La fonte inéluctable des glaces de mer rend nécessaire d’en estimer l’épaisseur. C’est possible, il suffit pour cela de mesurer les vagues…
La couverture de glace au niveau des pôles a beaucoup diminué depuis 1979, année des premières observations satellitaires, le réchauffement direct de notre atmosphère et les différents phénomènes physiques associés (modification des courants, intensification des événements climatiques extrêmes…) en sont les principaux responsables. Ainsi dans les régions polaires, les interactions entre les vagues et la glace sont de plus en plus importantes. En Arctique, l’étendue des glaces ayant considérablement diminué, la surface d’océan en eau libre a augmenté permettant aux vagues de se déployer. En Antarctique, les vagues ont un effet stabilisateur, elles viennent compresser la glace et lui opposent ainsi une résistance à l’éloignement vers l’équateur et des eaux plus chaudes où elle fondrait.
Quand les vagues arrivent à hauteur d’un objet flottant, il les réfléchit et/ou les amortit, tout comme la quantité de mouvement qu’elles transportent. Cela produit une force horizontale sur l’objet (ici la glace de mer) qui peut amener son déplacement ou sa déformation. La compression entraîne l’épaississement des couches de glace flottantes sous forme d’empilements verticaux des morceaux de glace présents dans la zone de transition entre l’océan et la banquise (cf. fig. 1), c’est la Zone Marginale de Glace (ZMG). Les morceaux de glace, formant initialement une seule couche morcelée à la surface de la mer, peuvent se retrouver compressés jusqu’à se soulever pour s’empiler sur d’autres. C’est le mouvement incessant des vagues qui favorise ce soulèvement en modifiant constamment les espacements et hauteurs des glaces flottantes. A partir d’un certain point, la force exercée par les vagues devient insuffisante pour compresser d’avantage la glace qui arrête alors d’épaissir.
L’étude présentée ici s’appuie sur la capacité de calculer la variation du mouvement de la glace à la surface de l’océan lorsqu’elle est soumise aux contraintes qui s’opposent à sa déformation : les contraintes externes sur la glace (les vagues, le vent, les courants) et la contrainte interne à la glace. Prenons l’exemple d’une boule de neige : la contrainte externe lui est imposée par nos mains qui tassent la neige tandis que la résistance de la neige au tassement, constitue la contrainte interne. L’opposition de ces deux contraintes, permet d’obtenir une boule de neige compacte, de taille constante pour une quantité de neige donnée.
Fig. 1 : Agrégation et compactage des morceaux de glace par les vagues (provenant de la gauche) vers la banquise (à droite)
Lorsque la glace ne bouge plus, on dit que le système glace-océan-atmosphère est à l’équilibre. Les contraintes externes et internes s’égalisent (la boule de neige est constituée et ne se tasse plus). Connaître la valeur de l’une des deux contraintes, c’est connaître la valeur de l’autre, on peut donc estimer les contraintes internes par des mesures extérieures (via un satellite par ex.), or comme on sait relier mathématiquement les contraintes internes à l’épaisseur de la glace, on peut alors déterminer celle-ci à partir de mesures océanographiques !
Des expériences ont ainsi été réalisées dans le parc national du Bic, véritable laboratoire naturel au long de l’estuaire du fleuve Saint-Laurent (Canada). Durant l’hiver et malgré une couverture de glace presque totale, une partie du fleuve reste cependant libre de glace par l’apport en eaux plus chaudes, provenant de l’océan Atlantique. Lors d’épisodes venteux, des vagues s’y forment (ce serait impossible si toute la surface du fleuve était gelée) permettant ainsi l’étude d’une ZMG. Des mesures comparatives de courant, de vent et d’épaisseur de glace ont donc pu y être effectuées. Des bouées équipées de capteurs de mouvements et placées en différents points toujours plus éloignés du bord, ont permis d’effectuer des mesures de vagues (cf. fig. 2a) ; ce positionnement permet d’évaluer l’atténuation progressive des vagues par la glace. On observe ainsi (cf. fig. 2b) que l’énergie des vagues, mesurée pour chaque bouée, diminue à mesure qu’on s’éloigne de la zone d’eau à l’air libre, en suivant une loi de décroissance exponentielle.
En pratique, cette atténuation peut être ici associée à trois phénomènes : la réflexion des vagues sur la glace et vers le large, la dissipation de l’énergie des vagues par la turbulence (remous occasionnés par la rencontre entre les vagues et la glace) ou encore la friction entre morceaux de glace. Le premier phénomène reste négligeable car les morceaux de glaces sont de petites tailles vis-à-vis de la longueur des vagues (ce n’est pas toujours le cas). Le second n’a pas pu être mesuré durant les missions de terrain (mais compte tenu d’autres observations, il peut ne pas être négligeable). Ainsi, si l’atténuation examinée ici tient compte uniquement de la friction des glaces (troisième phénomène), il faut souligner que le résultat final est probablement sous-évalué, car l’effet de turbulence n’a pas été pris en considération.
Fig. 2a : Zone d’étude avec le parcours réalisé par les bouées lors d’une des séries de mesures. L’échelle de couleur indique le temps associé à la position de chaque bouée.
Fig. 2b : Atténuation de l’énergie E des vagues en fonction de la distance Xice au bord de glace. Plus la couleur est foncée, plus la bouée considérée se situe loin du bord.
Les mesures d’épaisseur ont été réalisées via des trous percés dans la glace, on y a introduit un bâton terminé d’un crochet afin de ne pas dépasser la surface inférieure du glaçon. Les mesures de vent et de courant ont montré que leur effet sur la glace reste négligeable comparé à celui des vagues. De ce fait, la mesure de l’atténuation des vagues permet directement d’estimer l’évolution de la contrainte externe des vagues sur la glace et celle de l’épaisseur de glace en fonction de la distance au bord de glace (cf. fig. 3). Cette épaisseur croît rapidement jusqu’à atteindre une valeur maximale constante, concomitante à la disparition totale des vagues. La modélisation de l’évolution d’épaisseur de la glace correspond bien aux mesures effectuées sur le terrain. La disparité des mesures individuelles est due à la forte variabilité de l’état de surface de la glace.
Fig. 3 : Evolution de l’épaisseur de glace ζ divisée par l’épaisseur de glace à l’équilibre ζeq en fonction de la distance au bord de glace χ. La ligne noire désigne le modèle mathématique, les ronds les mesures par bouée, les croix les mesures directes de l’épaisseur, les carrés et le losange jaunes les moyennes des croix.
Ces résultats sont encourageants pour la communauté scientifique. En effet contrairement aux mesures des vagues observées toujours plus précisément via les données satellitaires, les estimations d’épaisseur de glace restent très difficiles à réaliser dans des conditions identiques. Grâce à cette découverte, l’estimation par satellite de l’épaisseur des glaces à partir des mesures de vagues devient envisageable (au moins dans des conditions similaires à celles présentées dans cette étude).
