Blue LEMAR

Engagement écoresponsable du LEMAR

Le groupe de travail (GT) Eco-Responsabilité du LEMAR a été créé en 2018 suite à une volonté commune des agents et de l’équipe de direction. Ce GT anime plusieurs thèmes traitant du transport domicile-travail, des missions, du numérique, de l’énergie, des déchets, de l’alimentation, et un nouveau thème va être discuté sur la ressource eau.

Le LEMAR s’est engagé dans l’expérimentation Labos1p5 (Expé-1point5) pour être un des 23 laboratoires pilotes du GDR Labos 1point5, suite à une assemblée générale (AG) présentant la démarche puis un vote de l’ensemble du laboratoire en janvier 2021. En outre, le LEMAR co-anime l’Expé-1point5 avec l’UMR MERIT (Ragueneau and Sabbagh, 2024). Cette expérimentation vise à explorer différentes façons de stimuler des réductions des émissions de GES dans les laboratoires de recherche. Plusieurs dispositifs (sensibilisation, économiques comme la taxe ou les quotas, ou règlementaires, https://labos1point5.org/kit-1p5) sont proposés aux laboratoires qui font partie de l’expérimentation.

Figure 1 : Actions menées au LEMAR

Depuis l’entrée du LEMAR dans l’Expé-1point5, de nombreuses actions ont été et sont menées au LEMAR (Fig. 1) dont voici un résumé :

Bilans Gaz à Effet de Serre

Les bilans de Gaz à Effet de Serre (GES) du LEMAR ont été réalisés de 2019 à 2025 (Fig. 2) à l’aide de l’outil GES 1point5 dans le cadre de deux stages de Master et d’IUT et d’un contrat à durée déterminée. Le bilan de l’année 2019 est notre année de référence. Il montre une empreinte carbone de l’unité d’environ 1892 teCO2, équivalent à une empreinte carbone individuelle de 12±1 tonnes eCO2. Le bilan 2024 montre une diminution globale de 42% avec une empreinte carbone de l’unité d’environ 1572 teCO2, équivalent à une empreinte carbone individuelle de 6.8±0.8 tonnes eCO2. Nous sommes donc pour l’instant en accord avec l’objectif voté de -55% d’émissions GES entre 2019 et 2030 (équivalent -7% par an entre 2019 et 2024), confirmé par le bilan 2025 qui s’établit à 1469 teCO2, équivalent à une empreinte carbone individuelle de 6,3±0.6 tonnes eCO2 (-47% depuis 2019). Cette réduction a touché quasiment tous les postes. Elle est liée au bâtimentaire (-51% entre 2019 et 2024) (dû à l’installation d’une chaufferie biomasse sur le technopôle et d’une pompe à chaleur pour la structure expérimentale d’Argenton en replacement de l’usage de fuel), à une baisse du nombre de missions et un report des trajets nationaux de l’avion vers le train (soit -67%), à une diminution de l’empreinte des achats (-32%) (baisse du nombre des achats et amélioration environnementale des fournisseurs). En effet, le coût est converti en eCO2 via des facteurs d’émission auparavant figés qui sont maintenant définis annuellement par l’Ademe puis intégrés à l’outil 1.5 pour prendre en compte l’inflation et les critères environnementaux des fournisseurs (ce qui souligne l’importance du SPASER)

Figure 2. Evolution des BEGES du LEMAR de 2019 à 2025

Actions de sensibilisation

Des actions de sensibilisation, par exemple la réalisation et diffusion d’un poster sur le coût du numérique, la participation à des fresques comme celle du climat ou du numérique (Fig. 3), au jeu « Ma Terre en 180 », des discussions sur la sobriété expérimentale pour optimiser les plans d’expérience, les partager et les mutualiser.

Figure 3 : Restitution de l’atelier sur l’effet papillon du numérique

Séminaires d’acculturation

Des séminaires d’acculturation sur des thèmes liés aux multifacettes de réduction possible (Par ex., taxe carbone, quota, compensation, Eurovert) donnés le plus souvent par des invités spécialistes de chacun de ces thèmes.

