Retour sur les unités d’enseignements transversales

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Les unités d’enseignements (UE) transversales ont eu lieu cette année du mois de septembre à novembre. Les semaines passées ont fleuri aux quatre coins de l’Institut des affiches comme « La belle pêche », « OSS 118 Occupy Sea Space », ou « Maman j’ai raté la transition écologique » et bien d’autres encore. Ce n’était pas une journée d’intégration pour les étudiants mais la conclusion de 7 semaines de réflexion et de recherche sur l’interdisciplinarité du Master Sciences de la Mer et du Littoral.

Ces unités d’enseignements transversales ont lieu sur les deux années de Master. Lors de la première année, l’UE se nomme « Enjeux et Problématique ». Cet enseignement a pour objectif pédagogique de développer la coopération entre les pairs (étudiants à étudiants) tant par la transmission de leurs savoirs que par la découverte d’approches méthodologiques différentes de celles de leur spécialisation, en pluridisciplinarité.

Changement de formule cette année

Cette année, une nouvelle formule a débuté avec un fonctionnement par ateliers disciplinaires. Répartis dans des groupes de 12 à 20 étudiants de 5 spécialités du Master, les étudiants ont travaillé sur des problématiques centrées autour des risques côtiers (identification, gestion, prévention des risques liés aux changements climatiques), chacun apportant son regard méthodologique sur cette problématique commune. L’étudiant devait assister à quatre ateliers (dont trois extérieurs à sa discipline de formation), dans lesquels les enseignants donnaient la vision de leur champ d’expertise sur le sujet et la plus-value que pouvait apporter une collaboration interdisciplinaire dans leur contexte professionnel.

Cette transformation de l’UE a été une réussite autant pour les étudiants qui ont adhéré à cette formation, que pour les intervenants qui ont enrichi les échanges autour de ces sujets. Cet enseignement sera reconduit pour les années suivantes avec l’intégration potentielle de l’ensemble des mentions du Master SML.

Pour leur deuxième année de Master, l’UE se nomme « Sciences et Société ». De nombreux objectifs pédagogiques sont associés à cet enseignement : l’exploration de controverses socio-scientifiques, la problématisation d’un sujet, l’interdisciplinarité mais aussi des objectifs de pédagogie par projet.

Pour ce faire, les étudiants sont répartis en groupes de travail (toutes les disciplines des SML sont identifiées dans les groupes) suivants les sujets présentés par les doctorants. Deux mois d’exploration du sujet en équipes interdisciplinaires autonomes encadrée par le doctorant s’en suivent.

Cette année 6 équipes ont été constituées du côté de l’IUEM et 2 pour le parcours STPE-IGRECL (Vannes). Pour conclure, cette réflexion et ces deux mois d’interdisciplinarité, un après-midi de restitution sous forme d’ateliers d’1h30 a été organisé le 19 novembre dernier. Cette restitution organisée à destination des étudiants de M1 mais aussi des membres du jury (enseignants, chercheurs, scientifiques, responsables de communication, guides scientifiques…) était ouverte à tous les curieux de la pluridisciplinarité. Pour le plaisir des yeux, de nombreux décors ont été réalisés cette année afin d’illustrer leur travail de recherches, en voici quelques images.

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Riwalenn Ruault

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Riwalenn Ruault

Martial Caroff, Maître de conférences en pétrologie magmatique au LGO

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

J’ai fait ma thèse à Brest à l’UFR Sciences et l’ai soutenue en 1991. J’ai travaillé sur deux îles de Polynésie française, Mururoa et Eiao, en collaboration avec le CEA de Bruyères-le-Châtel. J’ai étudié des carottes de forage réalisées dans le substratum volcanique des deux îles en question. Il s’agissait de forage de petit diamètre, pouvant atteindre une profondeur de 1 000-1 200 mètres. Mon directeur de thèse était René Maury. Je ne suis allé qu’une fois en Polynésie à la fin de ma thèse ; en effet, l’examen et l’échantillonnage des carottes se faisaient en région parisienne, à Montlhéry, dans un hangar de stockage. J’ai continué ensuite à travailler sur la Polynésie durant une bonne dizaine d’années, en faisant cette fois plusieurs missions sur place. J’ai en particulier collaboré avec le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), dans le cadre d’une campagne de cartographie sur plusieurs îles, dont Huahine et Tahiti (Archipel de la Société), avec direction de thèse pour cette dernière. Dans la continuité de mon doctorat, j’ai été recruté sur un poste de maître de conférences au laboratoire de géologie de Brest.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

Etant donné que le laboratoire a intégré l’IUEM en 1997, j’ai moi aussi rejoint l’Institut cette année-là, de manière naturelle.

Que fais-tu à l’IUEM ?

En ce qui concerne la recherche, après la Polynésie française, je me suis tourné vers les dorsales. J’ai fait beaucoup de modélisation géomathématique de chambres magmatiques et ai dirigé une thèse sur ce sujet. Il s’agissait de comprendre ce qui se passe dans les réservoirs crustaux. C’était de la recherche fondamentale à partir de données pétrologiques et géochimiques. J’y ai consacré une dizaine d’années. Je me suis associé avec un mathématicien pour approfondir ce sujet. Ensuite, j’ai travaillé, avec une étudiante de Master et en collaboration avec le BRGM, sur les roches volcaniques de Mayotte, à la suite de sa départementalisation en 2011. Mon principal thème d’étude est le magma mais je ne travaille pas sur une technique d’analyse particulière. J’ai actuellement une activité importante sur le Massif armoricain. Je collabore en particulier avec le Parc naturel régional d’Armorique (PNRA), qui porte, avec la réserve géologique de Crozon, un projet de Géoparc UNESCO. Il s’agit d’une structure permettant de communiquer sur la géologie à un niveau international. Il existe actuellement 7 Géoparcs en France, tous situés dans le sud. Je suis le correspondant scientifique dans le cadre de la mise en place de cette structure, qui devrait voir le jour d’ici un an ou deux.