Médiation scientifique:
Assurée par Luc Barast, doctorant de l‘École Doctorale des Sciences de la Mer et du Littoral (EDSML – Université Bretagne – Loire), en 1ère année de thèse dans l’équipe SIAM au sein du Laboratoire d’Océanographie Physique et Spatiale (LOPS) à l’Ifremer.
L’article
Marginal ice zone thickness and extent due to wave radiation stress.
Ce travail résulte d’une collaboration entre Peter Sutherland, (Ifremer, Univ. Brest, CNRS, IRD, Laboratoire d’Océanographie Physique et Spatiale, IUEM, Brest, France) et Dany Dumont (Institut des Sciences de la Mer de Rimouski, Université du Québec à Rimouski, Rimouski, Quebec, Canada) autour du projet BicWin, à propos de l’étude des phénomènes physiques et océanographiques des ZMG à partir du laboratoire naturel que constitue le parc du Bic.
La revue
« Journal of Physical Oceanography » est une revue publiée par l’American Meteorological Society. Elle traite de la physique des océans et des processus ayant lieux à leurs frontières. Les articles qui y sont publiés sont tout aussi bien basés sur de la théorie, des mesures de terrain ou par satellite, ou encore sur des résultats numériques.
https://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2019/05/canada-saint-laurent-glace-e1557127209316.jpg8431500cyvenhttps://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2018/06/iuem-logo-header.pngcyven2019-05-06 10:00:322024-07-02 16:05:38Mesurer la glace ? pas de quoi en faire des vagues
Jeudi 24 septembre 2026 – 13h>14h30 – En ligne et en amphi D à l’IUEM – Entrée libre
Notre invitée sera Claire Flécher – maîtresse de conférences en sociologie à l’université Lumière – Lyon 2 et chercheure au Centre Max Weber, elle présentera ses travaux portant sur :
Le travail en mer, entre injonctions au flux tendu et exigences de sécurité
Résumé : Le transport maritime occupe une place centrale dans les économies mondialisées : plus de 90% du volume de marchandises produites au monde transitent par les mers, à bord de rouliers, pétroliers ou porte-conteneurs appartenant pour la plupart à des armateurs occidentaux. Pour autant, le travail effectué à bord de ces navires reste largement méconnu, de même que la manière dont se composent les équipages, ou dont ceux-ci organisent leur vie professionnelle et domestique. La présentation rappellera d’abord dans quelle mesure l’exploitation des navires préfigure des formes avancées de mondialisation du travail, pour revenir ensuite sur le contenu de l’activité réalisée à bord, et sur la manière dont fonctionnent ces équipages composés de marins de nationalités diverses. On s’intéressera enfin aux trajectoires des marins, et à la manière dont il tenter d’articuler les différents sphères de la vie sociale.
Discutante : Christèle Dondeyne, UMR AMURE/UBO
Biographie de Claire Flécher : Depuis 2020, Claire Flécher est maîtresse de conférences en sociologie à l’université Lumière – Lyon 2 et chercheure au Centre Max Weber. Elle enseigne au sein de l’Institut d’Études du Travail de Lyon (https://ietl.univ-lyon2.fr/) auprès des étudiant·es du Master LuCIDITE (Lutte Contre les Inégalités et Discriminations dans le Travail et l’Emploi), du M1 Droit Social et de la Licence Professionnelle “Collaborateur.trice en droit social et prévention des risques professionnels”.
Ses recherches portent sur les mutations du travail et de l’emploi, en particulier lorsque ceux-ci impliquent des formes de mises au travail internationalisées (détachement, marins de commerce, travailleurs migrants, etc.). L’ambition est de mieux comprendre ce que ces circulations produisent sur le travail et les travailleurs, et dans quelle mesure elles produisent des trajectoires et des carrières spécifiques. Il s’agit ainsi de tenir ensemble l’analyse des organisations du travail, de l’activité réalisée en leur sein, et des institutions qui les régulent, afin de mieux comprendre comment celles-ci génèrent segmentations et fragmentations dans les lieux de travail.
Mots clés : Sociologie du travail et de l’activité ; Marché du travail et intermédiaires du recrutement ; Syndicalisme ; Rapports sociaux de classe et de race ; inégalités ; Métiers maritimes
Prochains RDV du séminaire/ Next RDV: le jeudi 22 octobre 2026 avec Nathan Bennett, Global Oceans Lead Scientist for WWF. Chair of the People and the Oceans Specialist Group for the International Union for the Conservation of Nature (IUCN) and Adjunct Professor in the Institute for the Oceans and Fisheries at the University of British Columbia.
https://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2026/08/Stages-3eme-2026_main.jpg4231210Laure De Montbronhttps://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2018/06/iuem-logo-header.pngLaure De Montbron2026-08-31 11:53:182026-08-31 12:06:29Appel à candidatures : stage de troisième
Le 2 octobre 2026, la mention « Droit des espaces et des activités maritimes » (DEAM) du master Sciences de la mer et du littoral (SML) célèbre son cinquantième anniversaire. À cette occasion, l’équipe pédagogique du Master organise un colloque intitulé : « Master DEAM : 50 ans de science juridique au service de la mer et du littoral ».
Cette journée anniversaire constituera un temps fort de rencontres, d’échanges et de réflexions autour des grands enjeux de la formation en droit des espaces maritimes, des activités maritimes et du littoral. Elle réunira les étudiants actuellement inscrits dans le Master, les alumni de la formation, les enseignants, ainsi que les partenaires institutionnels et professionnels qui accompagnent la formation depuis sa création, témoignant de la diversité des acteurs du monde maritime et littoral.
Le programme s’articulera autour de plusieurs temps forts mêlant conférences plénières, tables rondes et ateliers thématiques organisés en parallèle. Ces différents formats permettront de revenir sur cinquante années d’évolution de la formation, d’aborder les défis juridiques contemporains et futurs du secteur maritime et de favoriser les échanges entre les différentes générations d’étudiants, de diplômés et de professionnels.
La journée s’achèvera par une soirée conviviale organisée par l’Association du Master, offrant à l’ensemble des participants l’occasion de célébrer, joyeusement, ce cinquantième anniversaire de la formation.
L’événement est en présentiel uniquement sur inscription obligatoire. Le nombre de places limité et les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 25 septembre 2026.
En juin 2026, l’IUEM a accueilli 10 stagiaires de secondes venu·e·s de toute la France, dans le cadre d’un nouveau dispositif de découverte des métiers de la recherche qui était porté par notre collègue Anne Royer.
