La fonte inéluctable des glaces de mer rend nécessaire d’en estimer l’épaisseur. C’est possible, il suffit pour cela de mesurer les vagues…
La couverture de glace au niveau des pôles a beaucoup diminué depuis 1979, année des premières observations satellitaires, le réchauffement direct de notre atmosphère et les différents phénomènes physiques associés (modification des courants, intensification des événements climatiques extrêmes…) en sont les principaux responsables. Ainsi dans les régions polaires, les interactions entre les vagues et la glace sont de plus en plus importantes. En Arctique, l’étendue des glaces ayant considérablement diminué, la surface d’océan en eau libre a augmenté permettant aux vagues de se déployer. En Antarctique, les vagues ont un effet stabilisateur, elles viennent compresser la glace et lui opposent ainsi une résistance à l’éloignement vers l’équateur et des eaux plus chaudes où elle fondrait.
Quand les vagues arrivent à hauteur d’un objet flottant, il les réfléchit et/ou les amortit, tout comme la quantité de mouvement qu’elles transportent. Cela produit une force horizontale sur l’objet (ici la glace de mer) qui peut amener son déplacement ou sa déformation. La compression entraîne l’épaississement des couches de glace flottantes sous forme d’empilements verticaux des morceaux de glace présents dans la zone de transition entre l’océan et la banquise (cf. fig. 1), c’est la Zone Marginale de Glace (ZMG). Les morceaux de glace, formant initialement une seule couche morcelée à la surface de la mer, peuvent se retrouver compressés jusqu’à se soulever pour s’empiler sur d’autres. C’est le mouvement incessant des vagues qui favorise ce soulèvement en modifiant constamment les espacements et hauteurs des glaces flottantes. A partir d’un certain point, la force exercée par les vagues devient insuffisante pour compresser d’avantage la glace qui arrête alors d’épaissir.
L’étude présentée ici s’appuie sur la capacité de calculer la variation du mouvement de la glace à la surface de l’océan lorsqu’elle est soumise aux contraintes qui s’opposent à sa déformation : les contraintes externes sur la glace (les vagues, le vent, les courants) et la contrainte interne à la glace. Prenons l’exemple d’une boule de neige : la contrainte externe lui est imposée par nos mains qui tassent la neige tandis que la résistance de la neige au tassement, constitue la contrainte interne. L’opposition de ces deux contraintes, permet d’obtenir une boule de neige compacte, de taille constante pour une quantité de neige donnée.
Fig. 1 : Agrégation et compactage des morceaux de glace par les vagues (provenant de la gauche) vers la banquise (à droite)
Lorsque la glace ne bouge plus, on dit que le système glace-océan-atmosphère est à l’équilibre. Les contraintes externes et internes s’égalisent (la boule de neige est constituée et ne se tasse plus). Connaître la valeur de l’une des deux contraintes, c’est connaître la valeur de l’autre, on peut donc estimer les contraintes internes par des mesures extérieures (via un satellite par ex.), or comme on sait relier mathématiquement les contraintes internes à l’épaisseur de la glace, on peut alors déterminer celle-ci à partir de mesures océanographiques !
Des expériences ont ainsi été réalisées dans le parc national du Bic, véritable laboratoire naturel au long de l’estuaire du fleuve Saint-Laurent (Canada). Durant l’hiver et malgré une couverture de glace presque totale, une partie du fleuve reste cependant libre de glace par l’apport en eaux plus chaudes, provenant de l’océan Atlantique. Lors d’épisodes venteux, des vagues s’y forment (ce serait impossible si toute la surface du fleuve était gelée) permettant ainsi l’étude d’une ZMG. Des mesures comparatives de courant, de vent et d’épaisseur de glace ont donc pu y être effectuées. Des bouées équipées de capteurs de mouvements et placées en différents points toujours plus éloignés du bord, ont permis d’effectuer des mesures de vagues (cf. fig. 2a) ; ce positionnement permet d’évaluer l’atténuation progressive des vagues par la glace. On observe ainsi (cf. fig. 2b) que l’énergie des vagues, mesurée pour chaque bouée, diminue à mesure qu’on s’éloigne de la zone d’eau à l’air libre, en suivant une loi de décroissance exponentielle.
En pratique, cette atténuation peut être ici associée à trois phénomènes : la réflexion des vagues sur la glace et vers le large, la dissipation de l’énergie des vagues par la turbulence (remous occasionnés par la rencontre entre les vagues et la glace) ou encore la friction entre morceaux de glace. Le premier phénomène reste négligeable car les morceaux de glaces sont de petites tailles vis-à-vis de la longueur des vagues (ce n’est pas toujours le cas). Le second n’a pas pu être mesuré durant les missions de terrain (mais compte tenu d’autres observations, il peut ne pas être négligeable). Ainsi, si l’atténuation examinée ici tient compte uniquement de la friction des glaces (troisième phénomène), il faut souligner que le résultat final est probablement sous-évalué, car l’effet de turbulence n’a pas été pris en considération.
Fig. 2a : Zone d’étude avec le parcours réalisé par les bouées lors d’une des séries de mesures. L’échelle de couleur indique le temps associé à la position de chaque bouée.
Fig. 2b : Atténuation de l’énergie E des vagues en fonction de la distance Xice au bord de glace. Plus la couleur est foncée, plus la bouée considérée se situe loin du bord.
Les mesures d’épaisseur ont été réalisées via des trous percés dans la glace, on y a introduit un bâton terminé d’un crochet afin de ne pas dépasser la surface inférieure du glaçon. Les mesures de vent et de courant ont montré que leur effet sur la glace reste négligeable comparé à celui des vagues. De ce fait, la mesure de l’atténuation des vagues permet directement d’estimer l’évolution de la contrainte externe des vagues sur la glace et celle de l’épaisseur de glace en fonction de la distance au bord de glace (cf. fig. 3). Cette épaisseur croît rapidement jusqu’à atteindre une valeur maximale constante, concomitante à la disparition totale des vagues. La modélisation de l’évolution d’épaisseur de la glace correspond bien aux mesures effectuées sur le terrain. La disparité des mesures individuelles est due à la forte variabilité de l’état de surface de la glace.
Fig. 3 : Evolution de l’épaisseur de glace ζ divisée par l’épaisseur de glace à l’équilibre ζeq en fonction de la distance au bord de glace χ. La ligne noire désigne le modèle mathématique, les ronds les mesures par bouée, les croix les mesures directes de l’épaisseur, les carrés et le losange jaunes les moyennes des croix.
Ces résultats sont encourageants pour la communauté scientifique. En effet contrairement aux mesures des vagues observées toujours plus précisément via les données satellitaires, les estimations d’épaisseur de glace restent très difficiles à réaliser dans des conditions identiques. Grâce à cette découverte, l’estimation par satellite de l’épaisseur des glaces à partir des mesures de vagues devient envisageable (au moins dans des conditions similaires à celles présentées dans cette étude).
Médiation scientifique:
Assurée par Luc Barast, doctorant de l‘École Doctorale des Sciences de la Mer et du Littoral (EDSML – Université Bretagne – Loire), en 1ère année de thèse dans l’équipe SIAM au sein du Laboratoire d’Océanographie Physique et Spatiale (LOPS) à l’Ifremer.
L’article
Marginal ice zone thickness and extent due to wave radiation stress.
Ce travail résulte d’une collaboration entre Peter Sutherland, (Ifremer, Univ. Brest, CNRS, IRD, Laboratoire d’Océanographie Physique et Spatiale, IUEM, Brest, France) et Dany Dumont (Institut des Sciences de la Mer de Rimouski, Université du Québec à Rimouski, Rimouski, Quebec, Canada) autour du projet BicWin, à propos de l’étude des phénomènes physiques et océanographiques des ZMG à partir du laboratoire naturel que constitue le parc du Bic.
