Acidification de l’Océan, Fabrice Pernet invité de « La science CQFD »

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Lundi 27 octobre 2025, notre collègue Fabrice Pernet (Ifremer) était invité aux côtés Steeve Comeau (CNRS) dans « La Science CQFD » sur France Culture pour une émission intitulée « Acidification des océans : la limite est franchie ».

L’acidification océanique, récemment identifiée comme la septième limite planétaire franchie, résulte de l’absorption par les océans dune large part du CO2 émis dans l’atmosphère. Lorsque le CO2 se dissout dans l’eau de mer, il modifie sa chimie en augmentant son acidité et en réduisant la disponibilité des carbonates, essentiels à de nombreux organismes marins. Depuis le début de l’ère industrielle, le pH moyen des océans a diminué d’environ 0,1 unité, soit une augmentation de 25% de l’acidité. Ce phénomène, identifié au début des années 2000, continue de s’intensifier avec l’augmentation des émissions de CO2.
Les organismes calcifiants (coraux, huîtres, moules, oursins et certains phytoplanctons) sont particulièrement affectés. car ils peinent à former leurs coquilles et squelettes en carbonate de calcium dans une eau plus acide. L’acidification affecte le comportement de certains poissons, leur système nerveux et leur capacité à détecter les prédateurs. Ce phénomène menace la biodiversité marine dans sa richesse, mais aussi dans ses fonctions, ainsi que les activités humaines qui en dépendent (aquaculture, pêche et services écosystémiques).

Fabrice Pernet est, avec Fredéric Gazeau, auteur de l’ouvrage « L’acidification des océans. Quels effets ? Quelles solutions ? » publié aux éditions Quae.

 

L’émission complète est disponible en podcast sur le site web de Radio France.

 

« Neige Marine », nouveau stand de médiation du LEMAR a été présenté à la Fête de la Science

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Du 4 au 6 octobre dernier, le Village des Sciences était installé au Quartz à Brest pour accueillir un public nombreux venu profiter de la Fête de la Science 2025.

Le LEMAR  y a inauguré un nouveau stand de médiation grand public dédié à la neige marine et à la pompe biologique de carbone, à l’initiative d’une équipe constituée de Maeva Gesson, Brivaela Moriceau, Morgane Gallinari, Jordan Toullec et Sébastien Hervé.

La première édition de cette animation a rencontré un joli succès. Il était question de diatomées, de zooplancton, d’agrégats et du cycle du carbone dans l’Océan.

Le stand présentait :

  • des cultures de micro-algues et des spécimens imprimés en 3D
  • de l’instrumentation dédiée à la formation d’agrégats et à leur sédimentation jusqu’au fonds marins, notamment le Snowman », développé par Emmanuel Laurenceau-Cornec et pour lequel un habillage en bois orné d’une illustration en gravure laser a été conç ey réalisé à l’IUEM, avec l’assistance d’Etienne Poirier
  • des posters présentant les magnifiques travaux de Ernst Haeckel et Klaus Kemp, à la frontière en arts et science
  • un kakemono pour expliquer la pompe biologique de carbone et les processus complexes qui régissent ce cycle essentiel à la vie marine et au climat terrestre.

Workshop ClimClam au congrès international SYMPA à Arcachon

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La première édition de la conférence internationale SYMPA sur les palourdes japonaises et européennes s’est tenue à Arcachon du 8 au 10 septembre 2025, réunissant environ 150 scientifiques de plusieurs nations travaillant sur ces deux espèces. Le colloque a été organisé autour de 5 sessions thématiques :

  1. Traits d’histoire de vie ;
  2. Processus évolutifs et fonctionnels ;
  3. Interactions biotiques ;
  4. Habitat et facteurs environnementaux ;
  5. Pêche et gestion : de l’espèce à l’écosystème

Cet événement fut, pour le projet ClimClam, l’occasion de réunir tous les partenaires (UBO, CNRS, SB Roscoff, Univ. Padova, SATMAR) et d’organiser un workshop pour faire le point sur les résultats et perspectives du projet qui entame sa dernière année. Christine Paillard, Gwenaëlle Le Blay, Stéphanie Madec, Mélody Lebrun et Morgane Le Noc y ont représenté le LEMAR.

La conférence internationale SYMPA a permis de consolider les collaborations entre chercheurs européens, africains et asiatiques, et a fait émerger l’ambition d’un réseau international consacré aux palourdes, qui permettra de pérenniser les recherches initiées par l’IRP ClimClam.

 

Natalia LLOPIS MONFERRER reçoit le prix Biologie de terrain de la Fondation Maxwell/Hanrahan

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Cet été la Fondation Maxwell Hanrahan a décerné ses prestigieux prix de biologie de terrain à 5 chercheurs et chercheuses internationaux. Parmi les lauréats nous avons eu le grand plaisir de lire le nom de Natalia Llopis Monferrer !

Natalia à effectué sa thèse au LEMAR sous la direction de Paul Tréguer, encadrée par Aude Leynaert et Fabrice Not (SB Roscoff). Ses travaux de doctorat portaient sur les Rhizaires et leur contribution au cycle global du silicium. Après sa thèse, Natalia a effectué un premier post-doctorat au LEMAR avant d’obtenir une bourse Marie-Curie pour continuer ses recherches entre la Station Biologique de Roscoff et le MBARI aux USA.

