Candidatures au master SML 2020-2021

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La campagne de candidature au master débutera au mois d’avril, selon un calendrier propre à chaque parcours, à consulter sur le site de candidature Ecandidat, rubrique « Offre de formation ».

Pour en savoir plus, rendez-vous à la rubrique « Informations pratiques » en bas de la page Master SML.

Mesurer la glace ? pas de quoi en faire des vagues

La fonte inéluctable des glaces de mer rend nécessaire d’en estimer l’épaisseur. C’est possible, il suffit pour cela de mesurer les vagues…

La couverture de glace au niveau des pôles a beaucoup diminué depuis 1979, année des premières observations satellitaires, le réchauffement direct de notre atmosphère et les différents phénomènes physiques associés (modification des courants, intensification des événements climatiques extrêmes…) en sont les principaux responsables. Ainsi dans les régions polaires, les interactions entre les vagues et la glace sont de plus en plus importantes. En Arctique, l’étendue des glaces ayant considérablement diminué, la surface d’océan en eau libre a augmenté permettant aux vagues de se déployer. En Antarctique, les vagues ont un effet stabilisateur, elles viennent compresser la glace et lui opposent ainsi  une résistance à l’éloignement vers l’équateur et des eaux plus chaudes où elle fondrait.

Quand les vagues arrivent à hauteur d’un objet flottant, il les réfléchit et/ou les amortit, tout comme la quantité de mouvement qu’elles transportent. Cela produit une force horizontale sur l’objet (ici la glace de mer) qui peut amener son déplacement ou sa déformation. La compression entraîne l’épaississement des couches de glace flottantes sous forme d’empilements verticaux des morceaux de glace présents dans la zone de transition entre l’océan et la banquise (cf. fig. 1), c’est la Zone Marginale de Glace (ZMG). Les morceaux de glace, formant initialement une seule couche morcelée à la surface de la mer, peuvent se retrouver compressés jusqu’à se soulever pour s’empiler sur d’autres.  C’est le mouvement incessant des vagues qui favorise ce soulèvement en modifiant constamment les espacements et hauteurs des glaces flottantes. A partir d’un certain point, la force exercée par les vagues devient insuffisante pour compresser d’avantage la glace qui arrête alors d’épaissir.

L’étude présentée ici s’appuie sur la capacité de calculer la variation du mouvement de la glace à la surface de l’océan lorsqu’elle est soumise aux contraintes qui s’opposent à sa déformation : les contraintes externes sur la glace (les vagues, le vent, les courants) et la contrainte interne à la glace. Prenons l’exemple d’une boule de neige : la contrainte externe lui est imposée par nos mains qui tassent la neige tandis que la résistance de la neige au tassement, constitue la contrainte interne. L’opposition de ces deux contraintes, permet d’obtenir une boule de neige compacte, de taille constante pour une quantité de neige donnée.

Fig. 1 : Agrégation et compactage des morceaux de glace par les vagues (provenant de la gauche) vers la banquise (à droite)

Lorsque la glace ne bouge plus, on dit que le système glace-océan-atmosphère est à l’équilibre. Les contraintes externes et internes s’égalisent (la boule de neige est constituée et ne se tasse plus). Connaître la valeur de l’une des deux contraintes, c’est connaître la valeur de l’autre, on peut donc estimer les contraintes internes par des mesures extérieures (via un satellite par ex.), or comme on sait relier mathématiquement les contraintes internes à l’épaisseur de la glace, on peut alors déterminer celle-ci à partir de mesures océanographiques !

Des expériences ont ainsi été réalisées dans le parc national du Bic, véritable laboratoire naturel au long de l’estuaire du fleuve Saint-Laurent (Canada). Durant l’hiver et malgré une couverture de glace presque totale, une partie du fleuve reste cependant libre de glace  par l’apport en eaux plus chaudes, provenant de l’océan Atlantique. Lors d’épisodes venteux, des vagues s’y forment (ce serait impossible si toute la surface du fleuve était gelée) permettant ainsi l’étude d’une ZMG. Des mesures comparatives de courant, de vent et d’épaisseur de glace ont donc pu y être effectuées. Des bouées équipées de capteurs de mouvements et placées en différents points toujours plus éloignés du bord, ont permis d’effectuer des mesures de vagues (cf. fig. 2a) ; ce positionnement permet d’évaluer l’atténuation progressive des vagues par la glace. On observe ainsi (cf. fig. 2b) que l’énergie des vagues, mesurée pour chaque bouée, diminue à mesure qu’on s’éloigne de la zone d’eau à l’air libre, en suivant une loi de décroissance exponentielle.

En pratique, cette atténuation peut être ici associée à trois phénomènes : la réflexion des vagues sur la glace et vers le large, la dissipation de l’énergie des vagues par la turbulence (remous occasionnés par la rencontre entre les vagues et la glace) ou encore la friction entre morceaux de glace. Le premier phénomène reste négligeable car les morceaux de glaces sont de petites tailles vis-à-vis de la longueur des vagues (ce n’est pas toujours le cas). Le second n’a pas pu être mesuré durant les missions de terrain (mais compte tenu d’autres observations, il peut ne pas être négligeable). Ainsi, si l’atténuation examinée ici tient compte uniquement de la friction des glaces (troisième phénomène), il faut souligner que le résultat final est probablement sous-évalué, car l’effet de turbulence n’a pas été pris en considération.

Fig. 2a : Zone d’étude avec le parcours réalisé par les bouées lors d’une des séries de mesures. L’échelle de couleur indique le temps associé à la position de chaque bouée.