La revue
« Journal of Physical Oceanography » est une revue publiée par l’American Meteorological Society. Elle traite de la physique des océans et des processus ayant lieux à leurs frontières. Les articles qui y sont publiés sont tout aussi bien basés sur de la théorie, des mesures de terrain ou par satellite, ou encore sur des résultats numériques.
https://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2019/05/canada-saint-laurent-glace-e1557127209316.jpg8431500cyvenhttps://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2018/06/iuem-logo-header.pngcyven2019-05-06 10:00:322024-07-02 16:05:38Mesurer la glace ? pas de quoi en faire des vagues
Au vingt et unième siècle, les sociétés humaines réalisent que les piliers qui ont assuré leur développement au cours des siècles précédents sont mis en question. De nombreux paradigmes ont changé. Nos activités ont dérégulé l’équilibre climatique et gravement affecté la biodiversité à l’échelle planétaire, et plus particulièrement celle des mers et océans qui occupent plus de 70% de la surface de la Terre. Désormais, pour anticiper l’avenir dans une perspective de développement durable, il nous faut comprendre le fonctionnement de l’océan et ses interactions avec les autres enveloppes fluides et solides de la planète Terre. Promouvoir la mise en œuvre d’un tel développement est l’un des enjeux de la décennie de l’océan (2021-2030) de l’Organisation des Nations Unies (ONU), réaffirmé lors du One Ocean Summit qui s’est tenu à Brest en février 2022. Mieux comprendre l’océan et ses interactions avec le climat et les sociétés humaines, est devenu un enjeu essentiel pour les médias, à même de faire émerger ou de relayer des débats et idées structurantes. En 2019, nous avons mis l’accent sur les « points chauds » de l’océanographie (s’agissant des impacts du changement climatique, de l’économie, du droit, et des technologies marines). En 2020, le focus a porté sur les perturbations humaines de l’océan et les perspectives de développement durable. En 2021, les systèmes extrêmes (polaires, anoxiques), les situations de crises (mer et migrations humaines), et le fonctionnement du système Terre/Océan étaient nos priorités. En 2022, l’école d’été embrassait les interactions océan – climat, avec des intervenants éminents comme Jean Jouzel, Christophe Cassou, Valérie Masson-Delmote, Frank Lecocq, Anne-Marie Tréguier…
De 2019 à 2022, s’inscriront aux quatre écoles d’été 86 journalistes de différents médias (presse écrite, radio, télévision) ou des indépendants (free-lance), non seulement de France mais aussi de Belgique, d’Afrique, et même du Québec avec Radio Canada, et ceci grâce à une collaboration avec l’Institut France – Québec de la Mer (IFQM).
Une formation continue en « Mer et Médias »
Reprenant une suggestion, à la direction de l’IUEM, du groupe SEPA (Ouest-France), de concert avec nos partenaires (Ecole Supérieure de Journalisme de Lille ESJL, Club de la Presse en Bretagne CPB, dans le cadre de la formation continue de l’UBO (SUFCA) nous avons ouvert en 2024 un diplôme d’université (DU) intitulé « Mer et Médias ». Présentement, ont bénéficié de cette formation diplômante trois promotions de journalistes et de communicants (26 personnes au total) provenant de différents médias (Ouest-France, Agence France-Presse, Radio France, ICI Breiz Izel…) ou journalistes indépendants (contributeurs de médias nationaux ou spécialisés comme Le Figaro, Médiapart, TV5 Monde, Océans connectés…) et employés d’entreprises ou d’agences de recherche (Véolia, Coopérative maritime, CNRS …), parfois en reconversion.
https://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2026/07/DU-MeM-2026-main.jpg4231210Sebastien Hervehttps://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2018/06/iuem-logo-header.pngSebastien Herve2026-07-07 08:58:362026-07-07 08:58:363ème édition du DU « Mer et Medias »
Du 2 au 4 juin 2026, l’IUEM a accueilli l’assemblée générale d’ODATIS. Cette année, l’événement était spécial car il célébrait les 10 ans de ce pôle Océan de données et services de l’infrastructure de recherche Data Terra ! En une décennie, ODATIS s’est hissé comme un acteur clé pour la diffusion, la valorisation et le partage et la gestion des données d’observation de l’océan, fédérant une large communauté issue de grands programmes nationaux et internationaux.
Étaient présents les partenaires institutionnels (CNRS, CNES, Ifremer, IRD, Shom, Universités Marines, Cerema), les membres de la communauté scientifique et opérationnelle, les gestionnaires de données, les acteurs publics, les partenaires privés. Au total, 158 personnes étaient réunies pour trois journées d’ateliers de travail, de sessions plénières et d’échanges qui ont porté sur les questions institutionnelles et scientifiques, entre rétrospectives et perspectives. Elles ont permis de revivre les grandes traversées, les projets phares et les escales marquantes et de mettre le cap vers les nouveaux horizons à explorer.
La dernière session du jeudi 4 a notamment porté sur l’impact social et environnemental des technologies numériques, notamment celles issues de la recherche, venant compléter l’exposition sur la sobriété numérique actuellement accrochée dans les couloirs de l’institut.
Une soirée spéciale a été organisée à l’espace 70.8 « un musée pour l’océan », aux ateliers des Capucins, permettant aux participants une immersion conviviale et ainsi poursuivre les discussions tout au long du parcours muséographique. Les échanges étaient animés auprès de plusieurs capteurs d’observation présentés (satellites, flotteurs Argo, marégraphes,…) pour lesquels les océanographes présents étaient les représentants invités aux 10 ans ODATIS !
https://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2026/06/10ans_ODATIS_main.jpg4231210Sebastien Hervehttps://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2018/06/iuem-logo-header.pngSebastien Herve2026-06-10 16:25:372026-06-11 09:54:35Odatis fête ses 10 ans à l’IUEM
Jeudi 25 juin 2026 – 13h>14h30 – En ligne et en amphi D à l’IUEM – Entrée libre
Solange Teles da Silva – Professeure à l’Université Presbytérienne Mackenzie, elle présentera ses travaux portant sur :
Deep sea mining and the application of the precautionary principle in the light of ecological transition: areas under Brazilian national jurisdiction and beyond national jurisdiction
Résumé : La transition écologique est un processus visant à transformer les modes de production et de consommation afin de bâtir des sociétés durables et résilientes, fondées sur un équilibre entre les activités humaines et les limites écologiques, et assurant la protection des populations les plus vulnérables. La transition énergétique constitue l’une de ses dimensions, et l’exploitation minière des grands fonds marins a été présentée comme une solution pour obtenir les minéraux nécessaires à cette transition. Cependant, malgré l’importance de développer cette activité pour la transition énergétique, ses impacts environnementaux potentiels sont nombreux, notamment des atteintes aux organismes marins essentiels à la régulation du climat. Il convient également de prendre en compte l’Accord sur la biodiversité marine dans les zones situées au-delà de la juridiction nationale (BBNJ), entré en vigueur le 17 janvier 2026. S’appuyant sur des données scientifiques, le présent travail examine la mise en œuvre de l’ODD 14, qui vise la conservation et l’utilisation durable des océans et des ressources marines, et interroge les possibilités et les limites de l’application du principe de précaution à l’exploitation minière des grands fonds marins, que ce soit dans les zones relevant ou non de la juridiction nationale. Sur la base de l’analyse de la position du Brésil dans les négociations internationales et de l’étude de cas du plateau de Rio Grande (Atlantique Sud), une région stratégique pour le Brésil avec des zones riches en cobalt, nickel, lithium et terres rares comme le tellure – minéraux essentiels à la transition écologique –, on peut se demander si c’est le principe de précaution fort ou faible qui est appliqué.
Abstract : Ecological transition is as a process that has the aim of transform production and consumption patterns in order to achieve sustainable and resilient societies, based on a balance between human activities and ecological limits, ensuring the protection of the most vulnerable people. One of the dimensions of the ecological transition is the energy transition and deep-sea mining has been pointed out as a solution for obtaining minerals necessary to ensure the energy transition. However, despite the importance of developing this activity for the energy transition, the environmental impacts it may cause are numerous, including harm to marine organisms essential for climate regulation, among others. We must also take into account the Agreement on Marine Biodiversity in Areas Beyond National Jurisdiction (BBNJ), entered into force on 17 January 2026. Considering scientific evidence, the present work reflects on the implementation of SDG 14, which aims the conservation and sustainable use of oceans and marine resources, questioning the possibilities and limits of applying the precautionary principle in Deep Seabed Mining, whether in areas under national jurisdiction or beyond national jurisdiction. Based on the analysis of Brazil’s position in international negotiations and the case study of the Rio Grande Rise (South Atlantic), a strategic region for Brazil with areas rich in cobalt, nickel, lithium, and rare earth elements such as tellurium – essential minerals for ecological transition – it is questioned whether the strong or weak precautionary principle is being applied.
