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Simona Niculescu, Enseignant-chercheur en géographie au LETG-Brest

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

J’ai préparé ma thèse entre 1998 et 2002 au laboratoire de Biogéographie et Écologie du CNRS/ENS (École Normale Supérieure de Fontenay Saint-Cloud). La soutenance a eu lieu le 20 février 2002 à la Sorbonne Paris IV. Le sujet de la thèse était centré sur l’évolution du paysage par télédétection (observation de la Terre par satellites) : Approche géographique de la dynamique des paysages du Plateau de Fălticeni (Roumanie).

Entre 2002 et 2003, j’ai fait un post-doc à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) à Paris dans un laboratoire de mathématiques appliquées aux sciences sociales (CAMS) avec un sujet orienté sur l’élaboration des statistiques spatiales agricoles à partir des images satellites pour les pays ex-communistes. Puis en 2003, je suis arrivée pour la première fois en Bretagne dans le cadre d’une conférence organisée par l’École Navale de Lanvéoc-Poulmic. Suite à cette conférence, j’ai été recrutée pour 1 an en tant qu’enseignant-chercheur associé en télédétection. A l’École Navale, j’ai commencé à aborder des thématiques marines par télédétection tout en côtoyant des chercheurs en hydrographie (observation des eaux et des mers). Enfin, en septembre 2004, j’ai été recrutée sur concours à l’UBO.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

Étant donné que le poste correspondant au concours UBO était rattaché à GEOMER, j’ai intégré tout naturellement l’IUEM.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Côté enseignement, je forme à la télédétection à l’IUEM dans le cadre du master EGEL et du mastère Energies marine renouvelables de l’ENSTA. J’enseigne aussi la télédétection et la géographie plus générale (régionale, géopolitique) en licence à la Fac de Lettres Victor Segalen de Brest et à l’international à l’Université franco-vietnamienne de Hanoi (niveau master).

En termes de recherche, j’ai obtenu 3 ans de délégation CNRS (2009-2011 et 2019-2020) pendant lesquels je me suis dédiée intégralement à la recherche. Durant ma première délégation CNRS (entre 2009 et 2011), j’ai pu préparer mon habilitation à diriger des recherches (HDR) soutenue le 24 novembre 2015 à l’Université de Sorbonne Paris IV. Pendant la période de préparation de mon HDR, j’ai commencé à travailler sur la méthodologie de Machine Learning (apprentissage automatique, y compris l’apprentissage approfondi) appliquée aux zones côtières de différentes régions du globe (delta du Danube, delta du Mékong, littoral Ouest de l’Algérie, Pays de Brest). Pendant ma troisième année de délégation CNRS (2019-2020), j’ai effectué une année de mobilité géographique à l’Université de Californie Santa Barbara dans le laboratoire VIPER (Visualization & Image Processing for Environmental Research, UCSB Geography Department) spécialisé en télédétection et en machine Learning.

Après mon HDR, j’ai réalisé plusieurs projets de recherche structurés par la même thématique (applications de la méthodologie Machine Learning en télédétection aux zone côtières) : j’ai obtenu une Chaire Jean Monnet (2018-2022) avec une conférence à la clé en mai 2022, un projet Fondation de France (2018-2022) sur le pays de Brest, Hubert-Curien Tassili avec l’Algérie et plusieurs projets CNES. Ce mois-ci, j’ai assisté à la première soutenance de thèse de l’un de mes doctorants et depuis 2015, j’ai eu l’occasion d’encadrer 5 doctorants (vietnamien, 2 algériens, chinois et gabonais).

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

En Californie (à Santa Barbara), j’étais hébergée dans un petit centre (qui louait des chambres et des appartements) et dans la salle de discussion des contrats, j’ai découvert une énorme carte ancienne de Paris en 1850 affichée au mur. Ça m’a fait plaisir de trouver cette carte à l’autre bout du monde !

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

J’en ai plusieurs : lorsque j’ai récupéré mon bureau face à la mer, la 1ère soutenance de thèse de l’un de mes doctorants le mois dernier, le résultat de ma Chaire correspondant à la satisfaction de mon travail et quand j’ai exploré la côte Pacifique en Californie.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

J’aime beaucoup cuisiner français (par exemple, soufflé de fromage, salade…), la nature en général, j’aime y passer du temps (randonnée). Je suis amoureuse de la Corse et y suis allée 2 fois, le temps de bien la découvrir.

