Troisième forum frontalier Chine-Europe sur les progrès des sciences et technologies océaniques

Le troisième forum frontalier Chine-Europe sur les progrès des sciences et technologies océaniques (FFPOST2) s’est tenu à Shanghai et on-line les 18 et 19 novembre 2024. Il était organisé par Paul Tréguer (IUEM-UBO, European Academy of Sciences EurASc) et Jing Zhang (ECNU, Chinese Academy of Sciences), dans le cadre de la décennie des Nations unies pour les sciences océaniques au service du développement durable (2021-2030).

Une cinquantaine de participants ont assisté à l’événement, avec des retransmissions en direct qui ont été suivies par environ 6 000 personnes. Vingt-quatre orateurs invités ont présenté des communications. Les progrès sont remarquables en ce qui concerne l’utilisabilité des océans jumeaux de Ditigal et de l’IA en physique et biogéochimie et en gestion côtière. Tous les déploiements de systèmes d’élimination du dioxyde de carbone (CDR) entraîneront un efflux compensatoire de CO2 ou une réduction de l’afflux à partir de tous les réservoirs naturels, ce qui souligne la nécessité de mettre en place des systèmes réalistes d’élimination du dioxyde de carbone sur terre, dans les océans et dans les eaux bleues. Les puits de carbone dus à la pêche sont en cours d’évaluation, et l’extension de la zone de minimum d’oxygène a été démontrée. Les impacts de l’élévation du niveau de la mer et des événements extrêmes tels que les vagues de chaleur sont des questions clés pour l’avenir proche. Les premiers coûts économiques de l’inondation des côtes sont désormais disponibles. Les progrès spectaculaires des outils et des réseaux d’observation de l’océan ont été mis en évidence.

Pour des information plus détaillées, un rapport synthétique est disponible sur ce lien.

Cérémonie Médailles CNRS 2024

Ce mardi 19 novembre 2024 à eu lieu au Mabilay à Rennes la cérémonie de remise des médailles du CNRS de la délégation Bretagne et pays de la Loire. 5 Médailles et un cristal collectif ont été décernés « à celles et ceux qui, de par l’originalité, la qualité et l’importance de leurs travaux, font rayonner le territoire et contribuent, de manière exceptionnelle, au dynamisme et à la renommée de l’institution ». Parmi les lauréats figurent Damien Desbruyères chercheur Ifremer en Océanographie au LOPS ainsi que l’équipe « parc national instrumentation océanographique » de nos voisins de la Division Technique de l’INSU. Félicitations à eux ! Voici la liste des médaillés :

Médaille de bronze :

  • David CHIRON (CRCI2NA) – CNRS Biologie
  • Damien DESBRUYERES (LOPS) – CNRS Terre & Univers
  • Morgane VACHER (CEISAM) – CNRS Chimie

Médaille de cristal :

  • Damien GENDRY (Géosciences Rennes) – CNRS Terre & Univers
  • Karine ROBIN (ISCR) – CNRS Chimie

Médaille de cristal collectif : Equipe « Parc national instrumentation océanographique » (DT INSU) – CNRS Terre & Univers – Représentants : Emmanuel DE SAINT-LEGER et Arnaud LE RIDANT

 

Un article plus complet est disponible sur le site de la délégation régionale du CNRS.

Photos : Pierre Theiller/ CNRS Bretagne et Pays de la Loire

 

L’IUEM quitte le réseau social X

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Depuis  plusieurs années, l’IUEM utilisait Twitter pour communiquer vers un public aussi large possible. Cependant, depuis le rachat de la plateforme par Elon Musk en fin d’année 2022, le réseau social, devenu « X », a évolué dans un sens qui va à l’encontre de nos valeurs : relativisme, propagation massive de fausses informations, cyberharcèlement, absence de modération, matraquage publicitaire… L’IUEM et les laboratoires qu’il accueille ont donc décidé de quitter cette plateforme.

Nous restons fondamentalement engagés en faveur d’une science décloisonnée qui parle au plus grand nombre et vous invitons à rejoindre notre communauté sur LinkedIn.

IMBC 2025

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Date d’ouverture des inscriptions et de la soumission de résumés : 15 janvier 2025

Inscription et soumission des résumés sur le site web IMBC2025

L’IMBC

L’International Marine Biotechnology Conference est la conférence majeure sur les biotechnologies marines, réunissant depuis 1989 les leaders mondiaux du secteur. Elle a pour objectif d’informer et de faciliter les échanges entre étudiants, chercheurs, technologues, décideurs et industriels. Les IMBCs attirent des participants locaux et internationaux, offrant une plateforme de communication entre les sociétés savantes internationales travaillant sur les biotechnologies marines. L’IMBC est organisé sous l’égide le l’IMBA (International Marine Biotechnology Association) et est associé au journal “Marine Biotechnology”.

La philosophie de l’IMBC pour le XXIe siècle repose sur l’application des avancées scientifiques dans les domaines des sciences marines, de la biologie moléculaire, de l’ingénierie et des technologies de l’information pour mieux comprendre les écosystèmes marins. L’objectif est de développer de nouveaux produits, procédés ou services tout en assurant une gestion durable des ressources marines. Les biotechnologies marines, qui allient recherche fondamentale et appliquée, sont cruciales pour des innovations dans des secteurs tels que la santé, l’alimentation, la cosmétique, la dépollution et la production d’énergie.

Conférence 2025

Les conférences couvriront des sujets variés, de la pharmacologie marine aux bioénergies. Elles rassembleront des experts de renommée internationale, assurant ainsi des échanges scientifiques de haut niveau.

L’IMBC favorise le développement de partenariats internationaux entre laboratoires, universités et entreprises, accélérant ainsi la recherche et l’innovation, et la création de consortiums. En promouvant les découvertes et en renforçant le dialogue global, l’IMBC vise également à rédiger une feuille de route pour le développement des solutions innovantes et durables pour l’avenir des biotechnologies marines.

