Les corrélations avec des archives paléoclimatiques suggèrent qu’une intensification passée de l’ARC aurait pu renforcer l’apport en fer et la productivité, influençant potentiellement les concentrations atmosphériques de CO₂ au cours des 130 000 dernières années. Cette étude souligne que le système des Aiguilles n’est pas seulement un transporteur de chaleur et de sel, mais aussi de nutriments et de métaux, reliant les océans Indien et Austral et impactant le cycle global du carbone.

Figure

Concentration en Chlorophylle a observée par satellite le 25 décembre 2017, reportée sur la topographie océanique de surface révélant le Courant de Retour des Aiguilles (ARC), le front subtropical (STF) et le front subantarctique (SAF)

 

Points forts de l’étude

  • Une vingtaine de Sverdrups (1Sv = 1 million m3/s) traverse le front subtropical vers la zone subantarctique (SAZ) du secteur Indien de l’Océan Austral
  • Ces masses d’eaux, associées au Courant de Retour des Aiguilles, transporte du fer de la marge est-africaine dans la SAZ Indienne
  • Cet apport de fer permet de boucler le budget de ce micronutriment dans cette zone, et y explique le quart de la production primaire océanique et de l’export de carbone en dessous de 100 m
  • La variabilité de l’ARC, et donc des apports associés de fer, pourrait expliquer une grande partie des variations de productivité océanique observée dans cette région au cours des âges glaciaires-interglaciaires

Référence

Bucciarelli, E.Penven, P., Pous, S., Tagliabue, A. Western Indian subantarctic phytoplankton blooms fertilized by iron-enriched Agulhas water. Nat. Geosci. (2025). https://doi.org/10.1038/s41561-025-01823-z

 

Pour aller plus loin, Pierrick PENVEN (IRD, LOPS), co-auteur de l’article a rédigé un article « behind the paper » que vous pouvez retrouver ici.

Une étude révèle l’origine d’un biais de température important dans les modèles de climat

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Malgré l’amélioration de la résolution des modèles, des erreurs systématiques – appelées biais ­– subsistent dans la représentation de la température océanique et atmosphérique moyenne dans certaines régions côtières. Une étude publiée dans Geophysical Research Letters, a identifié l’origine de ce biais. Une découverte prometteuse qui permettra aux scientifiques de développer des modèles encore plus performants. 

Les modèles de climat globaux sont d’une importance cruciale pour prévoir les impacts du réchauffement planétaire. Leur amélioration majeure au cours des dernières décennies, n’a cessé de faire l’objet de nombreuses études et leur degré de réalisme a souvent été corrélé à l’augmentation de la résolution des modèles, c’est-à-dire à la finesse du point de grille qu’ils peuvent représenter. Dernièrement, l’augmentation sans précédent de la puissance de calcul disponible a permis le développement de modèles de climat à l’échelle kilométrique, qui permettent non seulement une meilleure représentation du climat à l’échelle mondiale, mais également d’obtenir des projections des changements à l’échelle locale, où les politiques et stratégies d’adaptation sont mises en œuvre.

Cependant, une récente étude a mis en évidence que, malgré l’amélioration de la résolution des modèles, des erreurs systématiques – appelées biais ­– subsistent dans la représentation de la température océanique et atmosphérique moyenne dans certaines régions côtières.  Ces biais peuvent être expliqués par l’absence de la prise en compte de la marée dans ce type de modèle. La marée, bien qu’étant un phénomène périodique très court comparé aux échelles de temps d’évolution du climat a en réalité un effet moyen non nul sur notre système climatique via le mélange turbulent qu’elle induit. L’absence de prise en compte de ce phénomène dans les modèles peut conduire à des erreurs de température de l’ordre de 3°C dans l’océan et 1.5°C dans l’atmosphère, en particulier le long des côtes de la Manche, de la mer d’Irlande et de la mer du nord.

Cette étude s’appuie sur l’évaluation de 8 modèles de climat provenant de différents centres de recherche autour du monde (Europe, Etats-Unis, Chine, etc.) ainsi que sur des observations satellites. Elle a été réalisée par des scientifiques du CNRS, de l’Ifremer, du Met Office (Royaume-Unis) et de l’Institut de Météorologie Max-Plank (Allemagne).

Les régions côtières étant particulièrement vulnérables aux effets du réchauffement climatique, la prévision par les modèles de la température en climat présent et futur y a un fort enjeuCette découverte permettra aux scientifiques de développer des stratégies afin de mieux inclure les effets de la marée dans la future génération de simulations de climat qui informeront les prochains rapports du GIEC.

Contact :

Audrey Delpech
Chercheuse CNRS au laboratoire d’océanographie physique et spatiale (LOPS – IUEM)

Journée d’atelier sur l’instrumentation océanographique DIY

Le groupe de travail DIY oceano BzH de l’IUEM avec le soutien de l’école universitaire ISblue propose une journée d’atelier sur l’instrumentation océanographique DIY, le 4 décembre 2025 au PNBI à Plouzané à partir de 9h30.

