Mesurer la glace ? pas de quoi en faire des vagues

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La fonte inéluctable des glaces de mer rend nécessaire d’en estimer l’épaisseur. C’est possible, il suffit pour cela de mesurer les vagues…

La couverture de glace au niveau des pôles a beaucoup diminué depuis 1979, année des premières observations satellitaires, le réchauffement direct de notre atmosphère et les différents phénomènes physiques associés (modification des courants, intensification des événements climatiques extrêmes…) en sont les principaux responsables. Ainsi dans les régions polaires, les interactions entre les vagues et la glace sont de plus en plus importantes. En Arctique, l’étendue des glaces ayant considérablement diminué, la surface d’océan en eau libre a augmenté permettant aux vagues de se déployer. En Antarctique, les vagues ont un effet stabilisateur, elles viennent compresser la glace et lui opposent ainsi  une résistance à l’éloignement vers l’équateur et des eaux plus chaudes où elle fondrait.

Quand les vagues arrivent à hauteur d’un objet flottant, il les réfléchit et/ou les amortit, tout comme la quantité de mouvement qu’elles transportent. Cela produit une force horizontale sur l’objet (ici la glace de mer) qui peut amener son déplacement ou sa déformation. La compression entraîne l’épaississement des couches de glace flottantes sous forme d’empilements verticaux des morceaux de glace présents dans la zone de transition entre l’océan et la banquise (cf. fig. 1), c’est la Zone Marginale de Glace (ZMG). Les morceaux de glace, formant initialement une seule couche morcelée à la surface de la mer, peuvent se retrouver compressés jusqu’à se soulever pour s’empiler sur d’autres.  C’est le mouvement incessant des vagues qui favorise ce soulèvement en modifiant constamment les espacements et hauteurs des glaces flottantes. A partir d’un certain point, la force exercée par les vagues devient insuffisante pour compresser d’avantage la glace qui arrête alors d’épaissir.

L’étude présentée ici s’appuie sur la capacité de calculer la variation du mouvement de la glace à la surface de l’océan lorsqu’elle est soumise aux contraintes qui s’opposent à sa déformation : les contraintes externes sur la glace (les vagues, le vent, les courants) et la contrainte interne à la glace. Prenons l’exemple d’une boule de neige : la contrainte externe lui est imposée par nos mains qui tassent la neige tandis que la résistance de la neige au tassement, constitue la contrainte interne. L’opposition de ces deux contraintes, permet d’obtenir une boule de neige compacte, de taille constante pour une quantité de neige donnée.

Fig. 1 : Agrégation et compactage des morceaux de glace par les vagues (provenant de la gauche) vers la banquise (à droite)

Lorsque la glace ne bouge plus, on dit que le système glace-océan-atmosphère est à l’équilibre. Les contraintes externes et internes s’égalisent (la boule de neige est constituée et ne se tasse plus). Connaître la valeur de l’une des deux contraintes, c’est connaître la valeur de l’autre, on peut donc estimer les contraintes internes par des mesures extérieures (via un satellite par ex.), or comme on sait relier mathématiquement les contraintes internes à l’épaisseur de la glace, on peut alors déterminer celle-ci à partir de mesures océanographiques !

Des expériences ont ainsi été réalisées dans le parc national du Bic, véritable laboratoire naturel au long de l’estuaire du fleuve Saint-Laurent (Canada). Durant l’hiver et malgré une couverture de glace presque totale, une partie du fleuve reste cependant libre de glace  par l’apport en eaux plus chaudes, provenant de l’océan Atlantique. Lors d’épisodes venteux, des vagues s’y forment (ce serait impossible si toute la surface du fleuve était gelée) permettant ainsi l’étude d’une ZMG. Des mesures comparatives de courant, de vent et d’épaisseur de glace ont donc pu y être effectuées. Des bouées équipées de capteurs de mouvements et placées en différents points toujours plus éloignés du bord, ont permis d’effectuer des mesures de vagues (cf. fig. 2a) ; ce positionnement permet d’évaluer l’atténuation progressive des vagues par la glace. On observe ainsi (cf. fig. 2b) que l’énergie des vagues, mesurée pour chaque bouée, diminue à mesure qu’on s’éloigne de la zone d’eau à l’air libre, en suivant une loi de décroissance exponentielle.

En pratique, cette atténuation peut être ici associée à trois phénomènes : la réflexion des vagues sur la glace et vers le large, la dissipation de l’énergie des vagues par la turbulence (remous occasionnés par la rencontre entre les vagues et la glace) ou encore la friction entre morceaux de glace. Le premier phénomène reste négligeable car les morceaux de glaces sont de petites tailles vis-à-vis de la longueur des vagues (ce n’est pas toujours le cas). Le second n’a pas pu être mesuré durant les missions de terrain (mais compte tenu d’autres observations, il peut ne pas être négligeable). Ainsi, si l’atténuation examinée ici tient compte uniquement de la friction des glaces (troisième phénomène), il faut souligner que le résultat final est probablement sous-évalué, car l’effet de turbulence n’a pas été pris en considération.

Fig. 2a : Zone d’étude avec le parcours réalisé par les bouées lors d’une des séries de mesures. L’échelle de couleur indique le temps associé à la position de chaque bouée.

Fig. 2b : Atténuation de l’énergie E des vagues en fonction de la distance Xice au bord de glace. Plus la couleur est foncée, plus la bouée considérée se situe loin du bord.

Les mesures d’épaisseur ont été réalisées via des trous percés dans la glace, on y a introduit un bâton terminé d’un crochet afin de ne pas dépasser la surface inférieure du glaçon. Les mesures de vent et de courant ont montré que leur effet sur la glace reste négligeable comparé à celui des vagues. De ce fait, la mesure de l’atténuation des vagues permet directement d’estimer l’évolution de la contrainte externe des vagues sur la glace et celle de l’épaisseur de glace en fonction de la distance au bord de glace (cf. fig. 3).  Cette épaisseur croît rapidement jusqu’à atteindre une valeur maximale constante, concomitante à la disparition totale des vagues. La modélisation de l’évolution d’épaisseur de la glace correspond bien aux mesures effectuées sur le terrain. La disparité des mesures individuelles est due à la forte variabilité de l’état de surface de la glace.

Fig. 3 : Evolution de l’épaisseur de glace ζ divisée par l’épaisseur de glace à l’équilibre ζeq en fonction de la distance au bord de glace χ. La ligne noire désigne le modèle mathématique, les ronds  les mesures par bouée, les croix les mesures directes de l’épaisseur, les carrés et le losange jaunes les moyennes des croix.

Ces résultats sont encourageants pour la communauté scientifique. En effet contrairement aux mesures des vagues observées toujours plus précisément via les données satellitaires, les estimations d’épaisseur de glace restent très difficiles à réaliser dans des conditions identiques. Grâce à cette découverte, l’estimation par satellite de l’épaisseur des glaces à partir des mesures de vagues devient envisageable (au moins dans des conditions similaires à celles présentées dans cette étude).