Discutante : Betty Queffelec, UMR AMURE
Biographie de Solange Teles Da Silva : Professor at Mackenzie Presbyterian University, member of the Stricto Sensu Graduate Program in Political and Economic Law, and CNPq Research Productivity Fellow (2007-2010) and since 2012.
Bachelor’s degree (1991) from the Faculty of Law of the University of São Paulo (USP) and Ph.D.(2001) and Post-doctorate (2005) in Law from the University of Paris I – Pantheon-Sorbonne. She was a Professor in the Stricto Sensu Graduate Program in Environmental Law at the State University of Amazonas (UEA/ 2003-2012), and an Adjunct Professor at the University of New England (NSW/Australia/ 2022-2024). She received scholarships from national agencies such as FAPESP, CNPq, and CAPES for the development of research projects.
Currently, she is a Member of the International Scientific Council of ISBlue – Interdisciplinary Graduate School for the Blue Planet since 2019 and a member of the Sectorial Scientific Committee of Human and Social Sciences (CCSS 4) of the Institut de Recherches pour le Développent (IRD) (2024-2027).
Leader of the CNPq Research Group on Law and Sustainable Development, she works mainly in the area of environmental law and international environmental law with an emphasis on the following themes: right to the environment, sustainable development, social and biodiversity issues, water, sea and oceans, urban space, climate change, and methodological innovations in legal research.
Plusieurs doctorant.e.s de l’UMR LOPS étaient présents lors de la manifestation « Science en Theizh » aux Ateliers des Capucins à Brest ce samedi 25 avril 2026 afin de présenter la recherche brestoise en océanographie ! https://www.scienceentheizh.fr/
Avec au programme, exposition de posters vulgarisés, expo-photos et concours d’éloquence, 12 doctorant.e.s du LOPS ont assuré l’animation ce samedi 25 avril aux ateliers des Capucins afin de présenter leur thématique de recherche au public présent en grand nombre : salinité, phytoplancton, eutrophisation d’une baie au Sénégal, dynamique de l’océan Arctique, courant océanique Nord Atlantique (AMOC), flux biogéochimiques dans le canal du Mozambique, ….
De quoi découvrir et comprendre l’observation et l’étude des mouvements océaniques, leurs liens avec l’atmosphère, le plancher océanique et le littoral, et leur influence sur la vie dans les océans, sur le climat, … et de découvrir également les enseignements associés, via le Master « Sciences de la Mer et du Littoral » et l’Ecole Doctorale des Sciences de la Mer de l’IUEM (www-iuem.univ-brest.fr) à l’UBO
Du 2 au 6 février 2026, le Master sud-africain en sciences de la mer (SAMOS) a célébré une étape importante avec la tenue de sa semaine de lancement au Campus des sciences de la mer de l’université Nelson Mandela. Le programme a réuni sa première promotion d’étudiants, inscrits à l’université du Cap, ainsi que les enseignants et les partenaires du consortium, afin de marquer le début des cours et la prochaine phase du projet.
Cette semaine a permis aux étudiants de se familiariser avec leur nouveau campus, de s’acquitter des dernières formalités administratives et de rencontrer les responsables de cours, les enseignants et les encadrants. Cette première semaine a permis de poser de solides bases pour la suite du parcours universitaire et tisser un sentiment d’appartenance à une communauté universitaire qui accompagnera les étudiants tout au long de leurs études.
« Les étudiants ont indiqué que le programme d’orientation avait permis de favorisé un sentiment d’appartenance, de clarifié les attentes académiques et d’établir des relations qui ont facilité leur intégration dans la communauté de recherche », a déclaré M. Brishan Kalyan, responsable du programme SAMOS.
Les premiers cours ont débuté le lundi 9 février, marquant le lancement d’un programme de neuf mois qui permettra aux étudiants d’acquérir des connaissances fondamentales sur les systèmes socio-écologiques, la dynamique des écosystèmes marins africains et acquérir des compétences quantitatives essentielles, entre autres. Les étudiants auront ensuite l’opportunité d’approfondir leur apprentissage grâce à des modules optionnels, en se spécialisant dans des domaines tels que la biologie marine ou l’océanographie opérationnelle. Divers séminaires et conférences permettront d’élargir encore davantage leur exposition à la recherche internationale, à l’innovation et aux différents débouchés professionnels. À l’issue des cours, les étudiants rédigeront leur mémoire recherche dans l’un des établissements du consortium SAMOS.
Cette semaine a également permis aux enseignants du programme SAMOS, issus de neuf universités et d’institutions spécialisées sud-africaines et internationales, de se rencontrer en personne avant le début des activités pédagogiques. Cette rencontre leur a donné l’occasion de découvrir les infrastructures du Campus des sciences de la mer et de nouer des liens avec leurs collègues du consortium. Le jeudi 5 février, les enseignants ont participé à une session consacrée à la coordination pédagogique entre les modules et au renforcement de la cohésion au sein de l’équipe enseignante.
Dr Shaun Deyzel, coordinateur scientifique et responsable des données au centre Elwandle du SAEON (South African Environmental Observation Network), a présenté les plateformes d’observation nationales et les ensembles de données mis à la disposition des enseignants et des étudiants. M. Kalyan a ensuite guidé les membres de l’équipe enseignante lors d’une visite des laboratoires, leur présentant les infrastructures du campus. La journée s’est terminée par un moment convivial réunissant étudiants, enseignants et personnel. La matinée suivante a été consacrée à la coordination des sorties terrain et des travaux pratiques. Cette approche collaborative, unique dans le domaine des sciences de la mer en Afrique du Sud, permet aux étudiants de bénéficier d’un large éventail de perspectives issues de l’expertise de plusieurs institutions à travers le pays et à l’étranger.
Le consortium SAMOS a également profité de cet événement pour organiser une réunion de projet afin de préparer la deuxième phase de mise en œuvre. La prochaine étape mettra l’accent à l’élargissement des collaborations scientifiques entre les partenaires sud-africains et européens, au renforcement des capacités d’enseignement et d’encadrement, et à un engagement plus fort avec les acteurs socio-économiques. Ensemble, ces actions enrichiront l’expérience d’apprentissage des étudiants tout en soutenant leur développement professionnel et leur impact à long terme.
https://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2026/04/SAMOS-main.png4211210Laure De Montbronhttps://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2018/06/iuem-logo-header.pngLaure De Montbron2026-04-23 16:38:202026-07-03 11:16:20SAMOS débute l’année universitaire avec une semaine de bienvenue à l’université Nelson Mandela
La nouvelle avait déja fait grand bruit en Décembre 2025, mais la découverte n’a été publiée qu’il y a peu de temps dans l’International Journal of Nautical Archaeology.
Une équipe de chercheurs, menée par Yves Fouquet géologue retraité de l’Ifremer, a mis à jour un ensemble exceptionnel de 11 structures en pierre immergées à plusieurs mètres de profondeur au large de l’île de Sein. Cette découverte, à laquelle ont participé nos collègues du LETG Pierre Stéphan et Yvan Pailler renouvelle profondément les connaissances sur les sociétés préhistoriques littorales en Bretagne et sur leur capacité d’adaptation aux variations du niveau marin.
Des structures hors normes révélées par Le LIDAR
C’est l’analyse de données LIDAR bathymétriques du programme Litto3D qui a permis d’identifier ces anomalies linéaires dans le relief sous-marin de la chaussée de Sein. Les campagnes de plongée menées entre 2022 et 2024 par l’association la SAMM ( Société d’Archéologie et de Mémoire Maritime dont Yves Fouquet fait partie) ont confirmé qu’il s’agissait d’ouvrages anthropiques : ce sont des aménagements construits en blocs de granite, dont certains atteignent des dimensions remarquables. Le plus grand mur atteint 120 mètres de longueur et constitue la plus importante construction submergée découverte en France. Leur masse totale est estimée à environ 4 300 tonnes pour les deux principaux murs.