Côté enseignement, j’enseigne de la Licence à l’UFR Sciences au Master SML mention géologie à l’IUEM.

Je fais aussi de la formation continue avec Ifremer pour les ingénieurs non géologues.

Je suis également directeur adjoint du Département des Sciences de la Terre et président de jury de L2 de géologie.

J’ai commencé à publier à titre personnel des romans et des nouvelles dans les années 2000, complètement en dehors de mon activité professionnelle. Cependant, peu à peu, mon travail d’écriture et ma fonction d’universitaire ont convergé dans le cadre de la vulgarisation scientifique. C’est mon éditeur principal (Gulf Stream Éditeur) qui le premier m’a conduit sur cette voie en me proposant l’écriture d’ouvrages documentaires pour la jeunesse (3 albums illustrés publiés à ce jour). J’ai ensuite été contacté par la maison d’Édition QUÆ, avec qui j’ai réalisé deux ouvrages de géologie grand public pour les adultes (Où le monde minéral choisit-il ses couleurs ? et Terres singulières). Je suis enfin co-auteur, avec mon collègue Bernard Le Gall, de 2 guides géologiques, l’un sur le Léon et l’autre sur les baies de Saint-Brieuc et du Mont-Saint-Michel.

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

Sur Tahiti, nous travaillions, un thésard et moi, sur la partie centrale de l’île et nous y allions en 4 x 4 tous les matins, soit environ 2h de trajet. Il y avait toujours un gros nuage qui nous attendait sur zone. Nous n’avions pas pris garde que les pneus étaient complètement lisses. Un soir, sur le retour, nous avons crevé et avons eu un mal fou à changer la roue. Nous avons donc dû franchir un gué où l’eau arrivait au niveau du capot alors qu’il faisait déjà nuit. Quand nous sommes allés voir le loueur le lendemain matin, un rien furieux, il nous a immédiatement échangé le véhicule contre un 4 x 4 flambant neuf.

Dans l’île de Huahine, lorsque nous faisions de la carte géologique, René Maury et moi-même, nous sommes tombés sur 3 personnes armées de machettes et aux visages peu avenants. Après de périlleuses négociations, nous avons dû leur laisser notre récolte d’échantillons du jour – pourtant dépourvus d’or ou autres métaux précieux – et sommes rentrés les sacs vides, mais avec tous nos membres.

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

L’acceptation de certains articles, surtout les plus personnels. Après avoir bossé pendant des mois sur un sujet, l’aboutissement d’un travail dans lequel on s’est beaucoup impliqué est toujours une grande satisfaction.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

Tout ce qui tourne autour des livres (lecture, écriture et rédaction). Je suis aussi bibliophile.

As-tu une devise ?

Pas vraiment de devise, mais j’aime beaucoup ce vers du poète Jodelle :

« Jamais l’opinion ne sera mon collier ».

 

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SGMB

Marie Thoraval

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Martial Caroff

MYCTOPHIDAE, voyage en eau profonde | Exposition Festival Ressac

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Les océans ? Une immensité, une richesse et une des clés du fonctionnement de la vie sur notre planète. Et pourtant les mystères sont encore nombreux. Dans ce monde partiellement connu, les poissons lanternes ou myctophidae, sont très abondants de l’équateur jusqu’aux zones les plus froides, de la surface jusqu’à plusieurs centaines de mètres de profondeur.

Qui sont-ils, à quoi ressemblent-ils, que font-ils là ? Comment dévoiler l’énigme de ce milieu impossible à observer de nos yeux ?

Menés par Gildas Roudaut, des scientifiques (IRD, CNRS, MNHN, CPS) ont mené un dialogue avec une classe de terminale STD2A du Lycée Vauban de Brest.

De ces échanges, sont nés une exposition, MYCTOPHIDAE, mise en forme à l’IUEM, et une revue, La Lanterne, créées avec le soutien de l’UBO et de l’IRD dans le cadre du Festival Ressac.

L’exposition est à visiter à la Bibliothèque Universitaire du Bouguen (10, av. Victor le Gorgeu, Brest), du 18 Novembre 2019 au 6 Janvier 2020.

Elle est également consultable au format PDF (basse résolution), sur cette page.

La revue La Lanterne est, quant-à-elle, disponible au téléchargement, ici-même.