Médiation scientifique:

Assurée par Luc Barast, doctorant de lÉcole Doctorale des Sciences de la Mer et du Littoral (EDSML – Université Bretagne – Loire), en 1ère année de thèse dans l’équipe SIAM au sein du Laboratoire d’Océanographie Physique et Spatiale (LOPS) à l’Ifremer.

L’article

Marginal ice zone thickness and extent due to wave radiation stress.

https://doi.org/10.1175/JPO-D-17-0167.1

Les auteurs

Ce travail résulte d’une collaboration entre Peter Sutherland, (Ifremer, Univ. Brest, CNRS, IRD, Laboratoire d’Océanographie Physique et Spatiale, IUEM, Brest, France) et Dany Dumont (Institut des Sciences de la Mer de Rimouski, Université du Québec à Rimouski, Rimouski, Quebec, Canada) autour du projet BicWin, à propos de l’étude des phénomènes physiques et océanographiques des ZMG à partir du laboratoire naturel que constitue le parc du Bic.

La revue

« Journal of Physical Oceanography » est une revue publiée par l’American Meteorological Society. Elle traite de la physique des océans et des processus ayant lieux à leurs frontières. Les articles qui y sont publiés sont tout aussi bien basés sur de la théorie, des mesures de terrain ou par satellite, ou encore sur des résultats numériques.

Pour en savoir plus
https://www.quebecscience.qc.ca/sciences/les-10-decouvertes-de-2018/mesurer-force-vagues-canot-a-glace/

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Auteurs : consulter l’annuaire de l’IUEM

Bibliothèque La Pérouse : Suivi éditorial, rédaction, corrections et mise en page : Fanny Barbier

Service Communication et médiation scientifique : communication.iuem@univ-brest.fr

De déchet à ressource : la transformation des plastiques de laboratoire

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Dans le cadre de l’action de recyclage des déchets plastiques de laboratoire initiée à l’IUEM grâce au projet Interreg Preventing Plastic Pollution, deux temps forts ouverts à tous les personnels de l’IUEM étaient organisés mercredi 22 juin pour découvrir l’UBO Open Factory, lieu de transformation des plastiques de laboratoire.

Le matin, onze agents de l’IUEM se sont retrouvés à l’UBO Open Factory pour une découverte du Fablab. Yves Quéré, directeur, a présenté l’ensemble des activités de l’UBO Open Factory tels que le Maquettelab, l’Oceanlab et le Handilab. En plus de la découverte des machines et des espaces de travail, les échanges ont porté sur les notions d’intelligence collective, de coopération et d’engagement au sein d’un projet. Un accent tout particulier a été mis sur la découverte du processus de transformation des plastiques de laboratoire de l’IUEM avec une démonstration de l’injection de plastiques dans des moules réalisés au Fablab en impression 3D.

L’atelier de l’après-midi a réuni huit enfants de personnels de l’IUEM, de 10 à 14 ans, autour de la fabrication d’une enceinte Bluetooth personnalisable, conçue à partir de chutes de bois et de déchets plastiques en provenance des laboratoires de l’IUEM. Accompagnés par Tomo Murovec et Adamou Amadou Souley, fablab managers, les enfants ont personnalisé leurs enceintes sur Inkscape, découvert la gravure laser et assemblé les pièces en bois et en plastique recyclé. Ces différentes étapes ont permis à chacun de réaliser sa propre enceinte à partir de déchets, transformés en véritables ressources de création !

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Mallorie Bodériou / CNRS

Ika Paul-Pont / CNRS

Yves Quéré (UOF)

Tomo Murovec (UOF)

 

 

 

31kg de déchets ramassés sur le Technopôle lors de la Clean Walk

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Jeudi 9 juin 2022, à l’occasion de la journée mondiale de l’océan, l’association étudiante Sea Ti Zen, soutenue par ISblue, la PepSE et l’équipe du projet Interreg Preventing Plastic Pollution, ont organisé un ramassage de déchets sur le Technopôle.

L’appel lancé par Sea Ti Zen a mobilisé 26 personnes, étudiants et personnels du Technopôle. Après une heure de ramassage en quadrillant l’ensemble du Technopôle, ce sont 31 kg de déchets qui ont été collectés par les volontaires. Du plastique, du verre, du carton, une vingtaine de masques et près de 500 mégots de cigarette ont notamment été ramassés.

Puis les déchets ont été triés en suivant un protocole européen (type OSPAR) pour les catégoriser et mieux comprendre leurs origines. Cette action contribue à l’un des objectifs du projet Interreg Preventing Plastic Pollution, qui est de retirer 200 tonnes de plastiques du milieu naturel. Ce tri commun fut l’occasion d’aborder l’impact de la pollution plastique sur le milieu aquatique. Ce moment s’est conclu par un temps convivial au Pôle Numérique Brest-Iroise.

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Mallorie Bodériou / CNRS

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Mallorie Bodériou / CNRS

 

Early career researchers at the UN Ocean Conference

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A part of the early career researchers team with the Secretary-General’s Special Envoy for the Ocean, Peter Thomson

 

Call for action One Ocean Summit University

The University of Brest (UBO) mobilized its partner networks to initiate a joint contribution of early career researchers for the One Ocean Summit in Brest (February 2022).

A group of more than sixty PhD students and postdoctoral researchers from various nationalities and disciplines have been working together to put forward a common view of the challenges and opportunities for research and research training in marine sciences. Their common goal is to present this call for action at the United Nations Conference on the Ocean, to be held in Lisbon from 27 June to 1 July 2022.

I- Secure an equitable and integrated ocean governance 

I.1.    Reinforce integrated governance horizontally (between all stakeholders) and vertically (between the local, regional and international levels)

Ocean governance must integrate fairly all relevant stakeholders and sectors, such as NGOs, government agencies, international institutions and communities. It must be well-designed to ensure effective communication and action between and within the local, regional and international levels, with planning integrating a long-term vision and concrete short-term actions.

  • Align tools, treaties and institutions to secure coherence in ocean governance and management;
  • Encourage polycentric governance to ensure the participation of civil society, public and private stakeholders;
  • Apply participatory modeling and the use of workshops and dialogues among stakeholders to boost interaction and foster integrated approaches at different levels.

 I.2.  Integrate research into ocean governance by strengthening the science-policy-society interface

A strong science-policy-society interface is needed to support evidence-based approaches to ocean governance and thus achieve the Sustainable Development Goal (SDG) 14 and its targets.