Lors de leurs stage, ils et elles ont rencontrés des personnels de l’UAR, du LETG, d’AMURE, du LEMAR et de GO qui travaillaient dans des domaines très différents : acoustique sous-marine, biologie marine, géologie, palinologie, plateformes de mesure (PSO, PACHIDERM), observation côtière, participative et au sud, jeu sérieux sur les risques côtiers, développement instrumental, communication, métiers administratifs…
Dans leur parcours de découverte, ils ont participé à une séquence pédagogique sur le bassin versant de la Mignonne. L’objectif était de comprendre pourquoi aucune variation saisonnière des concentrations en nitrate n’est observée sur cette rivière. Après avoir réfléchi sur les hypothèses liés à cette problématique, les stagiaires ont réalisé des prélèvements et mesures sur une vingtaine de station du bassin versant de la Mignonne. Ils ont ensuite analysé des échantillons avec un spectrophotomètre et travaillé à l’interprétation des résultats en fonction de natures du sol, des exploitations agricoles… et synthétisé leur travail sur un poster.
https://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2026/07/Stagiaires-seconde-2026-Main.jpg4231210Sebastien Hervehttps://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2018/06/iuem-logo-header.pngSebastien Herve2026-07-16 10:46:542026-08-31 12:07:24Nouveau dispositif d’accueil des stagiaires de seconde à l’IUEM
Le Master Sciences de la Mer et du Littoral (SML) intègre des enseignements d’anglais dans son parcours. Dans les mentions Sciences Biologiques Marines (SBM) et Chimie de l’Environnement Marin (CEM), les équipes pédagogiques ont fait le choix d’orienter une partie de ces cours vers la vulgarisation scientifique en anglais, centrée sur des thématiques liées à l’océan.
En Sciences Biologiques Marines (SBM), ce projet se déroule sur les deux semestres de la première année de master (S7 et S8). Au S7, les étudiants travaillent en groupes sur un article scientifique en biologie marine, en collaboration avec les étudiants du master IMBRSea, puis réalisent un poster scientifique en fin de semestre. Au S8, ils ont pour objectif de vulgariser cet article à destination du grand public, sous la forme d’une capsule vidéo de trois minutes en anglais.
En Chimie Marine, ce projet s’étale sur deux semestres (S8 et S9). Au S8, les étudiants s’approprient différents articles scientifiques intégrés à une thématique définie par l’équipe pédagogique (par exemple, « The Silicon Cycle » en 2024). Ils en réalisent une présentation orale en fin de semestre. Au S9, l’objectif est de vulgariser cet article à destination de lycéens, sous forme de capsules vidéo de 3 minutes.
Depuis 2023, ce projet en Chimie Marine s’inscrit dans un partenariat avec les lycéens de 1ère de la section Européenne Anglais-SVT du lycée La Pérouse-Kérichen de Brest, encadrés par leur enseignante, Brigitte Marco. Les échanges entre étudiants et lycéens (une vingtaine pour chaque promotion) permettent d’ajuster le niveau de vulgarisation et de situer la thématique dans un contexte global. Dans un second temps, les lycéens exploitent les ressources produites par les étudiants et les enrichissent avec leurs propres projets expérimentaux (par exemple, l’observation d’organismes silicifiants en 2024) pour créer un outil pédagogique interactif (voir le Genially ci-dessous).
Ces formats innovants offrent également l’opportunité d’aborder avec les étudiants des enjeux de Développement Durable et de Responsabilité Sociétale. Par exemple, la thématique « Macroalgae » (2025) a permis d’intégrer des problématiques actuelles comme les marées d’algues proliférantes (algues vertes en Bretagne, Sargasses dans les Caraïbes). La promotion 2026 travaillera sur les techniques de Marine Geoengineering et leurs conséquences potentielles.
https://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2026/07/anglais-sml-main.jpg4231210Sebastien Hervehttps://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2018/06/iuem-logo-header.pngSebastien Herve2026-07-13 15:45:442026-08-31 12:07:36Enseignement des langues dans le master SML : vers l’anglais et au delà !
Plusieurs collègues de Geo-Ocean, dont Axel Erhold, Pascal Leroy et Arthur Monjot ont participé à une étude dirigée par Mathisse Meyneng et Raffaele Siano du Laboratoire DYNECO de l’Ifremer et publiée le 16 Juin dernier dans la prestigieuse revue Nature. Celle ci porte sur la « dégradation des écosystèmes littoraux due à des décennies d’exploitation minière non régulée.
l’étude menée par des scientifiques de l’Ifremer, de l’IRD, des universités de Bretagne occidentale (UBO) et de Bordeaux, du CNRS et de l’Université de Tartu (Estonie) révèle l’impact de l’exploitation minière du nickel sur les écosystèmes côtiers de Nouvelle-Calédonie. Publiés dans la revue Communications Earth & Environment, ces travaux montrent qu’à partir des années 1950, la mécanisation de l’exploitation des mines a entraîné une forte augmentation des apports de sédiments dans le lagon de Thio et un bouleversement des communautés microbiennes, qui perdure aujourd’hui. Si les mesures environnementales mises en place depuis les années 1975 ont permis de réduire les apports de sédiments directement liés à l’extraction du minerai de nickel dans ce lagon, l’importante érosion des sols à l’échelle du bassin versant continue d’impacter aujourd’hui l’écosystème du lagon de Thio.
Fig. 1: Empreinte environnementale et historique de l’industrie minière enregistrée dans les sédiments du lagon de Thio.
Référence
Meyneng, M., Lemonnier, H., Ansquer, D. et al. Coastal ecosystem degradation driven by decades of unregulated terrestrial mining. Commun Earth Environ7, 494 (2026). https://doi.org/10.1038/s43247-026-03677-8
https://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2026/07/Exploitation-Nickel-Lagon-Thio-main.jpg4211210Sebastien Hervehttps://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2018/06/iuem-logo-header.pngSebastien Herve2026-07-10 14:23:302026-07-10 14:23:30L’exploitation intensive du nickel a transformé la biodiversité microbienne du lagon de Thio en Nouvelle-Calédonie
Notre collègue Jean-Yves Royer, directeur de recherche CNRS émérite au laboratoire Geo-Ocean, est le premier auteur d’une étude publiée le 8 juillet 2026 dans la prestigieuse revue Nature.
En avril-mai 2024, après la campagne de déploiement OHA-Geodams (pour Observatory with Hydro-Acoustics and Geodesy Near Amsterdam Island), une équipe française associant Geo-Ocean, l’ENS, le LIENSs et l’IPGP) a capturé un événement rare : l’expansion brutale d’une dorsale médio-océanique dans l’océan Indien, près de l’île Amsterdam. Ce processus jusqu’alors théorique, façonne les fonds marins depuis des millions d’années, mais son observation en temps réel est une première !
Les dorsales médio-océaniques sont des chaînes de montagnes sous-marines où deux plaques tectoniques s’écartent, laissant remonter le magma du manteau terrestre. Ce magma, en refroidissant, forme une nouvelle croûte océanique. Grâce à un réseau d’instruments autonomes — balises acoustiques, hydrophones et capteurs de pression — déployés seulement deux mois avant l’événement, les chercheurs ont pu mesurer en détail les mouvements du sol, les séismes et les coulées de lave.
En l’espace de 16 jours, le fond marin s’est étiré horizontalement de 2 à 4 mètres tout en s’affaissant de 4,2 mètres par endroits. Cause de ce bouleversement : un réservoir de magma de 2,5 kilomètres de large, situé plusieurs kilomètres sous la surface, s’est vidangé brutalement. Le magma a fissuré la croûte, déclenchant des séismes et libérant 160 millions de mètres cubes de lave — l’équivalent de 60 000 piscines olympiques. Ces coulées ont recouvert le plancher océanique, formant même un mont sous-marin de 40 mètres de haut à seulement 600 mètres d’un des instruments.