Le groupe rassemble des scientifiques (ingénieurs, chercheurs, techniciens) de différentes institutions bretonnes. La journée s’adresse aux personnes intéressées par l’open-source et le développement d’instruments de mesures environnementales océanographiques et sera l’occasion d’échanger sur la physique de la mesure, de découvrir des instruments fabriqués par des membres de la communauté et de partager vos propres expériences.

Au programme : des présentations le matin et des ateliers et démonstrations d’instruments l’après midi suivi par une table ronde.

 

Les inscriptions à cet événement se font via ce lien  !

CEPA7 à Brest : l’écophysiologie animale au cœur des enjeux environnementaux

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Le 7ᵉ Congrès d’Écophysiologie Animale (CEPA7) s’est tenu à l’IUEM du 28 au 30 octobre 2025, rassemblant près d’une centaine de scientifiques, ingénieurs, enseignants-chercheurs et étudiants venus de neuf pays. Tous ont échangé autour d’une même question : comment les organismes font-ils face aux changements globaux ?

Pendant trois jours, le congrès a offert un véritable panorama de l’écophysiologie moderne, mêlant approches expérimentales, de terrain, et de modélisation, explorant une grande diversité d’espèces modèles : des huîtres, moules, ormeaux, et palourdes aux poissons, amphibiens, reptiles, insectes, oiseaux et mammifères. Cette richesse témoigne d’une communauté dynamique, intergénérationnelle et collaborative, attentive à relier mécanismes fondamentaux et enjeux appliqués pour la gestion et la conservation des espèces.

Les discussions ont mis en lumière la plasticité des réponses physiologiques face à la température, à l’hypoxie, aux polluants ou aux agents infectieux, mais aussi la complexité des effets intergénérationnels et des stress multiples qui façonnent l’adaptation des organismes. Plusieurs communications ont illustré l’apport des nouvelles technologies , tels que des capteurs, de la respirométrie embarquée, de la transcriptomique, ou encore de l’imagerie, permettant aujourd’hui de suivre les réponses animales du niveau cellulaire jusqu’au comportement in situ.

Au-delà des présentations, CEPA7 a surtout été un moment de partage, d’apprentissage et de transmission, avec une forte implication des étudiants et jeunes chercheurs, confirmant la vitalité et la cohésion d’une communauté en pleine expansion. Tous sont repartis avec la même conviction : l’écophysiologie est un levier essentiel pour comprendre, anticiper et accompagner les transformations des milieux naturels et anthropisés.

 

Acidification de l’Océan, Fabrice Pernet invité de « La science CQFD »

Lundi 27 octobre 2025, Fabrice Pernet (Ifremer),  biologiste au LEMAR était invité aux côtés Steeve Comeau (CNRS) dans « La Science CQFD » sur France Culture pour une émission intitulée « Acidification des océans : la limite est franchie ».

L’acidification océanique, récemment identifiée comme la septième limite planétaire franchie, résulte de l’absorption par les océans dune large part du CO2 émis dans l’atmosphère. Lorsque le CO2 se dissout dans l’eau de mer, il modifie sa chimie en augmentant son acidité et en réduisant la disponibilité des carbonates, essentiels à de nombreux organismes marins. Depuis le début de l’ère industrielle, le pH moyen des océans a diminué d’environ 0,1 unité, soit une augmentation de 25% de l’acidité. Ce phénomène, identifié au début des années 2000, continue de s’intensifier avec l’augmentation des émissions de CO2.
Les organismes calcifiants (coraux, huîtres, moules, oursins et certains phytoplanctons) sont particulièrement affectés. car ils peinent à former leurs coquilles et squelettes en carbonate de calcium dans une eau plus acide. L’acidification affecte le comportement de certains poissons, leur système nerveux et leur capacité à détecter les prédateurs. Ce phénomène menace la biodiversité marine dans sa richesse, mais aussi dans ses fonctions, ainsi que les activités humaines qui en dépendent (aquaculture, pêche et services écosystémiques).

Fabrice Pernet est, avec Fredéric Gazeau, auteur de l’ouvrage « L’acidification des océans. Quels effets ? Quelles solutions ? » publié aux éditions Quae.

 

L’émission complète est disponible en podcast sur le site web de Radio France.

 

BEEP invite deux Professeurs de l’université de Nottingham sur la thématique Réplication

Mardi 4 novembre à l’IUEM le Laboratoire BEEP invite les Professeurs Thorsten Allers et Ed Bolt de l’université de Nottingham pour une conférence dans le cadre d’une collaboration avec l’équipe Réplication.