Conférences plénières

Lundi 7 juillet, Brest


Dévoiler le potentiel caché des microbes de l’environnement

Faire progresser la biotechnologie marine grâce à des techniques omiques de pointe sur une seule cellule


Haruko Takeyama | Waseda University, Japan


Haruko Takeyama a obtenu son doctorat en ingénierie au département de biotechnologie de l’Université d’agriculture et de technologie de Tokyo en 1992. De 1991 à 1994, elle a été chercheuse au Rosenstiel School of Marine and Atmospheric Science de l’Université de Miami. Elle a progressé dans les rangs académiques à l’Université d’agriculture et de technologie de Tokyo, occupant les postes de maître-assistante de 1994 à 1999, de maître de conférences de 1999 à 2005, puis de professeur de 2005 à 2007 au département de biotechnologie. En 2007, elle a été nommée professeure à l’Université de Waseda, au sein de la Faculté des sciences avancées et de l’ingénierie, Département des sciences de la vie et des biosciences médicales (http://www.takeyama-lab.sci.waseda.ac.jp/). Depuis 2009, elle est directrice de l’Institut intégré des sciences réglementaires au sein de l’Organisation de recherche pour l’innovation nano et vie de l’Université de Waseda. En juillet 2016, elle a été nommée directrice du laboratoire d’innovation ouverte sur les mégadonnées computationnelles en bio-informatique de l’AIST (Institut National des Sciences et Technologies Industrielles Avancées) et de l’Université de Waseda, tout en occupant un poste de chercheuse associée à l’AIST. Depuis 2020, elle est responsable de projet pour le programme de recherche Moonshot dans les domaines de l’agriculture, de la foresterie et des pêches. Depuis 2023, elle occupe le poste d’officier de programme dans le domaine de la recherche en biotechnologie au sein du programme ASPIRE (Adopting Sustainable Partnerships for Innovative Research Ecosystem) à l’Agence japonaise pour la science et la technologie (JST) et est membre du Conseil des sciences du Japon. Elle a également été vice-présidente de l’Association Internationale de Biotechnologie Marine. Ses recherches couvrent les sciences de l’environnement, la microbiologie, la biotechnologie et les technologies génomiques. Ses intérêts actuels incluent l’utilisation des ressources biologiques et génétiques environnementales, l’analyse métagénomique, l’analyse unicellulaire et le développement de technologies de soutien.

Mercredi 9 juillet, Lorient


Composés marins antibiofilm


Pr. Ruangelie Edrada-Ebel | Strathclyde Institute of Pharmacy and Biomedical Sciences, University of Strathclyde Scotland


Directrice du groupe de Métabolomique des Produits Naturels (NPMG). Expertise : Isolement de produits naturels et élucidation de leur structure (techniques spectroscopiques). Domaine de recherche : Métabolomique pour l’identification et l’optimisation biotechnologique de la production de métabolites secondaires bioactifs chez des micro-organismes d’origine marine.

10 sessions


10 sessions sont prévues, ainsi que des masterclasses.

La journée du mercredi 9 juillet sera délocalisée à:


Médicaments marins, composés bioactifs et nutraceutiques


Dr. Gaétan BURGAUD | LUBEM, INRAE, Université Bretagne Occidentale, France

Prof. Antje LABES | Flensburg University of Applied Sciences, Germany


La session sur les médicaments marins, les composés bioactifs et les nutraceutiques explorera le vaste potentiel des substances d’origine marine pour la santé et le bien-être. Cette session vise à approfondir la découverte et la caractérisation de composés bioactifs provenant d’organismes marins, tels que les macroalgues, les éponges et les micro-organismes des trois domaines de la vie, pour des applications thérapeutiques et pharmaceutiques. Cette session explorera également les nutraceutiques innovants qui tirent parti de la biodiversité marine pour prévenir et traiter les maladies tout en favorisant le bien-être. En outre, les défis et les solutions pour surmonter les goulets d’étranglement liés à la production durable et au développement de produits seront abordés.


Omique et biotechnologie des algues marines


Dr. Matthieu GARNIER | Unité de recherche du département Océanographie et Dynamique des Ecosystèmes, IFREMER, France

Prof. Izabela MICHALAK | Wroclaw University of Science and Technology, Faculty of Chemistry, Department of Advanced Material Technologies, Poland


Le thème « Omique et biotechnologie des algues marines » se concentre sur l’étude des algues marines par le biais des technologies omiques, telles que la génomique, la protéomique et la métabolomique. Ce thème explore les propriétés génétiques et biochimiques des algues afin d’exploiter leur potentiel pour des applications dans les domaines de la biotechnologie, de la médecine et de l’agriculture, par exemple. Il met l’accent sur le développement de bioprocédés et de produits durables dérivés des algues marines. L’objectif est d’exploiter la diversité des algues pour trouver des solutions innovantes dans diverses industries.


Changement climatique, facteurs de stress environnementaux et biotechnologie marine


Prof. Anne-Marie TRÉGUIER | LOPS, CNRS, Université Bretagne Occidentale

Prof. Chris BOWLER | Institut de Biologie de l’École Normale Supérieure, Paris, France


Le thème « Changement climatique, facteurs de stress environnementaux et biotechnologie marine » examine les incidences des changements environnementaux mondiaux sur les écosystèmes marins et explore les solutions biotechnologiques. Ce thème vise à comprendre comment les facteurs de stress induits par le climat, tels que l’acidification et le réchauffement des océans, affectent la biodiversité et les ressources marines. Il met l’accent sur le développement de biotechnologies innovantes pour atténuer ces impacts et promouvoir la résilience des écosystèmes. L’objectif est de mobiliser la science pour une gestion durable des ressources marines dans un monde en mutation.


Approche innovante de l’aquaculture durable


Dr. Gercende COURTOIS DE VICOSE | Universidad de Las Palmas de Gran Canaria, Spain

Dr. Bastien SADOUL | Pôle Halieutique, Mer et Littoral, UMR DECOD, Institut Agro Rennes Angers, France


Les approches novatrices de l’aquaculture et de la pêche durables visent à faire progresser les pratiques qui concilient productivité et responsabilité environnementale et sociale. Ce thème explore les technologies de pointe, la gestion basée sur les écosystèmes et les méthodes efficaces en termes de ressources pour améliorer la durabilité de l’aquaculture et de la pêche. Il met l’accent sur la réduction de l’empreinte environnementale, l’amélioration de l’utilisation des ressources et la promotion de la conservation de la biodiversité. L’objectif est de garantir la sécurité alimentaire à long terme tout en protégeant les écosystèmes marins.