La découverte la plus surprenante ? La majorité des mouvements des failles s’est produite sans tremblement de terre détectable. Une avancée majeure, car elle explique pourquoi les estimations précédentes, basées uniquement sur l’activité sismique, sous-estimaient l’ampleur réelle des déplacements. Ces résultats nous permettent pour la première fois de quantifier les déplacements à l’origine de la formation de la croûte océanique.
Au-delà de la géophysique, cette observation ouvre de nouvelles pistes pour étudier les sources hydrothermales — ces cheminées sous-marines où la vie prospère dans des conditions extrêmes, loin de la lumière du soleil. Une fenêtre unique sur les mécanismes qui façonnent notre planète… et peut-être sur les origines de la vie elle-même.
https://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2026/07/Geodams-nature-main.jpg4211210Sebastien Hervehttps://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2018/06/iuem-logo-header.pngSebastien Herve2026-07-09 15:51:232026-07-09 17:19:32Première observation en direct de la formation de la croute océanique
Au vingt et unième siècle, les sociétés humaines réalisent que les piliers qui ont assuré leur développement au cours des siècles précédents sont mis en question. De nombreux paradigmes ont changé. Nos activités ont dérégulé l’équilibre climatique et gravement affecté la biodiversité à l’échelle planétaire, et plus particulièrement celle des mers et océans qui occupent plus de 70% de la surface de la Terre. Désormais, pour anticiper l’avenir dans une perspective de développement durable, il nous faut comprendre le fonctionnement de l’océan et ses interactions avec les autres enveloppes fluides et solides de la planète Terre. Promouvoir la mise en œuvre d’un tel développement est l’un des enjeux de la décennie de l’océan (2021-2030) de l’Organisation des Nations Unies (ONU), réaffirmé lors du One Ocean Summit qui s’est tenu à Brest en février 2022. Mieux comprendre l’océan et ses interactions avec le climat et les sociétés humaines, est devenu un enjeu essentiel pour les médias, à même de faire émerger ou de relayer des débats et idées structurantes. En 2019, nous avons mis l’accent sur les « points chauds » de l’océanographie (s’agissant des impacts du changement climatique, de l’économie, du droit, et des technologies marines). En 2020, le focus a porté sur les perturbations humaines de l’océan et les perspectives de développement durable. En 2021, les systèmes extrêmes (polaires, anoxiques), les situations de crises (mer et migrations humaines), et le fonctionnement du système Terre/Océan étaient nos priorités. En 2022, l’école d’été embrassait les interactions océan – climat, avec des intervenants éminents comme Jean Jouzel, Christophe Cassou, Valérie Masson-Delmote, Frank Lecocq, Anne-Marie Tréguier…
De 2019 à 2022, s’inscriront aux quatre écoles d’été 86 journalistes de différents médias (presse écrite, radio, télévision) ou des indépendants (free-lance), non seulement de France mais aussi de Belgique, d’Afrique, et même du Québec avec Radio Canada, et ceci grâce à une collaboration avec l’Institut France – Québec de la Mer (IFQM).
Une formation continue en « Mer et Médias »
Reprenant une suggestion, à la direction de l’IUEM, du groupe SEPA (Ouest-France), de concert avec nos partenaires (Ecole Supérieure de Journalisme de Lille ESJL, Club de la Presse en Bretagne CPB, dans le cadre de la formation continue de l’UBO (SUFCA) nous avons ouvert en 2024 un diplôme d’université (DU) intitulé « Mer et Médias ». Présentement, ont bénéficié de cette formation diplômante trois promotions de journalistes et de communicants (26 personnes au total) provenant de différents médias (Ouest-France, Agence France-Presse, Radio France, ICI Breiz Izel…) ou journalistes indépendants (contributeurs de médias nationaux ou spécialisés comme Le Figaro, Médiapart, TV5 Monde, Océans connectés…) et employés d’entreprises ou d’agences de recherche (Véolia, Coopérative maritime, CNRS …), parfois en reconversion.
https://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2026/07/DU-MeM-2026-main.jpg4231210Sebastien Hervehttps://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2018/06/iuem-logo-header.pngSebastien Herve2026-07-07 08:58:362026-08-31 12:07:503ème édition du DU « Mer et Medias »
Du 2 au 4 juin 2026, l’IUEM a accueilli l’assemblée générale d’ODATIS. Cette année, l’événement était spécial car il célébrait les 10 ans de ce pôle Océan de données et services de l’infrastructure de recherche Data Terra ! En une décennie, ODATIS s’est hissé comme un acteur clé pour la diffusion, la valorisation et le partage et la gestion des données d’observation de l’océan, fédérant une large communauté issue de grands programmes nationaux et internationaux.
Étaient présents les partenaires institutionnels (CNRS, CNES, Ifremer, IRD, Shom, Universités Marines, Cerema), les membres de la communauté scientifique et opérationnelle, les gestionnaires de données, les acteurs publics, les partenaires privés. Au total, 158 personnes étaient réunies pour trois journées d’ateliers de travail, de sessions plénières et d’échanges qui ont porté sur les questions institutionnelles et scientifiques, entre rétrospectives et perspectives. Elles ont permis de revivre les grandes traversées, les projets phares et les escales marquantes et de mettre le cap vers les nouveaux horizons à explorer.
La dernière session du jeudi 4 a notamment porté sur l’impact social et environnemental des technologies numériques, notamment celles issues de la recherche, venant compléter l’exposition sur la sobriété numérique actuellement accrochée dans les couloirs de l’institut.
Une soirée spéciale a été organisée à l’espace 70.8 « un musée pour l’océan », aux ateliers des Capucins, permettant aux participants une immersion conviviale et ainsi poursuivre les discussions tout au long du parcours muséographique. Les échanges étaient animés auprès de plusieurs capteurs d’observation présentés (satellites, flotteurs Argo, marégraphes,…) pour lesquels les océanographes présents étaient les représentants invités aux 10 ans ODATIS !
https://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2026/06/10ans_ODATIS_main.jpg4231210Sebastien Hervehttps://www-iuem.univ-brest.fr/wp-content/uploads/2018/06/iuem-logo-header.pngSebastien Herve2026-06-10 16:25:372026-08-31 12:07:58Odatis fête ses 10 ans à l’IUEM
Plusieurs doctorant.e.s de l’UMR LOPS étaient présents lors de la manifestation « Science en Theizh » aux Ateliers des Capucins à Brest ce samedi 25 avril 2026 afin de présenter la recherche brestoise en océanographie ! https://www.scienceentheizh.fr/
Avec au programme, exposition de posters vulgarisés, expo-photos et concours d’éloquence, 12 doctorant.e.s du LOPS ont assuré l’animation ce samedi 25 avril aux ateliers des Capucins afin de présenter leur thématique de recherche au public présent en grand nombre : salinité, phytoplancton, eutrophisation d’une baie au Sénégal, dynamique de l’océan Arctique, courant océanique Nord Atlantique (AMOC), flux biogéochimiques dans le canal du Mozambique, ….