Une datation entre 5 800 et 5 300 avant notre ère
En l’absence de matière organique permettant une datation directe par radiocarbone, l’équipe a recouru aux données de variation du niveau marin relatif. Cette approche, développée notamment par Pierre Stéphan géomorphologue à l’IUEM, situe la construction des structures entre 5 800 et 5 300 ans avant notre ère, à la fin du Mésolithique, soit plusieurs siècles avant l’émergence du mégalithisme néolithique en Bretagne. Ces vestiges témoignent ainsi de compétences techniques avancées chez des populations de chasseurs-cueilleurs maritimes. L’ampleur des constructions, ainsi que leur organisation spatiale, suggèrent l’existence de sociétés structurées, capables de mobiliser des ressources humaines importantes et de planifier des aménagements durables dans un environnement littoral en mutation.
Des fonctions encore débattues
L’interprétation fonctionnelle de ces structures reste au cœur des recherches en cours. Certaines d’entre elles présentent des caractéristiques compatibles avec des barrages de pêcheries, destinées à piéger les poissons lors du reflux de la marée. Cependant, leurs dimensions exceptionnelles (hauteur atteignant 2,3 mètres, largeur de base de plus de 20 mètres) dépassent largement les normes connues pour ce type d’aménagement, indiquant que ces structures auraient pu jouer un rôle protecteur contre la houle. Yvan Pailler, archéologue à l’IUEM, défend de son côté l’hypothèse d’une pêcherie d’ampleur inédite, pouvant avoir fonctionné pendant plusieurs siècles en s’adaptant à la remontée progressive du niveau marin.
Des implications majeures pour la préhistoire atlantique
Extraire, transporter et dresser des blocs de plusieurs tonnes suppose une organisation sociale structurée, un ancrage territorial durable et l’existence d’échanges de savoir-faire et d’innovations précoces dans les modes de gestion des ressources marines. La publication de Fouquet et al. (2026) apporte donc un éclairage inédit sur la période de transition entre le Mésolithique et le Néolithique, suggérant que ce savoir-faire constructif a pu constituer un précédent technique déterminant pour l’essor du mégalithisme armoricain. Elle ouvre également de vastes perspectives pour la recherche archéologique le long des côtes submergées de l’Atlantique nord-européen.
Référence de l’article
Fouquet Y., Keroullé J.M., Stéphan P., Pailler Y., Bodénès P., Pernot F., Normant T., Corre P., Legrand W., Lebranchu C., Roullot J., Dubreuil J., Gaillère G. & Poncet X. (01 Apr 2026): Submerged Stone Structures in the Far West of Europe During the Mesolithic/Neolithic Transition (Sein Island, Brittany, France), International Journal of Nautical Archaeology. DOI:10.1080/10572414.2025.2604685
https://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2026/04/structures-Sein_2026-main.jpg4231210Sebastien Hervehttps://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2018/06/iuem-logo-header.pngSebastien Herve2026-04-15 11:59:122026-04-29 13:48:25Une découverte archéologique majeure au large de l’île de Sein
Brest accueillera les 18 et 19 juin 2026 l’atelier Polar Argo, un événement scientifique international consacré à l’observation des océans polaires. La rencontre se tiendra sur le campus de Plouzané (IUEM/PNBI), dans un format hybride permettant une participation en présentiel comme à distance.
Argo, c’est quoi ?
Le réseau Argo est un système mondial d’observation des océans composé de milliers de flotteurs autonomes dérivant sous la surface de la mer. Ces petits robots sous-marins plongent, remontent et transmettent des données sur la température, la salinité et les courants océaniques — des informations essentielles pour comprendre le climat de notre planète. Depuis 2001, les flotteurs Argo polaires ont prouvé leur capacité à collecter des données de grande qualité jusque sous les plates-formes glaciaires, y compris dans des zones recouvertes de glace de façon saisonnière.
Les océans arctiques et les mers polaires jouent un rôle crucial dans la régulation du climat mondial : ils influencent directement les échanges de chaleur, les flux d’eau douce et la montée du niveau des mers à l’échelle planétaire. Pourtant, malgré des progrès récents significatifs, ces régions demeurent les zones les moins bien surveillées de l’océan mondial.
Plusieurs défis restent à relever : assurer un financement durable pour étendre le réseau Polar Argo, combler les lacunes d’observation dans les zones les plus reculées, et améliorer la capacité à localiser les flotteurs lorsqu’ils évoluent sous la banquise.
Un événement au cœur du projet OneArgo
L’atelier s’inscrit dans le cadre du projet OneArgo, qui vise à déployer à grande échelle des flotteurs dans l’océan Arctique et les mers marginales polaires à hautes latitudes. Les participants passeront en revue les dernières avancées scientifiques issues des données Argo dans les deux hémisphères, et exploreront les synergies avec d’autres outils d’observation : satellites, modèles climatiques et autres systèmes de surveillance océanique. Des questions plus techniques seront également abordées : conception des flotteurs adaptés aux conditions polaires extrêmes, logiciels embarqués et protocoles de gestion des données collectées.
Les inscriptions et les soumissions de résumés sont ouvertes sur le site d’Euro-Argo.
L’événement est ouvert aux chercheurs, ingénieurs et acteurs du domaine de l’observation océanique.
https://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2026/04/Polar-Argo-Main.jpg4211210Sebastien Hervehttps://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2018/06/iuem-logo-header.pngSebastien Herve2026-04-08 16:39:292026-04-08 16:40:03Polar Argo : Un atelier international sur l’océanographie polaire à Brest en juin 2026
Les 18 et 19 mai 2026, à la Faculté des Sciences Humaines et sociales Victor Ségalen à Brest, auront lieu les Journées Rade-Iroise, organisées par la ZABrI. Ces deux journées de présentations et d’atelier ont été conçues à destination des élus du territoire, gestionnaires de l’environnement, représentants de groupements professionnels, services de l’état, associations et scientifiques.
La Zone Atelier Brest-Iroise (ZABrI) est un dispositif à l’interface science-société qui étudie, depuis 2012, le socio-écosystème côtier de la mer d’Iroise, de la rade de Brest et de ses bassins versants. Cet environnement exceptionnel bénéficie d’une riche biodiversité qui est malheureusement menacée. Mais le territoire rassemble aussi un ensemble d’acteurs engagés au quotidien pour son développement, sa soutenabilité et sa valorisation.
La ZABrI, en fédérant des chercheurs de disciplines et d’institutions différentes ainsi que de nombreux partenaires locaux (gestionnaires, élus, groupements professionnels, acteurs de la médiation scientifique…) croise les regards pour co-construire des questionnements permettant de mieux appréhender les enjeux socio-environnementaux présents et futurs.
Dans la perspective de nourrir à la fois les politiques publiques locales et les recherches menées par les membres de la ZABrI conjointement avec les acteurs du territoire, ces deux journées auront pour objectif de questionner les synergies existantes et en devenir entre les acteurs évoluant dans le contexte d’interface Terre-Mer.
https://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2026/04/JRI-Main.jpg4231210Sebastien Hervehttps://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2018/06/iuem-logo-header.pngSebastien Herve2026-04-08 15:43:302026-07-08 11:25:07Journées Rade-Iroise : Panorama des projets et initiatives locales pour renouer ensemble les liens entre Terre et Mer
Après une première édition en 2022, l’Atlas de la réserve de biosphère des îles et de la mer d’Iroise bénéficie d’une réédition.
Cet ouvrage est issu d’un important travail collectif, mené sous la direction de Pierre STÉPHAN et Cyril TISSOT, sous l’égide du CNRS et de l’IUEM. Il a réuni une soixantaine de contributeurs.trices, agents des parcs naturels, universitaires, scientifiques et spécialistes issus des laboratoires du CNRS mais aussi d’Océanopolis, d’associations naturalistes comme Bretagne Vivante, du SHOM, de l’Office français de la biodiversité…
Abondamment illustré, il s’adresse au grand public et dresse un état des connaissances récentes dans tous les domaines, suivant une démarche pluridisciplinaire. Il est composé en 5 grandes parties : Histoire géologique et dynamiques sédimentaires ; Habitats marins et terrestres remarquables ; La masse d’eau : structure et dynamique ; Espèces emblématiques ; Activités humaines.
https://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2026/03/Reedition-atlas-biodiv-iroise.jpg4211210Adeline Maulpoixhttps://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2018/06/iuem-logo-header.pngAdeline Maulpoix2026-03-25 11:29:332026-03-25 14:44:51Réédition de l' »Atlas de la réserve de biosphère des îles et de la mer d’Iroise »
Chaque année l’EDSML organise dans le cadre de ses missions les journées de l’école doctorale, moment d’échanges scientifiques entre doctorant.es et la communauté scientifique.