  • Create an International Panel on Ocean Change to strengthen interaction between scientists and decision-makers and establish evidence-based policy action plans based on the precautionary principle. Ensure that scientific evidence is openly available and up-to-date for decision-makers and society;
  • Define what the good environmental status of the ocean should be, based on scientific knowledge;
  • Encourage the use of social sciences to raise awareness of ocean policies and accompany their social acceptability.

 I.3.  Implement transboundary programs to overcome fragmented ocean governance and foster collaboration at the ocean-basin level

Collaboration between countries sharing the same ocean basins is key to ensure effective governance and develop a more integrated view of maritime issues. At the ocean-basin level, joint efforts must be implemented through transboundary programs.

  • Enhance capacity building and technical support between countries sharing the same ocean basin. This should include a common funding tool to boost measures against pollution and for climate change adaptation, particularly in small island developing States and the least developed countries;
  • Create a shared space for networking and communicating between national and regional agencies at the ocean-basin level;
  • Pool transboundary monitoring resources to ensure compliance with maritime laws;
  • Enable public involvement and participation of all stakeholders, including youth and local communities, in maritime and ocean policies at the ocean-basin level.

II- Improve ocean management to ensure resilience

 II.1.  Increase the protection of marine ecosystems and restore degraded ones

Protecting and restoring oceanic ecosystems is critical for preserving biodiversity, reducing climate change impacts and ensuring the provision of ecosystem services. Marine Protected Areas (MPAs) are a key tool to protect and restore the ocean but should not be the only one considered. A major challenge to ocean management is to both improve approaches to biodiversity conservation and implement effective restoration strategies.

  • Protect at least 30% of the ocean by 2030 with a high level of protection and sustainably manage the remaining 70% to ensure resilient marine ecosystems;
  • Define protection according to internationally-agreed, evidence-based criteria (e.g. MPA guide);
  • Increase the number, size and protection levels of MPAS: only high levels of protection will enable MPAs to be effective;
  • Allocate sufficient funds for effective governance and management of MPAs (including for coercive measures and rewarding best practices) to ensure the achievement of their conservation goals and objectives, while considering their respective socio-environmental contexts;
  • Secure the conservation and restoration of all ecosystem types (including corridors) in all ocean basins, and not only in remote areas;
  • In international waters, use an ambitious High Seas Treaty (BBNJ) to allow the creation of large-scale and mobile MPAs;
  • In polar regions, which are particularly  under threat, i) agree on an international definition of the state of the poles, based on the pre-industrial era in terms of physical boundaries and biodiversity status; ii) speed up MPA designation: in the Southern Ocean, implement the MPAs envisioned by the Convention on the Conservation of Antarctic Marine Living Resources (CCAMLR); in the Arctic, create MPAs and ensure that legislation applies to all states equally; iii)  restrict exploitation such as fishing, seabed mining and tourism.

 II.2.  Design adaptive and integrated marine spatial plans to sustainably manage the ocean

In the context of increasingly busy ocean spaces (offshore aquaculture, increase in shipping and trade, marine energy production, increasing coastal populations, mass tourism), integrated spatial management is crucial.

  • Implement adaptive marine spatial planning using ecosystem-based approaches, allowing dynamic management tools (e.g. mobile MPAs), integrating the land-sea interface (e.g. to address land-based pollution), adapting to climate-related impacts and considering all human-environment interactions in a holistic way;
  • Promote synergies between activities and territories such as integrating marine renewable energy development with fishery activities while considering the acceptance of coastal communities;
  • Secure transparent integrated impact assessments (considering cumulative impacts) and monitoring strategies;
  • Allocate sufficient funding to accelerate the transition towards the use of non-destructive practices;
  • Establish tourist carrying capacities in sensitive areas (e.g. MPAs) and manage holistically the overall flow of tourists in coastal areas;
  • Implement eco-friendly practices for boating activities (including leisure boats and cruise ships) such as ecological moorings, speed limits (i.e. no-noise zones) and limitations on cruise numbers;
  • Safeguard cultural heritage and recreational uses within the expanding blue economy.

 

III. Guarantee a sustainable and fair Blue Economy

 III.1.  Ensure the resilience and equitable sharing of ecosystem services

The ocean is facing multiple anthropogenic pressures threatening the sustainability of its use as a source of food and health for current and future generations. It is therefore necessary not to over-exploit marine resources and endanger their survival for the next generations.

  • Develop ecosystem approaches to fishery management and integrated multi-trophic aquaculture systems to secure food provisioning;
  • Promote the recycling of seafood by-products and the consumption of new food resources such as algae to release pressure on heavily exploited stocks and ensure access to products with high nutritional values;
  • Define and publicize eco-scores for all seafood products based on their environmental impacts.

 III.2.  Make the protection of the environment a systematic criterion for awarding funds in the maritime sector

International and national legislations must be aligned with ocean protection. Forthcoming projects supported by public and private funds must satisfy precisely defined environmental and social criteria at all levels (international, regional, national and subnational).

  • Particular attention must be paid to ensure that social equity and ecological issues are not ignored in the face of economic priorities and to secure fair and equitable sharing of the benefits of the exploitation of marine resources (the ocean as a common good);
  • Redirect financial flows from harmful subsidies to incentives to protect marine ecosystems;
  • Establish financial compensation for damage: enforce the “you harm, you pay” principle by local stakeholders, sanction harmful practices through green taxes whose receipts are re-injected into restoration activities;
  • Make corporate responsibility legally binding to prevent the misuse of  ocean resources;
  • Scale up blue investments, with consideration of both biodiversity and climate change, and ensure sufficient funding for assessment, management and monitoring;
  • Use innovative finance tools (e.g. public-private partnerships following sustainability guidelines, carbon markets);
  • Strengthen the capacity of ocean managers and finance partners so they can work together.

 III.3.   Reshape ocean tourism

Marine tourism is an important part of the blue economy and changes must be made to ensure that it encourages more environmentally-friendly activities.

  • Promote the sustainable and responsible management of marinas with a common environmental policy and through an eco-label;
  • Implement local measures to tackle marine pollution from tourism;
  • Raise awareness of ocean protection and marine life welfare, including its exploitation for entertainment, among tourists;
  • Support organizations that offer ecotourism training;
  • Increase awareness of tourists by encouraging marine resorts to offer sustainable activities (e.g. promoting beach cleanups as a tourist activity) and assigning a travel score reflecting their comprehensive carbon footprint.

 

IV- Strengthen ocean science and literacy for a sustainable ocean future

 IV.1.  Support transdisciplinary and holistic research and embrace a collaborative, diverse and open science

In order to achieve the targets of  SDG 14, it is imperative to increase scientific knowledge and the capacity for both fundamental and applied research. The generation and sharing of local knowledge by local and indigenous populations, NGOs and other marine stakeholders is also paramount to provide solutions to local and global issues.