Crédits

Rédaction et relecture : Gildas Roudaut, Jérémie Habasque, Anne Lebourges-Dhaussy, Cindy Dupoux, Élodie Vourey, Anna Conchon, Cédric Cotté, Antoine Choplin, Yves Cherel, Sébastien Hervé
Graphisme et mise en page : Sébastien Hervé assisté de Fred Grunchec et Pauline Ferrec
Remerciements : La Mission culture scientifique et technologique de l’IRD, Christine Paillard et Emmanuelle Dilasser

Marion Jaud, Ingénieur de recherche CNRS en télédétection au Pôle image et instrumentation (P2I)

Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

Quand j’étais élève-ingénieur en 3ème année à l’ENSTA-Bretagne, j’ai pu m’inscrire en parallèle en Master 2 en géophysique marine à l’IUEM. J’ai ensuite poursuivi sur une thèse en géosciences marines à l’Institut concernant les méthodes de télédétection à haute résolution pour le suivi des transferts sédimentaires à l’interface Terre-Mer. Après mon doctorat, j’ai travaillé 3 ans à l’Institut de Recherche scientifique et technique pour l’environnement et l’agriculture (IRSTEA) à Clermont-Ferrand. Je travaillais sur des méthodes de cartographie radar pour le suivi de parcelles agricoles ou de berges de rivières. Je suis revenue à l’IUEM en 2015 en CDD et ai obtenu un concours d’ingénieur de recherche CNRS en 2018, qui m’a permis d’intégrer le P2I de l’unité mixte de services (UMS).

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

Etant donné mon parcours, j’ai tissé beaucoup de liens avec l’IUEM, que ce soit avec le lieu ou avec toutes les personnes que j’ai pu rencontrer. Je trouve extrêmement stimulant et enrichissant de travailler dans un environnement pluridisciplinaire.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Actuellement, je suis responsable du P2I, plateforme de l’IUEM pour favoriser la mutualisation d’équipements et de services, plutôt destinés au domaine littoral et côtier (plateformes drones, GPS, sondeur multi-faisceaux, capteurs de pression, sondes multi-paramètre…). Dans ce cadre-là, j’aiguille les personnes faisant appel au P2I et, selon leurs besoins, je les forme à l’utilisation des instruments ou au traitement des données ou les oriente vers la personne adéquate.

Je travaille plus particulièrement sur les méthodes d’imagerie, que ce soit l’imagerie satellite, drone ou terrestre.

Ma spécialité est la stéréo-photogrammétrie qui consiste à reconstruire des modèles topographiques en 3D à partir de photographies. J’essaie de faire évoluer les protocoles d’acquisition ou les méthodes de traitement pour améliorer la qualité des résultats ou faciliter le travail sur le terrain. Cela est utile, entre autres, pour les acquisitions récurrentes dans le cadre du Service National d’Observation DYNALIT pour l’étude du trait de côte.

J’interviens également pour les enseignements, notamment en Systèmes d’informations géographiques (SIG), dans le cadre du Master Géosciences Océans et du Mastère spécialisé Energies Marines Renouvelables basé à l’ENSTA-Bretagne ou lors de formations au Centre de Météorologie Spatiale à Lannion.

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

Je pense que, comme pour beaucoup de collègues, les anecdotes sont souvent associées à des missions sur le terrain. Une de mes belles anecdotes remonte à une mission en Guyane l’année dernière avec des collègues du LEMAR et du LGO.

Après une journée de terrain un peu calamiteuse, on arpentait la plage à la recherche d’échantillons qui étaient tombés à l’eau et, par hasard, en soulevant un filet échoué, nous avons découvert un nid de tortues luth et avons donc passé la soirée à assister à l’éclosion et à les voir regagner la mer à la lumière de la Lune. C’était un moment particulièrement émouvant.

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

Lors d’une mission à La Réunion, pour reconstituer un modèle 3D d’un glissement de terrain le long d’une paroi verticale de 1000 m de haut au fin fond de l’île, je me suis retrouvée à prendre des photos depuis la porte d’un hélicoptère. On avait travaillé sur le plan de vol et la méthode de prise de vue jusqu’à 2h du matin la veille et j’avais un peu la pression. Mais une fois l’acquisition terminée, j’ai relevé la tête de mon appareil photo et j’ai vu le paysage fabuleux autour de l’hélicoptère. En plus, le pilote nous a ramené à la base « en mode sportif » à travers le Bras des Roches Noires, c’était incroyable !

Quels sont tes centres d’intérêt ?

J’adore partir en rando sur plusieurs jours avec mon sac à dos ! Et quand la météo devient hivernale, je consacre mon temps libre à la peinture, la lecture et le cinéma…

As-tu une devise ?

Une citation d’Oscar Wilde : « Il faut toujours viser la Lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles ! »

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Françoise Collin

Anne Duperret / Université Le Havre Normandie

Véronique Cuq / UBO

Philippe Grandjean / UCBL

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Marion Jaud / CNRS

Pascale Lherminier, chercheure en océanographie physique au LOPS

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

J’ai commencé à faire de la mécanique des fluides à l’Ecole Supérieure de Physique et Chimie Industrielle de Paris dans le cadre de mon cursus d’ingénieur, suivi d’un DEA en océanographie. Dans la foulée, j’ai effectué ma thèse à l’Université Pierre et Marie Curie de 1994 à 1998 sur la convection profonde en mer du Groenland avec Jean Claude Gascard. C’est suite à cette expérience que je suis partie trois ans à Monterey en Californie pour un contrat post doctoral au sein du département d’Océanographie de la Naval postgraduate School. Alors que ma thèse était focalisée sur l’étude de données, mon contrat post-doc quant à lui s’appuyait sur des modèles qui m’ont permis d’expliquer la réponse des flotteurs isobares à la convection profonde. C’est plus tard, en 2001, que j’ai été embauchée à l’Ifremer en tant qu’océanographe physicienne et expérimentaliste.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