Mercredi 25 et jeudi 26 mars prochains, les doctorant·es de 3ème année présentent leurs travaux à l’ensemble de la communauté scientifique.
Cette présentation peut prendre la forme d’une communication orale de type ma thèse en 180’, ma thèse en capsule ou d’un poster.
Les présentations sont ouvertes à toutes et tous dans l‘Amphi du PNBI de Plouzané.
La remise des prix du jury et des prix du public se déroulera le jeudi 26 mars à 12h00.
https://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2018/11/EDSML-main.jpg10801920Laure De Montbronhttps://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2018/06/iuem-logo-header.pngLaure De Montbron2026-03-23 15:41:392026-03-23 15:41:39Les journées de l’école doctorale EDSML – 25 et 26 mars 2026
Mesurer la glace ? pas de quoi en faire des vagues
Actualité archiveLa fonte inéluctable des glaces de mer rend nécessaire d’en estimer l’épaisseur. C’est possible, il suffit pour cela de mesurer les vagues…
La couverture de glace au niveau des pôles a beaucoup diminué depuis 1979, année des premières observations satellitaires, le réchauffement direct de notre atmosphère et les différents phénomènes physiques associés (modification des courants, intensification des événements climatiques extrêmes…) en sont les principaux responsables. Ainsi dans les régions polaires, les interactions entre les vagues et la glace sont de plus en plus importantes. En Arctique, l’étendue des glaces ayant considérablement diminué, la surface d’océan en eau libre a augmenté permettant aux vagues de se déployer. En Antarctique, les vagues ont un effet stabilisateur, elles viennent compresser la glace et lui opposent ainsi une résistance à l’éloignement vers l’équateur et des eaux plus chaudes où elle fondrait.
Quand les vagues arrivent à hauteur d’un objet flottant, il les réfléchit et/ou les amortit, tout comme la quantité de mouvement qu’elles transportent. Cela produit une force horizontale sur l’objet (ici la glace de mer) qui peut amener son déplacement ou sa déformation. La compression entraîne l’épaississement des couches de glace flottantes sous forme d’empilements verticaux des morceaux de glace présents dans la zone de transition entre l’océan et la banquise (cf. fig. 1), c’est la Zone Marginale de Glace (ZMG). Les morceaux de glace, formant initialement une seule couche morcelée à la surface de la mer, peuvent se retrouver compressés jusqu’à se soulever pour s’empiler sur d’autres. C’est le mouvement incessant des vagues qui favorise ce soulèvement en modifiant constamment les espacements et hauteurs des glaces flottantes. A partir d’un certain point, la force exercée par les vagues devient insuffisante pour compresser d’avantage la glace qui arrête alors d’épaissir.
L’étude présentée ici s’appuie sur la capacité de calculer la variation du mouvement de la glace à la surface de l’océan lorsqu’elle est soumise aux contraintes qui s’opposent à sa déformation : les contraintes externes sur la glace (les vagues, le vent, les courants) et la contrainte interne à la glace. Prenons l’exemple d’une boule de neige : la contrainte externe lui est imposée par nos mains qui tassent la neige tandis que la résistance de la neige au tassement, constitue la contrainte interne. L’opposition de ces deux contraintes, permet d’obtenir une boule de neige compacte, de taille constante pour une quantité de neige donnée.
Fig. 1 : Agrégation et compactage des morceaux de glace par les vagues (provenant de la gauche) vers la banquise (à droite)
Lorsque la glace ne bouge plus, on dit que le système glace-océan-atmosphère est à l’équilibre. Les contraintes externes et internes s’égalisent (la boule de neige est constituée et ne se tasse plus). Connaître la valeur de l’une des deux contraintes, c’est connaître la valeur de l’autre, on peut donc estimer les contraintes internes par des mesures extérieures (via un satellite par ex.), or comme on sait relier mathématiquement les contraintes internes à l’épaisseur de la glace, on peut alors déterminer celle-ci à partir de mesures océanographiques !
Des expériences ont ainsi été réalisées dans le parc national du Bic, véritable laboratoire naturel au long de l’estuaire du fleuve Saint-Laurent (Canada). Durant l’hiver et malgré une couverture de glace presque totale, une partie du fleuve reste cependant libre de glace par l’apport en eaux plus chaudes, provenant de l’océan Atlantique. Lors d’épisodes venteux, des vagues s’y forment (ce serait impossible si toute la surface du fleuve était gelée) permettant ainsi l’étude d’une ZMG. Des mesures comparatives de courant, de vent et d’épaisseur de glace ont donc pu y être effectuées. Des bouées équipées de capteurs de mouvements et placées en différents points toujours plus éloignés du bord, ont permis d’effectuer des mesures de vagues (cf. fig. 2a) ; ce positionnement permet d’évaluer l’atténuation progressive des vagues par la glace. On observe ainsi (cf. fig. 2b) que l’énergie des vagues, mesurée pour chaque bouée, diminue à mesure qu’on s’éloigne de la zone d’eau à l’air libre, en suivant une loi de décroissance exponentielle.
En pratique, cette atténuation peut être ici associée à trois phénomènes : la réflexion des vagues sur la glace et vers le large, la dissipation de l’énergie des vagues par la turbulence (remous occasionnés par la rencontre entre les vagues et la glace) ou encore la friction entre morceaux de glace. Le premier phénomène reste négligeable car les morceaux de glaces sont de petites tailles vis-à-vis de la longueur des vagues (ce n’est pas toujours le cas). Le second n’a pas pu être mesuré durant les missions de terrain (mais compte tenu d’autres observations, il peut ne pas être négligeable). Ainsi, si l’atténuation examinée ici tient compte uniquement de la friction des glaces (troisième phénomène), il faut souligner que le résultat final est probablement sous-évalué, car l’effet de turbulence n’a pas été pris en considération.
Fig. 2a : Zone d’étude avec le parcours réalisé par les bouées lors d’une des séries de mesures. L’échelle de couleur indique le temps associé à la position de chaque bouée.
Fig. 2b : Atténuation de l’énergie E des vagues en fonction de la distance Xice au bord de glace. Plus la couleur est foncée, plus la bouée considérée se situe loin du bord.
Les mesures d’épaisseur ont été réalisées via des trous percés dans la glace, on y a introduit un bâton terminé d’un crochet afin de ne pas dépasser la surface inférieure du glaçon. Les mesures de vent et de courant ont montré que leur effet sur la glace reste négligeable comparé à celui des vagues. De ce fait, la mesure de l’atténuation des vagues permet directement d’estimer l’évolution de la contrainte externe des vagues sur la glace et celle de l’épaisseur de glace en fonction de la distance au bord de glace (cf. fig. 3). Cette épaisseur croît rapidement jusqu’à atteindre une valeur maximale constante, concomitante à la disparition totale des vagues. La modélisation de l’évolution d’épaisseur de la glace correspond bien aux mesures effectuées sur le terrain. La disparité des mesures individuelles est due à la forte variabilité de l’état de surface de la glace.
Fig. 3 : Evolution de l’épaisseur de glace ζ divisée par l’épaisseur de glace à l’équilibre ζeq en fonction de la distance au bord de glace χ. La ligne noire désigne le modèle mathématique, les ronds les mesures par bouée, les croix les mesures directes de l’épaisseur, les carrés et le losange jaunes les moyennes des croix.
Ces résultats sont encourageants pour la communauté scientifique. En effet contrairement aux mesures des vagues observées toujours plus précisément via les données satellitaires, les estimations d’épaisseur de glace restent très difficiles à réaliser dans des conditions identiques. Grâce à cette découverte, l’estimation par satellite de l’épaisseur des glaces à partir des mesures de vagues devient envisageable (au moins dans des conditions similaires à celles présentées dans cette étude).
Médiation scientifique:
Assurée par Luc Barast, doctorant de l‘École Doctorale des Sciences de la Mer et du Littoral (EDSML – Université Bretagne – Loire), en 1ère année de thèse dans l’équipe SIAM au sein du Laboratoire d’Océanographie Physique et Spatiale (LOPS) à l’Ifremer.