Fig. 2b : Atténuation de l’énergie E des vagues en fonction de la distance Xice au bord de glace. Plus la couleur est foncée, plus la bouée considérée se situe loin du bord.

Les mesures d’épaisseur ont été réalisées via des trous percés dans la glace, on y a introduit un bâton terminé d’un crochet afin de ne pas dépasser la surface inférieure du glaçon. Les mesures de vent et de courant ont montré que leur effet sur la glace reste négligeable comparé à celui des vagues. De ce fait, la mesure de l’atténuation des vagues permet directement d’estimer l’évolution de la contrainte externe des vagues sur la glace et celle de l’épaisseur de glace en fonction de la distance au bord de glace (cf. fig. 3).  Cette épaisseur croît rapidement jusqu’à atteindre une valeur maximale constante, concomitante à la disparition totale des vagues. La modélisation de l’évolution d’épaisseur de la glace correspond bien aux mesures effectuées sur le terrain. La disparité des mesures individuelles est due à la forte variabilité de l’état de surface de la glace.

Fig. 3 : Evolution de l’épaisseur de glace ζ divisée par l’épaisseur de glace à l’équilibre ζeq en fonction de la distance au bord de glace χ. La ligne noire désigne le modèle mathématique, les ronds  les mesures par bouée, les croix les mesures directes de l’épaisseur, les carrés et le losange jaunes les moyennes des croix.

Ces résultats sont encourageants pour la communauté scientifique. En effet contrairement aux mesures des vagues observées toujours plus précisément via les données satellitaires, les estimations d’épaisseur de glace restent très difficiles à réaliser dans des conditions identiques. Grâce à cette découverte, l’estimation par satellite de l’épaisseur des glaces à partir des mesures de vagues devient envisageable (au moins dans des conditions similaires à celles présentées dans cette étude).

Médiation scientifique:

Assurée par Luc Barast, doctorant de lÉcole Doctorale des Sciences de la Mer et du Littoral (EDSML – Université Bretagne – Loire), en 1ère année de thèse dans l’équipe SIAM au sein du Laboratoire d’Océanographie Physique et Spatiale (LOPS) à l’Ifremer.

L’article

Marginal ice zone thickness and extent due to wave radiation stress.

https://doi.org/10.1175/JPO-D-17-0167.1

Les auteurs

Ce travail résulte d’une collaboration entre Peter Sutherland, (Ifremer, Univ. Brest, CNRS, IRD, Laboratoire d’Océanographie Physique et Spatiale, IUEM, Brest, France) et Dany Dumont (Institut des Sciences de la Mer de Rimouski, Université du Québec à Rimouski, Rimouski, Quebec, Canada) autour du projet BicWin, à propos de l’étude des phénomènes physiques et océanographiques des ZMG à partir du laboratoire naturel que constitue le parc du Bic.

La revue

« Journal of Physical Oceanography » est une revue publiée par l’American Meteorological Society. Elle traite de la physique des océans et des processus ayant lieux à leurs frontières. Les articles qui y sont publiés sont tout aussi bien basés sur de la théorie, des mesures de terrain ou par satellite, ou encore sur des résultats numériques.

Pour en savoir plus
https://www.quebecscience.qc.ca/sciences/les-10-decouvertes-de-2018/mesurer-force-vagues-canot-a-glace/

Contacts

Auteurs : consulter l’annuaire de l’IUEM

Bibliothèque La Pérouse : Suivi éditorial, rédaction, corrections et mise en page : Fanny Barbier

Service Communication et médiation scientifique : communication.iuem@univ-brest.fr

La belle histoire des merveilles de la Terre, un ouvrage de Gilles Chazot

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Gilles Chazot, professeur à l’UBO au laboratoire Géosciences Océan (LGO) de l’IUEM, est l’auteur de ce beau livre publié aux éditions De boeck supérieur . Gilles est un géologue passionné d’histoire et cet ouvrage est une invitation à découvrir l’histoire de notre planète à travers ses spécificités naturelles les plus exceptionnelles. Il s’adresse au grand public,  comme l’étaient déjà la belle histoires des volcans et Volcanologie dont il est coauteur. Gilles Chazot est auteur de nombreux travaux sur le manteau sources des basaltes. Ses recherches actuelles portent sur le volcanisme du rift Est-Africain, de la ligne volcanique du Cameroun et sur les arcs insulaires du Pacifique.

Ce panorama chronologique résume, en 170 fiches largement illustrées, l’histoire mouvementée de notre planète depuis sa naissance – il y a 4,5 milliard d’années – jusqu’à nos jours. Le style choisi, évitant toute formalisation, passionnera tout lecteur fasciné par les phénomènes naturels extrêmes ou les voyages. De nombreux encarts indépendants viennent compléter les fiches chronologiques par exemple sur l’exploitation des roches, des minerais et des minéraux.

Voici un lien pour feuilleter un extrait du livre.

 

Crédit photos

De boeck supérieur édition

Marie-Agnès Chazot 

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Gilles Chazot / UBO

Fabrice Azémar, Enseignant-chercheur en synthèse de polymères sur les revêtements antifouling au LBCM

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

J’ai fait ma thèse au LBCM entre 2010 et 2013. Mon sujet de thèse était sur le développement de peinture antifouling pour les bateaux, plus écoresponsable. Elle était financée à moitié par un industriel, PPG Coatings, et par la région Bretagne. Il existe deux types de systèmes en peinture antifouling : l’un d’eux libère des molécules toxiques et le 2ème a des propriétés de surface pour limiter le développement des organismes marins. Le but était de mélanger les propriétés de ces 2 systèmes pour développer une peinture dite hybride. L’idée était de trouver une solution plus propre, moins impactante pour l’environnement et avec une efficacité dans toutes conditions d’immersion.

