Appel à candidatures : stage de troisième

,

Du 30 novembre au 4 décembre 2026, l’IUEM accueillera 10 stagiaires de troisième.

Vous pouvez candidater jusqu’au 15 octobre 2026 en envoyant une lettre de motivation (format pdf) détaillant les points suivants :

  • Votre intérêt pour la recherche océanographique
  • Vos centres d’intérêt scolaires et personnels
  • Votre lien à la mer
  • Vos attentes par rapport à ce stage

Merci d’envoyer votre candidature à cette adresse.

L’exploitation intensive du nickel a transformé la biodiversité microbienne du lagon de Thio en Nouvelle-Calédonie

,

Plusieurs collègues de Geo-Ocean, dont Axel Erhold, Pascal Leroy et Arthur Monjot ont participé à une étude dirigée par Mathisse Meyneng et Raffaele Siano du Laboratoire DYNECO de l’Ifremer et publiée le 16 Juin dernier dans la prestigieuse revue Nature. Celle ci porte sur la « dégradation des écosystèmes littoraux due à des décennies d’exploitation minière non régulée.

l’étude menée par des scientifiques de l’Ifremer, de l’IRD, des universités de Bretagne occidentale (UBO) et de Bordeaux, du CNRS et de l’Université de Tartu (Estonie) révèle l’impact de l’exploitation minière du nickel sur les écosystèmes côtiers de Nouvelle-Calédonie. Publiés dans la revue Communications Earth & Environment, ces travaux montrent qu’à partir des années 1950, la mécanisation de l’exploitation des mines a entraîné une forte augmentation des apports de sédiments dans le lagon de Thio et un bouleversement des communautés microbiennes, qui perdure aujourd’hui. Si les mesures environnementales mises en place depuis les années 1975 ont permis de réduire les apports de sédiments directement liés à l’extraction du minerai de nickel dans ce lagon, l’importante érosion des sols à l’échelle du bassin versant continue d’impacter aujourd’hui l’écosystème du lagon de Thio.

 

Fig. 1: Empreinte environnementale et historique de l’industrie minière enregistrée dans les sédiments du lagon de Thio.

Référence 

Meyneng, M., Lemonnier, H., Ansquer, D. et al. Coastal ecosystem degradation driven by decades of unregulated terrestrial mining. Commun Earth Environ 7, 494 (2026). https://doi.org/10.1038/s43247-026-03677-8

 

Consulter le communiqué de presse de l’Ifremer

Première observation en direct de la formation de la croute océanique

,

Notre collègue Jean-Yves Royer, directeur de recherche CNRS émérite au laboratoire Geo-Ocean, est le premier auteur d’une étude publiée le 8 juillet 2026 dans la prestigieuse revue Nature.

En avril-mai 2024, après la campagne de déploiement OHA-Geodams (pour Observatory with Hydro-Acoustics and Geodesy Near Amsterdam Island), une équipe française associant Geo-Ocean, l’ENS, le LIENSs et l’IPGP) a capturé un événement rare : l’expansion brutale d’une dorsale médio-océanique dans l’océan Indien, près de l’île Amsterdam. Ce processus jusqu’alors théorique, façonne les fonds marins depuis des millions d’années, mais son observation en temps réel est une première !

Les dorsales médio-océaniques sont des chaînes de montagnes sous-marines où deux plaques tectoniques s’écartent, laissant remonter le magma du manteau terrestre. Ce magma, en refroidissant, forme une nouvelle croûte océanique. Grâce à un réseau d’instruments autonomes — balises acoustiques, hydrophones et capteurs de pression — déployés seulement deux mois avant l’événement, les chercheurs ont pu mesurer en détail les mouvements du sol, les séismes et les coulées de lave.

 

En l’espace de 16 jours, le fond marin s’est étiré horizontalement de 2 à 4 mètres tout en s’affaissant de 4,2 mètres par endroits. Cause de ce bouleversement : un réservoir de magma de 2,5 kilomètres de large, situé plusieurs kilomètres sous la surface, s’est vidangé brutalement. Le magma a fissuré la croûte, déclenchant des séismes et libérant 160 millions de mètres cubes de lave — l’équivalent de 60 000 piscines olympiques. Ces coulées ont recouvert le plancher océanique, formant même un mont sous-marin de 40 mètres de haut à seulement 600 mètres d’un des instruments.