L’article
Marginal ice zone thickness and extent due to wave radiation stress.
https://doi.org/10.1175/JPO-D-17-0167.1
Les auteurs
Ce travail résulte d’une collaboration entre Peter Sutherland, (Ifremer, Univ. Brest, CNRS, IRD, Laboratoire d’Océanographie Physique et Spatiale, IUEM, Brest, France) et Dany Dumont (Institut des Sciences de la Mer de Rimouski, Université du Québec à Rimouski, Rimouski, Quebec, Canada) autour du projet BicWin, à propos de l’étude des phénomènes physiques et océanographiques des ZMG à partir du laboratoire naturel que constitue le parc du Bic.
La revue
« Journal of Physical Oceanography » est une revue publiée par l’American Meteorological Society. Elle traite de la physique des océans et des processus ayant lieux à leurs frontières. Les articles qui y sont publiés sont tout aussi bien basés sur de la théorie, des mesures de terrain ou par satellite, ou encore sur des résultats numériques.
Pour en savoir plus
https://www.quebecscience.qc.ca/sciences/les-10-decouvertes-de-2018/mesurer-force-vagues-canot-a-glace/
Contacts
Auteurs : consulter l’annuaire de l’IUEM
Bibliothèque La Pérouse : Suivi éditorial, rédaction, corrections et mise en page : Fanny Barbier
Service Communication et médiation scientifique : communication.iuem@univ-brest.fr
3ème édition du DU « Mer et Medias »
actualité-a-la-une, actualitésQuatre écoles d’été « Mer et Journalisme »
Au vingt et unième siècle, les sociétés humaines réalisent que les piliers qui ont assuré leur développement au cours des siècles précédents sont mis en question. De nombreux paradigmes ont changé. Nos activités ont dérégulé l’équilibre climatique et gravement affecté la biodiversité à l’échelle planétaire, et plus particulièrement celle des mers et océans qui occupent plus de 70% de la surface de la Terre. Désormais, pour anticiper l’avenir dans une perspective de développement durable, il nous faut comprendre le fonctionnement de l’océan et ses interactions avec les autres enveloppes fluides et solides de la planète Terre. Promouvoir la mise en œuvre d’un tel développement est l’un des enjeux de la décennie de l’océan (2021-2030) de l’Organisation des Nations Unies (ONU), réaffirmé lors du One Ocean Summit qui s’est tenu à Brest en février 2022. Mieux comprendre l’océan et ses interactions avec le climat et les sociétés humaines, est devenu un enjeu essentiel pour les médias, à même de faire émerger ou de relayer des débats et idées structurantes. En 2019, nous avons mis l’accent sur les « points chauds » de l’océanographie (s’agissant des impacts du changement climatique, de l’économie, du droit, et des technologies marines). En 2020, le focus a porté sur les perturbations humaines de l’océan et les perspectives de développement durable. En 2021, les systèmes extrêmes (polaires, anoxiques), les situations de crises (mer et migrations humaines), et le fonctionnement du système Terre/Océan étaient nos priorités. En 2022, l’école d’été embrassait les interactions océan – climat, avec des intervenants éminents comme Jean Jouzel, Christophe Cassou, Valérie Masson-Delmote, Frank Lecocq, Anne-Marie Tréguier…
De 2019 à 2022, s’inscriront aux quatre écoles d’été 86 journalistes de différents médias (presse écrite, radio, télévision) ou des indépendants (free-lance), non seulement de France mais aussi de Belgique, d’Afrique, et même du Québec avec Radio Canada, et ceci grâce à une collaboration avec l’Institut France – Québec de la Mer (IFQM).
Une formation continue en « Mer et Médias »
Reprenant une suggestion, à la direction de l’IUEM, du groupe SEPA (Ouest-France), de concert avec nos partenaires (Ecole Supérieure de Journalisme de Lille ESJL, Club de la Presse en Bretagne CPB, dans le cadre de la formation continue de l’UBO (SUFCA) nous avons ouvert en 2024 un diplôme d’université (DU) intitulé « Mer et Médias ». Présentement, ont bénéficié de cette formation diplômante trois promotions de journalistes et de communicants (26 personnes au total) provenant de différents médias (Ouest-France, Agence France-Presse, Radio France, ICI Breiz Izel…) ou journalistes indépendants (contributeurs de médias nationaux ou spécialisés comme Le Figaro, Médiapart, TV5 Monde, Océans connectés…) et employés d’entreprises ou d’agences de recherche (Véolia, Coopérative maritime, CNRS …), parfois en reconversion.
Odatis fête ses 10 ans à l’IUEM
actualité-a-la-une, actualitésDu 2 au 4 juin 2026, l’IUEM a accueilli l’assemblée générale d’ODATIS. Cette année, l’événement était spécial car il célébrait les 10 ans de ce pôle Océan de données et services de l’infrastructure de recherche Data Terra ! En une décennie, ODATIS s’est hissé comme un acteur clé pour la diffusion, la valorisation et le partage et la gestion des données d’observation de l’océan, fédérant une large communauté issue de grands programmes nationaux et internationaux.
Étaient présents les partenaires institutionnels (CNRS, CNES, Ifremer, IRD, Shom, Universités Marines, Cerema), les membres de la communauté scientifique et opérationnelle, les gestionnaires de données, les acteurs publics, les partenaires privés. Au total, 158 personnes étaient réunies pour trois journées d’ateliers de travail, de sessions plénières et d’échanges qui ont porté sur les questions institutionnelles et scientifiques, entre rétrospectives et perspectives. Elles ont permis de revivre les grandes traversées, les projets phares et les escales marquantes et de mettre le cap vers les nouveaux horizons à explorer.
La dernière session du jeudi 4 a notamment porté sur l’impact social et environnemental des technologies numériques, notamment celles issues de la recherche, venant compléter l’exposition sur la sobriété numérique actuellement accrochée dans les couloirs de l’institut.
Une soirée spéciale a été organisée à l’espace 70.8 « un musée pour l’océan », aux ateliers des Capucins, permettant aux participants une immersion conviviale et ainsi poursuivre les discussions tout au long du parcours muséographique. Les échanges étaient animés auprès de plusieurs capteurs d’observation présentés (satellites, flotteurs Argo, marégraphes,…) pour lesquels les océanographes présents étaient les représentants invités aux 10 ans ODATIS !
Séminaire Océan et Sociétés #15
actualité-a-la-une, actualitésJeudi 25 juin 2026 – 13h>14h30 – En ligne et en amphi D à l’IUEM – Entrée libre
Solange Teles da Silva – Professeure à l’Université Presbytérienne Mackenzie, elle présentera ses travaux portant sur :
Résumé : La transition écologique est un processus visant à transformer les modes de production et de consommation afin de bâtir des sociétés durables et résilientes, fondées sur un équilibre entre les activités humaines et les limites écologiques, et assurant la protection des populations les plus vulnérables. La transition énergétique constitue l’une de ses dimensions, et l’exploitation minière des grands fonds marins a été présentée comme une solution pour obtenir les minéraux nécessaires à cette transition. Cependant, malgré l’importance de développer cette activité pour la transition énergétique, ses impacts environnementaux potentiels sont nombreux, notamment des atteintes aux organismes marins essentiels à la régulation du climat. Il convient également de prendre en compte l’Accord sur la biodiversité marine dans les zones situées au-delà de la juridiction nationale (BBNJ), entré en vigueur le 17 janvier 2026. S’appuyant sur des données scientifiques, le présent travail examine la mise en œuvre de l’ODD 14, qui vise la conservation et l’utilisation durable des océans et des ressources marines, et interroge les possibilités et les limites de l’application du principe de précaution à l’exploitation minière des grands fonds marins, que ce soit dans les zones relevant ou non de la juridiction nationale. Sur la base de l’analyse de la position du Brésil dans les négociations internationales et de l’étude de cas du plateau de Rio Grande (Atlantique Sud), une région stratégique pour le Brésil avec des zones riches en cobalt, nickel, lithium et terres rares comme le tellure – minéraux essentiels à la transition écologique –, on peut se demander si c’est le principe de précaution fort ou faible qui est appliqué.