Après ma thèse, je suis parti en post-doctorat pendant deux ans à l’université de Montpellier à l’ICGM dans l’équipe IAM. J’ai fait de la synthèse de polymères mais pour des applications plus théoriques. La relation entre le développement et les applications me manquait. Ainsi, j’ai postulé pour revenir à l’UBS en temps qu’ATER. J’étais à l’IUT Hygiène Sécurité Environnement pour la partie enseignement et sur la thématique de revêtements antifouling écoresponsables au LBCM dans la continuité de ma thèse pour la recherche.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

J’ai postulé pour devenir ATER puis en tant qu’MCF au LBCM pour avoir l’opportunité de travailler sur les problématiques environnementales dans le milieu marin. Aujourd’hui, les projets développés au LBCM sont en accord avec les politiques environnementales. J’ai fait des études en chimie et la chimie est souvent vue comme quelque chose de néfaste et de polluant. C’est donc agréable de pouvoir travailler sur des projets avec des enjeux sociétaux.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Dans la continuité de mes recherches de doctorat, je travaille sur le développement et la compréhension des revêtements antifouling, le but étant d’obtenir un revêtement écoresponsable et efficace. Je travaille sur l’amélioration de revêtements à effet de surface qui sont à base de silicone. Ces revêtements, pour qu’ils soient efficaces aujourd’hui, libèrent des huiles silicone ;  ces huiles posent des problèmes de bioaccumulation car elles ne se dégradent pas. Cette bioaccumulation a un impact sur l’environnement et alimente l’océan en microplastiques.

Côté enseignement, je suis à l’IUT l’IUT Hygiène Sécurité Environnement et j’enseigne l’évaluation du risque chimique qui est présent dans de nombreuses entreprises et laboratoires du à la forte production et utilisation de produits chimiques. Ces produits peuvent avoir un impact sur la santé et la sécurité des travailleurs ainsi que sur l’environnement.

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

Pour tester l’efficacité des revêtements développés, on les immerge au port du Kernevel à Lorient. À partir du printemps, il y a un couple de cygne qui vit dans le port. L’année dernière alors que je devais faire un prélèvement sur des revêtements immergés un peu plus tôt dans la saison, le cygne en a décidé autrement. Dès que je m’approchais du bord du ponton il m’attaquait. J’ai tout essayé pour le faire fuir mais rien n’y faisait. Finalement, il a fallu qu’une collègue l’attire plus loin pour que je puisse faire mon prélèvement. Ce qui devait prendre 5 min a pris plus d’une heure, heureusement qu’il faisait beau…

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

Nous avons la chance de pouvoir immerger des peintures au port du Kernevel à Lorient et lorsqu’il fait beau, c’est un moment très agréable et que j’apprécie beaucoup, quasiment les pieds dans l’eau.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

L’océan, le body-board et le handball.

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Dalyal Copin

Tiphaine Bittard

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Fabrice Azémar / UBS

Participation du LOPS à #CNRSInsolite

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Le vendredi 2 octobre 2020, le LOPS a participé à une opération mise en place au niveau national par le CNRS dans le cadre de la fête de la science : #CNRSInsolite. Le principe consistait à réaliser un questionnaire sur les thématiques du laboratoire destiné au grand public. 10 personnes étaient ensuite sélectionnées parmi celles ayant bien répondu à l’enquête et étaient invitées à venir visiter l’unité de recherche pendant 3 heures à une date déterminée. La thématique retenue par Pascale Lherminier qui a organisé et animé la visite était « Observer l’océan : le défi de la la prochaine décennie ».

7 personnes, pour la plupart passionnées de sciences, étaient au rendez-vous.

Après une présentation du laboratoire et de ses 4 thématiques de recherche, Pascale a proposé une manip sur la circulation thermohaline (système chauffant, colorants et glaçons) qui montre que tout ce qui est refroidi va au fonds et permet d’expliquer la circulation océanique mondiale. C’est l’océan qui assure la répartition de la chaleur sur la Terre.

Le premier objet mystère était une bouteille Niskin. Elle est utilisée pour faire des prélèvements d’eau dont les données sont exploitées pendant deux ans. Il s’agit d’un cylindre, ouvert aux deux extrémités et muni de systèmes de fermeture, qui est descendu à la profondeur désirée et fermé par un moteur de rosette contrôlé à distance.

Thierry Reynaud a ensuite évoqué la salinité. Il a précisé que la quantité de sel dans l’eau de mer est en moyenne de 34 à 35 g/l et est principalement constituée de chlore et de sodium. L’eau est moins salée près des pôles et s’allège quand la salinité diminue. il a aussi cité les instruments installés sur des bateaux, tels que des voiliers, notamment pour le Vendée globe.

Puis Jade Burdallet a proposé une manip à base de lait, de colorants et de liquide vaisselle pour illustrer la turbulence océanique.

Elle a aussi suggéré la fabrication d’un ludion pour illustrer le principe d’Archimède : c’est le poids relatif de l’objet dans l’eau qui détermine sa flottabilité. Le ludion était construit avec une paille, du scotch, des trombones et une bouteille d’eau très remplie. Un ludion est une figurine creuse, ouverte à sa partie inférieure et lestée de façon à couler ou à émerger dans un liquide où elle est plongée lorsque la pression à la surface libre du liquide varie. Les variations de pression sont généralement produites en appuyant sur une membrane fermant le récipient.