Biomatériaux et minéralisation


Prof. Antoine LE DUIGOU | IRDL Institut Dupuy de Lôme, Université Bretagne Sud UBS, France

Prof. Susana FERNANDES | Institut des Sciences Analytiques et de Physico-Chimie pour l’Environnement et les Matériaux- Université de Pau & Pays Adour, France


Les biomatériaux et la minéralisation explorent les processus naturels de la biominéralisation et leurs applications dans le développement de matériaux avancés. Ce thème se concentre sur la structure, la formation et les propriétés des minéraux produits par les organismes, tels que les coquillages et les squelettes de coraux. Il met l’accent sur les matériaux innovants bioinspirés par ces processus et destinés à la médecine, à la construction et à la technologie. L’objectif est d’exploiter l’ingéniosité de la nature pour trouver des solutions durables et fonctionnelles en matière de matériaux.


Nouveaux aliments issus de l’océan


Dr. Hélène MARFAING | CEVA Centre Etudes et de Valorisation des Algues, France
Prof. Concetta MESSINA | Department of Earth and Marine Sciences DiSTeM, University of Palermo, Trapani, Italia


La session « Nouveaux aliments issus de l’océan » se concentre sur l’exploration de nouvelles sources alimentaires durables dérivées des écosystèmes marins. Elle examine le potentiel des espèces marines sous-utilisées, telles que les algues, les micro-organismes, pour la nutrition et l’innovation culinaire. Cette session met l’accent sur le développement d’aliments fonctionnels et respectueux de l’environnement qui peuvent répondre aux défis mondiaux en matière de sécurité alimentaire. L’objectif est d’exploiter les diverses ressources de l’océan pour proposer des options alimentaires saines et durables.


Carbone bleu, bioénergie marine et biocarburants


Prof. Lieve LAURENS | National Renewable Energy Laboratory, Denver, USA
Prof. Céline LAROCHE | Institut Pascal, Université Clermont Auvergne, France


« Carbone bleu, bioénergie marine et biocarburants » explore le potentiel des solutions basées sur les océans pour atténuer le changement climatique et contribuer à la bioéconomie durable naissante, tout en promouvant et en intégrant les énergies renouvelables. Ce thème se concentre sur les capacités de piégeage du carbone des écosystèmes marins tels que les forêts de laminaires, les mangroves, les herbiers marins et les marais salants. Il examine également le développement de biocarburants marins et de bioénergie à partir d’algues et d’autres organismes marins, grâce à des récoltes et des élevages durables et à la mise en œuvre de processus innovants. L’objectif de cette session est de présenter des concepts qui exploitent les ressources de l’océan pour la production d’énergie durable tout en favorisant la résilience climatique et les communautés côtières.


Microbiologie marine, symbiose marine et écologie marine


Dr. Narsinh THAKUR | CSIR-NIO National Institute of Oceanography, Goa, India
Dr. Charlotte CORPOREAU | Laboratoire CNRS des sciences de l’environnement marin LEMAR, Ifremer, France


La session « microbiologie marine, symbiose marine et écologie marine » se concentre sur la compréhension des interactions complexes entre les micro-organismes et leurs hôtes dans un environnement marin en évolution. Ce thème explore le rôle des microbes dans les cycles nutritifs marins, dans la santé et la maladie des hôtes, et dans la durabilité environnementale. Il examine également les relations symbiotiques, où les organismes vivent en partenariat mutualiste, et leur importance écologique. L’objectif est d’approfondir notre connaissance des écosystèmes marins et de promouvoir leur santé et leur résilience.


Maladies et immunologie en aquaculture


Prof. Claire GACHON | Museum National d’Histoire Naturelle MNHN, France
Prof. Isabelle ARZUL | IFREMER, France


La session « Maladies et immunologie en aquaculture » se concentre sur la compréhension et la gestion des problèmes de santé des espèces aquatiques afin de garantir une exploitation durable. Ce thème explore les mécanismes de développement des maladies, les réponses immunitaires et les interactions pathogènes chez les algues, les poissons et les crustacés cultivés. Il met l’accent sur les stratégies innovantes de prévention des maladies, de diagnostic et de renforcement immunitaire. L’objectif est de soutenir la croissance de l’aquaculture en améliorant la santé des animaux et en minimisant l’impact sur l’environnement.


Innovation bleue, de la science à la politique


Dr. Emma QUILLEROU | AMURE, IUEM, France
Dr. Pierre FAILLER | Centre for Blue Governance, Portsmouth, UK


« Innovation bleue, de la science à la politique », se concentre sur la traduction de la recherche scientifique en politiques concrètes pour une gestion durable des océans. Cette session explore les solutions innovantes en matière de sciences marines, de technologie et de conservation qui peuvent éclairer les décisions politiques. Elle met l’accent sur la collaboration entre les chercheurs, les décideurs politiques et l’industrie pour relever les défis liés aux océans. L’objectif est de favoriser les stratégies fondées sur des données probantes qui soutiennent à la fois la protection de l’environnement et la croissance économique dans les secteurs marins.

3 masterclasses


Ingrédients et produits cosmétiques


Dr. Laurence MESLET-CLADIERE | LUBEM, UBO


La Terre est recouverte à 70 % de mers et d’océans. Cet environnement marin représente une source considérable de richesse économique. Cette richesse pourrait être encore bien plus importante si nous avions une meilleure connaissance de cet environnement en grande partie inexploré. Une étude menée par le WWF en 2015 sur l’économie des océans, intitulée Reviving the Ocean Economy, a indiqué que si les mers et les océans constituaient un pays, il se classerait au 7ᵉ rang des puissances économiques mondiales (Marine Cosmetics, 2024).

