Pascal Le Floc’h, Enseignant-chercheur en économie maritime à AMURE

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

J’ai soutenu ma thèse en 1998 à Agrocampus-Ouest à Rennes (anciennement ENSAR). Le sujet portait sur l’économie de l’innovation dans les pêches maritimes. J’ai travaillé sur 3 cas d’études : la pêcherie de l’anchois au Pays basque français sur la bolinche ou senne tournante ; les chalutiers dragueurs de la coquille Saint Jacques de Saint Brieuc ; les chalutiers de fonds de Concarneau.

Dans ce travail de thèse, l’innovation consistait à décomposer l’unité de production (le navire de pêche en 3 trajectoires technologiques : les apparaux de pêche (engins de pêche et les moyens hydrauliques de mise à l’eau et de relevage) ; les moyens électroniques de navigation, d’information et de détection ; les moyens de conditionnement et de transformation du poisson à bord des navires.

Ensuite, j’ai fait un an de contrat à l’UBO en partenariat avec Ifremer, qui consistait à mener une enquête économique de 162 patrons pêcheurs de Douarnenez à Quiberon. Elle couplait à une consultation de Bertrand Le Gallic qui, de son côté, a réalisé une centaine d’entretiens en Bretagne Nord. Ces 2 enquêtes complémentaires ont été une étape décisive pour les études socio-économiques du SIH (Système d’informations halieutiques de l’Ifremer). J’ai été recruté à AMURE (anciennement CEDEM) en 2000 à l’UBO à l’IUT de Quimper en tant que Maître de Conférences. Au moment où je me suis installé à Quimper s’est noué un partenariat entre l’UBO, la fédération bretonne de la coopération maritime et le comité régional des pêches maritimes de Bretagne dont l’objet était l’animation scientifique de l’observatoire économique régional des pêches. L’Ifremer va rejoindre ce partenariat au début des années 2000. Cet observatoire a pris fin en 2015.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

En 2008, c’est la fin du CEDEM et la création d’AMURE ; c’est donc naturellement que j’ai intégré l’IUEM.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Côté enseignement, il se fait à l’IUT de Quimper, principalement en DUT techniques de commercialisation. J’interviens également dans le master E2AME à l’IUEM en économie des filières halieutiques et aussi auprès des halieutes à Agrocampus.

Du côté de mes recherches, elles portent essentiellement sur la performance économique des flottilles de pêche jusqu’au début des années 2010. Ensuite, mes activités de pêche se sont diversifiées en ouvrant l’analyse des flottilles de pêche dans une approche territoriale sur le continuum Terre-mer.

Un 1er exemple concerne les relations pêche et tourisme : On a étudié le fonctionnement d’Haliotika au Guilvinec sur le port de pêche, le projet Atlant’îles à Saint-Pierre-et-Miquelon ; 2ème exemple de diversification : les travaux sur les énergies renouvelables en mer (ERM) où nous avons étudié la vulnérabilité des pêcheurs face aux éoliennes en mer ; Autre exemple de diversification, l’économie circulaire et la valorisation des produits de la mer où j’ai notamment dirigé la thèse de Raphaela Le Gouvello. La plus récente piste de diversification est une approche pluridisciplinaire en économie de l’innovation : l’histoire contemporaine et les humanités numériques soutenues par la MSHB. On s’intéresse ici à l’histoire des frigorifiques jumeaux de Lorient et Saint-Pierre-et-Miquelon.

Je coordonne aussi le programme COPECO (coronavirus pêche et conchyliculture) soutenu par Ifremer.

Je suis Directeur adjoint de l’unité depuis le 1er septembre 2021 avec Matthieu Leprince et José Perez. Nous « aidons » la Directrice d’unité Gaëlle Gueguen Hallouet.

Je m’occupe de l’animation scientifique, fonction qui n’existait pas lors de la précédente direction. Il s’agit de coordonner les 3 axes de recherche et le pôle Observation, données et méthodes.

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

En novembre 2007 a eu lieu la crise du carburant à la pêche et pour calmer la colère des pêcheurs, Nicolas Sarkozy s’est arrêté au Guilvinec. J’ai été contacté par FR3 Bretagne. Le journaliste souhaitait que je m’y rende. Je refuse. Nouvel appel de la rédaction qui me propose d’aller dans leurs studios à Brest pour participer en direct au JT du soir.