Le 2ème objet mystère était un flotteur Argo qui mesure la salinité, la température et l’oxygène. Il y en a 4000 dans l’océan, environ tous les 200 kms. Une application sur téléphone permet même de suivre un flotteur.

Ensuite était proposée une manip sur les sons pour savoir comment communiquer dans l’océan. Seules les ondes acoustiques se propagent loin dans l’océan.

Le dernier objet mystère était l’ADCP (Acoustic doppler current profiler) que l’on trouve sous les mouillages, les bateaux, sur les rosettes… Un profileur de courant par effet Doppler est similaire à un sonar ; il est utilisé pour mesurer les vitesses du courant d’eau sur une plage de profondeur en utilisant l’effet Doppler d’ondes sonores réfléchies par les particules de la colonne d’eau.

Ensuite, une discussion à bâtons rompus a eu lieu entre les participants et Pascale Lherminier.

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Cécile Nassalang / CNRS

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Pascale Lherminier / Ifremer

Publication de l’essai Clim-éthique

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Vous vous en souvenez, pendant le confinement au printemps dernier, Olivier Ragueneau avait ouvert un blog pour publier en ligne, tous les trois jours, un chapitre de son essai intitulé :

Changement clim-éthique. « Agir Global – Penser Local » et autres retournements jubilatoires

Cet essai est publié aujourd’hui chez Librinova et disponible en version numérique ou papier ici.

Pour ceux qui n’ont pas suivi cela au printemps :

Cet essai propose un autre récit fondé sur l’idée de transformation socio-écologique. S’adapter ne suffira pas. Penser global et agir local ne suffiront pas non plus pour réconcilier le sens et l’urgence. Plusieurs pistes sont donc proposées pour agir global et refonder les rapports Nord-Sud, à partir de l’idée de dette climatique. Pour penser (le) local également, à rebours de tous les actuels replis sur soi, en particulier nos rapports à l’autre et à la nature, à la technologie et au travail. Au temps aussi, et derrière le temps… Il ne s’agira rien de moins que de passer de la croissance à l’accroit-sens et nos unis-vers-cités auront un grand rôle à jouer dans cette perspective transformatrice.

Le sommaire est toujours accessible sur le blog, de même que les billets qui accompagnaient la sortie de chaque chapitre, faisant notamment le lien avec la période que nous traversons depuis. Vous pourrez également y laisser vos commentaires pour de riches discussions sûrement.

Bonne lecture à vous !

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Sébastien Hervé / UBO

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Olivier Ragueneau / CNRS

Les dinokystes : des capsules in-temporelles

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Les Dinoflagellés sont des microorganismes unicellulaires qui se développent dans les 50 premiers mètres de la colonne d’eau océanique mais également au sein de nombreux écosystèmes aquatiques : lacs, rivières et estuaires. Si certaines espèces de ces microalgues ont quelquefois mauvaise réputation (Alexandrium minutum par ex., qui peut provoquer des intoxications alimentaires sévères), elles représentent cependant d’excellents modèles pour la reconstitution des environnements et climats passés.

Pour 10% des espèces connues (2000 sont actuellement répertoriées), le cycle de reproduction annuel aboutit à la formation d’un œuf (zygote) enveloppé d’une structure protectrice, le dinokyste, dont la morphologie est spécifique à chaque taxon. Ces kystes protègent temporairement la cellule de conditions environnementales hostiles, via un enfouissement dans les sédiments de surface. Au bout d’un certain temps, la cellule déchire le kyste (cf. fig.1) pour rejoindre la colonne d’eau, abandonnant derrière elle une coquille vide. Certains dinokystes sont si résistants qu’ils se fossilisent et traversent ainsi les différentes ères géologiques comme de véritables capsules temporelles.

De nombreux critères morphologiques permettent de classifier et de dater les kystes, comme la déchirure (archéopyle) provoquée par la libération de la cellule (cf. fig. 1). De même le processus de fossilisation des dinokystes, immuable depuis des millions d’années, nous renseigne sur les évènements naturels passés (modifications climatiques, extinction ou diversification des espèces) et ce à des échelles temporelles fines (de l’ordre du millénaire).

Figure 1 : Dinokyste (forme du milieu du Crétacée -145 à -66 Ma), à noter : la morphologie caractéristique du kyste et de l’archéopyle (triangle noir).

Par ailleurs, la répartition géographique des espèces de dinoflagellés (et donc de dinokystes) dans les eaux de surface répondant à différentes contraintes écologiques de température, salinité, concentration en nutriments… ces kystes représentent d’excellentes sources d’informations sur les conditions environnementales et climatiques (ère glaciaires, réchauffements climatiques) qui prévalaient là et au moment où s’est développée la cellule.

Si certaines espèces sont présentes dans toutes les mers du globe, d’autres sont cantonnées à des zones géographiques plus restreintes (l’Océan Arctique et ses eaux froides par ex., pour Islandium minutum). A partir de ce constat et via des outils statistiques, les chercheurs ont rapproché certains paramètres environnementaux, des populations de kystes estimées et quantifiées à partir des sédiments de surface. Ces différentes espèces sont ainsi utilisées comme marqueurs des conditions environnementales, antérieures (Islandium minutum véritable « paléo thermomètre »). Cette approche « actualiste » qui considère que les processus écologiques restent identiques au cours du temps, apporte une meilleure compréhension des fines variations climatiques du passé.