Les océans et les mers servent également de source d’inspiration pour les produits cosmétiques. Aujourd’hui, les consommateurs recherchent de plus en plus des produits du quotidien sains et innovants, ce qui stimule la recherche de nouveaux ingrédients issus de l’environnement marin. La Bretagne est le leader de la cosmétique marine en France, avec plus de 250 entreprises impliquées dans le secteur des cosmétiques, allant de la recherche de nouveaux ingrédients à la fabrication de produits cosmétiques, en passant par les centres de thalassothérapie utilisant des produits marins. De plus, la Bretagne joue un rôle clé dans la fourniture d’ingrédients marins au marché international.

Cette Master Class sur la cosmétique marine offre une opportunité unique de réunir les acteurs de la filière bretonne de la cosmétique marine et les participants du congrès IMBC 2025. Les discussions porteront sur des sujets tels que la recherche de nouveaux ingrédients innovants ou le développement de nouveaux tests de produits cosmétiques en lien avec la biotechnologie marine.


Défis d‘une approche multidisciplinaire de l’innovation

Explorer les microalgues arctiques ensemble


Dr. Johann LAVAUD | LEMAR, CNRS, IUEM

Dr. Betty QUEFFELEC | AMURE, UBO, IUEM


L’innovation consiste à travailler aux frontières des connaissances et des sciences actuelles, ce qui implique de nombreux inconnus. Elle repose sur la mobilisation réussie des sciences naturelles pour mieux comprendre l’environnement naturel, des sciences médicales pour tester des applications médicales potentielles, et des sciences économiques pour évaluer les facteurs pouvant favoriser ou freiner la capacité d’innovation. Une bonne compréhension du cadre juridique permet d’intégrer conservation, innovation et partage des bénéfices en impliquant les parties prenantes et les ayants droit.

L’objectif de cet atelier est d’aborder les défis liés à un dialogue efficace entre disciplines académiques, illustré par l’exemple des microalgues arctiques dans le cadre du projet ArDco.


Coproduits marins

Construisons ensemble des chaînes de valeur pour une économie bleue durable


Jean-Pascal BERGÉ | Upcyclink, France

Franck HENNEQUART | Algaia, France


La valorisation des coproduits marins, qu’ils soient d’origine animale ou végétale, représente un formidable potentiel d’innovation et de transformation pour l’industrie maritime. En combinant nos expertises complémentaires dans le traitement des algues et la valorisation des ressources marines, nous explorerons comment construire collectivement de nouvelles chaînes de valeur durables.

Cet atelier mettra en avant les nombreuses possibilités de valorisation – des ingrédients fonctionnels aux biomatériaux innovants – tout en examinant les conditions nécessaires à une collaboration réussie entre les acteurs industriels. L’accent sera mis sur les synergies potentielles et les opportunités de développement permettant de transformer ces ressources en solutions économiquement viables et respectueuses de l’environnement.

Télécharger le programme de la conférence

Conférence dirigée par

Prof. Claire Hellio et Prof. Nathalie Bourgougnon

Comité scientifique international

Prof. Song Qin (président IMBA)
Prof. Haruko Takeyama (vice-présidente IMBA)
Prof. Tiago H. Silva (président ESMB)
Prof. Concetta Messina (ancienne présidente ESMB)

Comité local d’organisation

UBO- LEMAR et LUBEM : Claire Hellio et Laurence Meslet
UBS – LBCM : Nathalie Bourgougnon​ et Alexis Bazire
Sorbonne Université : Simon Dittami et Catherine Leblanc​
MHNH : Nadia Améziane
Sous comité UBO : Stéphanie Madec et Zoe Morreeuw
Sous comité Sorbonne Université : Simon Dittami, Catherine Leblanc, Philippe Potin, Lionel Cladiere et Anne Claire Baudoux
Sous comité MNHN : Guillaume​ Massé
Sous comité UBS : Isabelle​ Linossier

Bienvenue en Bretagne

La conférence est organisée à Brest, dans les locaux de l’Université de Bretagne Occidentale (UBO), site de résidence de l’European Society for Marine Biotechnology depuis 2014. Des sessions seront également organisées à la station marine de Roscoff, la station marine MNHN de Concarneau et l’Université de Bretagne Sud permettant aux conférenciers de visiter des sites stratégiques.

Dotée d’un littoral vaste et riche, de compétences académiques et industrielles fortes (70 entreprises) sur l’ensemble de la région, la Bretagne s’est imposée comme un acteur de premier plan en matière de bioressources marines au profit de nombreuses industries :

  • Cosmétiques
  • Agroalimentaire
  • Utilisation des sous-produits de la pêche, des déchets de filetage et et des résidus de ramassage des coquillages
  • Emballage
  • Peintures
  • (C) Sébastien HERVE

  • (C) Mathieu Le Gall

  • ©Jean-Yves Guillaume

  • Frédéric Le Mouillour/Brest métropole océane

  • (C) Martin Viezzer

Brest est une métropole de 400 000 habitants, zone touristique autant que bassin de vie. De nombreux hôtels allant de 1 à 4 étoiles sont situés dans Brest avec des prix allant de 50 € à 150 € par nuit. Des chambres pour les étudiants sont également disponibles dans le centre de Brest à 10 min en tramway de Brest Arena. La ville et sa périphérie possèdent de nombreux équipements et points d’intérêt attractifs, tels que Océanopolis, les Ateliers des Capucins reliés au centre-ville par le premier téléphérique urbain de France, le Conservatoire botanique National de Brest. La ville a été récemment classée  » Ville d’art et d’histoire « . Innovante et ouverte sur le monde, Brest se distingue des autres villes françaises par ses liens avec le milieu marin, ainsi que par son secteur des sciences et technologies marines de pointe. C’est d’ailleurs du port de Brest que sont partis de grands explorateurs à la découverte de nouveaux mondes : La Pérouse, Kerguelen, Bougainville… Brest a une gare TGV en centre-ville et est doté d’un aéroport international proche du centre-ville, avec un service de navette et de tramway. L’aéroport international de Brest Bretagne propose quelques vols internationaux et un large choix de vols via Paris (Orly ou Charles de Gaulle).