J’ai choisi d’intégrer le laboratoire d’océanographie physique et spatiale (LOPS) parce qu’il disposait d’une équipe technique ainsi que de moyens à la mer vraiment exceptionnels, avec des programmes qui m’intéressaient beaucoup. Je souhaitais également exercer mon activité hors de Paris. Ainsi, l’idée de travailler à Brest m’a beaucoup plu.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Dès mon arrivée j’ai travaillé avec Herlé Mercier sur le projet OVIDE qui dure depuis 2002 et qui porte sur la variabilité décennale de la circulation océanique en Atlantique Nord en s’appuyant sur des observations. D’ailleurs, tous les deux ans, nous partons en mer pour faire des mesures le long d’une section Portugal – Groenland. Notre partenariat avec d’autres laboratoires au sein de l’IUEM, notamment les équipes du LEMAR nous a permis de mener la mission GEOVIDE qui a combiné les objectifs d’OVIDE et ceux de GEOTRACES. Nous avons à cet effet collaboré avec Géraldine Sarthou sur ce projet en tant que co-chefs de cette mission.

Au quotidien, j’alterne entre les publications de GEOVIDE 2014, l’interprétation des données d’OVIDE 2016 et le traitement des données d’OVIDE 2018. A cela s’ajoutent les commissions, les expertises, la communication, les sollicitations des étudiants. Je suis d’ailleurs correspondante communication au niveau de l’IUEM pour le laboratoire (LOPS) au sein d’un réseau qui réunit une quinzaine de personnes 2 à 3 fois par an.

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

Depuis 2012, les campagnes OVIDE sont organisées une fois sur deux sur le bateau de nos partenaires de l’Institut en recherches marines de Vigo, en Espagne. En 2012, nous avions travaillé une danse galicienne traditionnelle que nous avons présentée sur le pont un Dimanche après déjeuner (j’y jouais de l’accordéon et le commandant la gaïta). Nous nous étions déguisés de façon insolite et avons passé un très bon moment.

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

Du point de vu professionnel, mes plus beaux souvenirs sont les différentes campagnes en mer auxquelles j’ai participé. C’est l’occasion d’être sur le terrain en contact avec nos sujets d’études. Il s’agit en plus de belles aventures humaines.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

La musique sous toutes ses formes. Je fais partie de deux chœurs. Je joue également du violon et de l’accordéon à mes heures perdues. J’aime aussi beaucoup passer du temps avec mes enfants.

As-tu une devise?

Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir !

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Sébastien Hervé / UBO

Simon Barbot/Ifremer/OVIDE2018

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Pascale Lherminier

Mourad Kertous, Maître de conférences en économie de l’environnement au laboratoire AMURE

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

Après l’obtention de mon baccalauréat scientifique à Béjaïa en Algérie, je souhaitais poursuivre des études en médecine mais j’ai finalement préféré m’orienter vers l’économie et la finance pour différentes raisons et contraintes. C’est dans cette perspective que j’ai réussi le concours d’accès au magistère en économie de développement de l’Université de Béjaïa suite à l’obtention de ma licence. C’est là que j’ai découvert les problématiques liées à l’environnement, notamment la valorisation et la gestion de l’eau plus particulièrement  dans les pays en développement. Cette passion, m’a poussé à vouloir me spécialiser beaucoup plus dans ce domaine. Ainsi, je me suis renseigné sur le Master en économie des ressources marines et environnement littoral (ARMEL) dispensé à l’époque à l’UBO que j’ai finalement intégré en 2005. Ensuite, j’ai fait un doctorat à l’Université de  Rouen. Mon thème de recherche s’articulait autour de l’analyse de demande en eau potable dans les pays en développement.

Dans la foulée, j’ai travaillé de 2012 à 2015 à l’Université du Havre, avant d’intégrer l’IUT de Rouen où je donnais des cours en économie et statistique.  C’est plus tard en 2017 que je suis arrivé à Brest.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

J’ai toujours eu un attachement pour la ville de Brest. Cela est sûrement dû au fait que c’est un territoire auquel je m’identifie. Ayant toujours vécu près de la mer, vivre ici me permet de ne pas être dépaysé et de garder un rapport étroit avec l’océan. Voilà pourquoi, en 2017, dès que j’ai eu vent de l’ouverture de trois postes à l’Université de Bretagne Occidentale, dont un en économétrie qui m’a beaucoup intéressé (car il s’agit de mon cœur de métier), je n’ai pas hésité à postuler. Les thématiques diverses et variées liées aux sciences de la mer et du littoral qui sont abordées au sein de l’Institut ont également beaucoup motivé mon choix d’intégrer l’IUEM. Je suis en effet très intéressé par tout ce qui est en lien avec l’érosion côtière, les migrations climatiques dans les pays en développement.

Que fais-tu à l’IUEM ?

A l’IUEM, mes activités s’articulent autour de deux principaux  volets ; d’abord l’enseignement puis la recherche.

J’interviens au niveau du master SML sur la mention  E2AME (Economie Appliquée Agriculture, Mer et Environnement) et suis d’ailleurs chargé des relations internationales de cette mention. A cela, s’ajoutent mes interventions en Licences Economie et AES à l’UBO. Les principaux cours que je donne sont sur les disciplines suivantes :

  • Bases de données
  • Economie de l’environnement
  • Statistique
  • Mathématiques
  • Microéconomie

Concernant la partie recherche, je collabore avec Denis Bailly sur le projet INTERREG ALICE qui traite de l’aide à l’aménagement et à la gestion des paysages côtiers. Dans ce cadre, ma mission est d’effectuer des enquêtes sur la perception que se font les résidents du Couesnon des options d’aménagement identifiées par les gestionnaires et à une évaluation des consentements à payer par le biais des résultats de cette enquête.