De quoi découvrir et comprendre l’observation et l’étude des mouvements océaniques, leurs liens avec l’atmosphère, le plancher océanique et le littoral, et leur influence sur la vie dans les océans, sur le climat, … et de découvrir également les enseignements associés, via le Master « Sciences de la Mer et du Littoral » et l’Ecole Doctorale des Sciences de la Mer de l’IUEM (www-iuem.univ-brest.fr) à l’UBO
Mesurer la glace ? pas de quoi en faire des vagues
Actualité archiveLa fonte inéluctable des glaces de mer rend nécessaire d’en estimer l’épaisseur. C’est possible, il suffit pour cela de mesurer les vagues…
La couverture de glace au niveau des pôles a beaucoup diminué depuis 1979, année des premières observations satellitaires, le réchauffement direct de notre atmosphère et les différents phénomènes physiques associés (modification des courants, intensification des événements climatiques extrêmes…) en sont les principaux responsables. Ainsi dans les régions polaires, les interactions entre les vagues et la glace sont de plus en plus importantes. En Arctique, l’étendue des glaces ayant considérablement diminué, la surface d’océan en eau libre a augmenté permettant aux vagues de se déployer. En Antarctique, les vagues ont un effet stabilisateur, elles viennent compresser la glace et lui opposent ainsi une résistance à l’éloignement vers l’équateur et des eaux plus chaudes où elle fondrait.
Quand les vagues arrivent à hauteur d’un objet flottant, il les réfléchit et/ou les amortit, tout comme la quantité de mouvement qu’elles transportent. Cela produit une force horizontale sur l’objet (ici la glace de mer) qui peut amener son déplacement ou sa déformation. La compression entraîne l’épaississement des couches de glace flottantes sous forme d’empilements verticaux des morceaux de glace présents dans la zone de transition entre l’océan et la banquise (cf. fig. 1), c’est la Zone Marginale de Glace (ZMG). Les morceaux de glace, formant initialement une seule couche morcelée à la surface de la mer, peuvent se retrouver compressés jusqu’à se soulever pour s’empiler sur d’autres. C’est le mouvement incessant des vagues qui favorise ce soulèvement en modifiant constamment les espacements et hauteurs des glaces flottantes. A partir d’un certain point, la force exercée par les vagues devient insuffisante pour compresser d’avantage la glace qui arrête alors d’épaissir.
L’étude présentée ici s’appuie sur la capacité de calculer la variation du mouvement de la glace à la surface de l’océan lorsqu’elle est soumise aux contraintes qui s’opposent à sa déformation : les contraintes externes sur la glace (les vagues, le vent, les courants) et la contrainte interne à la glace. Prenons l’exemple d’une boule de neige : la contrainte externe lui est imposée par nos mains qui tassent la neige tandis que la résistance de la neige au tassement, constitue la contrainte interne. L’opposition de ces deux contraintes, permet d’obtenir une boule de neige compacte, de taille constante pour une quantité de neige donnée.
Fig. 1 : Agrégation et compactage des morceaux de glace par les vagues (provenant de la gauche) vers la banquise (à droite)
Lorsque la glace ne bouge plus, on dit que le système glace-océan-atmosphère est à l’équilibre. Les contraintes externes et internes s’égalisent (la boule de neige est constituée et ne se tasse plus). Connaître la valeur de l’une des deux contraintes, c’est connaître la valeur de l’autre, on peut donc estimer les contraintes internes par des mesures extérieures (via un satellite par ex.), or comme on sait relier mathématiquement les contraintes internes à l’épaisseur de la glace, on peut alors déterminer celle-ci à partir de mesures océanographiques !
Des expériences ont ainsi été réalisées dans le parc national du Bic, véritable laboratoire naturel au long de l’estuaire du fleuve Saint-Laurent (Canada). Durant l’hiver et malgré une couverture de glace presque totale, une partie du fleuve reste cependant libre de glace par l’apport en eaux plus chaudes, provenant de l’océan Atlantique. Lors d’épisodes venteux, des vagues s’y forment (ce serait impossible si toute la surface du fleuve était gelée) permettant ainsi l’étude d’une ZMG. Des mesures comparatives de courant, de vent et d’épaisseur de glace ont donc pu y être effectuées. Des bouées équipées de capteurs de mouvements et placées en différents points toujours plus éloignés du bord, ont permis d’effectuer des mesures de vagues (cf. fig. 2a) ; ce positionnement permet d’évaluer l’atténuation progressive des vagues par la glace. On observe ainsi (cf. fig. 2b) que l’énergie des vagues, mesurée pour chaque bouée, diminue à mesure qu’on s’éloigne de la zone d’eau à l’air libre, en suivant une loi de décroissance exponentielle.
En pratique, cette atténuation peut être ici associée à trois phénomènes : la réflexion des vagues sur la glace et vers le large, la dissipation de l’énergie des vagues par la turbulence (remous occasionnés par la rencontre entre les vagues et la glace) ou encore la friction entre morceaux de glace. Le premier phénomène reste négligeable car les morceaux de glaces sont de petites tailles vis-à-vis de la longueur des vagues (ce n’est pas toujours le cas). Le second n’a pas pu être mesuré durant les missions de terrain (mais compte tenu d’autres observations, il peut ne pas être négligeable). Ainsi, si l’atténuation examinée ici tient compte uniquement de la friction des glaces (troisième phénomène), il faut souligner que le résultat final est probablement sous-évalué, car l’effet de turbulence n’a pas été pris en considération.
Fig. 2a : Zone d’étude avec le parcours réalisé par les bouées lors d’une des séries de mesures. L’échelle de couleur indique le temps associé à la position de chaque bouée.
Fig. 2b : Atténuation de l’énergie E des vagues en fonction de la distance Xice au bord de glace. Plus la couleur est foncée, plus la bouée considérée se situe loin du bord.
Les mesures d’épaisseur ont été réalisées via des trous percés dans la glace, on y a introduit un bâton terminé d’un crochet afin de ne pas dépasser la surface inférieure du glaçon. Les mesures de vent et de courant ont montré que leur effet sur la glace reste négligeable comparé à celui des vagues. De ce fait, la mesure de l’atténuation des vagues permet directement d’estimer l’évolution de la contrainte externe des vagues sur la glace et celle de l’épaisseur de glace en fonction de la distance au bord de glace (cf. fig. 3). Cette épaisseur croît rapidement jusqu’à atteindre une valeur maximale constante, concomitante à la disparition totale des vagues. La modélisation de l’évolution d’épaisseur de la glace correspond bien aux mesures effectuées sur le terrain. La disparité des mesures individuelles est due à la forte variabilité de l’état de surface de la glace.
Fig. 3 : Evolution de l’épaisseur de glace ζ divisée par l’épaisseur de glace à l’équilibre ζeq en fonction de la distance au bord de glace χ. La ligne noire désigne le modèle mathématique, les ronds les mesures par bouée, les croix les mesures directes de l’épaisseur, les carrés et le losange jaunes les moyennes des croix.