Dates importantes


Date d’ouverture des inscriptions et de la soumission de résumés : 15 janvier 2025

Date limite de soumission des résumés : 15 Avril 2025

Date limite de sélection des résumés : 1er Mai 2025

Date limite d’inscription pour les présentateurs : 15 mai 2025

Date limite d’inscription pour les participants (sans présentation) : 30 mai 2025


Inscription et soumission des résumés sur le site web IMBC2025

Frais d’inscription


Chercheur, entreprise : 500€ HT

Chercheur, membre IMBA/ESMB : 450€ HT

Jeune chercheur, doctorant : 300€ HT

Ressources


Template pour les abstracts Recommandations pour les posters

Retour sur la conférence SILICAMICS 4

La série de conférences interdisciplinaires SILICAMICS, lancée en 2015, a pour objectif de mieux comprendre la biosilicification et la nature et l’importance des organismes siliceux dans les océans passés, contemporains et futurs. Elle élabore une approche intégrative qui inclut la physique, la chimie, la biogéochimie, la biochimie, la physiologie, l’écologie et la génomique. La quatrième conférence, qui s’est tenue à Moulin Mer (Logonna-Daoulas, France), a rassemblé plus de 50 scientifiques d’Amérique, d’Asie, d’Océanie, du Moyen-Orient et d’Europe.

Cette conférence a révélé les progrès accomplis s’agissant des bases moléculaires de la silicification ainsi que quant au transfert de silice dissoute depuis l’environnement vers les organes intracellulaires grâce aux protéines-SIT. La planète Terre abonde en végétaux contenant de la silice. Elle intervient comme atténuateur de stress biotiques ou abiotiques. S’agissant des océans, pour le domaine pélagique, en sus du rôle clef joué par les diatomées dans les couches superficielles dont le développement est notamment favorisé par la naissance de structures physiques à petite échelle, celui des radiolaires dans les couches profondes a été souligné. Dans le domaine benthique, les éponges siliceuses, dominantes dans les temps anciens, sont répandues tout à la fois en zones côtières aux zones abyssales. Leur intervention dans les écosystèmes côtiers commencent à être mieux compris. Parmi les flux qui contribuent à alimenter le cycle biogéochimique du silicium dans les océans l’importance du lessivage inverse (reverse weathering) a été confirmé et celle de la dissolution des sables questionnée. Des preuves de l’impact direct du changement climatique sur les écosystèmes marins polaires ont été fournies, en particulier pour l’océan Arctique, où la diminution rapide de la couverture de glace de mer affecte le fonctionnement des écosystèmes pélagiques et benthiques, ainsi que celui du biome de la glace de mer.

 

Télécharger le programme de la conférence

l’IUEM à la Fête de la Science 2024

Après la Nuit des Chercheurs vendredi dernier, c’est au tour de la Fête de la Science d’animer la rentrée scientifique du grand public, du 4 au 14 octobre 2024.

Les festivités finistériennes ont été comme chaque année concoctées par les formidables équipes d’Océanopolis.

L’IUEM sera évidement présent et bien représenté, notamment par Élodie Fleury (LEMAR)  ambassadrice finistérienne de la Fête de la Science.

Evénements à Océanopolis

Le Vendredi 4 octobre, à 20h30, à Océanopolis, une série de 3 tables rondes ouvrira les festivités.
Gauthier Schaal (LEMAR) participera à la Table ronde #1 : Biodiversité marine, une richesse à préserver.
Camille Lique (LOPS) et Elodie Fleury animeront la Table ronde #2 : Océan et climat, des échanges pour la vie.

Mardi 8 octobre à 20h30, toujours à Océanopolis, Paul Tréguer donnera une conférence  nommée « Jules Vernes : planète océan ».

Les 5, 6, 9 et 13 octobre, participez (sur inscription) aux visites guidées d’Océanolab et découvrez le projet Genormalg (LEMAR) sur les ormeaux face aux changements climatiques.

 

Speed searching avec les doctorant.e.s en sciences de la mer et du littoral

Le principe ? Autour d’un objet, échangez avec un jeune chercheur sur ses travaux, son quotidien… Après 7 minutes : changez de table pour rencontrer un autre scientifique et faire de nouvelles découvertes ! Répétez l’opération 5 fois pour faire connaissance avec la science. Rendez-vous le mercredi 9 octobre 2024 aux Enracinés ! (24 rue d’Aiguillon à Brest)
Deux créneaux sont proposés au cours de la soirée, chacun avec 5 jeunes chercheurs de disciplines différentes à rencontrer pour explorer l’océan tous tous ses angles : de 19h à 19h45 et de 19h45 à 20h30.

 

Le Village des Sciences

Du 10 au 13 octobre, le Village des Sciences sera installé au Quartz à Brest. Vous pourrez y trouver plusieurs stands animés par nos équipes :

« Les oméga 3 dans tous leurs états » (LEMAR /AMURE / IFREMER) : Les oméga 3 vous en avez entendu parler mais savez-vous vraiment à quoi ils servent ? Saviez-vous qu’il existe des oméga 3 terrestres & marins ? Savez-vous pourquoi les poissons bleus en contiennent autant ? Embarquez avec les scientifiques du projet ISblue OMEGA pour découvrir l’origine des oméga 3, leur importance pour la santé humaine & celle des écosystèmes marins. Parcourez le monde pour découvrir comment les scientifiques étudient ces oméga 3 marins sur le terrain & dans leurs laboratoires.

Evol’Iroise – En route vers le passé de la rade de Brest (Geo-Ocean / LETG / LEMAR) : Ce projet illustre le changement des paysages sous-marins de la Rade de Brest et du Pays d’Iroise depuis 10 000 ans, en lien avec la remontée du niveau marin et le réchauffement climatique Holocène. Cette histoire, reconstruite par l’étude des sédiments marins et littoraux, sera racontée à travers une maquette puzzle en bois en 3D, un poster numérique interactif, des carottes sédimentaires, et/ou différents échantillons-fossiles (pollens, foraminifères…). Durant le weekend, le stand sera complété par la VR mise au point par ImmerseaLab

« La  pollution plastique, du bassin versant à l’océan » (LEMAR « /LABOCEA) : Nous allons aborder, autour d’une maquette, la notion de bassin versant et du cycle de l’eau, ainsi que les impacts de la pollution par le plastique depuis le bassin versant jusqu’à l’océan et la durée de vie des déchets. Ensuite, avec les valises zéro déchet, venez découvrir et discuter des alternatives au plastique pour réduire la pollution avec des exemples concrets.

