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Virginie Thierry, Océanographe physicienne Ifremer au LOPS

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

Je suis diplômée de l’Ecole nationale supérieure de mécanique et d’aérotechnique (ENSMA) en mécanique des fluides. J’ai obtenu ma thèse à Ifremer en 2000 sur l’étude de la propagation d’ondes équatoriales dans l’Atlantique à partir d’observation. Les ondes permettent de propager sur de grandes distances l’énergie apportée à l’océan par des forçages extérieurs. Pendant ma thèse, j’ai étudié comment des ondes forcées en surface par le vent se propagent en profondeur et mettent en mouvement l’océan au-delà de 2000m de profondeur.

Ensuite, j’ai fait un Postdoc à la SCRIPPS Institution of Oceanography. Je travaillais toujours sur la dynamique des ondes équatoriales mais dans le Pacifique. Cette fois, mon étude était basée sur un  modèle numérique représentatif de l’état de l’océan.

Observer, comprendre et modéliser, a toujours été au cœur de mon activité de recherche. C’est ce que j’ai fait pendant ma thèse et  mon post-doc et que j’ai poursuivi à Ifremer après mon recrutement en 2002 en tant que cadre de recherche. Cette approche est indispensable à l’heure actuelle pour évaluer et anticiper la réponse de l’océan au changement climatique.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

J’ai choisi le LPO (LOPS) car je voulais devenir océanographe et continuer mon activité de recherche sur la physique des océans ; ce qui correspondait à mon expérience, à mes études et à mes souhaits en terme de carrière. L’environnement de travail était aussi très favorable car l’IUEM est l’un des meilleurs centres français d’océanographie. Le LPO offrait aussi une opportunité d’être une océanographe aux pieds mouillés comme je rêvais d’être et donc de participer, voire même de monter des campagnes en mer et faire des observations sur le terrain.

La proximité de la mer est aussi un élément déterminant.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Je suis chercheure en océanographie physique et travaille sur la dynamique du  gyre subpolaire de l’Océan Atlantique Nord. Mon activité est essentiellement basée sur l’analyse de données in situ, issues de campagnes océanographiques notamment. J’ai été chef de mission en 2015 et 2017 de deux campagnes du projet RREX pour étudier l’impact de la ride de Reykjanes (une montagne sous-marine au sud de l’Islande), sur les courants marins entre la surface et le fond.

Je travaille aussi à partir des flotteurs ARGO et suis fortement impliquée dans la contribution française à ce programme au niveau européen et international. Argo est un réseau de 4000 instruments autonomes qui mesurent la température et la salinité jusqu’à 2000 m de profondeur. Je contribue à l’extension de ce réseau vers des mesures de l’oxygène dissous et vers des mesures au-delà de 2000 m. Je suis d’ailleurs responsable du projet Argo-2030 retenu suite à l’Appel d’Offre pour les Equipements Structurants pour la Recherche (ESR/Equipex+) dont un des objectifs est de mener une expérience pilote avec des flotteurs Argo pouvant descendre jusqu’à 6000 m. Ce projet s’inscrit dans la continuité de l’Equipex Naos.

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

Les campagnes en mer sont assez rudes, notamment les campagnes RREX au sud de l’Islande au cours desquelles nous ne voyions ni bateau ni côte pendant 1 mois. En 2015,  nous étions dans un brouillard permanent avec une température de 6°C dans l’eau et dans l’air. Quand nous nous sommes rapprochés des côtes d’Islande, nous nous sommes accordés une partie de pêche à la morue que nous avons mangée sur le bateau. C’était un petit moment de grâce apprécié par tous.

J’étais au village des sciences pendant les fêtes maritimes de Brest 2016 et j’ai vu François Hollande y faire un bain de foule. J’ai même une photo avec lui. Merci le village des sciences ! Ce n’est pas tous les jours qu’on est photographié avec un Président de la République.

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

Ce sont les campagnes en mer. C’est dur mais il y a une intensité professionnelle et humaine très forte que l’on ne retrouve pas ailleurs. Et puis c’est le cœur de notre métier.  Les trois campagnes pour lesquelles j’étais chef de mission, pour des raisons différentes, font partie de mes plus beaux souvenirs de boulot.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

La mer fait partie de mon ADN. J’aime les activités en lien avec la mer : surf et voile.

J’aime aussi les randonnées en montagne, la force de la nature.

 

Crédit photos

Stéphane Lesbats / Ifremer

Ifremer – Campagne RREX

 

Contact

Virginie Thierry / Ifremer

 

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Soutien à l’observation

Pages

L’Institut

L’Institut Universitaire Européen de la Mer (IUEM) est un organisme pluridisciplinaire dans le domaine des sciences de la mer et du littoral dont les activités sont centrées autour de 3 missions : la recherche, la formation et l’observation.

L’IUEM est soutenu et financé par

L’IUEM est soutenu et financé par



3 missions complémentaires

Quelques chiffres

500

Scientifiques, techniciens et administratifs

270

Etudiants de master

200

Doctorants

20 ans

de sciences de la mer et du littoral

L’observation

L’OBSERVATION

L’IUEM en tant qu’Observatoire des Sciences de l’Univers (OSU) de l’Institut National des Sciences de l’Univers (INSU/CNRS) est un relais régional de sa politique nationale concertée pour l’INSU, les OSU constituant l’outil principal de coordination nationale, particulièrement pour les systèmes nationaux d’observation (SNO) et d’expérimentation et pour les dispositifs communautaires (codes, instruments, services d’analyse).

Dans le but de soutenir et d’accompagner la recherche en sciences de l’univers et sciences de la Terre, le statut d’OSU confère donc une mission  d’observation qui se décline sur plusieurs axes :
· pérenniser et assurer la continuité des systèmes nationaux d’observation et d’expérimentation
· faire le lien entre les équipes responsables de ces services et, au besoin, définir des priorités
· favoriser la mutualisation de moyens et de services
· au plan régional, jouer un rôle animateur, fédérateur voire coordinateur inter-organismes.

Parallèlement à ces missions dédiées dans le cadre du statut d’OSU, des observations sur la durée, à portée plus régionale, ont perduré ou se sont développés dans des domaines emblématiques de l’IUEM (écologie, économie maritime, usages et impacts sociétaux, vulnérabilité…), en réponse à des questions scientifiques spécifiques et aux enjeux sociétaux. L’IUEM s’inscrit par ailleurs dans une dynamique qui se décline autant à l’échelle régionale que nationale en jouant un rôle incubateur pour des dispositifs émergents et/ou innovants : en fonction des avancées techniques/méthodologiques et au fil de l’évolution des questions scientifiques, les dispositifs existants s’adaptent et de nouveaux dispositifs s’avèrent nécessaires.

L’IUEM a la particularité d’être le seul OSU thématiquement centré dans le domaine Océan, sur un unique objet, qui est aussi un enjeu de société : la Mer, entendu dans sa globalité, incluant ses interfaces. Le volet observation de l’OSU en tire son appellation synthétique d’Observatoire Marin. Cet observatoire est donc par nature extrêmement cohérent. Cette grande cohérence s’accompagne d’une vision très multidisciplinaire puisque l’objet Mer y est abordé sous tous ses angles, des Sciences de la Nature aux Sciences Humaines et Sociales : l’océan, son littoral et ses interfaces.

Site web

Télécharger l’organigramme des séries d’observation