2ème refus : j’explique que je suis sur Quimper et qu’avec les enseignements, il m’est impossible d’y être à 19h pile. 3ème appel : ils me proposent d’envoyer une équipe de techniciens à Quimper. Je me retrouve un peu coincé et 30 minutes avant le JT, vers 18h30, les techniciens arrivent dans le bureau du CEDEM que je partage avec Frédérique Alban. Ils commencent les essais 15 minutes avant et ne savent pas que je suis l’invité… Fred leur dit que c’est bien moi l’invité !

Quel ton plus beau souvenir de boulot ?

En 2015, j’ai effectué un congé recherche de 6 mois à l’UQAR à Rimouski. J’ai été très bien accueilli par les collègues québécois, notamment des sciences régionales. L’objectif de ce séjour était de rédiger un ouvrage sur les pêches maritimes françaises édité aux Presses universitaires de Rennes (PUR).

J’ai pu effectuer une 1ère mission à Saint-Pierre-et-Miquelon avec James Wilson. Je vais faire le bilan de l’IFQM sur le thème de la pêche et de l’aquaculture les 13 et 14 juin à Nantes lors des assises de la mer.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

Je suis éducateur en aviron de mer et anime une école d’aviron tous les samedis à Douarnenez, à Tréboul.

As-tu une devise ?

« Faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux ». Pascal le Floc’h.

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Pascal Le Floc’h / UBO

Olivier Guyader / Ifremer

Séverine Julien / UBO

Contact

Pascal Le Floc’h / UBO

 

 

Assistant.e Ingénieur.e en microbiologie

Retour sur le Transformation Lab SEA-EU : Faire travailler le monde universitaire avec et pour la société

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Dans le cadre des activités de l’université européenne SEA-EU en partenariat avec la Zone Atelier Brest Iroise, l’UBO a accueilli du 26 au 28 avril 2022, plusieurs chercheurs et chercheuses des six universités partenaires. Ce workshop avait pour objectif de comprendre comment les scientifiques travaillant pour l’université européenne des mers collaborent et s’engagent avec les acteurs locaux pour améliorer la résilience des zones côtières et la durabilité des socio-écosystèmes côtiers.

La première journée du Transformation Lab était consacrée à une série de présentations et discussions autour de divers projets qui fédèrent acteurs et chercheurs pour un avenir durable de leurs socio-écosystèmes.

Le deuxième jour, les participants ont pu découvrir les activités de co-recherches menées sur le territoire de la Zone Atelier Brest Iroise lors de différentes visites de terrain. Situé à l’interface terre-mer, ce territoire est particulièrement exposé au changement climatique et aux activités anthropiques côtières.

La première excursion a eu lieu à la Pointe de Dinan, à la rencontre de Sophie Coat, la conservatrice de la Réserve Géologique de Crozon.

Ils ont échangé sur le travail entre la Réserve et les scientifiques pour étudier l’érosion de la côte, notamment grâce à l’installation de capteurs qui permettent de mieux comprendre l’érosion des falaises rocheuses.  Les relevés réalisés par la Réserve sont régulièrement transmis aux chercheurs et chercheuses qui analysent alors les données recueillies. Cet échange de données aide la Réserve à adapter la gestion de ses sites.

Le groupe a ensuite visité la ferme du Parc Naturel Régional d’Armorique (PNRA) à Rosnoën, localisée en bordure de la rivière du Faou. En collaboration avec des scientifiques, l’Etablissement Public d’Aménagement et de Gestion du bassin versant de l’Aulne (EPAGA) et la ferme ont travaillé sur un projet visant à préserver la qualité de l’eau de la rivière. Ils ont identifié les sources de pollution de la ferme et ont mis en place de nouvelles mesures de filtration des eaux polluées afin qu’elles ne viennent pas contaminer les eaux côtières et les exploitations ostréicoles voisines.