Climarctic (LOPS / AMURE / LEMAR / Ifremer) :  Le projet de recherche CLIMArcTIC invite à s’intéresser aux impacts globaux et régionaux du changement climatique en Arctique : réponses des conditions physiques et biogéochimiques de l’Arctique, intensification future du changement climatique, impacts associés sur les activités socio-économiques de la région, etc.

Abysses : qu’est-ce qui se passe au fond de la mer ? (Geo-Ocean) : Les océans couvrent 70% de la surface de notre planète, pourtant 95% des fonds marins demeurent inexplorés ! Étudier les abysses, c’est nous permettre d’en savoir davantage sur les éruptions sous-marines, les séismes sous-marins, et les tsunamis afin, un jour, de pouvoir les anticiper. C’est aussi étudier des milieux extrêmes marins afin de les préserver. Nous vous proposons un voyage dans les abysses à l’aide de cartes et d’outils, et de roches collectées lors de nos explorations sous-marines.

« Les super-pouvoirs de terres rares » (Geo-Ocean) : Les terres rares, que sont-elles exactement ? elles sont là, dans nos téléphones, nos LED, nos futures voitures ! Lutétium, Néodyme, Cérium, … Découvrez l’origine géologique des mystérieux minéraux qui les renferment ainsi que leur présence en Bretagne ! Depuis leur utilité pour reconstruire l’histoire des continents à travers les temps géologiques jusqu’à leur rôle essentiel pour une société du futur décarbonée, les terres rares sont au cœur de défis bien variés.

Un programme de mini-conférences viendra également ponctuer le weekend, vous y retrouverez là aussi plusieurs chercher.e.s de l’IUEM.

Les deux premières journées seront réservées aux scolaires, mais n’hésitez pas à aller rencontrer nos équipes durant le weekend !

Consulter le programme complet des événements finistériens

Réunions internationales des PHC Toubkal (Maroc) et Maghreb

Accueil des délégations marocaines, tunisiennes et françaises à l’UBO à l’occasion des réunions internationales des PHC Toubkal (Maroc) et Maghreb

Du 21 juin au 25 juin, l’IUEM a accueilli les membres des comités des Partenariats Hubert Curien (PHC) « Toubkal » et « Maghreb » à l’occasion de la tenue de leurs sessions annuelles.

Les partenariats Hubert Curien (PHC) soutiennent les échanges scientifiques et technologiques internationaux du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères (MEAE), avec le soutien du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (MESR). Les sessions organisées à Brest permettent de procéder à la sélection de nouveaux projets de recherche concernant toutes les disciplines scientifiques et de faire le point sur ces Partenariats avec le Maroc, la Tunisie et la France.

La délégation du PHC « Maghreb » était constituée de la Directrice du CNRST au Maroc, Mme Jamila EL ALAMI, du Directeur Général de la Recherche Scientifique en Tunisie, M. Mourad BELLASSOUED, du coordinateur du PHC MAGHREB, Jacques DEVERCHERE, des co-présidents français des comités bilatéraux, des attachés scientifiques des Ambassades de France à Rabat et Tunis, et des représentants des Ministères impliqués des 3 pays. Près de 40 projets déposés sur le site de Campus France PHC MAGHREB ont été discutés entre les partenaires.

La délégation du PHC « Toubkal » était quant à elle constituée de la co-présidente marocaine du Comité, Directrice du CNRST au Maroc, Mme Jamila EL ALAMI, du co-président français du Comité, M. Valery BOTTON, de l’attaché scientifique de l’Ambassade de France à Rabat, des représentants des Ministères impliqués et de 14 experts scientifiques tunisiens et français chargés de l’évaluation de plus de 100 projets déposés sur le site PHC TOUBKAL de Campus France.

Les sessions se sont tenues à l’IUEM et au PNBI et se sont déroulées dans une ambiance très cordiale et constructive.

 

Contact : Jacques Déverchère, UBO-IUEM et Cécile Berry

Site Web commun des PHC au Maghreb

Site de l’appel PHC MAGHREB

Site de l’appel PHC TOUBKAL

Sophie Mieszkin, Maître de conférences en écologie et physiologie microbienne au laboratoire BEEP

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

Suite à ma Licence de Biologie, j’ai réalisé le master de sciences biologiques marines à l’IUEM car j’étais intéressée par le domaine marin. J’ai effectué mon stage de master 2 à l’Ifremer de Plouzané et j’ai eu ensuite l’opportunité de continuer en thèse afin de développer des marqueurs de PCR en temps réel (Polymerase Chain Reaction, technique moléculaire permettant d’obtenir d’importantes quantités d’un fragment d’ADN), ciblant des bactéries appartenant à l’ordre des Bacteroidales, afin de discriminer l’origine humaine ou animale des contaminations fécales dans l’environnement littoral. Suite à l’obtention de mon doctorat en 2010, je suis partie 20 mois en post-doctorat en Angleterre à l’université de Birmingham pour faire de l’écologie microbienne en étudiant les interactions entre les biofilms bactériens et le recrutement des micro- et spores de macro-algues dans le contexte du biofouling. De retour en France, j’ai travaillé comme ATER à l’ESIAB car je voulais développer des compétences en enseignement, puis j’ai eu le concours de Maître de conférences en 2014. J’ai obtenu un poste à l’université de Lorraine où je suis restée 4 ans pour faire de l’écologie microbienne en environnement forestier. Je suis revenue ici, au laboratoire BEEP, en 2018 par mutation pour revenir à de l’écologie microbienne marine.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