La découverte la plus surprenante ? La majorité des mouvements des failles s’est produite sans tremblement de terre détectable. Une avancée majeure, car elle explique pourquoi les estimations précédentes, basées uniquement sur l’activité sismique, sous-estimaient l’ampleur réelle des déplacements. Ces résultats nous permettent pour la première fois de quantifier les déplacements à l’origine de la formation de la croûte océanique.

Au-delà de la géophysique, cette observation ouvre de nouvelles pistes pour étudier les sources hydrothermales — ces cheminées sous-marines où la vie prospère dans des conditions extrêmes, loin de la lumière du soleil. Une fenêtre unique sur les mécanismes qui façonnent notre planète… et peut-être sur les origines de la vie elle-même.

L’article est consultable en ligne sur le site de la revue NATURE et a fait l’objet d’un article dans le journal Le Monde

Réédition de l' »Atlas de la réserve de biosphère des îles et de la mer d’Iroise »

,

Après une première édition en 2022, l’Atlas de la réserve de biosphère des îles et de la mer d’Iroise bénéficie d’une réédition.

Cet ouvrage est issu d’un important travail collectif, mené sous la direction de Pierre STÉPHAN et Cyril TISSOT, sous l’égide du CNRS et de l’IUEM. Il a réuni une soixantaine de contributeurs.trices, agents des parcs naturels, universitaires, scientifiques et spécialistes issus des laboratoires du CNRS mais aussi d’Océanopolis, d’associations naturalistes comme Bretagne Vivante, du SHOM, de l’Office français de la biodiversité…

Abondamment illustré, il s’adresse au grand public et dresse un état des connaissances récentes dans tous les domaines, suivant une démarche pluridisciplinaire. Il est composé en 5 grandes parties : Histoire géologique et dynamiques sédimentaires ; Habitats marins et terrestres remarquables ; La masse d’eau : structure et dynamique ; Espèces emblématiques ; Activités humaines.

En savoir plus sur cet ouvrage

 

Typologie des habitats benthiques de Saint-Pierre et Miquelon

,

Nos collègues Jacques Grall, Laurent Chauvaud et Erwan Amice (IUEM/LEMAR) ont initié en 2023, une collaboration avec PatriNat (OFB-MNHN) afin de mieux connaître et décrire les habitats marins de l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon. Deux ans plus tard, ce travail aboutit à la publication de la première Typologie des habitats benthiques de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Entre septembre 2023 et mai 2025, deux missions de terrain – Habeem 1 et 2 – ont permis de prospecter plus de 170 sites, de l’estran jusqu’à 150 mètres de profondeur. Plongées scientifiques, prélèvements à la benne et à la drague, observations sur l’estran : cet important effort d’échantillonnage, mené sur deux saisons, a mobilisé chercheurs et experts locaux. Résultat : près de 50 habitats marins identifiés, décrits et organisés au sein d’une typologie cohérente.

Comment définir un habitat marin ? Il s’agit d’une zone caractérisée par des conditions physiques (profondeur, hydrodynamisme, nature du substrat, géomorphologie) et biologiques (espèces dominantes ou structurantes). Chaque habitat fait l’objet d’une fiche descriptive illustrée, détaillant ses caractéristiques physiques et les espèces associées. Au total, plus de 300 espèces ont déjà été recensées. Un important travail photographique, notamment réalisé par Erwan Amice, met en lumière la beauté et la complexité des fonds marins de l’archipel.

Au-delà de l’inventaire, cette typologie constitue un précieux outil pour l’action. Elle fournit un langage commun de référence, facilitant la cartographie des habitats, les études d’impact, l’identification d’habitats déterminants pour les ZNIEFF marines ou encore la mise en place de mesures de protection et de restauration. Elle offre également une photographie de l’existant à un instant donné, précieuse dans un contexte de changements environnementaux rapides.

Ce projet illustre l’importance des collaborations scientifiques au service des territoires. En structurant les connaissances sur les habitats marins de Saint-Pierre-et-Miquelon, le LEMAR et ses partenaires contribuent concrètement à une meilleure compréhension et à une gestion durable de ce patrimoine naturel exceptionnel.

Télécharger ou consulter le guide sur la Typologie des habitats benthiques de Saint-Pierre-et-Miquelon.

 

Référence :

Andres S., Pinsivy L., Amice E., Grall J. & Chauvaud L., 2025. Typologie des habitats benthiques de Saint-Pierre et Miquelon. V.1. PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD), LEMAR (CNRS), Paris, 149 p.