Je travaille aussi avec des collègues d’Amure et de l’ENIB sur un projet d’adaptation de  la technologie de l’intelligence artificielle (SVM) à des problématiques économiques autour de la thématique de l’Eau.

Par ailleurs, nous organisons en 2021 un colloque sur la mondialisation, le développement et la vulnérabilité des espaces maritimes côtiers. L’objectif est de faire connaître aux chercheurs des pays en développement les problématiques de nos laboratoires mais également de trouver des partenaires afin de développer des projets de coopération avec les pays du sud.

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

Lors d’un cours de statistique à l’Université du Havre, je vois un étudiant arriver à dix minutes de la fin du cours. Je le laisse s’installer et quelques minutes plus tard, il commence à prendre des notes et à un moment donné il me pose la question de savoir, s’il s’agissait bien d’un cours de civilisation romaine…

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

Mon recrutement à Brest, reste mon meilleur souvenir professionnel jusqu’ici.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

La lutte contre la pauvreté, l’environnement et le sport.

As-tu une devise?

« I have a dream! » Martin Luther King Jr.

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Abdelhhak Nassiri / UBO

Séverine Julien / UBO

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Mourad Kertous / UBO

Justine Doré (LEMAR), distinguée à la conférence internationale de sclérochronologie

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En deuxième année de doctorat en Ecologie Marine au Laboratoire des Sciences de l’Environnement Marin (LEMAR), Justine Doré a reçu le prix de la troisième meilleure présentation orale soutenue par un doctorant lors de la cinquième conférence internationale de Sclérochronologie qui s’est déroulée du 16 au 20 Juin 2019 à Split en Croatie. Cette conférence avait pour objectif de réunir tous les chercheurs, doctorants et post-doctorants travaillant sur un sujet commun : l’étude des pièces calcifiées biogéniques (la sclérochronologie).

Sa thèse

Sous la supervision de Julien Thébault  et de Gwénaëlle Chaillou, sa thèse est aussi intégrée dans le LIA BeBEST, Laboratoire Franco-Québecois de recherche et de développement technologique en écologie benthique. Dans le cadre de ses recherches Justine Doré s’attache à relier les variations passées d’éléments traces (Baryum, Magnésium, Strontium…) incorporés dans des coquilles de bivalves subpolaires (Notamment à Saint-Pierre et Miquelon ainsi que dans l’estuaire du Saint-Laurent au Québec) aux variations temporelles de la production primaire. Le but poursuivi est de pouvoir enrichir et augmenter les connaissances sur l’évolution passée du phytoplancton au cours du temps. S’intéresser au phytoplancton, qui est la base de la chaine alimentaire marine et la principale source d’oxygène mondiale, permet de mieux appréhender les potentiels changements biologiques dus au changement climatique.

C’est dans cette perspective que son travail consiste à utiliser les coquilles de bivalves comme archives de l’environnement. Comme les arbres, les coquilles possèdent des marques (annuelles, saisonnière, journalière, ….) d’arrêt de croissance (stries pour les coquilles et cernes pour les arbres) pouvant nous renseigner sur le temps écoulé. Ainsi, il est possible d’attribuer un âge précis à une coquille. Cette étude est appelée Sclérochronologie. Les coquilles de bivalves sont les boîtes noires des océans. Chaque variation de l’environnement est enregistrée sous forme de concentrations différentes en éléments traces qui, une fois décortiquées, donnent des informations cruciales sur la température, la salinité ou encore la production primaire. Elle utilise donc la sclérochronologie pour relier ces variations environnementales au temps.

L’objet de la présentation orale

Lors de sa présentation, la doctorante a mis en avant l’utilisation d’un traceur environnemental de la dynamique phytoplanctonique, le baryum. Cet élément très peu étudié a été présenté comme variant de la même manière entre différents individus (Arctica islandica) au niveau de Saint-Pierre et Miquelon (archipel français dans l’Atlantique Nord-Ouest).

Cette spécificité a démontré l’utilité du Baryum dans la datation (âger les individus les uns par rapport aux autres) mais a permis aussi de retracer les variations passées du Baryum de 1893 à 2016 et donc potentiellement de la production primaire de l’Atlantique Nord.

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Mišo Pavičić/Institute of Oceanography and Fisheries, Split, Croatie

Julien Thébault / UBO

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Justine Doré

Mer et Journalisme

Face aux besoins de formation exprimés depuis de nombreuses années par les journalistes sur les sciences et technologies marines, l’Ecole Universitaire de Recherche ISblue propose une école d’été de 2 jours à Brest, au sein de l’Institut Universitaire Européen de la Mer (IUEM). Cette formation destinée aux journalistes francophones des différents médias apporte un éclairage sur plusieurs « points chauds » dans le domaine de la climatologie, l’océanographie, l’économie, le droit et les technologies des sciences marines.

L’école d’été Mer et Journalisme est coordonnée par Paul Tréguer et Pauline Letortu.