Abstract : Ecological transition is as a process that has the aim of transform production and consumption patterns in order to achieve sustainable and resilient societies, based on a balance between human activities and ecological limits, ensuring the protection of the most vulnerable people. One of the dimensions of the ecological transition is the energy transition and deep-sea mining has been pointed out as a solution for obtaining minerals necessary to ensure the energy transition. However, despite the importance of developing this activity for the energy transition, the environmental impacts it may cause are numerous, including harm to marine organisms essential for climate regulation, among others. We must also take into account the Agreement on Marine Biodiversity in Areas Beyond National Jurisdiction (BBNJ), entered into force on 17 January 2026. Considering scientific evidence, the present work reflects on the implementation of SDG 14, which aims the conservation and sustainable use of oceans and marine resources, questioning the possibilities and limits of applying the precautionary principle in Deep Seabed Mining, whether in areas under national jurisdiction or beyond national jurisdiction. Based on the analysis of Brazil’s position in international negotiations and the case study of the Rio Grande Rise (South Atlantic), a strategic region for Brazil with areas rich in cobalt, nickel, lithium, and rare earth elements such as tellurium – essential minerals for ecological transition – it is questioned whether the strong or weak precautionary principle is being applied.
Discutante : Betty Queffelec, UMR AMURE
Biographie de Solange Teles Da Silva : Professor at Mackenzie Presbyterian University, member of the Stricto Sensu Graduate Program in Political and Economic Law, and CNPq Research Productivity Fellow (2007-2010) and since 2012.
Bachelor’s degree (1991) from the Faculty of Law of the University of São Paulo (USP) and Ph.D.(2001) and Post-doctorate (2005) in Law from the University of Paris I – Pantheon-Sorbonne. She was a Professor in the Stricto Sensu Graduate Program in Environmental Law at the State University of Amazonas (UEA/ 2003-2012), and an Adjunct Professor at the University of New England (NSW/Australia/ 2022-2024). She received scholarships from national agencies such as FAPESP, CNPq, and CAPES for the development of research projects.
Currently, she is a Member of the International Scientific Council of ISBlue – Interdisciplinary Graduate School for the Blue Planet since 2019 and a member of the Sectorial Scientific Committee of Human and Social Sciences (CCSS 4) of the Institut de Recherches pour le Développent (IRD) (2024-2027).
Leader of the CNPq Research Group on Law and Sustainable Development, she works mainly in the area of environmental law and international environmental law with an emphasis on the following themes: right to the environment, sustainable development, social and biodiversity issues, water, sea and oceans, urban space, climate change, and methodological innovations in legal research.
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Le LOPS à Science en Theizh 2026 !
actualitésPlusieurs doctorant.e.s de l’UMR LOPS étaient présents lors de la manifestation « Science en Theizh » aux Ateliers des Capucins à Brest ce samedi 25 avril 2026 afin de présenter la recherche brestoise en océanographie ! https://www.scienceentheizh.fr/
Avec au programme, exposition de posters vulgarisés, expo-photos et concours d’éloquence, 12 doctorant.e.s du LOPS ont assuré l’animation ce samedi 25 avril aux ateliers des Capucins afin de présenter leur thématique de recherche au public présent en grand nombre : salinité, phytoplancton, eutrophisation d’une baie au Sénégal, dynamique de l’océan Arctique, courant océanique Nord Atlantique (AMOC), flux biogéochimiques dans le canal du Mozambique, ….
De quoi découvrir et comprendre l’observation et l’étude des mouvements océaniques, leurs liens avec l’atmosphère, le plancher océanique et le littoral, et leur influence sur la vie dans les océans, sur le climat, … et de découvrir également les enseignements associés, via le Master « Sciences de la Mer et du Littoral » et l’Ecole Doctorale des Sciences de la Mer de l’IUEM (www-iuem.univ-brest.fr) à l’UBO
SAMOS débute l’année universitaire avec une semaine de bienvenue à l’université Nelson Mandela
actualité-a-la-une, actualitésDu 2 au 6 février 2026, le Master sud-africain en sciences de la mer (SAMOS) a célébré une étape importante avec la tenue de sa semaine de lancement au Campus des sciences de la mer de l’université Nelson Mandela. Le programme a réuni sa première promotion d’étudiants, inscrits à l’université du Cap, ainsi que les enseignants et les partenaires du consortium, afin de marquer le début des cours et la prochaine phase du projet.
Cette semaine a permis aux étudiants de se familiariser avec leur nouveau campus, de s’acquitter des dernières formalités administratives et de rencontrer les responsables de cours, les enseignants et les encadrants. Cette première semaine a permis de poser de solides bases pour la suite du parcours universitaire et tisser un sentiment d’appartenance à une communauté universitaire qui accompagnera les étudiants tout au long de leurs études.
Les premiers cours ont débuté le lundi 9 février, marquant le lancement d’un programme de neuf mois qui permettra aux étudiants d’acquérir des connaissances fondamentales sur les systèmes socio-écologiques, la dynamique des écosystèmes marins africains et acquérir des compétences quantitatives essentielles, entre autres. Les étudiants auront ensuite l’opportunité d’approfondir leur apprentissage grâce à des modules optionnels, en se spécialisant dans des domaines tels que la biologie marine ou l’océanographie opérationnelle. Divers séminaires et conférences permettront d’élargir encore davantage leur exposition à la recherche internationale, à l’innovation et aux différents débouchés professionnels. À l’issue des cours, les étudiants rédigeront leur mémoire recherche dans l’un des établissements du consortium SAMOS.

Cette semaine a également permis aux enseignants du programme SAMOS, issus de neuf universités et d’institutions spécialisées sud-africaines et internationales, de se rencontrer en personne avant le début des activités pédagogiques. Cette rencontre leur a donné l’occasion de découvrir les infrastructures du Campus des sciences de la mer et de nouer des liens avec leurs collègues du consortium. Le jeudi 5 février, les enseignants ont participé à une session consacrée à la coordination pédagogique entre les modules et au renforcement de la cohésion au sein de l’équipe enseignante.
Dr Shaun Deyzel, coordinateur scientifique et responsable des données au centre Elwandle du SAEON (South African Environmental Observation Network), a présenté les plateformes d’observation nationales et les ensembles de données mis à la disposition des enseignants et des étudiants. M. Kalyan a ensuite guidé les membres de l’équipe enseignante lors d’une visite des laboratoires, leur présentant les infrastructures du campus. La journée s’est terminée par un moment convivial réunissant étudiants, enseignants et personnel. La matinée suivante a été consacrée à la coordination des sorties terrain et des travaux pratiques.
Cette approche collaborative, unique dans le domaine des sciences de la mer en Afrique du Sud, permet aux étudiants de bénéficier d’un large éventail de perspectives issues de l’expertise de plusieurs institutions à travers le pays et à l’étranger.
Pour en savoir plus : www.samos-edu.eu
Contacts :
Steven Herbette, coordinateur, LOPS
Eliot Mercereau, chargé de projet, UAR3113
Une découverte archéologique majeure au large de l’île de Sein
actualité-a-la-une, actualitésLa nouvelle avait déja fait grand bruit en Décembre 2025, mais la découverte n’a été publiée qu’il y a peu de temps dans l’International Journal of Nautical Archaeology.
Une équipe de chercheurs, menée par Yves Fouquet géologue retraité de l’Ifremer, a mis à jour un ensemble exceptionnel de 11 structures en pierre immergées à plusieurs mètres de profondeur au large de l’île de Sein. Cette découverte, à laquelle ont participé nos collègues du LETG Pierre Stéphan et Yvan Pailler renouvelle profondément les connaissances sur les sociétés préhistoriques littorales en Bretagne et sur leur capacité d’adaptation aux variations du niveau marin.
Des structures hors normes révélées par Le LIDAR
C’est l’analyse de données LIDAR bathymétriques du programme Litto3D qui a permis d’identifier ces anomalies linéaires dans le relief sous-marin de la chaussée de Sein. Les campagnes de plongée menées entre 2022 et 2024 par l’association la SAMM ( Société d’Archéologie et de Mémoire Maritime dont Yves Fouquet fait partie) ont confirmé qu’il s’agissait d’ouvrages anthropiques : ce sont des aménagements construits en blocs de granite, dont certains atteignent des dimensions remarquables. Le plus grand mur atteint 120 mètres de longueur et constitue la plus importante construction submergée découverte en France. Leur masse totale est estimée à environ 4 300 tonnes pour les deux principaux murs.