As-tu une devise ?

« Fonce, ne baisse jamais les bras ! »

 

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Sébastien Hervé / UBO

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Simona Niculescu / UBO

Éric Machu, Chercheur IRD au LOPS sur les liens Environnement et ressources marines

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

J’ai fait des études de physique et ai obtenu ma thèse en 2000 à l’Université Paul Sabatier à Toulouse avant de m’orienter vers la thématique couplée physique-biologie. J’ai travaillé sur les premières données issues du capteur de couleur de l’eau (chrophylle a) SeaWiFS dans la région du Courant des Aiguilles, qui se situe au niveau de l’océan Indien et qui tire son nom du cap sud-africain des Aiguilles. J’ai étudié le couplage physique-biogéochimie, le lien entre la dynamique et la production de phytoplancton en Afrique du Sud. J’ai aussi analysé les processus physiques responsables de l’enrichissement des eaux de surface à partir de la télédétection et de la modélisation.

Après la thèse, j’ai fait un postdoc au Centre européen de recherche et de formation avancée en calcul scientifique (CERFACS) à Toulouse pendant 2 ans. J’ai travaillé sur l’assimilation de données dans un cadre de prévision climatique saisonnière, l’assimilation permettant de contraindre la trajectoire des simulations numériques à rester proche des observations. Ensuite, je suis parti faire un postdoc en Afrique du Sud dans l’équipe Éco-Up, unité de recherche IRD qui avait pour thématique de recherche les écosystèmes d’upwelling. En 2004, j’ai intégré cette unité basée à Sète en tant que chargé de recherche IRD après avoir réussi le concours externe. Mon projet était d’étudier la variabilité de l’environnement sur les stocks de petits poissons pélagiques (sardine, anchois notamment). Cette unité avait un projet d’étude comparée des principaux systèmes d’upwelling et j’ai été affecté à l’Institut National de Recherche Halieutique au Maroc.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

En 2008, l’unité a été restructurée en raison de la création des Unités mixtes de recherche (UMR). J’ai été affecté au LPO, ancien LOPS, car les physiciens avaient choisi de venir à Brest. Vu que mon amie était en Norvège, je suis parti en disponibilité à l’Université d’Oslo pendant 2 ans.  Après, j’ai acheté un bateau puis ai navigué pendant 8 mois. J’ai même vécu sur mon bateau pendant 2 ans à Brest. Je suis arrivé à l’IUEM en 2010 et n’avais pas pleinement conscience de l’importance de l’Institut quant à la qualité des recherches qui y sont menées.

Que fais-tu à l’IUEM ?

En 2010, je suis venu donner un 1er cours de physique à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar au Sénégal. Je travaillais dans le cadre du laboratoire mixte international ÉCLAIRS 1 sur l’Étude du climat en Afrique de l’Ouest » créé en 2012 en partenariat entre des laboratoires français et sénégalais. Je passais environ 6 mois de l’année entre le Maroc, le Sénégal et l’Afrique du Sud.

En 2014, je suis parti pendant 6 ans au Sénégal. J’étais le seul océanographe affecté sur place et j’ai donc animé la thématique océan du LMI ECLAIRS, formé des étudiants de niveau Master, des thésards et j’ai monté des projets de recherche. L’objectif de nos implications au Sénégal est notamment de pérenniser les capacités d’observation de leur environnement marin. Il y a aussi une forte demande de formations professionnalisantes. Ainsi, je réserve mon énergie aux étudiants du Sud. Il est très gratifiant d’amener des étudiants jusqu’à la thèse.

Ma thématique de recherche est toujours la même, à savoir comment l’environnement impacte la ressource, mais c’est l’outil qui a changé puisque l’observation est venue remplacer la modélisation. Au début, faute de financement, les premières mesures ont été réalisées en instrumentant mon voilier avec lequel j’ai fait la traversée Brest-Dakar. Je coordonne afin de donner un nouvel éclairage sur la zone et de dynamiser la recherche de partenariat.

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

Lors d’un vol, j’ai voulu faire passer une malle avec de l’instrumentation pour une valeur de plus de 50 000 euros et suis resté bloqué 3 heures à l’aéroport.