Plus concrètement, l’utilisation de kystes comme biomarqueurs a permis d’étudier l’évolution du climat en Atlantique nord pour la dernière période glaciaire (-70 000 à -15 000 ans). L’espèce Bitectatodinium tepikiense par ex. est connue pour sa particulière affinité avec les eaux de surface très froides ; sa présence dans les différentes strates d’une carotte sédimentaire prélevée au sud de la mer de Norvège (cf. fig. 2a), a permis aux chercheurs de mettre en évidence des pics d’abondances périodiques de l’espèce, dans cette zone géographique. Suivant cette même approche, il a également été possible de détecter (jusqu’au Sud du Portugal) de brèves alternances de réchauffements et refroidissements climatiques, concrétisées par l’effondrement des calottes en période glaciaire et le développement de dinoflagellés ayant des affinités pour les eaux relativement douces et froides (cf. fig. 2c).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Figure 2 : En haut : évolution du pourcentage de certains taxons dinokystes sur les 4 carottes au cours des derniers 35 000 ans. Corrélation entre présence/absence de certains kystes (a, b, c, d) et certains paramètres environnementaux majeurs comme : a’ : température de surface en hiver et durée annuelle du couvert de glace de mer et b’ : concentration en kystes et salinité de l’eau de mer. En bas : trajectoire des courants en Atlantique Nord lors de la dernière période glaciaire avec position des 4 carottes sédimentaires étudiées.

Les dinokystes constituent par ailleurs d’excellents indicateurs d’eutrophisation du milieu (déséquilibre nutritif induit par un apport excessif d’azote et de phosphore). Des travaux récents s’intéressant à l’évolution des pratiques agricoles avant et après la 2nde guerre mondiale ont permis, par l’étude d’une carotte sédimentaire prélevée en baie de Daoulas (Finistère), de rapprocher les populations de kystes fossilisés, des données physico chimiques (climat, précipitations, nitrates, etc.) répertoriées localement durant plusieurs décennies (cf. fig. 3), les changements des pratiques agricoles au fil du temps ont ainsi pu être analysées. Ces études rétrospectives permettent de mieux appréhender l’impact des variations climatiques ou anthropiques (agriculture et utilisation intensive d’engrais par exemple, déforestation, pollution, etc.) sur l’évolution des écosystèmes côtiers et notamment à des échelles de temps où les séries sédimentaires pallient l’absence de relevés « modernes ».

Figure 3 : Suivi temporel des populations de 3 espèces de dinoflagellés et des paramètres physico-chimiques, en rade de Brest depuis 1870.

Enfin, il apparait que le développement excessif d’Alexandrium minutum en rade de Brest, semble effectivement corrélé au réchauffement du climat et aux apports excessifs en nitrates. Grace aux analyses par quantification d’ADN extracellulaire fossilisé dans les sédiments, les connaissances sur l’écologie de cette espèce s’affinent et vont permettre à terme, d’éclaircir l’ensemble des mécanismes inhérents à sa prolifération excessive, observée depuis ces dernières décennies (cf. fig. 3).

De la reconstitution des climats passés aux variations climatiques actuelles en passant par la surveillance des écosystèmes côtiers, les kystes de dinoflagellés constituent donc de formidables outils à disposition de nombreuses disciplines scientifiques. Ils nous amènent également à porter un regard différent sur un groupe de microorganismes dont la réputation sulfureuse est encore bien « enkystée ».

Médiation scientifique 

Assurée par Marc Cozannet, doctorant de l’Ecole Doctorale des Sciences de la Mer et du Littoral (EDSML – Université de Bretagne Occidentale), en 3ème année de thèse au Laboratoire de Microbiologie des Environnements Extrêmes (LM2E), à l’Institut Universitaire Européen de la Mer (IUEM).

L’article 

Penaud Aurélie, William Hardy, Clément Lambert, Fabienne Marret, Edwige Masure, Thomas Servais, Raffaele Siano, Mélanie Wary, et Kenneth Neil Mertens. « Dinoflagellate Fossils: Geological and Biological Applications ». Revue de Micropaléontologie, 60th Anniversary, 61, no 3 (1 décembre 2018): 235 54. https://doi.org/10.1016/j.revmic.2018.09.003.

Les auteurs 

Penaud Aurélie, William Hardy et Clément Lambert : UMR 6538 Géosciences Océan, IUEM, Université Brest, CNRS, 29280 Plouzané, France (https://www-iuem.univ-brest.fr/lgo/) ; Fabienne Marret : Department of Geography and Planning, School of Environmental Sciences, University of Liverpool, L69 7ZT Liverpool, UK  ; Edwige Masure : Centre de Recherche sur la Paléobiodiversité et les Paléoenvironnements, CR2P, UMR 7207, MNHN, CNRS, Sorbonne université, 4, place Jussieu, 75005 Paris, France ; Thomas Servais : CNRS UMR 8198 Evo-Eco-Paleo, Université Lille, 59000 Lille, France (http://eep.univ-lille.fr/) ; Raffaele Siano : Ifremer, Centre de Brest, DYNECO PELAGOS, 29280 Plouzané, France (https://wwz.ifremer.fr/dyneco/) ; Mélanie Wary : UMR 5805 EPOC (Environnements et Paléoenvironnements Océaniques et Continentaux), Université Bordeaux, CNRS, EPHE, 33615 Pessac, France (https://www.epoc.u-bordeaux.fr/) et Institute of Environmental Science and Technology (ICTA), Universitat Autònoma de Barcelona, 08193 Bellaterra, Catalonia, Spain  ; Kenneth Neil Merten : Ifremer, LER BO, Station de Biologie Marine, place de la Croix, BP 40537, 29185 Concarneau cedex, France (https://wwz.ifremer.fr/lerbo).

La revue 

La « Revue de Micropaléontologie » (https://www.journals.elsevier.com/revue-de-micropaleontologie) est éditée par Elsevier. Elle publie des articles originaux d’intérêt international concernant tous les domaines de la micropaléontologie.