Ces résultats sont encourageants pour la communauté scientifique. En effet contrairement aux mesures des vagues observées toujours plus précisément via les données satellitaires, les estimations d’épaisseur de glace restent très difficiles à réaliser dans des conditions identiques. Grâce à cette découverte, l’estimation par satellite de l’épaisseur des glaces à partir des mesures de vagues devient envisageable (au moins dans des conditions similaires à celles présentées dans cette étude).
Médiation scientifique:
Assurée par Luc Barast, doctorant de l‘École Doctorale des Sciences de la Mer et du Littoral (EDSML – Université Bretagne – Loire), en 1ère année de thèse dans l’équipe SIAM au sein du Laboratoire d’Océanographie Physique et Spatiale (LOPS) à l’Ifremer.
L’article
Marginal ice zone thickness and extent due to wave radiation stress.
https://doi.org/10.1175/JPO-D-17-0167.1
Les auteurs
Ce travail résulte d’une collaboration entre Peter Sutherland, (Ifremer, Univ. Brest, CNRS, IRD, Laboratoire d’Océanographie Physique et Spatiale, IUEM, Brest, France) et Dany Dumont (Institut des Sciences de la Mer de Rimouski, Université du Québec à Rimouski, Rimouski, Quebec, Canada) autour du projet BicWin, à propos de l’étude des phénomènes physiques et océanographiques des ZMG à partir du laboratoire naturel que constitue le parc du Bic.
La revue
« Journal of Physical Oceanography » est une revue publiée par l’American Meteorological Society. Elle traite de la physique des océans et des processus ayant lieux à leurs frontières. Les articles qui y sont publiés sont tout aussi bien basés sur de la théorie, des mesures de terrain ou par satellite, ou encore sur des résultats numériques.
Pour en savoir plus
https://www.quebecscience.qc.ca/sciences/les-10-decouvertes-de-2018/mesurer-force-vagues-canot-a-glace/
Contacts
Auteurs : consulter l’annuaire de l’IUEM
Bibliothèque La Pérouse : Suivi éditorial, rédaction, corrections et mise en page : Fanny Barbier
Service Communication et médiation scientifique : communication.iuem@univ-brest.fr
Séminaire Océan et Sociétés #16
actualitésJeudi 24 septembre 2026 – 13h>14h30 – En ligne et en amphi D à l’IUEM – Entrée libre
Notre invitée sera Claire Flécher – maîtresse de conférences en sociologie à l’université Lumière – Lyon 2 et chercheure au Centre Max Weber, elle présentera ses travaux portant sur :
Résumé : Le transport maritime occupe une place centrale dans les économies mondialisées : plus de 90% du volume de marchandises produites au monde transitent par les mers, à bord de rouliers, pétroliers ou porte-conteneurs appartenant pour la plupart à des armateurs occidentaux. Pour autant, le travail effectué à bord de ces navires reste largement méconnu, de même que la manière dont se composent les équipages, ou dont ceux-ci organisent leur vie professionnelle et domestique. La présentation rappellera d’abord dans quelle mesure l’exploitation des navires préfigure des formes avancées de mondialisation du travail, pour revenir ensuite sur le contenu de l’activité réalisée à bord, et sur la manière dont fonctionnent ces équipages composés de marins de nationalités diverses. On s’intéressera enfin aux trajectoires des marins, et à la manière dont il tenter d’articuler les différents sphères de la vie sociale.
Discutante : Christèle Dondeyne, UMR AMURE/UBO
Biographie de Claire Flécher : Depuis 2020, Claire Flécher est maîtresse de conférences en sociologie à l’université Lumière – Lyon 2 et chercheure au Centre Max Weber. Elle enseigne au sein de l’Institut d’Études du Travail de Lyon (https://ietl.univ-lyon2.fr/) auprès des étudiant·es du Master LuCIDITE (Lutte Contre les Inégalités et Discriminations dans le Travail et l’Emploi), du M1 Droit Social et de la Licence Professionnelle “Collaborateur.trice en droit social et prévention des risques professionnels”.
Ses recherches portent sur les mutations du travail et de l’emploi, en particulier lorsque ceux-ci impliquent des formes de mises au travail internationalisées (détachement, marins de commerce, travailleurs migrants, etc.). L’ambition est de mieux comprendre ce que ces circulations produisent sur le travail et les travailleurs, et dans quelle mesure elles produisent des trajectoires et des carrières spécifiques. Il s’agit ainsi de tenir ensemble l’analyse des organisations du travail, de l’activité réalisée en leur sein, et des institutions qui les régulent, afin de mieux comprendre comment celles-ci génèrent segmentations et fragmentations dans les lieux de travail.
Mots clés : Sociologie du travail et de l’activité ; Marché du travail et intermédiaires du recrutement ; Syndicalisme ; Rapports sociaux de classe et de race ; inégalités ; Métiers maritimes
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Appel à candidatures : stage de troisième
actualité-a-la-une, actualitésDu 30 novembre au 4 décembre 2026, l’IUEM accueillera 10 stagiaires de troisième.
Vous pouvez candidater jusqu’au 15 octobre 2026 en envoyant une lettre de motivation (format pdf) détaillant les points suivants :
Merci d’envoyer votre candidature à cette adresse.
Le master DEAM fête ses 50 ans !
actualité-SML, actualités, EvenementLe 2 octobre 2026, la mention « Droit des espaces et des activités maritimes » (DEAM) du master Sciences de la mer et du littoral (SML) célèbre son cinquantième anniversaire. À cette occasion, l’équipe pédagogique du Master organise un colloque intitulé : « Master DEAM : 50 ans de science juridique au service de la mer et du littoral ».
Cette journée anniversaire constituera un temps fort de rencontres, d’échanges et de réflexions autour des grands enjeux de la formation en droit des espaces maritimes, des activités maritimes et du littoral. Elle réunira les étudiants actuellement inscrits dans le Master, les alumni de la formation, les enseignants, ainsi que les partenaires institutionnels et professionnels qui accompagnent la formation depuis sa création, témoignant de la diversité des acteurs du monde maritime et littoral.
Le programme s’articulera autour de plusieurs temps forts mêlant conférences plénières, tables rondes et ateliers thématiques organisés en parallèle. Ces différents formats permettront de revenir sur cinquante années d’évolution de la formation, d’aborder les défis juridiques contemporains et futurs du secteur maritime et de favoriser les échanges entre les différentes générations d’étudiants, de diplômés et de professionnels.
La journée s’achèvera par une soirée conviviale organisée par l’Association du Master, offrant à l’ensemble des participants l’occasion de célébrer, joyeusement, ce cinquantième anniversaire de la formation.
Nouveau dispositif d’accueil des stagiaires de seconde à l’IUEM
actualitésEn juin 2026, l’IUEM a accueilli 10 stagiaires de secondes venu·e·s de toute la France, dans le cadre d’un nouveau dispositif de découverte des métiers de la recherche qui était porté par notre collègue Anne Royer.