  • Encourage transdisciplinarity in ocean sciences and integrate evidence from different fields of ocean sciences and marine knowledge holders;
  • Increase funding for marine sciences and distribute financial resources equitably across disciplines and geographies for the development of integrated solutions in favor of ocean protection and societal adaptation;
  • Ensure sustainable research practices which respect the ocean (eco-friendly marine vessels, prohibition of single-use plastic, carbon budgeting);
  • Facilitate the mobility and exchanges of scientists, including Early Career Researchers and local marine actors;
  • Invest in new generations of marine researchers, including improving the quality of life of Ph.D. students and post-doctoral researchers;
  • Increase the number of available permanent positions in research to sustain long-term research projects, for a better understanding of the ocean in a changing world;
  • Better manage, integrate, centralize and exploit ocean data that have been collected at different levels and times to improve understanding of the ocean in response to changes;
  • Develop new data management and analysis tools to facilitate ocean monitoring and surveillance.

 IV.2.  Make the ocean an integral part of an environmental education program

Educational structures are a powerful tool to promote ocean literacy and raise awareness of anthropogenic pressures and threats. To ensure the legacy of SDG 14, an environmental curriculum including the ocean should be implemented in schools to enhance children’s connection to the marine environment.

  • Create an environmental curriculum including the ocean in national educational programs, in line with local socio-environmental contexts, and support its implementation across countries, including small island developing States and the least developed countries:
  • Enhance children’s familiarity of the marine environment by setting up projects related to the ocean for each level, structured around science-based interactive and in-person experiences, to build connections with the ocean and appreciate the services it provides;
  • Transform societies into sustainable socio-ecosystems to preserve resilient ecosystem services and cultural heritage for all generations.

 

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Eva Ternon / UPMC

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Romain Le Moal / UBO

 

Pascal Le Floc’h, Enseignant-chercheur en économie maritime à AMURE

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

J’ai soutenu ma thèse en 1998 à Agrocampus-Ouest à Rennes (anciennement ENSAR). Le sujet portait sur l’économie de l’innovation dans les pêches maritimes. J’ai travaillé sur 3 cas d’études : la pêcherie de l’anchois au Pays basque français sur la bolinche ou senne tournante ; les chalutiers dragueurs de la coquille Saint Jacques de Saint Brieuc ; les chalutiers de fonds de Concarneau.

Dans ce travail de thèse, l’innovation consistait à décomposer l’unité de production (le navire de pêche en 3 trajectoires technologiques : les apparaux de pêche (engins de pêche et les moyens hydrauliques de mise à l’eau et de relevage) ; les moyens électroniques de navigation, d’information et de détection ; les moyens de conditionnement et de transformation du poisson à bord des navires.

Ensuite, j’ai fait un an de contrat à l’UBO en partenariat avec Ifremer, qui consistait à mener une enquête économique de 162 patrons pêcheurs de Douarnenez à Quiberon. Elle couplait à une consultation de Bertrand Le Gallic qui, de son côté, a réalisé une centaine d’entretiens en Bretagne Nord. Ces 2 enquêtes complémentaires ont été une étape décisive pour les études socio-économiques du SIH (Système d’informations halieutiques de l’Ifremer). J’ai été recruté à AMURE (anciennement CEDEM) en 2000 à l’UBO à l’IUT de Quimper en tant que Maître de Conférences. Au moment où je me suis installé à Quimper s’est noué un partenariat entre l’UBO, la fédération bretonne de la coopération maritime et le comité régional des pêches maritimes de Bretagne dont l’objet était l’animation scientifique de l’observatoire économique régional des pêches. L’Ifremer va rejoindre ce partenariat au début des années 2000. Cet observatoire a pris fin en 2015.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

En 2008, c’est la fin du CEDEM et la création d’AMURE ; c’est donc naturellement que j’ai intégré l’IUEM.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Côté enseignement, il se fait à l’IUT de Quimper, principalement en DUT techniques de commercialisation. J’interviens également dans le master E2AME à l’IUEM en économie des filières halieutiques et aussi auprès des halieutes à Agrocampus.

Du côté de mes recherches, elles portent essentiellement sur la performance économique des flottilles de pêche jusqu’au début des années 2010. Ensuite, mes activités de pêche se sont diversifiées en ouvrant l’analyse des flottilles de pêche dans une approche territoriale sur le continuum Terre-mer.

Un 1er exemple concerne les relations pêche et tourisme : On a étudié le fonctionnement d’Haliotika au Guilvinec sur le port de pêche, le projet Atlant’îles à Saint-Pierre-et-Miquelon ; 2ème exemple de diversification : les travaux sur les énergies renouvelables en mer (ERM) où nous avons étudié la vulnérabilité des pêcheurs face aux éoliennes en mer ; Autre exemple de diversification, l’économie circulaire et la valorisation des produits de la mer où j’ai notamment dirigé la thèse de Raphaela Le Gouvello. La plus récente piste de diversification est une approche pluridisciplinaire en économie de l’innovation : l’histoire contemporaine et les humanités numériques soutenues par la MSHB. On s’intéresse ici à l’histoire des frigorifiques jumeaux de Lorient et Saint-Pierre-et-Miquelon.

Je coordonne aussi le programme COPECO (coronavirus pêche et conchyliculture) soutenu par Ifremer.

Je suis Directeur adjoint de l’unité depuis le 1er septembre 2021 avec Matthieu Leprince et José Perez. Nous « aidons » la Directrice d’unité Gaëlle Gueguen Hallouet.

Je m’occupe de l’animation scientifique, fonction qui n’existait pas lors de la précédente direction. Il s’agit de coordonner les 3 axes de recherche et le pôle Observation, données et méthodes.

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

En novembre 2007 a eu lieu la crise du carburant à la pêche et pour calmer la colère des pêcheurs, Nicolas Sarkozy s’est arrêté au Guilvinec. J’ai été contacté par FR3 Bretagne. Le journaliste souhaitait que je m’y rende. Je refuse. Nouvel appel de la rédaction qui me propose d’aller dans leurs studios à Brest pour participer en direct au JT du soir.

2ème refus : j’explique que je suis sur Quimper et qu’avec les enseignements, il m’est impossible d’y être à 19h pile. 3ème appel : ils me proposent d’envoyer une équipe de techniciens à Quimper. Je me retrouve un peu coincé et 30 minutes avant le JT, vers 18h30, les techniciens arrivent dans le bureau du CEDEM que je partage avec Frédérique Alban. Ils commencent les essais 15 minutes avant et ne savent pas que je suis l’invité… Fred leur dit que c’est bien moi l’invité !

Quel ton plus beau souvenir de boulot ?

En 2015, j’ai effectué un congé recherche de 6 mois à l’UQAR à Rimouski. J’ai été très bien accueilli par les collègues québécois, notamment des sciences régionales. L’objectif de ce séjour était de rédiger un ouvrage sur les pêches maritimes françaises édité aux Presses universitaires de Rennes (PUR).