Sur le terrain, accompagné de Yoann Thomas, nous avons demandé de cuisiner une partie des arches (coques) collectées. En mangeant mon assiette, je suis tombé sur une perle parfaitement ronde que j’ai fait monter sur une bague pour un cadeau …

Le laboratoire dans lequel je suis à Dakar est contributeur du prix Nobel du GIEC. Le directeur a souhaité venir en France pour une soutenance mais son visa lui a été refusé. Furieux, j’ai publié un article de blog sur Mediapart et l’ambassade de France l’a contacté pour lui demander qui avait écrit cet article qui était remonté au travers de média sénégalais. Il n’a rien dit et m’a couvert.

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

Probablement des instants fugaces lors de missions d’observation en mer. Je suis resté marqué par ma première campagne vers les îles du Prince Edouard au Sud de l’Afrique du Sud. La région du Siné Saloum au Sénégal est également source de grandes contemplations. J’avoue aussi que les soutenances des étudiants sont vraiment des moments très émouvants pour moi.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

La mer sous toutes ses formes, la confrontation des cultures.

As-tu une devise ?

Petit à petit l’oiseau fait son nid en wolof ?

Danke danke moy niakh golo ci niaye ?

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IRD

Contact

Éric Machu / IRD

Virginie Thierry, Océanographe physicienne Ifremer au LOPS

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

Je suis diplômée de l’Ecole nationale supérieure de mécanique et d’aérotechnique (ENSMA) en mécanique des fluides. J’ai obtenu ma thèse à Ifremer en 2000 sur l’étude de la propagation d’ondes équatoriales dans l’Atlantique à partir d’observation. Les ondes permettent de propager sur de grandes distances l’énergie apportée à l’océan par des forçages extérieurs. Pendant ma thèse, j’ai étudié comment des ondes forcées en surface par le vent se propagent en profondeur et mettent en mouvement l’océan au-delà de 2000m de profondeur.

Ensuite, j’ai fait un Postdoc à la SCRIPPS Institution of Oceanography. Je travaillais toujours sur la dynamique des ondes équatoriales mais dans le Pacifique. Cette fois, mon étude était basée sur un  modèle numérique représentatif de l’état de l’océan.

Observer, comprendre et modéliser, a toujours été au cœur de mon activité de recherche. C’est ce que j’ai fait pendant ma thèse et  mon post-doc et que j’ai poursuivi à Ifremer après mon recrutement en 2002 en tant que cadre de recherche. Cette approche est indispensable à l’heure actuelle pour évaluer et anticiper la réponse de l’océan au changement climatique.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

J’ai choisi le LPO (LOPS) car je voulais devenir océanographe et continuer mon activité de recherche sur la physique des océans ; ce qui correspondait à mon expérience, à mes études et à mes souhaits en terme de carrière. L’environnement de travail était aussi très favorable car l’IUEM est l’un des meilleurs centres français d’océanographie. Le LPO offrait aussi une opportunité d’être une océanographe aux pieds mouillés comme je rêvais d’être et donc de participer, voire même de monter des campagnes en mer et faire des observations sur le terrain.

La proximité de la mer est aussi un élément déterminant.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Je suis chercheure en océanographie physique et travaille sur la dynamique du  gyre subpolaire de l’Océan Atlantique Nord. Mon activité est essentiellement basée sur l’analyse de données in situ, issues de campagnes océanographiques notamment. J’ai été chef de mission en 2015 et 2017 de deux campagnes du projet RREX pour étudier l’impact de la ride de Reykjanes (une montagne sous-marine au sud de l’Islande), sur les courants marins entre la surface et le fond.

Je travaille aussi à partir des flotteurs ARGO et suis fortement impliquée dans la contribution française à ce programme au niveau européen et international. Argo est un réseau de 4000 instruments autonomes qui mesurent la température et la salinité jusqu’à 2000 m de profondeur. Je contribue à l’extension de ce réseau vers des mesures de l’oxygène dissous et vers des mesures au-delà de 2000 m. Je suis d’ailleurs responsable du projet Argo-2030 retenu suite à l’Appel d’Offre pour les Equipements Structurants pour la Recherche (ESR/Equipex+) dont un des objectifs est de mener une expérience pilote avec des flotteurs Argo pouvant descendre jusqu’à 6000 m. Ce projet s’inscrit dans la continuité de l’Equipex Naos.