Lors de leurs stage, ils et elles ont rencontrés des personnels de l’UAR, du LETG, d’AMURE, du LEMAR et de GO qui travaillaient dans des domaines très différents : acoustique sous-marine, biologie marine, géologie, palinologie, plateformes de mesure (PSO, PACHIDERM), observation côtière, participative et au sud, jeu sérieux sur les risques côtiers, développement instrumental, communication, métiers administratifs…
Dans leur parcours de découverte, ils ont participé à une séquence pédagogique sur le bassin versant de la Mignonne. L’objectif était de comprendre pourquoi aucune variation saisonnière des concentrations en nitrate n’est observée sur cette rivière. Après avoir réfléchi sur les hypothèses liés à cette problématique, les stagiaires ont réalisé des prélèvements et mesures sur une vingtaine de station du bassin versant de la Mignonne. Ils ont ensuite analysé des échantillons avec un spectrophotomètre et travaillé à l’interprétation des résultats en fonction de natures du sol, des exploitations agricoles… et synthétisé leur travail sur un poster.
Enseignement des langues dans le master SML : vers l’anglais et au delà !
actualité-SML, actualitésLe Master Sciences de la Mer et du Littoral (SML) intègre des enseignements d’anglais dans son parcours. Dans les mentions Sciences Biologiques Marines (SBM) et Chimie de l’Environnement Marin (CEM), les équipes pédagogiques ont fait le choix d’orienter une partie de ces cours vers la vulgarisation scientifique en anglais, centrée sur des thématiques liées à l’océan.
En Sciences Biologiques Marines (SBM), ce projet se déroule sur les deux semestres de la première année de master (S7 et S8). Au S7, les étudiants travaillent en groupes sur un article scientifique en biologie marine, en collaboration avec les étudiants du master IMBRSea, puis réalisent un poster scientifique en fin de semestre. Au S8, ils ont pour objectif de vulgariser cet article à destination du grand public, sous la forme d’une capsule vidéo de trois minutes en anglais.
En Chimie Marine, ce projet s’étale sur deux semestres (S8 et S9). Au S8, les étudiants s’approprient différents articles scientifiques intégrés à une thématique définie par l’équipe pédagogique (par exemple, « The Silicon Cycle » en 2024). Ils en réalisent une présentation orale en fin de semestre. Au S9, l’objectif est de vulgariser cet article à destination de lycéens, sous forme de capsules vidéo de 3 minutes.
Depuis 2023, ce projet en Chimie Marine s’inscrit dans un partenariat avec les lycéens de 1ère de la section Européenne Anglais-SVT du lycée La Pérouse-Kérichen de Brest, encadrés par leur enseignante, Brigitte Marco. Les échanges entre étudiants et lycéens (une vingtaine pour chaque promotion) permettent d’ajuster le niveau de vulgarisation et de situer la thématique dans un contexte global. Dans un second temps, les lycéens exploitent les ressources produites par les étudiants et les enrichissent avec leurs propres projets expérimentaux (par exemple, l’observation d’organismes silicifiants en 2024) pour créer un outil pédagogique interactif (voir le Genially ci-dessous).
Ces formats innovants offrent également l’opportunité d’aborder avec les étudiants des enjeux de Développement Durable et de Responsabilité Sociétale. Par exemple, la thématique « Macroalgae » (2025) a permis d’intégrer des problématiques actuelles comme les marées d’algues proliférantes (algues vertes en Bretagne, Sargasses dans les Caraïbes). La promotion 2026 travaillera sur les techniques de Marine Geoengineering et leurs conséquences potentielles.
L’exploitation intensive du nickel a transformé la biodiversité microbienne du lagon de Thio en Nouvelle-Calédonie
actualité-a-la-une, actualitésPlusieurs collègues de Geo-Ocean, dont Axel Erhold, Pascal Leroy et Arthur Monjot ont participé à une étude dirigée par Mathisse Meyneng et Raffaele Siano du Laboratoire DYNECO de l’Ifremer et publiée le 16 Juin dernier dans la prestigieuse revue Nature. Celle ci porte sur la « dégradation des écosystèmes littoraux due à des décennies d’exploitation minière non régulée.
l’étude menée par des scientifiques de l’Ifremer, de l’IRD, des universités de Bretagne occidentale (UBO) et de Bordeaux, du CNRS et de l’Université de Tartu (Estonie) révèle l’impact de l’exploitation minière du nickel sur les écosystèmes côtiers de Nouvelle-Calédonie. Publiés dans la revue Communications Earth & Environment, ces travaux montrent qu’à partir des années 1950, la mécanisation de l’exploitation des mines a entraîné une forte augmentation des apports de sédiments dans le lagon de Thio et un bouleversement des communautés microbiennes, qui perdure aujourd’hui. Si les mesures environnementales mises en place depuis les années 1975 ont permis de réduire les apports de sédiments directement liés à l’extraction du minerai de nickel dans ce lagon, l’importante érosion des sols à l’échelle du bassin versant continue d’impacter aujourd’hui l’écosystème du lagon de Thio.
Fig. 1: Empreinte environnementale et historique de l’industrie minière enregistrée dans les sédiments du lagon de Thio.
Référence
Meyneng, M., Lemonnier, H., Ansquer, D. et al. Coastal ecosystem degradation driven by decades of unregulated terrestrial mining. Commun Earth Environ 7, 494 (2026). https://doi.org/10.1038/s43247-026-03677-8
Première observation en direct de la formation de la croute océanique
actualité-a-la-une, actualitésNotre collègue Jean-Yves Royer, directeur de recherche CNRS émérite au laboratoire Geo-Ocean, est le premier auteur d’une étude publiée le 8 juillet 2026 dans la prestigieuse revue Nature.
En avril-mai 2024, après la campagne de déploiement OHA-Geodams (pour Observatory with Hydro-Acoustics and Geodesy Near Amsterdam Island), une équipe française associant Geo-Ocean, l’ENS, le LIENSs et l’IPGP) a capturé un événement rare : l’expansion brutale d’une dorsale médio-océanique dans l’océan Indien, près de l’île Amsterdam. Ce processus jusqu’alors théorique, façonne les fonds marins depuis des millions d’années, mais son observation en temps réel est une première !
Les dorsales médio-océaniques sont des chaînes de montagnes sous-marines où deux plaques tectoniques s’écartent, laissant remonter le magma du manteau terrestre. Ce magma, en refroidissant, forme une nouvelle croûte océanique. Grâce à un réseau d’instruments autonomes — balises acoustiques, hydrophones et capteurs de pression — déployés seulement deux mois avant l’événement, les chercheurs ont pu mesurer en détail les mouvements du sol, les séismes et les coulées de lave.
En l’espace de 16 jours, le fond marin s’est étiré horizontalement de 2 à 4 mètres tout en s’affaissant de 4,2 mètres par endroits. Cause de ce bouleversement : un réservoir de magma de 2,5 kilomètres de large, situé plusieurs kilomètres sous la surface, s’est vidangé brutalement. Le magma a fissuré la croûte, déclenchant des séismes et libérant 160 millions de mètres cubes de lave — l’équivalent de 60 000 piscines olympiques. Ces coulées ont recouvert le plancher océanique, formant même un mont sous-marin de 40 mètres de haut à seulement 600 mètres d’un des instruments.