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Auteurs : consulter l’annuaire de l’IUEM

Bibliothèque La Pérouse : Suivi éditorial, rédaction, corrections et mise en page : Fanny Barbier

Service Communication et médiation scientifique : communication.iuem@univ-brest.fr

Margot Sauvadet, Administrateur du LGO

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

J’ai commencé ma carrière à l’INSERM en tant que gestionnaire. J’ai ensuite travaillé dans le privé et plus particulièrement dans l’organisation de congrès en France et à l’étranger et dans l’évènementiel pour l’industrie pharmaceutique.

J’ai réintégré l’INSERM dans les années 90 en tant que responsable administratif puis secrétaire général du Centre de Recherche Biomédicale Bichat Beaujon (CRB3), puis du centre de recherche sur l’inflammation (CRI) à l’Université Denis Diderot à Paris.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

Je suis originaire de la région, je souhaitais revenir en Bretagne après de nombreuses années à Paris et aussi découvrir d’autres domaines de la recherche.  Une offre de mutation du CNRS est arrivée à point nommé à la fin du mandat de l’unité de recherche et le début du nouveau quinquennat du LGO.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Dans la continuité de mes fonctions précédentes, mais dans un tout autre contexte, de la médecine à la géologie (j’étais bien loin des problématiques de campagnes à la mer et des missions de terrain), depuis 2017, j’assure la coordination et la mise en œuvre des activités d’administration et de gestion budgétaire et financière, en relation avec les tutelles de l’UMR (CNRS, Université de Bretagne Occidentale et Université de Bretagne Sud). Ce travail se fait au sein de l’équipe administrative que j’anime, et qui est constituée de 3 à 4 gestionnaires.

Principalement, je veille à l’exécution du budget, au suivi et à l’analyse des dépenses. J’apporte mon aide au montage de dossiers de financements ou de labellisation du laboratoire (ANR, Equipex, Carnot). Je collecte et j’analyse des données qualitatives et quantitatives (agents recrutés et accueillis, financements, biens inventoriés, relations internationales, productions du laboratoire, mandats et responsabilités des membres du laboratoire). Je participe aussi à la rédaction des rapports (dont Dialog et évaluation HCERES), des enquêtes, audits et évaluations sur l’organisation, la production et les moyens du laboratoire.

Je suis également responsable de la mise à jour de la bibliographie du laboratoire et référente HAL pour le LGO.

Un autre volet de mes activités sont le conseil aux agents et l’aide à la rédaction des dossiers de promotion, de concours, de CV (IT, BIATSS, CDD, post-doc), de montage de projets divers. Dans ce même domaine, je participe aux jurys internes de recrutement du laboratoire.

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

Lorsque j’organisais des congrès, quelques heures avant son intervention, au lieu de l’écran, du vidéoprojecteur et autre équipement high tech, un éminent conférencier a demandé qu’on lui installe un énorme tableau noir couvrant tout le mur, et de la craie. L’orateur a fait son exposé dans un silence absolu, en remplissant chaque centimètre d’une belle écriture et l’a achevé en posant son point final tout en bas à droite du tableau. C’était la conférence du jour et ce fut un moment magique !

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

Cette anecdote professionnelle est aussi un beau souvenir.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

Lire, marcher, courir, jardiner…

As-tu une devise ?

Il y a toujours des solutions (mais j’espère qu’il n’y aura pas trop de problèmes).

Crédit photos

Bertrand Gobert / IRD

Kevin Quessette / CNRS

Contact

Margot Sauvadet / CNRS

Brest, port d’explorateurs

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L’ouvrage collectif Découvrir le Monde -Brest, port d’explorateurs sous la direction de l’Institut français de la mer (IFM) sera disponible en librairies à partir du 9 octobre 2020.

Le livre

L’esprit d’aventures, la soif de connaissances et l’expérience des explorateurs, gens de mer et concepteurs de navires a engendré à Brest une culture maritime d’exception qui se conjugue au passé comme au futur. Voyage en images dans 3 siècles d’innovations.

L’exploration océanique nourrit le mythe de la conquête de nouveaux espaces vierges et de la compréhension de la Nature. Cette soif de découvrir, d’entreprendre est particulièrement vivace à Brest, port d’explorateurs et siège depuis Louis XV de l’illustre Académie de Marine. De la Cité du Ponant se sont élancées tant d’expéditions majeures, ouvrant des voies de circulation, reculant les limites de l’inconnu par la cartographie, l’hydrographie, ou les sciences du vivant.
Ce livre présente un voyage en images dans 3 siècles d’innovations, en partenariat avec les principales structures de cette histoire ininterrompue : archives de la Marine, Ifremer, Institut Polaire, Shom… Depuis Kerguelen relevant les côtes des antipodes jusqu’aux modernes câbliers d’Orange assurant les communications de demain, l’inventivité et l’expérience des scientifiques, des gens de mer au sens large et des concepteurs de navires ont permis de générer et faire fructifier à Brest une culture maritime innovante d’exception qui se nourrit du passé, irrigue le présent et éclaire le futur.
25 spécialistes et plus de 350 images et cartes apportent un éclairage original sur des expéditions qui se déclinent aujourd’hui dans les 4 dimensions : terrestre, spatiale, maritime et sous-marine. Elles offrent des perspectives pour que l’Homme s’adapte aux grands défis environnementaux, économiques et culturels, à l’heure des changements climatiques et des bouleversements associés.