La troisième étape a amené les participants à l’écloserie du Tinduff pour échanger avec Florian Breton. Depuis 40 ans, cette écloserie élève des naissains de coquilles Saint-Jacques, une espèce devenue rare en baie de Brest. Leur activité vise à maintenir le stock de coquilles Saint-Jacques de manière durable, en contribuant notamment à la reproduction de l’ensemble du gisement de la rade de Brest. L’écloserie du Tinduff travaille en étroite collaboration avec des scientifiques et les professionnels de la pêche en rade de Brest, mais aussi avec les autres comités des pêches, de Granville à la Rochelle.

Cette première journée de visite s’est achevée par une présentation des activités du PNRA en Rade de Brest par Agathe Larzillière. Leurs missions visent à préserver et restaurer la faune et la flore, tout en interagissant avec les professionnels et les habitants de ce territoire. L’un des exemples présenté concernait la Spartine (Spartina alterniflora), une plante invasive d’origine exotique qui engendre un envasement important des fonds de rias et des petits chenaux, menaçant ainsi la biodiversité en Rade de Brest (benthos, poissons et oiseaux notamment), et impacte les activités des professionnels de la pêche. Le PNRA et l’IUEM travaillent ensemble afin de mieux comprendre les invasions biologiques, et pouvoir ainsi adapter les interventions sur le territoire.

La matinée du troisième jour a été consacrée à la découverte du Parc Naturel Marin d’Iroise (PNMI), commentée par le responsable du parc, Philippe Le Niliot. Il a expliqué les enjeux de la conservation de cet espace naturel tout en conciliant la protection de ce milieu ainsi que des espèces qu’il abrite et le développement des activités humaines sur les îles.

Après la visite du Musée de l’environnement insulaire, les participants ont partagé leurs expériences de transdisciplinarité en travaillant sur un questionnaire.

Ce workshop a permis de présenter plusieurs projets où scientifiques et acteurs locaux travaillent ensemble pour un même objectif : construire un avenir durable des zones côtières. Le partage de connaissances, de données, de bonnes pratiques et de méthodes de gestion sont indispensables pour atteindre cet objectif. Grâce au Transformation Lab, l’Université européenne de la Mer SEA-EU a fait un pas en avant pour engager et renforcer les liens avec les nombreux acteurs sociétaux qui les entourent.

Pour plus d’informations : drive.sea-eu@univ-brest.fr

Ce workshop a été financé par l’Union européenne, via le programme de recherche et d’innovation Horizon 2020 (accord de subvention n°101017454).

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Tiffen Riou /UBO

Agathe Larzillière

Contacts

Pierre Stephan – coordinateur ZABrI

Olivia Lahens – project officer (reSEArch-EU & BIENVENÜE)

 

 

Ingénieur.e en calcul scientifique H/F

Géraldine Sarthou, Biogéochimiste CNRS, Directrice du LEMAR

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

J’ai soutenu ma thèse en 1996 à Toulouse, au laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiales (LEGOS). C’était les débuts des travaux sur le fer comme régulateur majeur de la productivité phytoplanctonique océanique. Cet élément est essentiel à la croissance des microorganismes et joue un rôle clé dans la pompe biologique de carbone. Je me suis donc attachée au cours de mon doctorat à étudier les concentrations de cet élément dans deux environnements contrastés en termes d’apports en fer : la mer Méditerranée et l’Océan Austral.

J’ai ensuite réalisé deux 2 post-doctorats à l’étranger : le 1er en Angleterre à l’université de Liverpool et le 2ème à Kiel (Allemagne) à Geomar. Au cours de ces post-doctorats, j’ai élargi mon expertise à d’autres métaux traces (en particulier le zinc) et au lien entre la matière organique dissoute et les métaux. J’ai en particulier travaillé sur des échantillons de sources hydrothermales au niveau du détroit de Bransfield dans l’Océan Austral. Je suis ensuite arrivée sur Brest à l’IUEM pour un dernier post-doctorat en 2000 avant d’être recrutée au CNRS en 2002 comme chargée de recherche.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