Pour vous inscrire : https://merjournalisme.sciencesconf.org

Sous le parrainage de

Avec la participation de

Intervenants

Laurent Chauvaud (LEMAR | IUEM)
Jean-Pierre Gattuso (LOV | Villefranche-sur-Mer)
Guillaume Roullet (LOPS | IUEM)
Pascale Lherminier (LOPS | IUEM)
Gaël Durand (IGE Grenoble)
Jean Boncoeur (AMURE | IUEM)

Annie Cudennec (AMURE | IUEM)
Gilles Bœuf (MNHN Paris)
Nicolas Kolodziejczyk (LOPS | IUEM)
Jean Tournadre (LOPS | IUEM)
Pierre-Marie Sarradin (EEP | Ifremer)
Catherine Meur-Férec (LETG | IUEM)

Animateurs

Guillaume Roullet (LOPS | IUEM)
Olivier Thébaud (AMURE | IUEM)
Jean-Louis Le Corvoisier
Patrick Poupon (Pôle Mer Bretagne Atlantique)

Conférences


Laurent Chauvaud


La planète Terre est unique dans notre système solaire. Elle est, dans sa grande majorité, recouverte d’une enveloppe aqueuse : l’océan. L’océan joue un rôle crucial dans les équilibres climatiques et écologiques, mais aussi au niveau économique. Au cours du XXe siècle, pour répondre aux grandes questions sociétales, les sciences et  technologiques marines se sont progressivement structurées en pôles pluridisciplinaires. Après avoir rappelé les principales étapes de la construction d’un pôle mer à vocation européenne et mondiale dans l’ouest de la France, nous illustrerons quelques idées nouvelles qui fleurissent pour orienter les recherches au XXIe siècle.


Jean-Pierre Gattuso


Réchauffement, acidification, désoxygénation, élévation du niveau de la mer : à quoi ressemblera l’océan de l’Anthropocène ? En quoi sera-t-il différent de l’océan du passé géologique de notre planète ? Nous rendra-t-il des services tels que la sécurité alimentaire, la protection des rivages et le tourisme, similaires à ceux qu’il fournit  aujourd’hui ? Quelles solutions peuvent être mises en oeuvre ? Ces questions majeures seront traitées au cours d’un large tour d’horizon qui abordera également les négociations internationales.


Gilles Bœuf


L’océan abrite aujourd’hui un peu moins de 300 000 espèces d’êtres vivants connus, tous groupes confondus, décrits et déposés dans les Musées. Mais on sait bien que l’on est loin du compte, le seul projet «Tara Océans» a ramené 600 000 autres putatifs. Aujourd’hui l’humain tire de l’océan des ressources vivantes, par la pêche et l’aquaculture, mais aussi pour extraire des molécules de haute valeur ajoutée, pour la pharmacologie et la cosmétique. Mais pourrons-nous poursuivre durablement ces activités, car les milieux sont dégradés et pollués, le littoral détruit, le transfert d’espèces invasives généralisé, et la surexploitation banalisée ? Et le climat change trop vite. Alors quelles sont les mesures à prendre pour garder un océan «en bonne santé», garant de notre sécurité future ?

Enjeux thématiques

Les chercheurs qui animent cette formation apportent leur expertise sur des questions scientifiques d’actualité dont les enjeux sociétaux sont majeurs.  L’école d’été est organisée autour de conférences, de tables-rondes et d’ateliers permettant d’échanger entre journalistes et scientifiques.


Enjeux climatiques


Par Pascale Lherminier (LOPS)

L’océan modère fortement les changements climatiques par sa capacité à emmagasiner la chaleur et le CO2. En Atlantique nord, la circulation océanique et les tempêtes favorisent les échanges entre les eaux de surface et les eaux profondes et permettent ainsi l’enfouissement des signaux climatiques en profondeur. Cependant, les modèles climatiques montrent que cette circulation est susceptible de ralentir substantiellement dans le siècle à venir. Pourquoi ? Observe-t-on déjà ce phénomène ? Quelles  seraient les conséquences ?

Par Gaël Durand (IGE7 Grenoble)

Au cours des 20 dernières années, les calottes polaires du Groenland et de l’Antarctique n’ont cessé de perdre de la masse. Elles contribuent maintenant de manière
significative à l’élévation du niveau de la mer et cela se poursuivra très certainement dans un avenir proche. Cependant, l’amplitude de leur contribution future reste incertaine. En particulier, l’Antarctique et Groenland peuvent présenter des processus d’instabilité qui pourraient être déclenchés lorsque les perturbations océaniques ou atmosphériques dépassent un seuil donné. Une fois engagée dans de telles instabilités, la perte de masse s’auto-entretient et de grandes régions pourraient alors s’effondrer. Cette présentation décrira les processus essentiels à l’origine du déséquilibre observé aujourd’hui, nos connaissances actuelles sur les points de bascules potentiels et mettra en évidence les principales raisons des incertitudes sur la projection de la contribution des calottes polaires à l’élévation future du niveau de la mer.


Enjeux économiques et juridiques


Par Jean Boncoeur (AMURE)
Les ressources halieutiques de la planète sont, globalement, de plus en plus surexploitées(FAO, 2018). Les mécanismes endogènes qui expliquent cette situation sont aggravés par des facteurs exogènes, parmi lesquels des politiques publiques inadaptées. La question de la régulation de l’accès est au coeur du problème de l’aménagement des pêcheries. Elle sera illustrée, à titre principal, par des références issues de la politique commune de la pêche et ses déclinaisons nationales.