Le Professeur Thorsten Allers présentera un talk sur : « Comment initier la réplication de l’ADN sans origines – les archées possèdent-elles la bonne ADN polymérase ? »

Et le Professeur Ed Bolt présentera un talk sur : « Comment la duplication du génome, la réparation de l’ADN et l’immunité CRISPR interagissent pour protéger contre le stress de réplication et les envahisseurs génétiques »

« Le changement climatique en Bretagne et ses impacts » une conférence animée par S. Roussel et A.M. Tréguier

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Mercredi 12 novembre 2025, Anne-Marie Tréguier et Sabine Roussel, chercheures à l’UBO et membres du Haut Conseil Breton pour le Climat, donneront une conférence sur le changement climatique en Bretagne et ses impacts. Elles présenteront l’état des lieux du changement climatique dans notre région en s’appuyant sur les travaux de l’observatoire Bretagne Environnement, les impacts sur le littoral et sur l’agriculture synthétisés par le Haut Conseil Breton pour le Climat dans ses bulletins annuels, et les implications pour les politiques régionales d’atténuation et d’adaptation.

Le Haut Conseil Breton pour le Climat

Créé en 2022 à l’initiative de la région Bretagne, le Haut conseil breton pour le climat est l’instance scientifique dédiée au changement climatique en Bretagne, avec un rôle de conseil auprès des élus. Le HCBC réunit 20 membres, experts dans leurs disciplines scientifiques et issus des universités et établissements d’enseignements supérieurs bretons.

 

Ouverte à toutes et à tous, cette conférence se tiendra le 12 novembre, de 18 heures à 19 heures à la Faculté des Sciences et Techniques de l’UBO, amphi E.

Campagne Océanographique CROSSROAD2

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Le 18 septembre 2025, 19 scientifiques de 2 Unités Mixtes de Recherche  LOPS et Geo-ocean, de l’Ifremer, du CNRS et de l’Université de Bretagne Occidentale embarquent à bord de L’Atalante, navire hauturier de la Flotte océanographique française, pour étudier une zone très turbulente au large de Terre-Neuve, là où se rencontrent les eaux froides subpolaires et les eaux chaudes subtropicales. Cette campagne, nommée CROSSROAD2, vise à mieux comprendre la circulation méridienne de retournement de l’Atlantique (AMOC), un phénomène océanique encore mal connu mais essentiel à la régulation du climat de l’hémisphère Nord.

Une série de vidéos hebdomadaires, interviews, journaux de bord et témoignages pour suivre l’aventure des 19 scientifiques de l’Ifremer, du CNRS et de l’Université de Bretagne Occidentale embarqués à bord de L’Atalante pour la campagne CROSSROAD2, au large de Terre-Neuve.

 

Les sources hydrothermales peuvent désormais servir à anticiper des éruptions sous-marines

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Notre collègue Thibaut Barreyre, géophysicien au laboratoire Geo-Ocean, est co-auteur d’une étude qui vient d’être publiée dans la prestigieuse revue PNAS. Celle-ci illustre deux des grandes thématiques de Geo-Ocean : l’hydrothermalisme et les grands fonds marins (équipe CYBER) ; les aléas marins, avec la dimension monitoring et prédiction d’éruptions sous-marines (équipe ALMA)

Une hausse de la température des fluides émis par les sources hydrothermales sous-marines signale l’inflation de la chambre magmatique sous le fond marin et peut annoncer une éruption. C’est ce que révèle une étude menée par des scientifiques du CNRS du laboratoire Geo-Ocean (CNRS/Univ Brest/Ifremer), de Géologie de l’ENS et de l’IPGP, et leurs collègues américains, suite à l’analyse de 35 ans de données sur les sources hydrothermales de la dorsale Est-Pacifique, près de l’équateur – un des segments les plus dynamiques et les mieux étudiées de la dorsale médio-océanique. Ce résultat est paru le 13 octobre 2025 dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

De telles augmentations sont aussi observées avant les éruptions de 1991–1992 et de 2005–2006, et la récente hausse enregistrée a permis de prédire celle d’avril 2025. Ces résultats montrent qu’il est désormais possible de suivre l’activité magmatique des dorsales médio-océaniques à travers les fluctuations de leurs sources hydrothermales et d’anticiper leurs éruptions. Ils offrent une meilleure compréhension du fonctionnement profond de la planète et ouvrent la voie à une surveillance plus fine des volcans sous-marins.

Référence de l’article :

Hydrothermal vent temperatures track magmatic inflation and forecast eruptions at the East Pacific Rise, 9°50’N. Thibaut Barreyre, Jean-Arthur Olive, Daniel J. Fornari, Jill M. McDermott, Ross Parnell-Turner, Kim Moutard, Jyun-Nai Wu and Milena Marjanović. Proceedings of the National Academy of Sciences, 13 octobre 2025
Lien vers l’article

 

© Woods Hole Oceanographic Institution, 2024