C’était l’opportunité de ce post doctorat. J’avais également envie de revenir en France et puis j’ai été attirée par la renommée des recherches menées à l’IUEM.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Côté recherche, je continue à travailler sur le cycle des métaux, leur spéciation et leurs liens avec le réseau trophique. Les objectifs sont de mieux quantifier leurs sources, leurs puits et leur devenir dans la colonne d’eau, ainsi que leur impact sur la pompe biologique de carbone. Dans mes recherches, je couple des observations et des expérimentations en laboratoire et je suis en interaction forte avec les modélisateurs. Depuis le début de ma thèse, j’ai embarqué sur de nombreuses campagnes océanographiques (15 au total, pendant 1 à 2 mois dans tous les océans de la planète sauf l’Arctique où je ne suis pas encore allée). J’ai été co-cheffe avec Pascale Lherminier de la mission GEOVIDE en 2014 dans l’océan Atlantique. Ce projet était la contribution française au programme international GEOTRACES dans l’Atlantique nord. Je suis fortement engagée dans ce programme international, pour lequel j’ai été membre du comité de pilotage international de 2011 à 2017 et je suis actuellement impliquée dans deux projets rattachés à ce programme (TONGA et SWINGS).

Depuis janvier 2022, je suis directrice du LEMAR, l’un des plus gros laboratoires de l’IUEM (avec plus de 130 permanents, une soixantaine de doctorants et une trentaine de post-doctorants/CDD). Ce qui m’a attiré dans cette fonction, c’est de travailler pour le collectif, de fédérer les personnes autour d’un projet commun et de mettre du sens et de la convivialité dans notre travail.

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

Pendant GEOVIDE, nous avons eu un problème de treuil. Le câble s’est déroulé à toute vitesse dans la colonne d’eau et quand nous avons réussi à remonter la rosette, c’était un vrai sac de nœuds !

Toujours au cours d’une mission, cette fois-ci dans l’Océan Austral, je travaillais avec une collègue dans le container propre qui était sur le pont arrière du navire et, via un appel sur la VHF, il nous a été formellement interdit de sortir du container jusqu’à la fin de la tempête qui a duré plusieurs heures ! C’était particulièrement stressant car nous étions bien secouées et le container faisait des bruits qui n’étaient pas très rassurants.

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

Avoir plongé depuis le pont d’un navire océanographique néerlandais (le Pelagia) en plein Océan Atlantique Tropical, puis avoir nagé tout autour du bateau : Une sensation de liberté totale même si les zodiaques étaient à l’eau pour sécuriser et vérifier que nos amis les requins n’approchaient pas.

Avoir navigué à bord du Pourquoi Pas ? proche d’un iceberg en Mer du Labrador ou à bord du Marion Dufresne au milieu des icebergs de l’Océan  Antarctique.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

Sport (badminton, volleyball, et un peu de footing aussi depuis le 1er confinement), lecture, balades sur les sentiers côtiers et voyages.

As-tu une devise ?

« Ne pas se décourager et garder espoir » Géraldine Sarthou.

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Marie Cheize

Géraldine Sarthou / CNRS

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Géraldine Sarthou / CNRS

 

Camp de terrain des étudiants en biologie/Écosystèmes marins

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Les étudiants du master de Sciences biologiques marines (SBM), spécialité Écosystèmes Marins, se sont rendus du 19 au 24 avril à Brignogan-Plages pour participer à un camp de terrain dans le cadre de l’Unité d’enseignement Observatoire, encadrés par Olivier Gauthier, Jacques Grall et Gauthier Schaal. L’objectif était de caractériser la variabilité spatiale et temporelle de la composition des communautés de la macrofaune benthique et de l’ichtyofaune démersale (ensemble des poissons d’un écosystème aquatique à proximité immédiate du benthos), et d’identifier les principales variables environnementales au sein de l’Anse de Pontusval.

Ce stage de terrain, organisé chaque année depuis 2018 (à l’exception de 2020), a pour objectif de constituer un suivi temporel spatialisé de l’évolution d’un écosystème côtier sous contraintes anthropiques. Au programme de ces 6 jours intenses, s’étirant souvent assez tard dans la nuit :

  • Définition du plan d’échantillonnage
  • Échantillonnage de la macrofaune benthique et des poissons démersaux
  • Tri et identification des 75 prélèvements réalisés (122 espèces et > 4000 individus identifiés)
  • Analyse des données et préparation de la restitution lors d’un oral d’une heure organisé 3 jours après le camp de terrain

L’occasion pour nos écologues benthiques en herbe de se confronter à nombre de problèmes concrets ou beaucoup plus conceptuels, inhérents à la réalisation d’un projet de recherche en écologie de terrain.