J’ai pu effectuer une 1ère mission à Saint-Pierre-et-Miquelon avec James Wilson. Je vais faire le bilan de l’IFQM sur le thème de la pêche et de l’aquaculture les 13 et 14 juin à Nantes lors des assises de la mer.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

Je suis éducateur en aviron de mer et anime une école d’aviron tous les samedis à Douarnenez, à Tréboul.

As-tu une devise ?

« Faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux ». Pascal le Floc’h.

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Pascal Le Floc’h / UBO

Olivier Guyader / Ifremer

Séverine Julien / UBO

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Pascal Le Floc’h / UBO

 

 

Retour sur le Transformation Lab SEA-EU : Faire travailler le monde universitaire avec et pour la société

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Dans le cadre des activités de l’université européenne SEA-EU en partenariat avec la Zone Atelier Brest Iroise, l’UBO a accueilli du 26 au 28 avril 2022, plusieurs chercheurs et chercheuses des six universités partenaires. Ce workshop avait pour objectif de comprendre comment les scientifiques travaillant pour l’université européenne des mers collaborent et s’engagent avec les acteurs locaux pour améliorer la résilience des zones côtières et la durabilité des socio-écosystèmes côtiers.

La première journée du Transformation Lab était consacrée à une série de présentations et discussions autour de divers projets qui fédèrent acteurs et chercheurs pour un avenir durable de leurs socio-écosystèmes.

Le deuxième jour, les participants ont pu découvrir les activités de co-recherches menées sur le territoire de la Zone Atelier Brest Iroise lors de différentes visites de terrain. Situé à l’interface terre-mer, ce territoire est particulièrement exposé au changement climatique et aux activités anthropiques côtières.

La première excursion a eu lieu à la Pointe de Dinan, à la rencontre de Sophie Coat, la conservatrice de la Réserve Géologique de Crozon.

Ils ont échangé sur le travail entre la Réserve et les scientifiques pour étudier l’érosion de la côte, notamment grâce à l’installation de capteurs qui permettent de mieux comprendre l’érosion des falaises rocheuses.  Les relevés réalisés par la Réserve sont régulièrement transmis aux chercheurs et chercheuses qui analysent alors les données recueillies. Cet échange de données aide la Réserve à adapter la gestion de ses sites.

Le groupe a ensuite visité la ferme du Parc Naturel Régional d’Armorique (PNRA) à Rosnoën, localisée en bordure de la rivière du Faou. En collaboration avec des scientifiques, l’Etablissement Public d’Aménagement et de Gestion du bassin versant de l’Aulne (EPAGA) et la ferme ont travaillé sur un projet visant à préserver la qualité de l’eau de la rivière. Ils ont identifié les sources de pollution de la ferme et ont mis en place de nouvelles mesures de filtration des eaux polluées afin qu’elles ne viennent pas contaminer les eaux côtières et les exploitations ostréicoles voisines.

La troisième étape a amené les participants à l’écloserie du Tinduff pour échanger avec Florian Breton. Depuis 40 ans, cette écloserie élève des naissains de coquilles Saint-Jacques, une espèce devenue rare en baie de Brest. Leur activité vise à maintenir le stock de coquilles Saint-Jacques de manière durable, en contribuant notamment à la reproduction de l’ensemble du gisement de la rade de Brest. L’écloserie du Tinduff travaille en étroite collaboration avec des scientifiques et les professionnels de la pêche en rade de Brest, mais aussi avec les autres comités des pêches, de Granville à la Rochelle.

Cette première journée de visite s’est achevée par une présentation des activités du PNRA en Rade de Brest par Agathe Larzillière. Leurs missions visent à préserver et restaurer la faune et la flore, tout en interagissant avec les professionnels et les habitants de ce territoire. L’un des exemples présenté concernait la Spartine (Spartina alterniflora), une plante invasive d’origine exotique qui engendre un envasement important des fonds de rias et des petits chenaux, menaçant ainsi la biodiversité en Rade de Brest (benthos, poissons et oiseaux notamment), et impacte les activités des professionnels de la pêche. Le PNRA et l’IUEM travaillent ensemble afin de mieux comprendre les invasions biologiques, et pouvoir ainsi adapter les interventions sur le territoire.

La matinée du troisième jour a été consacrée à la découverte du Parc Naturel Marin d’Iroise (PNMI), commentée par le responsable du parc, Philippe Le Niliot. Il a expliqué les enjeux de la conservation de cet espace naturel tout en conciliant la protection de ce milieu ainsi que des espèces qu’il abrite et le développement des activités humaines sur les îles.

Après la visite du Musée de l’environnement insulaire, les participants ont partagé leurs expériences de transdisciplinarité en travaillant sur un questionnaire.

Ce workshop a permis de présenter plusieurs projets où scientifiques et acteurs locaux travaillent ensemble pour un même objectif : construire un avenir durable des zones côtières. Le partage de connaissances, de données, de bonnes pratiques et de méthodes de gestion sont indispensables pour atteindre cet objectif. Grâce au Transformation Lab, l’Université européenne de la Mer SEA-EU a fait un pas en avant pour engager et renforcer les liens avec les nombreux acteurs sociétaux qui les entourent.

Pour plus d’informations : drive.sea-eu@univ-brest.fr

Ce workshop a été financé par l’Union européenne, via le programme de recherche et d’innovation Horizon 2020 (accord de subvention n°101017454).

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Tiffen Riou /UBO

Agathe Larzillière

Contacts

Pierre Stephan – coordinateur ZABrI

Olivia Lahens – project officer (reSEArch-EU & BIENVENÜE)

 

 

Géraldine Sarthou, Biogéochimiste CNRS, Directrice du LEMAR

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

J’ai soutenu ma thèse en 1996 à Toulouse, au laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiales (LEGOS). C’était les débuts des travaux sur le fer comme régulateur majeur de la productivité phytoplanctonique océanique. Cet élément est essentiel à la croissance des microorganismes et joue un rôle clé dans la pompe biologique de carbone. Je me suis donc attachée au cours de mon doctorat à étudier les concentrations de cet élément dans deux environnements contrastés en termes d’apports en fer : la mer Méditerranée et l’Océan Austral.