La découverte la plus surprenante ? La majorité des mouvements des failles s’est produite sans tremblement de terre détectable. Une avancée majeure, car elle explique pourquoi les estimations précédentes, basées uniquement sur l’activité sismique, sous-estimaient l’ampleur réelle des déplacements. Ces résultats nous permettent pour la première fois de quantifier les déplacements à l’origine de la formation de la croûte océanique.
Au-delà de la géophysique, cette observation ouvre de nouvelles pistes pour étudier les sources hydrothermales — ces cheminées sous-marines où la vie prospère dans des conditions extrêmes, loin de la lumière du soleil. Une fenêtre unique sur les mécanismes qui façonnent notre planète… et peut-être sur les origines de la vie elle-même.
3ème édition du DU « Mer et Medias »
actualitésQuatre écoles d’été « Mer et Journalisme »
Au vingt et unième siècle, les sociétés humaines réalisent que les piliers qui ont assuré leur développement au cours des siècles précédents sont mis en question. De nombreux paradigmes ont changé. Nos activités ont dérégulé l’équilibre climatique et gravement affecté la biodiversité à l’échelle planétaire, et plus particulièrement celle des mers et océans qui occupent plus de 70% de la surface de la Terre. Désormais, pour anticiper l’avenir dans une perspective de développement durable, il nous faut comprendre le fonctionnement de l’océan et ses interactions avec les autres enveloppes fluides et solides de la planète Terre. Promouvoir la mise en œuvre d’un tel développement est l’un des enjeux de la décennie de l’océan (2021-2030) de l’Organisation des Nations Unies (ONU), réaffirmé lors du One Ocean Summit qui s’est tenu à Brest en février 2022. Mieux comprendre l’océan et ses interactions avec le climat et les sociétés humaines, est devenu un enjeu essentiel pour les médias, à même de faire émerger ou de relayer des débats et idées structurantes. En 2019, nous avons mis l’accent sur les « points chauds » de l’océanographie (s’agissant des impacts du changement climatique, de l’économie, du droit, et des technologies marines). En 2020, le focus a porté sur les perturbations humaines de l’océan et les perspectives de développement durable. En 2021, les systèmes extrêmes (polaires, anoxiques), les situations de crises (mer et migrations humaines), et le fonctionnement du système Terre/Océan étaient nos priorités. En 2022, l’école d’été embrassait les interactions océan – climat, avec des intervenants éminents comme Jean Jouzel, Christophe Cassou, Valérie Masson-Delmote, Frank Lecocq, Anne-Marie Tréguier…
De 2019 à 2022, s’inscriront aux quatre écoles d’été 86 journalistes de différents médias (presse écrite, radio, télévision) ou des indépendants (free-lance), non seulement de France mais aussi de Belgique, d’Afrique, et même du Québec avec Radio Canada, et ceci grâce à une collaboration avec l’Institut France – Québec de la Mer (IFQM).
Une formation continue en « Mer et Médias »
Reprenant une suggestion, à la direction de l’IUEM, du groupe SEPA (Ouest-France), de concert avec nos partenaires (Ecole Supérieure de Journalisme de Lille ESJL, Club de la Presse en Bretagne CPB, dans le cadre de la formation continue de l’UBO (SUFCA) nous avons ouvert en 2024 un diplôme d’université (DU) intitulé « Mer et Médias ». Présentement, ont bénéficié de cette formation diplômante trois promotions de journalistes et de communicants (26 personnes au total) provenant de différents médias (Ouest-France, Agence France-Presse, Radio France, ICI Breiz Izel…) ou journalistes indépendants (contributeurs de médias nationaux ou spécialisés comme Le Figaro, Médiapart, TV5 Monde, Océans connectés…) et employés d’entreprises ou d’agences de recherche (Véolia, Coopérative maritime, CNRS …), parfois en reconversion.
Odatis fête ses 10 ans à l’IUEM
actualitésDu 2 au 4 juin 2026, l’IUEM a accueilli l’assemblée générale d’ODATIS. Cette année, l’événement était spécial car il célébrait les 10 ans de ce pôle Océan de données et services de l’infrastructure de recherche Data Terra ! En une décennie, ODATIS s’est hissé comme un acteur clé pour la diffusion, la valorisation et le partage et la gestion des données d’observation de l’océan, fédérant une large communauté issue de grands programmes nationaux et internationaux.
Étaient présents les partenaires institutionnels (CNRS, CNES, Ifremer, IRD, Shom, Universités Marines, Cerema), les membres de la communauté scientifique et opérationnelle, les gestionnaires de données, les acteurs publics, les partenaires privés. Au total, 158 personnes étaient réunies pour trois journées d’ateliers de travail, de sessions plénières et d’échanges qui ont porté sur les questions institutionnelles et scientifiques, entre rétrospectives et perspectives. Elles ont permis de revivre les grandes traversées, les projets phares et les escales marquantes et de mettre le cap vers les nouveaux horizons à explorer.
La dernière session du jeudi 4 a notamment porté sur l’impact social et environnemental des technologies numériques, notamment celles issues de la recherche, venant compléter l’exposition sur la sobriété numérique actuellement accrochée dans les couloirs de l’institut.
Une soirée spéciale a été organisée à l’espace 70.8 « un musée pour l’océan », aux ateliers des Capucins, permettant aux participants une immersion conviviale et ainsi poursuivre les discussions tout au long du parcours muséographique. Les échanges étaient animés auprès de plusieurs capteurs d’observation présentés (satellites, flotteurs Argo, marégraphes,…) pour lesquels les océanographes présents étaient les représentants invités aux 10 ans ODATIS !
Le LOPS à Science en Theizh 2026 !
actualitésPlusieurs doctorant.e.s de l’UMR LOPS étaient présents lors de la manifestation « Science en Theizh » aux Ateliers des Capucins à Brest ce samedi 25 avril 2026 afin de présenter la recherche brestoise en océanographie ! https://www.scienceentheizh.fr/
Avec au programme, exposition de posters vulgarisés, expo-photos et concours d’éloquence, 12 doctorant.e.s du LOPS ont assuré l’animation ce samedi 25 avril aux ateliers des Capucins afin de présenter leur thématique de recherche au public présent en grand nombre : salinité, phytoplancton, eutrophisation d’une baie au Sénégal, dynamique de l’océan Arctique, courant océanique Nord Atlantique (AMOC), flux biogéochimiques dans le canal du Mozambique, ….
De quoi découvrir et comprendre l’observation et l’étude des mouvements océaniques, leurs liens avec l’atmosphère, le plancher océanique et le littoral, et leur influence sur la vie dans les océans, sur le climat, … et de découvrir également les enseignements associés, via le Master « Sciences de la Mer et du Littoral » et l’Ecole Doctorale des Sciences de la Mer de l’IUEM (www-iuem.univ-brest.fr) à l’UBO