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Gauthier Schaal / UBO

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Gauthier Schaal / UBO

Au laboratoire aussi, recyclons les déchets plastiques !

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Engagé dans le projet Interreg Preventing Plastic Pollution, le CNRS poursuit le déploiement d’actions de réduction et de recyclage des déchets plastiques produits au sein de l’IUEM, identifié comme site pilote expérimental. Après la mise en place d’îlots de tri multi-flux, du recyclage des mégots de cigarette et l’installation de fontaines à eau, les actions se portent à présent sur les déchets plastiques non-souillés générés par les activités de recherche des laboratoires (e.g. tubes, cônes, flacons).

Le projet de recyclage des plastiques de laboratoire, lauréat de la finale du Makeathon SEA-EU

En novembre 2021, une équipe de l’IUEM a participé au Makeathon, un marathon créatif organisé à l’UBO Open Factory dans le cadre du projet européen SEA-EU et du dispositif « Campus innovant et durable ». Cette initiative a permis le déploiement d’un prototypage rapide d’un portoir de tubes coniques de 50 mL conçu à partir de plastiques de laboratoire triés, broyés et recyclés grâce aux équipements présents au FabLab de l’UBO.

La finale du Makeathon, réunissant les universités de Cadiz, Gdansk, Malte et Brest, a eu lieu à l’Université de Split en Croatie le 10 mars dernier. En présentant leur projet « Lab’oucle : la seconde vie des plastiques de laboratoire », l’équipe de l’IUEM a remporté la première place ex-aqueo ! Retrouvez le lien de l’évènement ici.

La transformation des déchets plastiques en objets utiles et durables

L’objectif du projet est (i) de créer et pérenniser une filière locale de recyclage des plastiques de laboratoire non-souillés et (ii) d’utiliser ces déchets plastiques afin de créer des objets utiles et durables au laboratoire.

Ce processus de valorisation se décompose en deux temps :

  • Dans les laboratoires de l’IUEM : mise en place de dix points de collecte répartis entre le BEEP, le laboratoire Geo-Ocean et le LEMAR pour différents items plastiques rigides non-contaminés, puis tri des plastiques suivant leur type et leur couleur. En trois mois, plus de 30 kilogrammes de plastiques rigides non-souillés ont été collectés sur 3 des 10 points de collecte de l’IUEM.
  • A l’UBO Open Factory : broyage des plastiques en petits granulés puis utilisation de ces granulés dans la machine à injection ou dans la presse pour créer de nouveaux objets : portoir, mobilier, horloge, supports, pots…

Le 18 mars 2022, à l’occasion de la journée mondiale du recyclage, une démonstration de broyage de plastiques de laboratoire a été organisée à l’IUEM. Ce temps a également permis de collecter les idées et les besoins des agents de l’IUEM pour définir les objets à créer à partir de cette nouvelle matière première. Rehausseur d’écran, mobilier de laboratoire, étagères murales, caisses de rangement, seaux/matériel terrain, kayak… ont notamment été évoqués. Il ne reste donc qu’à pérenniser la collecte et le tri des plastiques au sein des laboratoires pour que ces idées se concrétisent ! Si à votre tour vous souhaitez compléter cette liste et partager vos idées de création, contactez Mallorie Bodériou.

Pour en savoir plus

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Ika Paul-Pont / CNRS

Université de Split

Contacts

Mallorie Bodériou / CNRS
Ika Paul-Pont / CNRS

 

Alexis Bazire, Maître de conférences en microbiologie au LBCM

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

J’ai réalisé une thèse de microbiologie au laboratoire de Biotechnologie et Chimie Marines (LBCM) qui portait sur l’étude d’une bactérie potentiellement pathogène : Pseudomonas aeruginosa. L’objectif était de mieux comprendre comment ces bactéries interagissent au niveau moléculaire, avec pour objectif de court-circuiter leur communication et ainsi diminuer leur virulence. Trouver des molécules capables de couper la communication, c’est affaiblir l’adversaire et ce sont potentiellement des alternatives à l’utilisation massive d’antibiotiques.