Je connaissais déjà bien l’IUEM et savais ce qui se faisait dans les labos. Même si ma parenthèse écologie forestière était très intéressante, j’ai toujours été passionnée par les thématiques marines et j’avais gardé des contacts pour de potentielles opportunités.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Dès mon arrivée, je suis intervenue dans des enseignements de microbiologie, de la licence au Master MFA (microbiologie fondamentale et appliquée) de l’UFR sciences que je codirige avec Mohamed Jebbar.
En recherche, j’ai développé un nouvel axe en écologie et physiologie microbienne au labo et je m’intéresse donc aux microorganismes (bactéries et archées) impliqués dans le cycle du fer au niveau des sources hydrothermales marines profondes. Fait marquant, j’ai décroché une ANR JCJC IRON2MI il y a deux ans, qui me permet de construire ma petite équipe autour de cette thématique et de le lancer réellement. Entre autre, nous essayons d’isoler de nouveaux microorganismes capables de réduire ou bien d’oxyder le fer pour mieux comprendre les voies métaboliques impliquées dans ces réactions d’oxydation-réduction. En complément, nous utilisons des approches de metabarcoding (technique d’identification moléculaire permettant la caractérisation génétique d’un ensemble d’individus présent dans un échantillon à partir d’une courte séquence d’ADN) pour l’étude des communautés microbiennes et de metagénomique afin de reconstruire des génomes et tout particulièrement d’organismes impliqués dans le cycle du fer. Dans le cadre de cette nouvelle thématique et de l’ANR LIFEDEEPER, j’ai eu l’opportunité en octobre 2023 de participer à la campagne océanographique BICOSE 3. J’ai collecté moi-même des échantillons au niveau du champs hydrothermal TAG situé sur la ride medio-atlantique et de faire une plongée dans le Nautile.

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

Allez, une en enseignement et une en recherche. Quelques semaines après être recrutée à l’université de Lorraine, j’ai donné des TP de mycologie. J’étais en blouse et les étudiants aussi. Une étudiante fait un malaise, j’appelle alors un régulateur de l’université pour que l’étudiante puisse aller à l’infirmerie. Quand la personne arrive dans la salle, elle demande l’enseignant et je lui dis donc que c’est moi, or elle ne me croit pas et pense que je suis une étudiante. J‘ai dû batailler pour qu’elle me croie, heureusement les étudiants étaient de mon côté… Aujourd’hui cela ne m’arrive plus !
Souvenir aussi d’un congrès à Seattle où je réalise en présentation orale le vendredi matin dès la début de la session. Je partage une chambre avec un amie qui elle, a continué la fête après le gala du jeudi soir. Elle rentre tard (ou tôt) et pas forcément en pleine forme. Bilan, je ne dors pas beaucoup de la nuit et je la vois encore bien se marrer derrière ses lunettes noires quand je suis sur l’estrade…

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?
Évidemment ma plongée en Nautile à l’automne dernier avec des émotions variées : l’excitation, le stress, la joie et l’émerveillement. J’ai été très impressionnée par la technique et le savoir-faire des pilotes et au fond (quand on voit affiché -3650m), aucune peur (juste un peu de stress), que de l’émerveillement. Les 8h dans le Nautile passent trop vite !

Quels sont tes centres d’intérêt ?

J’ai fait beaucoup de plongée en mer d’Iroise dès la thèse puis aujourd’hui avec les enfants nous faisons du Kayak en famille. Je fais du vélo et de la randonnée. Toujours des sports de plein air. J’adore jardiner, observer l’évolution de mon jardin au fil des saisons et la résilience des plantes soumises aux tempêtes de la pointe du Finistère.

As-tu une devise ?

C’est dans nos différences que la beauté prend tout son sens (Zohra Aaffane).

Crédit photos

Johanne Aubé /Ifremer

Eva Pouder / UBO

Contact

Sophie Mieszkin / UBO

Sara Bazin, Physicienne adjointe à Geo-Ocean et DA Observation à l’IUEM

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

J’ai suivi une formation d’ingénieur à l’IST, qui a ensuite été rebaptisé Polytech Sorbonne. Mon domaine d’études portait sur la géophysique et la géotechnique, bien que j’ai rapidement identifié ma préférence pour la géophysique. C’est pourquoi j’ai décidé de faire mes stages d’études à Ifremer, où j’ai eu l’opportunité de travailler avec des experts tels que Bruno Marsset et Jacques Meunier.

Par la suite, j’ai effectué ma thèse à l’Institut océanographique Scripps à San Diego, axée sur l’étude des dorsales océaniques à l’aide de la sismologie marine. J’ai eu l’opportunité de travailler avec John Orcutt, pionnier dans le développement des sismomètres fond de mer (OBS). Il a conçu l’idée novatrice de déployer des OBS autour des dorsales et d’effectuer des tirs sismiques, afin d’évaluer les champs de vitesse pour en déduire la structure de la chambre magmatique de la dorsale ; c’est ce qu’on appelle la tomographie sismique. J’ai participé à la mise en œuvre de cet outil en mer et j’ai analysé les données pour obtenir des images du sous-sol. J’ai particulièrement axé mes recherches sur la dorsale du Pacifique, et j’ai soutenu ma thèse en 2000.

Lors mon post-doctorat Marie Curie à l’université de Cambridge, j’ai utilisé une autre façon de faire de la sismique. Nous avons tracté derrière le bateau une flûte sismique pour acquérir un cube en 3D, inspirée des méthodes d’exploration des compagnies pétrolières. Cela nous a permis d’imager de manière plus fine la chambre magmatique de la dorsale océanique. Cette méthode nous a aidé à illustrer les zones du toit de la chambre qui sont complètement liquides et que nous n’avions jamais pu voir auparavant.

Après un an de post-doctorat, j’ai été recrutée à l’IPGP (Institut de Physique du Globe de Paris) au sein du laboratoire Géosciences Marines. Mon rôle était de développer les géosciences marines dans les observatoires volcanologiques et sismologiques des Antilles. En 2003, j’ai été affectée à l’observatoire volcanologique et sismologique de Guadeloupe (OVSG). Sur place, j’ai participé à l’étude et à la gestion de la crise sismique des Saintes en 2004, qui demeure le séisme ayant causé le plus de dégâts en France au cours des dernières décennies. Mon approche impliquait le déploiement d’OBS autour de la zone de rupture.