Actions opérationnelles

Des actions opérationnelles traitant de plusieurs sujets comme :

  • le covoiturage pour les trajets domicile-travail avec l’utilisation de la plateforme Ouestgo.fr,
  • l’aide à la mobilité douce vélo avec la création d’un atelier de réparation et l’installation d’abris à vélo ;
  • le passage d’une partie des surgélateurs de -80°C à -70°C ainsi que le tri annuel des échantillons (voir ci-dessous),
  • la production et diffusion d’une charte zéro déchet pour tout évènementiel qu’il soit scientifique ou convivial

Usage des plastiques

Des actions de sobriété ont été mises en place pour l’usage  des plastiques dans notre vie quotidienne professionnelle (installations d’îlots de tri multi-flux dans les bâtiments, recyclage des mégots de cigarettes, installation de fontaines à eau) et lié à notre activité de laboratoire. En effet, fort du constat que la recherche en sciences de la vie utilise environ 6 millions de tonnes de plastique annuellement (Urbina et al., 2015) ce qui revient à dire qu’un scientifique utilise 15-20 fois plus de plastique qu’un citoyen européen, le LEMAR s’est engagé dans le calcul de son empreinte plastique. Il s’agit de réaliser le bilan des plastiques de laboratoire à usage unique acheté sur une période donnée. Nous l’avons réalisé pour 4 années en identifiant toutes les commandes relatives aux codes Nacre identifiés comme plastique de laboratoire à usage unique qu’il faut ensuite multiplier par les facteurs d’émission monétaire (réhaussé de 40% pour considérer l’incinération en fin de vie). Il faut préciser que cette méthode ne prend pas en compte les emballages, les bidons de produits chimiques, ou des parties d’instruments en plastique [Une procédure plus précise, mais plus bien lourde à mener, est d’utiliser le facteur d’émission physique moyen (650 gCO2e/kg2 ; incertitude 20%) après voir pesé la masse de plastique pour chaque type de produit commandé/consommé ramener à la consommation annuelle]. Notre empreinte plastique varie de 34 TeqCO2 pour 2019, 49 TeqCO2 en 2023, 32 TeqCO2 en 2024, à 27 TeqCO2 en 2025, soit une moyenne annuelle de 36 TeqCO2. Ces ordres de grandeur montrent une variabilité interannuelle élevée lié à la variabilité des commandes (équipements, projets, campagnes), et possiblement à un rattrapage post-COVID pour 2023. Des artefacts méthodologiques existent également : des incertitudes élevées avec la méthode monétaire (± 30 % en ACV monétaire) sensible aux variations de prix (inflation 2022–2023), et dépendante de la classification des codes Nacre associés aux plastiques de laboratoire. L’empreinte plastique du LEMAR représente 5,2% du BGES des achats, c’est-à-dire 1,8% du BGES total du LEMAR. Dans la littérature “Green Labs”, une réduction de 10-30 % est possible grâce à des procédures de mutualisation des commandes et des stocks, à être vigilant aux achats lors de la clôture des budgets, à utiliser plus largement de la verrerie et un système de laverie, à optimisation des protocoles pour réduire la masse de plastique utilisé (Éco-conception), et au tri et recyclage des plastiques de laboratoire non-souillés que nous menons au LEMAR pour les broyer en granulés et créer de nouveaux objets. De plus, le LEMAR est associé au groupe de travail inter-instituts RedplastUp dont l’objectif est de développer une librairie de protocoles sobres, écoresponsables, à disposition de tous les laboratoires ayant l’ambition de réduire sa consommation de plastique, ainsi qu’un simulateur permettant d’évaluer quantitativement l’empreinte environnementale de ces protocoles. Ces deux outils, qui seront rendus librement disponibles via la plateforme du GDR Labos 1point5, ont l’ambition de faciliter la transformation des pratiques de la recherche.

Notre démarche est fortement bottom-up et basée sur le volontariat, la motivation et le dynamisme des scientifiques et administratifs du LEMAR. Elle est aussi validée par des AG suivies par un vote de l’ensemble des personnels. La dernière AG, réalisée en mars 2023, a validé l’objectif de réduction calqué sur les accords de Paris, -55% pour 2030 par rapport à notre année de référence 2019 ce qui équivaut à une baisse d’environ 7% par an, et la neutralité en 2050 (c’est-à-dire un maximum de 2 tonnes par personne incluant professionnel et personnel).