Je suis ensuite parti en postdoc au Danemark à l’Université Technique du Danemark (DTU) située à Lyngby (ça se prononce Lunegbu), une petite ville à une dizaine de kilomètres au nord de Copenhague. La vie y était assez paisible, les danois ont une autre conception de la vie et du travail que les français. J’y ai appris à étudier la capacité des bactéries à former des communautés nommées biofilm, j’utilisais essentiellement la microscopie confocale à balayage laser. Ces compétences m’ont permis d’être recruté en 2007 en tant que maître de conférences au LBCM, puisque le laboratoire développait depuis peu sa thématique autour des biofilms.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

Avant mon arrivée à l’IUEM, j’étais déjà en poste au LBCM puisque c’est le laboratoire dans son intégralité qui a d’abord été associé à l’IUEM en 2012 puis intégré en 2017. Ce fut une volonté commune de notre laboratoire mais évidente d’un point de vue personnel puisque je travaille sur de nombreux modèles bactériens d’origine marine.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Étant maître de conférences, je suis un peu multi taches, une sorte de couteau suisse.

J’y suis donc chercheur, avec, comme je le disais, une activité autour de l’étude des biofilms des bactéries pathogènes marines ou non et la recherche de molécules d’origine marine limitant la virulence. Je participe à plusieurs projets, notamment avec des collègues du LEMAR, comme Sylvain PETEK et Gwenaëlle LE BLAY avec lesquels nous co-encadrons une thèse et collaborerons prochainement sur un Flagship ISblue récemment acquis. Toujours sur le volet de la limitation des biofilms de pathogènes, je collabore avec l’entreprise MARINE AKWA qui développe des probiotiques pour l’aquaculture. Et sur un volet plus fondamental, je participe de façon continue mais plus ou moins assidument, depuis presque 20 ans maintenant, à une collaboration avec un laboratoire d’Évreux sur les mécanismes de virulence de P. aeruginosa. Ce sont des personnes que j’apprécie, avec qui il est facile de travailler en confiance et qui sont devenues plus que des collègues depuis toutes ces années.

J’y enseigne, à l’UBS sur le site de Lorient, de la Licence 1 au Master 2, je dirais même en Licence -1 puisque j’organise un cycle préparatoire aux études de santé destiné aux élèves de terminale souhaitant se diriger vers des études médicales. Nos promotions d’étudiants restent raisonnables, même si en L1 ça devient très chargé ; ce qui permet une proximité assez agréable avec les étudiants, on arrive encore à associer des noms et des visages.

Et enfin, au niveau administratif, je suis directeur adjoint du LBCM, directeur des études de 2 parcours de L3, correspondant de la Licence accès Santé UBS/UBO, et coordinateur du thème 4 ISblue. Ça fait beaucoup de paperasses et de mails…

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

Deux me viennent à l’esprit, la première qui au final n’est pas très drôle mais qui témoigne de l’engagement dans ce métier. Je devais faire un suivi expérimental avec des points toutes les 4 heures, je n’habitais pas très loin du laboratoire, donc je mettais mon réveil à sonner pour me lever et faisais l’aller-retour rapidement. Lors d’un point à 4h du matin, j’ai eu une petite frayeur en croisant mon directeur de thèse qui lui venait finaliser la rédaction d’un article ! On s’est amusé de la situation, car on était presque en pyjama, mais cela ne m’a finalement pas dégoûté du métier.

La seconde, j’étais en postdoc au Danemark, dans un avion en direction d’un gros congrès au Québec et assis près d’un homme avec qui je discutais de tout et de rien. Je me doutais bien qu’il allait aussi au congrès car l’avion ressemblait à un charter de chercheurs danois. Je n’étais pas vraiment bilingue et il faut avouer que les danois mâchent un peu leurs mots, je n’avais donc pas compris son nom. Ce n’est que lorsque j’ai assisté au congrès que j’ai compris que c’était le principal chairman du congrès, un chercheur dont j’avais lu tous les papiers mais que je n’avais jamais rencontré auparavant ! De souvenirs, je n’avais pas dû lui raconter trop de bêtises…. Comme quoi, les congrès servent aussi à rencontrer les gens et pas qu’à se balader vers de parfois chouettes destinations.