J’ai ensuite réalisé deux 2 post-doctorats à l’étranger : le 1er en Angleterre à l’université de Liverpool et le 2ème à Kiel (Allemagne) à Geomar. Au cours de ces post-doctorats, j’ai élargi mon expertise à d’autres métaux traces (en particulier le zinc) et au lien entre la matière organique dissoute et les métaux. J’ai en particulier travaillé sur des échantillons de sources hydrothermales au niveau du détroit de Bransfield dans l’Océan Austral. Je suis ensuite arrivée sur Brest à l’IUEM pour un dernier post-doctorat en 2000 avant d’être recrutée au CNRS en 2002 comme chargée de recherche.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

C’était l’opportunité de ce post doctorat. J’avais également envie de revenir en France et puis j’ai été attirée par la renommée des recherches menées à l’IUEM.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Côté recherche, je continue à travailler sur le cycle des métaux, leur spéciation et leurs liens avec le réseau trophique. Les objectifs sont de mieux quantifier leurs sources, leurs puits et leur devenir dans la colonne d’eau, ainsi que leur impact sur la pompe biologique de carbone. Dans mes recherches, je couple des observations et des expérimentations en laboratoire et je suis en interaction forte avec les modélisateurs. Depuis le début de ma thèse, j’ai embarqué sur de nombreuses campagnes océanographiques (15 au total, pendant 1 à 2 mois dans tous les océans de la planète sauf l’Arctique où je ne suis pas encore allée). J’ai été co-cheffe avec Pascale Lherminier de la mission GEOVIDE en 2014 dans l’océan Atlantique. Ce projet était la contribution française au programme international GEOTRACES dans l’Atlantique nord. Je suis fortement engagée dans ce programme international, pour lequel j’ai été membre du comité de pilotage international de 2011 à 2017 et je suis actuellement impliquée dans deux projets rattachés à ce programme (TONGA et SWINGS).

Depuis janvier 2022, je suis directrice du LEMAR, l’un des plus gros laboratoires de l’IUEM (avec plus de 130 permanents, une soixantaine de doctorants et une trentaine de post-doctorants/CDD). Ce qui m’a attiré dans cette fonction, c’est de travailler pour le collectif, de fédérer les personnes autour d’un projet commun et de mettre du sens et de la convivialité dans notre travail.

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

Pendant GEOVIDE, nous avons eu un problème de treuil. Le câble s’est déroulé à toute vitesse dans la colonne d’eau et quand nous avons réussi à remonter la rosette, c’était un vrai sac de nœuds !

Toujours au cours d’une mission, cette fois-ci dans l’Océan Austral, je travaillais avec une collègue dans le container propre qui était sur le pont arrière du navire et, via un appel sur la VHF, il nous a été formellement interdit de sortir du container jusqu’à la fin de la tempête qui a duré plusieurs heures ! C’était particulièrement stressant car nous étions bien secouées et le container faisait des bruits qui n’étaient pas très rassurants.

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

Avoir plongé depuis le pont d’un navire océanographique néerlandais (le Pelagia) en plein Océan Atlantique Tropical, puis avoir nagé tout autour du bateau : Une sensation de liberté totale même si les zodiaques étaient à l’eau pour sécuriser et vérifier que nos amis les requins n’approchaient pas.

Avoir navigué à bord du Pourquoi Pas ? proche d’un iceberg en Mer du Labrador ou à bord du Marion Dufresne au milieu des icebergs de l’Océan  Antarctique.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

Sport (badminton, volleyball, et un peu de footing aussi depuis le 1er confinement), lecture, balades sur les sentiers côtiers et voyages.

As-tu une devise ?

« Ne pas se décourager et garder espoir » Géraldine Sarthou.

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Marie Cheize

Géraldine Sarthou / CNRS

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Géraldine Sarthou / CNRS

 

Camp de terrain des étudiants en biologie/Écosystèmes marins

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Les étudiants du master de Sciences biologiques marines (SBM), spécialité Écosystèmes Marins, se sont rendus du 19 au 24 avril à Brignogan-Plages pour participer à un camp de terrain dans le cadre de l’Unité d’enseignement Observatoire, encadrés par Olivier Gauthier, Jacques Grall et Gauthier Schaal. L’objectif était de caractériser la variabilité spatiale et temporelle de la composition des communautés de la macrofaune benthique et de l’ichtyofaune démersale (ensemble des poissons d’un écosystème aquatique à proximité immédiate du benthos), et d’identifier les principales variables environnementales au sein de l’Anse de Pontusval.

Ce stage de terrain, organisé chaque année depuis 2018 (à l’exception de 2020), a pour objectif de constituer un suivi temporel spatialisé de l’évolution d’un écosystème côtier sous contraintes anthropiques. Au programme de ces 6 jours intenses, s’étirant souvent assez tard dans la nuit :

  • Définition du plan d’échantillonnage
  • Échantillonnage de la macrofaune benthique et des poissons démersaux
  • Tri et identification des 75 prélèvements réalisés (122 espèces et > 4000 individus identifiés)
  • Analyse des données et préparation de la restitution lors d’un oral d’une heure organisé 3 jours après le camp de terrain

L’occasion pour nos écologues benthiques en herbe de se confronter à nombre de problèmes concrets ou beaucoup plus conceptuels, inhérents à la réalisation d’un projet de recherche en écologie de terrain.

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Gauthier Schaal / UBO

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Gauthier Schaal / UBO

Au laboratoire aussi, recyclons les déchets plastiques !

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Engagé dans le projet Interreg Preventing Plastic Pollution, le CNRS poursuit le déploiement d’actions de réduction et de recyclage des déchets plastiques produits au sein de l’IUEM, identifié comme site pilote expérimental. Après la mise en place d’îlots de tri multi-flux, du recyclage des mégots de cigarette et l’installation de fontaines à eau, les actions se portent à présent sur les déchets plastiques non-souillés générés par les activités de recherche des laboratoires (e.g. tubes, cônes, flacons).

Le projet de recyclage des plastiques de laboratoire, lauréat de la finale du Makeathon SEA-EU

En novembre 2021, une équipe de l’IUEM a participé au Makeathon, un marathon créatif organisé à l’UBO Open Factory dans le cadre du projet européen SEA-EU et du dispositif « Campus innovant et durable ». Cette initiative a permis le déploiement d’un prototypage rapide d’un portoir de tubes coniques de 50 mL conçu à partir de plastiques de laboratoire triés, broyés et recyclés grâce aux équipements présents au FabLab de l’UBO.

La finale du Makeathon, réunissant les universités de Cadiz, Gdansk, Malte et Brest, a eu lieu à l’Université de Split en Croatie le 10 mars dernier. En présentant leur projet « Lab’oucle : la seconde vie des plastiques de laboratoire », l’équipe de l’IUEM a remporté la première place ex-aqueo ! Retrouvez le lien de l’évènement ici.

La transformation des déchets plastiques en objets utiles et durables

L’objectif du projet est (i) de créer et pérenniser une filière locale de recyclage des plastiques de laboratoire non-souillés et (ii) d’utiliser ces déchets plastiques afin de créer des objets utiles et durables au laboratoire.