Par Annie Cudennec (AMURE)

Le rapport IPBES 2019 est particulièrement alarmant : 1 million d’espèces sont menacées d’extinction. Cette menace est particulièrement grave en haute mer et dans les grands marins, car dans ces zones dites internationales, la plupart de la biodiversité ne bénéficie d’aucun statut juridique et peut donc être pillée, dégradée en toute liberté, en toute légalité. Mon exposé aura pour objet, d’une part de présenter les problèmes posés par ce vide juridique et, d’autre part de montrer comment, afin de lutter contre cette situation, des négociations internationales se tiennent actuellement au sein des Nations Unies. Ces négociations devraient aboutir en 2020 à l’adoption d’un accord
international majeur garantissant la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité dans les zones hors juridiction nationale.


Enjeux technologiques


Par Nicolas Kolodziejczyk (LOPS)

Depuis le tournant des années 2000, l’observation océanographique connaît une révolution sans précédent. Les nouveaux systèmes d’observation autonomes de l’océan, dont le réseau Argo est l’avatar le plus marquant, permettent pour la première fois d’observer la colonne d’eau de l’océan en temps quasi réel. Cependant l’observation soutenue de l’océan, l’exploration des océans profonds, la pluridisciplinarité des observations (physique, biologique, chimique…), et la masse de données produite par ces nouveaux réseaux restent des défis majeurs pour les océanographes et des enjeux scientifiques essentiels pour comprendre et surveiller l’océan global.

Par Jean Tournadre (LOPS)

La mesure in situ de l’océan est difficile, coûteuse en temps et en matériel et ne peut couvrir que des très petites zones de l’océan. Depuis les années 1980, l’observation
de l’océan repose donc en grande partie sur les mesures par satellite. Celles-ci ne peuvent être que des mesures indirectes des paramètres géophysiques de l’océan et ne concernent que la surface (ou les quelques premiers mètres). Bien que nous ayons une expérience de plusieurs dizaines d’années, certains problèmes de physique de la mesure ne sont toujours pas complètement résolus, en particulier pour la mesure radar de l’océan. En parallèle, l’amélioration des capacités techniques et de traitement informatique fait croître de manière exponentielle la quantité de mesures disponibles et la résolution spatiale des données. Pour les années à venir, une des questions principales sera notre capacité à gérer et à analyser des données de résolution toujours plus élevée dans des bandes de fréquence plus nombreuses et en quantité de plus en plus grande.

Ateliers interactifs

En complément de la formation sur les grands enjeux thématiques, trois ateliers au choix sont proposés :

  • deux ateliers interactifs aborderont d’autres questions d’intérêt sociétal (risques côtiers, deep-sea mining) et prendront la forme d’un exercice de co-construction (scientifiques/journalistes) d’un communiqué de presse ;
  • un troisième atelier concernera l’établissement d’un pré-projet d’e-master « sciences et technologies de la mer » en formation continue pour journalistes. Cet atelier vise à recueillir les besoins de professionnels de l’information.


Deep-sea mining


Risques côtiers


Préprojet d’e-master en formation continue

Frais d’inscription


500 € logement compris ou 300 € sans logement


Financements


L’action de formation est éligible à la formation continue :

  • En tant que salarié, vous pouvez compléter une demande de financement auprès de votre employeur. Il est également possible de solliciter l’AFDAS (opérateurs de compétences dont relève la presse écrite et les agences de presse).
  • Enfin, si vous faites le choix de déduire les frais réels, les dépenses de formation professionnelle engagées ont le caractère de frais professionnels.

Pour votre information,  cette formation ne peut pas être prise en charge par le Compte Personnel de Formation (CPF).

N’hésitez pas à contacter Anaëlle LE ROUX pour toutes demandes de renseignements : fc-mer@univ-brest.fr

En savoir plus


Plus d’informations et inscriptions sur scienceconf.org

 


Télécharger le programme PDF ici


Partenaires


Ika Paul-Pont, Chercheure en écotoxicologie marine au LEMAR : Médaille de bronze CNRS 2019

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

J’ai commencé mon parcours de recherche par une thèse qui portait sur les interactions entre contaminants métalliques et micro-organismes pathogènes sur des mollusques bivalves à la station marine d’Arcachon. J’ai particulièrement apprécié cette thématique « multistress » à l’interface entre l’écotoxicologie et l’étude des relations hôte-pathogène chez des modèles bivalves. J’ai d’ailleurs essayé de conserver cette approche pluridisciplinaire dans la suite de mes travaux. Je suis ensuite partie 2 ans en Australie pour travailler sur l’épidémiologie d’un virus qui cause des mortalités massives d’huitres dans cette région du globe mais aussi en France et dans de nombreux autres pays. Ce postdoc m’a permis de travailler main dans la main avec des ostréiculteurs pour mettre en place de nouvelles pratiques d’élevage afin de réduire les mortalités dues au virus ; ça a été une expérience très riche scientifiquement et humainement.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

Ma thèse faisait partie d’un projet ANR en collaboration avec le LEMAR et un de mes sites d’étude était situé à Landéda. Je suis donc venue à l’IUEM très régulièrement pendant mes 3 années de doctorat. J’ai eu un réel coup de cœur pour le coin et l’équipe du LEMAR avec qui j’ai eu la chance de travailler. Lorsque j’ai décidé de rentrer en France en 2013, il était donc évident pour moi de venir travailler à l‘IUEM. J’ai eu l’opportunité de démarrer un postdoc sur les microplastiques, un sujet bien différent de mon expérience australienne, mais qui me permettait de renouer avec les aspects de toxicologie dans l’environnement marin. Pendant cette année de postdoc j’ai candidaté au CNRS et j’ai été recrutée en tant que chargée de recherche en octobre 2014.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Je développe la thématique microplastiques au LEMAR en binôme avec Arnaud Huvet (Ifremer). Nous nous intéressons au devenir et aux impacts des microplastiques et nanoplastiques sur les écosystèmes côtiers. Nous développons 3 grands axes de recherche :