Cette AG a aussi validé notre méthode de travail en votant pour l’utilisation d’un plan de réduction individualisé et personnalisé (préGAP) qui engage l’ensemble du personnel sur des actions communes avec un minimum de 10 actions en 2023 (14 actions en 2024, ce nombre augmente chaque année), personnalisées, choisies suivant la capacité, le travail, et la sensibilité de chacun.e. Ce préGAP a été rédigé par le groupe d’animation du GT Eco-responsabilité en essayant de retranscrire au mieux les discussions et conclusions des ateliers dédiés à l’eco-responsabilité qui ont eu lieu aux journées annuelles du LEMAR rassemblant l’ensemble du personnel de l’unité. Cet engagement préGAP sera demandé au personnel chaque année via un questionnaire en ligne.

Parmi les actions communes du préGAP, certaines sont des actions simples et de bon sens comme prendre le train pour les trajets nationaux, éteindre ordinateur/écran et équipements de laboratoire tous les soirs, quand d’autres sont des actions fortes d’engagement comme celle d’aborder sa démarche de réduction d’empreinte carbone lors de l’entretien individuel et/ou du rapport d’évaluation et de faire son bilan carbone individuel professionnel tous les ans utilisant l’outil 1.5 monpetitcarbone encore non exhaustif. Les actions personnalisées du préGAP à choisir sont organisées en grands thèmes (missions, trajets domicile-travail, achats et matériel informatique, campagnes en mer, expérimentation, numérique et engagement collectif), et balaient un large choix. En voici quelques exemples : « Je ne prends plus de vol long-courrier pour une participation isolée à une conférence internationale » ; « Je m’engage à organiser des évènements zéro déchet et locaux » ; « Je m’engage à x jours de mobilité douce/alternative par semaine » ; « Je fais le bilan carbone de la campagne ou de l’évènement que j’organise » ; « Je m’engage à participer à la réflexion et à l’animation du GT Eco-responsabilité du LEMAR ».

L’exemple du tri des échantillons organisé chaque année en décembre sous l’impulsion du personnel technique qui gèrent les laboratoires, est une réussite collective. Cette journée de tri de nos échantillons qui n’ont plus vocation à être conservés (analyses achevées et articles associés publiés) permet de jeter 20 à 30% des échantillons annuellement et de gagner une place substantielle dans les bidons d’azote, surgélateurs, et congélateurs. Cette action nous permet de ne pas augmenter notre parc de matériel de stockage voire de le diminuer : depuis 2022, suppression de 5 bidons soit une réduction annuelle estimée à 800 litres d’azote liquide soit 320 ekgCO2 (basée sur la valeur de l’utilisation de l’azote liquide à 0.4 kgCO2/ L N2) et d’un surgélateur soit une réduction annuelle de 6200 KW (basée sur la consommation donnée par le constructeur de 17 KW/jour). Ceci a été stimulé par le fait que dans le PréGAP, le tri des congélateurs/surgélateurs est une des actions potentielles à cocher dans nos engagements personnels écoresponsables au laboratoire, et complété par des fiches d’information mises à disposition sur le préGAP comme celui du coût de conservation d’échantillons biologiques.

Finalement, les bilans GES individuels annuels et le bilan GES du LEMAR nous permettent un suivi de l’efficacité de notre approche basée sur la sensibilisation et le volontariat, et des actions proposées, ce qui in fine permet d’améliorer le préGAP d’année en année.

Via le volet d’accompagnement de l’Expé-1point5, nous mettons à disposition les différents outils et actions que nous testons et/ou mettons en œuvre pour réduire notre empreinte carbone au sein de la plateforme collaborative Labo1point5 pour faciliter l’échange d’idées, le partage de bonnes pratiques, le retour d’expérience et la résolution collective des problèmes entre les laboratoires nationaux.

En résumé, les principales actions que nous avons menées au LEMAR sont listées ci-dessous et reportées sur la plateforme Transition1point5 :

Références citées dans le texte :
Ragueneau, O., Sabbagh, A., 2024. From carbon to meaning: Experimenting for sustainable science. ONE EARTH 7, 747–750. https://doi.org/10.1016/j.oneear.2024.04.015

Urbina, M. A., Watts, A. J., & Reardon, E. E. (2015). Labs should cut plastic waste too. Nature, 528(7583), 479-479.

Laboratoire LEMAR – 2018