Une datation entre 5 800 et 5 300 avant notre ère
En l’absence de matière organique permettant une datation directe par radiocarbone, l’équipe a recouru aux données de variation du niveau marin relatif. Cette approche, développée notamment par Pierre Stéphan géomorphologue à l’IUEM, situe la construction des structures entre 5 800 et 5 300 ans avant notre ère, à la fin du Mésolithique, soit plusieurs siècles avant l’émergence du mégalithisme néolithique en Bretagne. Ces vestiges témoignent ainsi de compétences techniques avancées chez des populations de chasseurs-cueilleurs maritimes. L’ampleur des constructions, ainsi que leur organisation spatiale, suggèrent l’existence de sociétés structurées, capables de mobiliser des ressources humaines importantes et de planifier des aménagements durables dans un environnement littoral en mutation.
Des fonctions encore débattues
L’interprétation fonctionnelle de ces structures reste au cœur des recherches en cours. Certaines d’entre elles présentent des caractéristiques compatibles avec des barrages de pêcheries, destinées à piéger les poissons lors du reflux de la marée. Cependant, leurs dimensions exceptionnelles (hauteur atteignant 2,3 mètres, largeur de base de plus de 20 mètres) dépassent largement les normes connues pour ce type d’aménagement, indiquant que ces structures auraient pu jouer un rôle protecteur contre la houle. Yvan Pailler, archéologue à l’IUEM, défend de son côté l’hypothèse d’une pêcherie d’ampleur inédite, pouvant avoir fonctionné pendant plusieurs siècles en s’adaptant à la remontée progressive du niveau marin.
Des implications majeures pour la préhistoire atlantique
Extraire, transporter et dresser des blocs de plusieurs tonnes suppose une organisation sociale structurée, un ancrage territorial durable et l’existence d’échanges de savoir-faire et d’innovations précoces dans les modes de gestion des ressources marines. La publication de Fouquet et al. (2026) apporte donc un éclairage inédit sur la période de transition entre le Mésolithique et le Néolithique, suggérant que ce savoir-faire constructif a pu constituer un précédent technique déterminant pour l’essor du mégalithisme armoricain. Elle ouvre également de vastes perspectives pour la recherche archéologique le long des côtes submergées de l’Atlantique nord-européen.
Référence de l’article
Fouquet Y., Keroullé J.M., Stéphan P., Pailler Y., Bodénès P., Pernot F., Normant T., Corre P., Legrand W., Lebranchu C., Roullot J., Dubreuil J., Gaillère G. & Poncet X. (01 Apr 2026): Submerged Stone Structures in the Far West of Europe During the Mesolithic/Neolithic Transition (Sein Island, Brittany, France), International Journal of Nautical Archaeology. DOI:10.1080/10572414.2025.2604685
Dans la presse
Article du Monde
Article sur le site de l’Inrap
Émission radio sur Ici Breizh Izel
Polar Argo : Un atelier international sur l’océanographie polaire à Brest en juin 2026
actualité-a-la-une, actualités, EvenementBrest accueillera les 18 et 19 juin 2026 l’atelier Polar Argo, un événement scientifique international consacré à l’observation des océans polaires. La rencontre se tiendra sur le campus de Plouzané (IUEM/PNBI), dans un format hybride permettant une participation en présentiel comme à distance.
Argo, c’est quoi ?
Le réseau Argo est un système mondial d’observation des océans composé de milliers de flotteurs autonomes dérivant sous la surface de la mer. Ces petits robots sous-marins plongent, remontent et transmettent des données sur la température, la salinité et les courants océaniques — des informations essentielles pour comprendre le climat de notre planète. Depuis 2001, les flotteurs Argo polaires ont prouvé leur capacité à collecter des données de grande qualité jusque sous les plates-formes glaciaires, y compris dans des zones recouvertes de glace de façon saisonnière.
Les océans arctiques et les mers polaires jouent un rôle crucial dans la régulation du climat mondial : ils influencent directement les échanges de chaleur, les flux d’eau douce et la montée du niveau des mers à l’échelle planétaire. Pourtant, malgré des progrès récents significatifs, ces régions demeurent les zones les moins bien surveillées de l’océan mondial.
Plusieurs défis restent à relever : assurer un financement durable pour étendre le réseau Polar Argo, combler les lacunes d’observation dans les zones les plus reculées, et améliorer la capacité à localiser les flotteurs lorsqu’ils évoluent sous la banquise.
Un événement au cœur du projet OneArgo
L’atelier s’inscrit dans le cadre du projet OneArgo, qui vise à déployer à grande échelle des flotteurs dans l’océan Arctique et les mers marginales polaires à hautes latitudes. Les participants passeront en revue les dernières avancées scientifiques issues des données Argo dans les deux hémisphères, et exploreront les synergies avec d’autres outils d’observation : satellites, modèles climatiques et autres systèmes de surveillance océanique. Des questions plus techniques seront également abordées : conception des flotteurs adaptés aux conditions polaires extrêmes, logiciels embarqués et protocoles de gestion des données collectées.
Journées Rade-Iroise : Panorama des projets et initiatives locales pour renouer ensemble les liens entre Terre et Mer
actualitésLes 18 et 19 mai 2026, à la Faculté des Sciences Humaines et sociales Victor Ségalen à Brest, auront lieu les Journées Rade-Iroise, organisées par la ZABrI. Ces deux journées de présentations et d’atelier ont été conçues à destination des élus du territoire, gestionnaires de l’environnement, représentants de groupements professionnels, services de l’état, associations et scientifiques.
La Zone Atelier Brest-Iroise (ZABrI) est un dispositif à l’interface science-société qui étudie, depuis 2012, le socio-écosystème côtier de la mer d’Iroise, de la rade de Brest et de ses bassins versants. Cet environnement exceptionnel bénéficie d’une riche biodiversité qui est malheureusement menacée. Mais le territoire rassemble aussi un ensemble d’acteurs engagés au quotidien pour son développement, sa soutenabilité et sa valorisation.
La ZABrI, en fédérant des chercheurs de disciplines et d’institutions différentes ainsi que de nombreux partenaires locaux (gestionnaires, élus, groupements professionnels, acteurs de la médiation scientifique…) croise les regards pour co-construire des questionnements permettant de mieux appréhender les enjeux socio-environnementaux présents et futurs.
Dans la perspective de nourrir à la fois les politiques publiques locales et les recherches menées par les membres de la ZABrI conjointement avec les acteurs du territoire, ces deux journées auront pour objectif de questionner les synergies existantes et en devenir entre les acteurs évoluant dans le contexte d’interface Terre-Mer.
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Réédition de l' »Atlas de la réserve de biosphère des îles et de la mer d’Iroise »
actualité-a-la-une, actualitésAprès une première édition en 2022, l’Atlas de la réserve de biosphère des îles et de la mer d’Iroise bénéficie d’une réédition.
Cet ouvrage est issu d’un important travail collectif, mené sous la direction de Pierre STÉPHAN et Cyril TISSOT, sous l’égide du CNRS et de l’IUEM. Il a réuni une soixantaine de contributeurs.trices, agents des parcs naturels, universitaires, scientifiques et spécialistes issus des laboratoires du CNRS mais aussi d’Océanopolis, d’associations naturalistes comme Bretagne Vivante, du SHOM, de l’Office français de la biodiversité…
Abondamment illustré, il s’adresse au grand public et dresse un état des connaissances récentes dans tous les domaines, suivant une démarche pluridisciplinaire. Il est composé en 5 grandes parties : Histoire géologique et dynamiques sédimentaires ; Habitats marins et terrestres remarquables ; La masse d’eau : structure et dynamique ; Espèces emblématiques ; Activités humaines.
En savoir plus sur cet ouvrage
jeudi 09 juillet 2026
Les journées de l’école doctorale EDSML – 25 et 26 mars 2026
actualité-a-la-une, actualitésChaque année l’EDSML organise dans le cadre de ses missions les journées de l’école doctorale, moment d’échanges scientifiques entre doctorant.es et la communauté scientifique.
Mercredi 25 et jeudi 26 mars prochains, les doctorant·es de 3ème année présentent leurs travaux à l’ensemble de la communauté scientifique.
Cette présentation peut prendre la forme d’une communication orale de type ma thèse en 180’, ma thèse en capsule ou d’un poster.
Les présentations sont ouvertes à toutes et tous dans l‘Amphi du PNBI de Plouzané.
La remise des prix du jury et des prix du public se déroulera le jeudi 26 mars à 12h00.
Cliquer ici pour voir le programme de ces deux journées.