  • Nous menons des campagnes d’échantillonnage en milieu côtier (principalement rade de Brest à bord de l’Hésione et l’Albert Lucas) avec Anne-Laure Cassone (CNRS) afin de déterminer les niveaux de contamination et d’essayer d’identifier les sources et le devenir des particules en rade.
  • Les débris plastiques en mer étant des substrats très rapidement colonisés par tout un cortège microbien, nous nous intéressons aux pathogènes associés aux microplastiques et au rôle de ces particules dans la dissémination de micro-organismes pathogènes et l’émergence de maladies. Je retrouve ici mes approches multistress.
  • Enfin, nous étudions en laboratoire, via des expériences in vitro et in vivo, la toxicité des micro- et nanoplastiques sur des organismes marins modèles, à savoir le phytoplancton et les mollusques bivalves. Dans ce cadre, Kevin Tallec, doctorant, étudie notamment l’effet des nanoplastiques sur les jeunes stades de vie de l’huître (gamètes, embryons, larves) afin d’appréhender l’impact de ce contaminant sur l’ensemble du cycle de vie de cette espèce.

Ces 3 axes sont abordés à travers différents projets de recherche menés aux échelles régionale (SAD IN MEMO), nationale (ANR Nanoplastics ; CRD ANSES ; PROMPT ; FUI Microplastic2 ; DRMM MICROLAG) et européenne (Interreg MICRO ; Interreg PPP). Cette année, nous avons aussi participé à la création d’un GDR CNRS, « Polymères et Océans », qui vise à fédérer la communauté scientifique nationale, pluridisciplinaire et très diverse, sur la thématique du devenir et des impacts des plastiques dans l’environnement aquatique.

Au sein du LEMAR, je m’occupe aussi de l’oganisation des séminaires avec Aurélie Chambouvet et de l’organisation des Journées du LEMAR (JDL) avec Anne-Laure Cassone. Enfin, je participe à un groupe de travail récemment créé, et animé par Arnaud Huvet et Sébastien Artigaud, sur l’éco-responsabilité dans la recherche.

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

Entre les péripéties sur le terrain, les surprises lors de manips en laboratoire et les situations rocambolesques en colloque, j’en aurais plein à raconter, mais ce sont à chaque fois des histoires à rallonge… Une sombre histoire de carboglace sur une aire d’autoroute bordelaise rappellera sûrement des souvenirs à certains Lemariens !

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

J’ai eu de merveilleux moments dans chacune de mes expériences professionnelles, donc il est difficile d’en choisir un. Les plus beaux souvenirs qui me viennent en tête en premier concernent les sorties sur le terrain, aussi bien dans le bassin d’Arcachon que dans les rivières d’Australie ou dans la rade de Brest : ces moments de grâce très tôt le matin lorsqu’on a la chance de pouvoir admirer la beauté de la nature, là, sur l’eau, alors que tout se réveille doucement avec le lever du soleil… C’est unique et magique ! Un autre très bon souvenir, plus pragmatique, qui me vient tout de suite est le jour où j’ai eu le concours CNRS ! J’étais tellement heureuse et soulagée, j’ai bien mis une semaine à m’en remettre et à recoller les pieds sur terre !

Quels sont tes centres d’intérêt ?

Les voyages, la plongée, la randonnée et la découverte du monde, de nouvelles cultures.

As-tu une devise ?

La vie étant rarement un long fleuve tranquille j’aime beaucoup cette citation de Benjamin Pelletier : « La force des vrais détours n’est pas d’éloigner mais d’amener au but avec plus d’exactitude ».

Contact

Ika Paul-Pont

Crédit photos : LEMAR

Travaux pratiques pour les M1 EGEL en presqu’île de Crozon.

Dans le cadre de l’UE « Diagnostics environnementaux », les étudiants du M1 EGEL ont séjourné en presqu’île de Crozon durant la semaine du 11 au 15 mars 2019. Le programme de travail comprenait une série de visites de sites littoraux pour leurs aspects géologiques et géomorphologiques (plages de l’Aber et de Goulien, falaises rocheuses du Veryac’h et de Lostmarc’h, falaises meubles quaternaires de Pors Koubou, de Pen-Hat et de Trez-Rouz, ainsi que le port de plaisance de Morgat). Des sites fortement fréquentés (extrémité du Cap de la Chèvre, pointe de Dinan, pointe de Pen-Hir) ont également été examinés. Sur ces secteurs, ce sont les expérimentations des systèmes de gestion de la fréquentation et de restauration de la végétation dégradée qui ont été expliqués. L’intérêt de ces visites a été de préparer les travaux pratiques de diagnostics environnementaux. Encadrés par trois enseignants chercheurs en géomorphologie et écologie, ces TP ont permis de replacer dans leur contexte puis de réaliser des levers topographiques de profils de falaises et la cartographie phyto-sociologique de secteurs de landes et de leur état de dégradation sur les versants littoraux les surplombant.