En 2005, j’ai pris la direction de l’OVS de la Martinique, et au cours des 6 années aux Antilles, j’ai été témoin de petits tsunamis, ce qui m’a sensibilisée à ce risque. En 2009, j’ai obtenu le droit d’effectuer une année sabbatique pour me former à cette problématique, à Oslo, en Norvège. J’ai adoré la vie norvégienne et j’ai décidé d’y rester. L’institut qui m’accueillait m’a proposé un poste, que j’ai tout de suite saisi ; pour cela je me suis mise en disponibilité  pour raison familiale afin d’y rester.

Mon séjour en Norvège s’est poursuivi jusqu’en 2019 quand j’ai souhaité réintégrer la recherche française, et c’est ainsi que j’ai rejoint l’IUEM.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

Je connaissais le site depuis mes stages d’études en 1993 et 1994 à Ifremer. J’avais beaucoup plongé dans la rade de Brest et j’appréciais particulièrement la région. Je voulais définitivement travailler dans le domaine marin, et je ressentais une certaine frustration d’être à Paris. L’IUEM me semblait être l’endroit idéal pour reprendre mes recherches en géophysique marine. J’ai eu la chance, au moment où je souhaitais rentrer en France, de me rapprocher de Jean-Yves Royer, avec qui j’avais embarqué lors des campagnes SIRENA en 2002 et 2003. Jean-Yves m’a généreusement invité à intégrer son équipe et à utiliser son parc d’instrumentation. Je suis reconnaissante d’avoir eu cette opportunité de collaboration qui m’a permis de m’impliquer dans des projets intéressants dès mon arrivée à Brest en 2019.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Le statut corps national des astronomes et physiciens (CNAP) octroie 3 fonctions : Enseignement, recherche et observation. J’enseigne essentiellement en Master SML et au département de physique à l’UBO. J’encadre également des stagiaires et 3 doctorants en ce moment.

Ma recherche consiste à utiliser des réseaux d’hydrophones immergés sur des mouillages pour enregistrer les sons qui se propagent en pleine eau. Il y a plein de sources différentes (bateaux, séismes, éruptions volcaniques, icebergs…). Jean-Yves a maintenu le réseau OHASISBIO pendant 13 années et j’ai remarqué des signaux particuliers que nous avons par la suite interprétés comme le bruit généré par des coulées de lave avec notre doctorant Vaibhav Ingale.  En 2018, il y a eu une crise importante à Mayotte avec beaucoup de sismicité. Un volcan a poussé à 50 km au large de l’île et nous avons déployé 4 hydrophones autour de ce nouveau volcan sous-marin. Dans le cadre des campagnes MAYOBS, nous y retournons tous les ans pour remonter les mouillages, changer les piles, et récupérer les données. Grâce à cela, nous avons pu retracer comment l’éruption s’est déroulée, où se situaient les coulées de lave et quand elles se sont arrêtées. On enregistre également les sons générés par les mammifères marins et nous avons découvert 4 espèces différentes de baleines au large de Mayotte. Un doctorant, Richard Dréo étudie la saisonnalité de ces espèces. Nous avons pu donner leurs saisons de présence au Parc Naturel Marin, ces données sont importantes pour l’étude de la biodiversité de Mayotte.

Tous ces instruments génèrent des quantités importantes de données traitées à la main jusqu’à présent. Mon doctorant, Pierre-Yves Raumer, a commencé à développer des outils de traitement massif  grâce à l’IA ; ainsi  nous espérons gagner en rapidité et être plus efficace.

J’ai toujours été très impliquée dans les observations. En poste dans les observatoires volcanologiques, je me suis rendue compte de l’intérêt de croiser les observations de différentes disciplines. C’est souvent grâce à une approche interdisciplinaire que l’on arrive à comprendre certains processus. Et moi, je n’aime pas travailler seule dans mon coin, sur un sujet bien délimité, j’ai besoin de partager. L’IUEM est un outil formidable pour développer de l’interdisciplinarité et partager ce que l’on observe. Fred Jean m’a proposé de rejoindre l’équipe de direction. J’ai accepté pour l’assister dans son beau projet « de construire ensemble des communs ».

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

En Guadeloupe, la semaine dernière, j’ai retrouvé un collègue et nous nous sommes rappelés le séisme de 2004.  Nous avions énormément de travail à l’observatoire pour suivre toute cette sismicité en cours.  J’avais fait venir des OBS de Paris et je cherchais des volontaires pour m’aider à les mettre à l’eau. Je l’ai embarqué car il me disait ne pas avoir le mal de mer.  Mais à peine monté, il est devenu vert et a vomi toute la mission. Il n’avait jamais navigué… La semaine dernière il m’a avoué qu’il ne m’en voulait pas, mais qu’il ne remontera plus jamais sur un bateau. C’est dommage pour un îlien.

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ? 

Un souvenir mémorable de la campagne MAYOBS : elle a permis de découvrir un nouveau volcan et nous avons déployé une caméra tractée pour capturer des images des fonds marins. Lors de cette exploration, nous sommes passés au-dessus d’une coulée de lave, nous permettant ainsi de capturer des images rares de la lave chaude se déversant dans la mer.

Quels sont tes centres d’intérêt ? 

J’aime plonger dans les différentes régions que je visite. Le bonheur ultime est de pouvoir plonger en famille. J’ai moins le temps maintenant mais j’essaie de passer du temps dans la mer, comme de faire de l’aquagym entre copines toutes les semaines, et été comme hiver.

As-tu une devise ? 

C’est une expression créole « Tchimbé raid pa moli » qui signifie « Tiens bon, mollis pas ».

Pour dire ne lâche rien et tiens le coup !

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Bernd Etzelmüller / Université d’Oslo

Louise Garin

Valérie Ballu / LIENSs

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Sara Bazin / CNAP