Ce processus de valorisation se décompose en deux temps :

  • Dans les laboratoires de l’IUEM : mise en place de dix points de collecte répartis entre le BEEP, le laboratoire Geo-Ocean et le LEMAR pour différents items plastiques rigides non-contaminés, puis tri des plastiques suivant leur type et leur couleur. En trois mois, plus de 30 kilogrammes de plastiques rigides non-souillés ont été collectés sur 3 des 10 points de collecte de l’IUEM.
  • A l’UBO Open Factory : broyage des plastiques en petits granulés puis utilisation de ces granulés dans la machine à injection ou dans la presse pour créer de nouveaux objets : portoir, mobilier, horloge, supports, pots…

Le 18 mars 2022, à l’occasion de la journée mondiale du recyclage, une démonstration de broyage de plastiques de laboratoire a été organisée à l’IUEM. Ce temps a également permis de collecter les idées et les besoins des agents de l’IUEM pour définir les objets à créer à partir de cette nouvelle matière première. Rehausseur d’écran, mobilier de laboratoire, étagères murales, caisses de rangement, seaux/matériel terrain, kayak… ont notamment été évoqués. Il ne reste donc qu’à pérenniser la collecte et le tri des plastiques au sein des laboratoires pour que ces idées se concrétisent ! Si à votre tour vous souhaitez compléter cette liste et partager vos idées de création, contactez Mallorie Bodériou.

Pour en savoir plus

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Ika Paul-Pont / CNRS

Université de Split

Contacts

Mallorie Bodériou / CNRS
Ika Paul-Pont / CNRS

 

Alexis Bazire, Maître de conférences en microbiologie au LBCM

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

J’ai réalisé une thèse de microbiologie au laboratoire de Biotechnologie et Chimie Marines (LBCM) qui portait sur l’étude d’une bactérie potentiellement pathogène : Pseudomonas aeruginosa. L’objectif était de mieux comprendre comment ces bactéries interagissent au niveau moléculaire, avec pour objectif de court-circuiter leur communication et ainsi diminuer leur virulence. Trouver des molécules capables de couper la communication, c’est affaiblir l’adversaire et ce sont potentiellement des alternatives à l’utilisation massive d’antibiotiques.

Je suis ensuite parti en postdoc au Danemark à l’Université Technique du Danemark (DTU) située à Lyngby (ça se prononce Lunegbu), une petite ville à une dizaine de kilomètres au nord de Copenhague. La vie y était assez paisible, les danois ont une autre conception de la vie et du travail que les français. J’y ai appris à étudier la capacité des bactéries à former des communautés nommées biofilm, j’utilisais essentiellement la microscopie confocale à balayage laser. Ces compétences m’ont permis d’être recruté en 2007 en tant que maître de conférences au LBCM, puisque le laboratoire développait depuis peu sa thématique autour des biofilms.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

Avant mon arrivée à l’IUEM, j’étais déjà en poste au LBCM puisque c’est le laboratoire dans son intégralité qui a d’abord été associé à l’IUEM en 2012 puis intégré en 2017. Ce fut une volonté commune de notre laboratoire mais évidente d’un point de vue personnel puisque je travaille sur de nombreux modèles bactériens d’origine marine.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Étant maître de conférences, je suis un peu multi taches, une sorte de couteau suisse.

J’y suis donc chercheur, avec, comme je le disais, une activité autour de l’étude des biofilms des bactéries pathogènes marines ou non et la recherche de molécules d’origine marine limitant la virulence. Je participe à plusieurs projets, notamment avec des collègues du LEMAR, comme Sylvain PETEK et Gwenaëlle LE BLAY avec lesquels nous co-encadrons une thèse et collaborerons prochainement sur un Flagship ISblue récemment acquis. Toujours sur le volet de la limitation des biofilms de pathogènes, je collabore avec l’entreprise MARINE AKWA qui développe des probiotiques pour l’aquaculture. Et sur un volet plus fondamental, je participe de façon continue mais plus ou moins assidument, depuis presque 20 ans maintenant, à une collaboration avec un laboratoire d’Évreux sur les mécanismes de virulence de P. aeruginosa. Ce sont des personnes que j’apprécie, avec qui il est facile de travailler en confiance et qui sont devenues plus que des collègues depuis toutes ces années.

J’y enseigne, à l’UBS sur le site de Lorient, de la Licence 1 au Master 2, je dirais même en Licence -1 puisque j’organise un cycle préparatoire aux études de santé destiné aux élèves de terminale souhaitant se diriger vers des études médicales. Nos promotions d’étudiants restent raisonnables, même si en L1 ça devient très chargé ; ce qui permet une proximité assez agréable avec les étudiants, on arrive encore à associer des noms et des visages.

Et enfin, au niveau administratif, je suis directeur adjoint du LBCM, directeur des études de 2 parcours de L3, correspondant de la Licence accès Santé UBS/UBO, et coordinateur du thème 4 ISblue. Ça fait beaucoup de paperasses et de mails…

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

Deux me viennent à l’esprit, la première qui au final n’est pas très drôle mais qui témoigne de l’engagement dans ce métier. Je devais faire un suivi expérimental avec des points toutes les 4 heures, je n’habitais pas très loin du laboratoire, donc je mettais mon réveil à sonner pour me lever et faisais l’aller-retour rapidement. Lors d’un point à 4h du matin, j’ai eu une petite frayeur en croisant mon directeur de thèse qui lui venait finaliser la rédaction d’un article ! On s’est amusé de la situation, car on était presque en pyjama, mais cela ne m’a finalement pas dégoûté du métier.

La seconde, j’étais en postdoc au Danemark, dans un avion en direction d’un gros congrès au Québec et assis près d’un homme avec qui je discutais de tout et de rien. Je me doutais bien qu’il allait aussi au congrès car l’avion ressemblait à un charter de chercheurs danois. Je n’étais pas vraiment bilingue et il faut avouer que les danois mâchent un peu leurs mots, je n’avais donc pas compris son nom. Ce n’est que lorsque j’ai assisté au congrès que j’ai compris que c’était le principal chairman du congrès, un chercheur dont j’avais lu tous les papiers mais que je n’avais jamais rencontré auparavant ! De souvenirs, je n’avais pas dû lui raconter trop de bêtises…. Comme quoi, les congrès servent aussi à rencontrer les gens et pas qu’à se balader vers de parfois chouettes destinations.

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

Des souvenirs, j’en ai beaucoup en 20 ans. De façon générale, je trouve fabuleux de définir sur le papier une série d’expériences pour tester des hypothèses et que les résultats obtenus soient exactement ceux prévus. J’ai également un excellent souvenir de ma soutenance d’HDR, car on y est plus détendu que lors de la soutenance de thèse, et c’est une superbe occasion d’inviter des collègues reconnus et pour lesquels on a plus l’habitude de lire les papiers que de discuter avec.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

Je suis un passionné de Football, depuis tout petit. J’ai commencé à suivre le FC Lorient depuis mon arrivée ici, et j’aime bien chambrer les collègues Brestois lorsque le derby nous revient. Je pratique le dimanche matin mais là l’objectif c’est plutôt de s’amuser avec les copains et se retrouver pour la troisième mi-temps qui dure presque plus que le match lui-même.