Les auteurs

Le collectif est constitué de plus de 25 auteurs spécialistes de sujets maritimes : Chloé Batissou, journaliste ; Éric Berthou, peintre navigateur ; Jean-Yves Besselièvre, Musée de la Marine de Brest ; Alain Boulaire, Olivier Corre et Jean-Jacques Grall, historiens ; Gilles Chatry, archiviste Ifremer ; Anne Choquet, juriste ; Roland Jourdain, navigateur ; Xavier Laubie, Service Historique de la Défense ; Hervé Moulinier, Pôle Mer ;

Côté IUEM, Laurent Chauvaud, Éric Deslandes et Yves-Marie Paulet y ont participé.

Cet ouvrage est soutenu par la Ville de Brest, l’ENSTA, le Pôle mer, Ifremer, le Musée de la Marine, l’IPEV, Brest métropole, l’Ecole navale, le Conseil Régional de Bretagne, l’Académie de la Marine, le Service Historique de la Défense, Océanopolis, CCIMBO, Orange, Thales, la Mairie de Plougastel, Cervval, la Brest Business school…

 

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Ifremer

Ipev

Patrice Pellerin

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Yves-Marie Paulet / UBO

Parution d’un nouvel ouvrage, Océans : évolution des concepts

Dans le cadre de la nouvelle encyclopédie des sciences, l’ouvrage « Océans -évolution des concepts » est publié par ISTE Editions, en français et en anglais. Paul Tréguer (UBO), fondateur de l’IUEM, est co-auteur de ce livre avec Guy Jacques (CNRS) et Herlé Mercier (CNRS – Ifremer)

Abondamment illustré, il s’adresse à un public averti et aux étudiants, et plus largement à tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’océanographie et aux sciences de la mer. Il est original car, au delà de l’histoire de l’océanographie de sa création au 19ème siècle et jusqu’à nos jours, il s’intéresse à l’évolution des concepts qui sont la base des grands programmes internationaux.

Depuis l’expédition du HMS Challenger (1872-1876), notre vision de l’océan a totalement changé. L’Homme réalise qu’il joue un rôle clé dans la régulation du climat et de la biodiversité et qu’il est également, grâce à ses ressources biologiques et minières, un pourvoyeur de services pour l’humanité.

Océans s’appuie sur les données issues des nouveaux outils océanographiques et satellitaires, acquises lors de programmes internationaux interdisciplinaires. Il décrit les processus qui contrôlent le fonctionnement de l’océan aux différentes échelles spatiales et temporelles.

Après avoir considéré l’évolution des concepts en océanographie physique, chimique et biologique, cet ouvrage profile l’avenir d’un océan plus chaud, acidifié et moins oxygéné. Il montre comment une vision de l’océan à différentes échelles modifie sa compréhension. Enfin, il présente les défis auxquels est confronté l’océan en matière d’exploitation des ressources biologiques et minières dans le cadre d’un développement durable, et de régulation du changement climatique.

Pour en savoir plus

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Florence L’Hostis / CNRS

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Paul Tréguer

Un projet Erasmus + pour l’Alliance SEA-EU

Présentation de SEA-EU-DOC

SEA-EU-DOC est un projet de partenariat stratégique Erasmus + pour l’enseignement supérieur axé sur les études doctorales en sciences marines, maritimes et côtières. Porté par l’UBO, il associe les écoles doctorales des 6 universités partenaires de l’Alliance SEA-EU : Brest, Cadiz, Kiel, Split, Gdansk et Malta. Il est coordonné par l’Ecole Doctorale des Sciences de la Mer et du Littoral (EDSML).

Le projet débute en septembre 2020 pour une durée de 3 ans et vise à élargir les possibilités d’emploi des docteurs dans le contexte particulier des sciences marines. En effet, avec le déficit de contrats de travail permanents dans les universités européennes et la précarité croissante de l’emploi dans ce secteur, de plus en plus de titulaires de doctorats se tournent vers des emplois en dehors du milieu universitaire. Préparer les étudiants à un large éventail d’options de carrière correspondant à la réalité du marché du travail relève de la responsabilité des universités.

Il est prévu d’accroître l’employabilité des docteurs en :

– donnant une visibilité à la diversité des parcours professionnels

– identifiant les compétences précieuses acquises pendant le doctorat qui peuvent être transférées dans toutes sortes de contexte professionnel

– améliorant la qualité de la formation doctorale pour mieux répondre à la diversité des possibilités d’emploi

– renforçant les liens entre l’université et le secteur non académique par la création d’un réseau européen de docteurs, de doctorants et d’institutions dans le domaine des sciences marines.

Le projet SEA-EU DOC est basé sur les conclusions d’une enquête menée auprès de 621 diplômés afin d’évaluer les besoins, et le niveau de satisfaction/d’adéquation de leur formation doctorale au regard de leur carrière et leur entrée sur le marché du travail.

Le projet SEA-EU-DOC est structuré autour de 3 réalisations intellectuelles (IO) :

IO1 : Identification des débouchés non académiques pour les docteurs en sciences marines

Une série d’entretiens sera menée afin de sensibiliser à la diversité des possibilités d’emploi pour les docteurs avec une diffusion  en ligne sur la plateforme SEA-EU et les sites web de chaque organisation participante.

OI 2 : Le défi de l’adéquation des compétences

Une analyse comparative des compétences des docteurs et des besoins des employeurs sera réalisée dans le secteur maritime et marin en Europe au moyen d’enquêtes et de focus groups.

IO 3 : Construire la communauté bleue des de demain

Pour faciliter la collaboration en matière de développement de carrière, une communauté de docteurs européens en sciences marines sera créée après un inventaire des réseaux d’anciens étudiants dans les pays membres. Le réseau de la communauté sera mis en ligne.