Les prix de biologie de la Fondation, doté d’une récompense de 100,000 $, « récompensent et encouragent les chercheurs dont les travaux ont été sous-estimés, qui sont en début de carrière ou à un stade critique et qui font preuve de curiosité dans la recherche sur le terrain. Ces prix soutiennent les scientifiques à titre individuel, mettent en valeur leurs perspectives diverses et leur permettent de consacrer du temps à l’observation et à l’expérimentation qui nous aident à mieux comprendre le monde qui nous entoure. »

Félicitations à Natalia et, bien sûr, aux autres Lauréat.e.s !

Campagne DAUNPAPUA en Papouasie-Nouvelle-Guinée

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La campagne océanographique DAUNPAPUA, co-dirigée par notre collègue Eric Pante (LEMAR) et Sarah Samadi (MNHN), en collaboration avec Ralph Mana (Université de Papouasie-Nouvelle-Guinée) a débuté le 18 juin et se déroulera jusqu’au 29 juillet 2025, dans les eaux de Papouasie-Nouvelle-Guinée, à bord du navire océanographique ANTEA. Cette campagne constitue la cinquième expédition du programme Tropical Deep-Sea Benthos (TDSB) en Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG) et ambitionne de compléter la cartographie de la biodiversité benthique profonde dans une des zones les plus riches au monde : la zone économique exclusive (ZEE) de la PNG.

Objectifs scientifiques

La campagne DAUNPAPUA a trois objectifs majeurs :

  • Explorer le sud de la ZEE de PNG, une région encore largement inconnue malgré son potentiel en biodiversité marine, notamment les baies de Milne, Goodenough ou Dyka Ackland, et le golfe de Papouasie.
  • Étudier les mécanismes de connectivité entre les communautés benthiques profondes de la région pour comprendre comment les espèces se dispersent et évoluent.
  • Analyser les processus évolutifs responsables de la richesse faunistique du sud-ouest Pacifique, à travers des prélèvements dans divers habitats : monts sous-marins, canyons, suintements froids, etc.

Ces objectifs s’inscrivent dans une approche de taxonomie intégrative couplant données morphologiques, génétiques et écologiques, visant à mieux cerner la structuration biogéographique et la dynamique évolutive des espèces profondes.

Contexte historique et scientifique

Le programme TDSB, initié dans les années 1970, a permis d’organiser plus de 70 expéditions et de publier plus de 1500 articles scientifiques. En PNG, les expéditions antérieures (BIOPAPUA, MADEEP, PAPUANIUGINI, KAVIENG) ont conduit à la découverte de centaines de nouvelles espèces, consolidant le rôle de la région comme un hotspot de biodiversité marine mondiale. Toutefois, une grande partie du sud de la ZEE reste inexplorée.
Historiquement, la région a été peu couverte par les grandes expéditions océanographiques du XXe siècle. Les rares données existantes sur la faune profonde de PNG proviennent de zones hydrothermales très spécialisées, laissant l’essentiel de la biodiversité benthique encore inconnue.

Plan de navigation de la campagne DAUNPAPUA

Un territoire exceptionnel

La Papouasie-Nouvelle-Guinée est située au cœur du Triangle de Corail, une zone qui abrite environ 75 % des espèces mondiales de coraux. Bien que la biodiversité terrestre et côtière soit relativement bien documentée, la faune des grands fonds reste largement méconnue. Le projet DAUNPAPUA vise à combler ce manque, en apportant des données cruciales pour la recherche fondamentale et la conservation.

Sensibilisation et ancrage local

DAUNPAPUA ne se limite pas à la recherche : elle inclut un volet de sensibilisation active. Deux programmes de médiation scientifique sont prévus à Port Moresby et Alotau, en partenariat avec l’UPNG. Ils réuniront des chefs tribaux, des représentants d’institutions locales et de l’ambassade de France, autour de présentations et d’expositions de spécimens . Ces actions visent à valoriser les savoirs scientifiques auprès des communautés locales et à encourager un dialogue autour de la gestion durable des ressources marines.

Enjeux internationaux : UNOC 2025

La campagne s’inscrit dans le contexte de la 3e Conférence des Nations Unies sur les Océans (UNOC 2025). Elle répond directement aux objectifs de développement durable liés à la conservation des océans (ODD 14) en renforçant les connaissances sur les écosystèmes profonds, essentiels mais vulnérables, et souvent ignorés dans les stratégies de protection marine. L’intégration des données de DAUNPAPUA dans les grandes bases internationales contribuera à une meilleure gouvernance mondiale de la biodiversité marine.

 

La campagne DAUNPAPUA est une opération scientifique, diplomatique et pédagogique d’envergure internationale. Elle renforce le rôle du MNHN dans la recherche en biodiversité marine et affirme l’engagement de la France aux côtés des pays du Sud dans la préservation du patrimoine naturel mondial.

Suivre la campagne DUANPAPUA sur le blog d’Eric PANTE

 

La campagne dans la presse :

 

Laboratoire LEMAR – 2018