J’aime également pratiquer la pêche au Bar, j’y vois essentiellement une balade en mer, les plus agréables sont celles du lever du jour, quand il fait encore bien frais. C’est souvent un jeu du chat et de la souris, il faut titiller le poisson pour qu’il attaque le leurre, cela m’amuse beaucoup. Pour les connaisseurs et les préservateurs de la ressource, je pratique le « catch and release ».

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Alexis Bazire / UBS

Laure Taupin / UBS

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Alexis Bazire / UBS

 

L’IUEM au One Ocean Summit

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Le One Ocean Summit s’est déroulé du 9 au 11 février 2022 à Brest. L’UBO a participé activement aux différents événements liés à ce rendez-vous international consacré à la protection de l’océan. Au regard des sujets abordés, plusieurs membres de l’IUEM ont été partie prenante de différents temps forts.

Les débats ont tout d’abord commencé en amont du sommet, les 4, 5 et 6 février, avec Les soulèvements de la mer organisés par le collectif vives eaux et accueilli par le LABERS (Laboratoire d’études et de recherche en sociologie de l’UBO). ONGs, associations et scientifiques ont pris successivement la parole pour proposer d’autres pistes de reflexions que celles abordées au sein du sommet officiel, autour de la surexploitaiton de l’océan.  Betty Quéffelec (AMURE) est revenue sur les notions de bien commun et de conditions d’exploitation des ressources marines avec Pierre-Yves Cadalen (CRBC, UBO). Yves-Marie Paulet a proposé un regard sur ses recherches sur l’évolution de la rade de Brest et celle de la pêche à la coquille Saint-Jacques.

Le One Ocean Summit University – initiative portée par Yves-Marie Paulet, Denis Bailly, Romain Le Moal, Joëlle Richard et Charline Guillou, a également démarré en amont du sommet par la consultation de jeunes chercheurs internationaux. L’objectif était de fédérer, par une démarche participative et collaborative, les expertises et dynamiques en présence afin de proposer un regard commun sur les enjeux de la recherche et de la formation dans le contexte de la Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable. Un groupe d’une soixantaine de doctorants et post-doctorants a ainsi travaillé en amont du sommet pour rédiger des recommandations à l’attention des décideurs, autour des dix thématiques des ateliers du One Ocean Summit.

Plusieurs jeunes chercheurs basés à l’IUEM (AMURE, LOPS, LEMAR) ont participé activement à ce travail de groupe, dont certains ont pu être accrédités pour participer au sommet. Découvrez en suivant ce lien, les messages de cette génération de chercheurs, portés par les accrédités. Les contributeurs brestois à cette initiative ont ensuite partagé leur expérience aux côtés de Céline Liret et Denis Bailly à l’occasion de la conférence de clôture organisée à Océanopolis. Le replay est disponible ici.

La constitution de ce groupe de chercheurs a été rendue possible grâce à l’appui de plusieurs réseaux et partenaires internationaux (ECOP, OYSTER, All-Atlantic Youth, Réseau des Universités Marines, SEA-EU, CONEXUS…).

Conférence de clôture à Océanopolis, vendredi 11 février 2022

Fort de ce succès, la dynamique se poursuit et se renforce pour apporter une contribution à la Conférence Océan des Nations Unies qui se tiendra à Lisbonne du 27 juin au 1er juillet 2022.

Sur la scène du sommet officiel, Denis Bailly a été invité dans l’atelier d’ouverture intitulé “La gouvernance de l’océan face au changement”. Il a porté le message d’une démocratie maritime qui reste à inventer et a appelé à “la reconnaissance des droits des communautés et des usagers historiques de la mer”. Son intervention est visionnable ici (à partir d’01’38’00).

L’après-midi du 9 février c’est Paul Tréguer qui a pris la place sur l’estrade pour modérer l’atelier “Océans polaires” (à partir de 04’56’00 sur le même enregistrement) aux côtés de Jérôme Chappelaz (IPEV) et Antje Boetius (AWI).

Les 9 et 10 février, Christophe Maes, Yves-Marie Paulet, Anne Choquet et Riwalenn Ruault sont intervenus dans le cadre du LIVE TV proposé par le Campus mondial de la mer (CMM) lors d’émissions sur des sujets dont ils sont spécialistes.

Brest capitale des océans TV, vendredi 10 février 2022

Les 9 et 11 février, Catherine Meur-Férec et Yves-Marie Paulet ont répondu aux questions du grand public en organisant respectivement une mini-conférence « Anticiper et s’adapter à l’élévation du niveau de la mer » et « La science océanique nécessaire à une gestion durable de l’océan » au sein d’une agora installée dans le pavillon événementiel d’Océanopolis.

Le 9 février, dans l’auditorium d’Océanopolis, Laurent Chauvaud a participé à une des tables rondes autour du lien sciences océaniques et société intitulée “Un océan avec et pour la société, les sciences participatives” (à partir de 50’18 sur le Replay en lien) aux côtés d’Isabelle Viol (MNHN), Céline Liret (Océanopolis) et Marjolaine Matabos (Ifremer).

La conférence participative sur la gouvernance de la haute mer et la protection de sa biodiversité “Rendez-vous à New-York” du 10 février a été notamment introduite par Joëlle Richard, Bleuenn Guilloux et Benjamin Dudouet (AMURE). Elle peut être de nouveau visionnée sur la chaîne YouTube d’Océanopolis en suivant le lien ou vous pouvez (re)découvrir l’introduction de la conférence intitulée “Qu’est-ce que la haute mer”, par Nadège Legroux, sur le site de l’initiative Ocean University. En bonus, les réactions à chaud des spectateurs à la fin de la conférence !

Votes en cours, acte 2 de la conférence “Rendez-vous à New-York”, jeudi 10 février 2022

L’UBO décrypte – au cours de la semaine du sommet, chaque soir, entre 18h et 19h, les thèmes principaux du One Ocean Summit ont été décryptés par les étudiants et les chercheurs de l’UBO et de l’IUEM à l’antenne de Radio U.  Yves-Marie Paulet (VP Mer UBO, LEMAR), Raphaël BAJON (LOPS), Ingrid Peuziat (LETG), Jennifer Beckensteiner (AMURE) et Marie Vagner sont notamment intervenus dans l’émission “C’est Vous Qui Le Dites” qui avait exceptionnellement pris ses quartiers à la fac Segalen.

Pour tout savoir sur les scientifiques du LEMAR impliqués pendant le One Ocean Summit, c’est ici.

Une revue de presse du sommet est consultable ici.

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Brest métropole

Charline Guillou / UBO

Campus mondial de la mer

Océanopolis

Contacts

Romain Le Moal / UBO