4 évènements de formations intensives sont également programmés :

Formations 1-2 : Développement de carrière (Brest, mai 2021)

Pour aider les doctorants à passer des études au marché du travail, une formation sera organisée à Brest afin de leur fournir des outils d’auto-évaluation leur permettant de prendre des décisions rationnelles, éclairées et appropriées en matière de carrière. En outre, une formation destinée aux directeurs de thèse et aux responsables d’écoles doctorales aura lieu simultanément afin de les sensibiliser au développement de la carrière des doctorants.

Formation 3 : Compétences en matière de résolution de problèmes (Split, mai 2022)

Cette formation est , consacrée à la résolution de problèmes, qui est classée parmi les compétences professionnelles les plus demandées sur le marché du travail. Des représentants non universitaires présenteront les problèmes/attentes « réels » des entreprises et les étudiants appliqueront leurs compétences en matière de recherche à ces situations concrètes.

Formation 4 : Compétences en matière d’entrepreneuriat (Cadiz, avril 2023)

Ce dernier événement de formation sera consacré aux compétences en matière de création d’entreprise. Avoir un esprit d’entreprise est un atout pour la création de valeur dans tout cadre professionnel. Ces compétences peuvent être appliquées à la vie quotidienne et sont très demandées par les employeurs.

Crédit photo et illustration

Sébastien Hervé / UBO

Solenne Gaillard

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Catherine Meur-Ferec et Philippe Pondaven

 

 

 

 

 

 

 

 

Etienne Henry, ingénieur de recherche en biophysique au LM2E

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

J’ai fait un magistère matériaux et un master de physique à Rennes 1 que j’ai obtenus en 2004. J’ai ensuite effectué une thèse à l’institut de physique de Rennes (IPR) qui portait sur l’utilisation d’auto-assemblages bio-inspirés pour organiser en 3 dimensions des nanoparticules fluorescentes. La structuration en 3D est intéressante car elle peut mener à des propriétés optiques ou spectroscopiques originales. J’ai soutenu ma thèse en 2007 et ai commencé un CDD d’ingénieur de recherche à l’ENS de Cachan dans le laboratoire de biologie et de pharmacologie appliquée (LBPA). 2 ans après, j’ai été recruté sur un poste d’IR par concours externe au CNRS à l’ENS Cachan. J’étais responsable de la plateforme d’imagerie cellulaire et intervenais également au LBPA sur différents projets de recherche en bio-santé, portant sur des protéines de liaison à l’ADN : l’intégrase du VIH-1, impliquée dans l’intégration du virus du SIDA dans le génome humain, et en cancérologie sur l’étude de protéines de la maintenance génomique impliquées dans des maladies génétiques rares (syndrome de Bloom et Werner) induisant un vieillissement prématuré et donc des cancers.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

J’avais envie de revenir en Bretagne et parmi les postes, une opportunité s’est offerte à moi au LM2E.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Au LM2E, j’interviens en soutien des activités du labo concernant l’élucidation des mécanismes cellulaires et moléculaires impliqués dans l’adaptation aux conditions extrêmes (température, pression…) sous l’angle de l’étude de la maintenance génomique (réplication, réparation, recombinaison de l’ADN) des Archaea extrêmophiles des sources hydrothermales océaniques profondes. Pour répondre à ces questions, je développe des méthodes biophysiques basées sur la microscopie et la spectroscopie de fluorescence. La microscopie de fluorescence et en particulier l’imagerie de la molécule unique permettent d’observer en temps-réel l’activité de molécules, d’enzymes ou de complexes macromoléculaires, mais aussi des mouvements internes ou des changements de conformation de protéines à une échelle très fine. Ces informations nous aident à mieux comprendre les mécanismes de maintien de l’intégrité génomique à haute température chez ces espèces modèles et en même temps nous apporte un éclairage nouveau sur ces processus clés que l’on retrouve chez les eucaryotes et donc chez l’homme.

Je suis également chargé de mission auprès de France Bio-Imaging, infrastructure nationale pour l’imagerie biologique.

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

L’audition pour obtenir ma bourse de thèse s’est déroulée dans des conditions un peu particulières. Je faisais beaucoup de voile à cette époque, et mon futur directeur de thèse m’a appelé pour l’entretient alors que j’étais en pleine régate. Je me suis mis au fond du bateau avec mon portable pour essayer d’être au calme, et il a tout de même fallu que je lui explique pourquoi il entendait le bruit de la mer et du vent, mais que j’étais néanmoins le candidat idéal pour le sujet de thèse qu’il proposait !

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

Avec mon premier jour au LM2E, où j’ai pris possession de ma paillasse avec vue panoramique sur le goulet de Brest, un autre beau souvenir de boulot est un week-end au synchrotron de l’ESRF à Grenoble. C’est un grand labo pluridisciplinaire, international, d’un kilomètre de diamètre dans lequel on se déplace à vélo. Les expériences tournent 24h/24. On fait des quarts la nuit, on dort et on mange sur place en totale immersion. Même si je n’ai encore jamais eu l’opportunité d’embarquer, j’imagine qu’une campagne en mer ressemble un peu à ça, avec l’air iodé en plus.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

Le vélo que j’utilise tous les jours pour venir travailler quel que soit le temps et le paddle que je pratique uniquement quand il fait beau !

As-tu une devise ?

« Vis comme si tu devais mourir demain. Apprends comme si tu devais vivre toujours ». Gandhi.

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Claire Albaret

Audrey Bosse

Etienne Henry / CNRS

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Etienne Henry / CNRS