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

Les campagnes en mer sont assez rudes, notamment les campagnes RREX au sud de l’Islande au cours desquelles nous ne voyions ni bateau ni côte pendant 1 mois. En 2015,  nous étions dans un brouillard permanent avec une température de 6°C dans l’eau et dans l’air. Quand nous nous sommes rapprochés des côtes d’Islande, nous nous sommes accordés une partie de pêche à la morue que nous avons mangée sur le bateau. C’était un petit moment de grâce apprécié par tous.

J’étais au village des sciences pendant les fêtes maritimes de Brest 2016 et j’ai vu François Hollande y faire un bain de foule. J’ai même une photo avec lui. Merci le village des sciences ! Ce n’est pas tous les jours qu’on est photographié avec un Président de la République.

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

Ce sont les campagnes en mer. C’est dur mais il y a une intensité professionnelle et humaine très forte que l’on ne retrouve pas ailleurs. Et puis c’est le cœur de notre métier.  Les trois campagnes pour lesquelles j’étais chef de mission, pour des raisons différentes, font partie de mes plus beaux souvenirs de boulot.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

La mer fait partie de mon ADN. J’aime les activités en lien avec la mer : surf et voile.

J’aime aussi les randonnées en montagne, la force de la nature.

 

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Stéphane Lesbats / Ifremer

Ifremer – Campagne RREX

 

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Virginie Thierry / Ifremer

 

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Soutien à l’observation

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L’Institut

L’Institut Universitaire Européen de la Mer (IUEM) est un organisme pluridisciplinaire dans le domaine des sciences de la mer et du littoral dont les activités sont centrées autour de 3 missions : la recherche, la formation et l’observation.

L’IUEM est soutenu et financé par

L’IUEM est soutenu et financé par



3 missions complémentaires

Quelques chiffres

500

Scientifiques, techniciens et administratifs

270

Etudiants de master

200

Doctorants

20 ans

de sciences de la mer et du littoral

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L’observation

L’OBSERVATION

L’IUEM en tant qu’Observatoire des Sciences de l’Univers (OSU) de l’Institut National des Sciences de l’Univers (INSU/CNRS) est un relais régional de sa politique nationale concertée pour l’INSU, les OSU constituant l’outil principal de coordination nationale, particulièrement pour les systèmes nationaux d’observation (SNO) et d’expérimentation et pour les dispositifs communautaires (codes, instruments, services d’analyse).

Dans le but de soutenir et d’accompagner la recherche en sciences de l’univers et sciences de la Terre, le statut d’OSU confère donc une mission  d’observation qui se décline sur plusieurs axes :
· pérenniser et assurer la continuité des systèmes nationaux d’observation et d’expérimentation
· faire le lien entre les équipes responsables de ces services et, au besoin, définir des priorités
· favoriser la mutualisation de moyens et de services
· au plan régional, jouer un rôle animateur, fédérateur voire coordinateur inter-organismes.

Parallèlement à ces missions dédiées dans le cadre du statut d’OSU, des observations sur la durée, à portée plus régionale, ont perduré ou se sont développés dans des domaines emblématiques de l’IUEM (écologie, économie maritime, usages et impacts sociétaux, vulnérabilité…), en réponse à des questions scientifiques spécifiques et aux enjeux sociétaux. L’IUEM s’inscrit par ailleurs dans une dynamique qui se décline autant à l’échelle régionale que nationale en jouant un rôle incubateur pour des dispositifs émergents et/ou innovants : en fonction des avancées techniques/méthodologiques et au fil de l’évolution des questions scientifiques, les dispositifs existants s’adaptent et de nouveaux dispositifs s’avèrent nécessaires.

L’IUEM a la particularité d’être le seul OSU thématiquement centré dans le domaine Océan, sur un unique objet, qui est aussi un enjeu de société : la Mer, entendu dans sa globalité, incluant ses interfaces. Le volet observation de l’OSU en tire son appellation synthétique d’Observatoire Marin. Cet observatoire est donc par nature extrêmement cohérent. Cette grande cohérence s’accompagne d’une vision très multidisciplinaire puisque l’objet Mer y est abordé sous tous ses angles, des Sciences de la Nature aux Sciences Humaines et Sociales : l’océan, son littoral et ses interfaces.

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Télécharger l’organigramme des séries d’observation