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

Des souvenirs, j’en ai beaucoup en 20 ans. De façon générale, je trouve fabuleux de définir sur le papier une série d’expériences pour tester des hypothèses et que les résultats obtenus soient exactement ceux prévus. J’ai également un excellent souvenir de ma soutenance d’HDR, car on y est plus détendu que lors de la soutenance de thèse, et c’est une superbe occasion d’inviter des collègues reconnus et pour lesquels on a plus l’habitude de lire les papiers que de discuter avec.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

Je suis un passionné de Football, depuis tout petit. J’ai commencé à suivre le FC Lorient depuis mon arrivée ici, et j’aime bien chambrer les collègues Brestois lorsque le derby nous revient. Je pratique le dimanche matin mais là l’objectif c’est plutôt de s’amuser avec les copains et se retrouver pour la troisième mi-temps qui dure presque plus que le match lui-même.

J’aime également pratiquer la pêche au Bar, j’y vois essentiellement une balade en mer, les plus agréables sont celles du lever du jour, quand il fait encore bien frais. C’est souvent un jeu du chat et de la souris, il faut titiller le poisson pour qu’il attaque le leurre, cela m’amuse beaucoup. Pour les connaisseurs et les préservateurs de la ressource, je pratique le « catch and release ».

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Alexis Bazire / UBS

Laure Taupin / UBS

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Alexis Bazire / UBS

 

L’IUEM au One Ocean Summit

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Le One Ocean Summit s’est déroulé du 9 au 11 février 2022 à Brest. L’UBO a participé activement aux différents événements liés à ce rendez-vous international consacré à la protection de l’océan. Au regard des sujets abordés, plusieurs membres de l’IUEM ont été partie prenante de différents temps forts.

Les débats ont tout d’abord commencé en amont du sommet, les 4, 5 et 6 février, avec Les soulèvements de la mer organisés par le collectif vives eaux et accueilli par le LABERS (Laboratoire d’études et de recherche en sociologie de l’UBO). ONGs, associations et scientifiques ont pris successivement la parole pour proposer d’autres pistes de reflexions que celles abordées au sein du sommet officiel, autour de la surexploitaiton de l’océan.  Betty Quéffelec (AMURE) est revenue sur les notions de bien commun et de conditions d’exploitation des ressources marines avec Pierre-Yves Cadalen (CRBC, UBO). Yves-Marie Paulet a proposé un regard sur ses recherches sur l’évolution de la rade de Brest et celle de la pêche à la coquille Saint-Jacques.

Le One Ocean Summit University – initiative portée par Yves-Marie Paulet, Denis Bailly, Romain Le Moal, Joëlle Richard et Charline Guillou, a également démarré en amont du sommet par la consultation de jeunes chercheurs internationaux. L’objectif était de fédérer, par une démarche participative et collaborative, les expertises et dynamiques en présence afin de proposer un regard commun sur les enjeux de la recherche et de la formation dans le contexte de la Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable. Un groupe d’une soixantaine de doctorants et post-doctorants a ainsi travaillé en amont du sommet pour rédiger des recommandations à l’attention des décideurs, autour des dix thématiques des ateliers du One Ocean Summit.

Plusieurs jeunes chercheurs basés à l’IUEM (AMURE, LOPS, LEMAR) ont participé activement à ce travail de groupe, dont certains ont pu être accrédités pour participer au sommet. Découvrez en suivant ce lien, les messages de cette génération de chercheurs, portés par les accrédités. Les contributeurs brestois à cette initiative ont ensuite partagé leur expérience aux côtés de Céline Liret et Denis Bailly à l’occasion de la conférence de clôture organisée à Océanopolis. Le replay est disponible ici.

La constitution de ce groupe de chercheurs a été rendue possible grâce à l’appui de plusieurs réseaux et partenaires internationaux (ECOP, OYSTER, All-Atlantic Youth, Réseau des Universités Marines, SEA-EU, CONEXUS…).

Conférence de clôture à Océanopolis, vendredi 11 février 2022

Fort de ce succès, la dynamique se poursuit et se renforce pour apporter une contribution à la Conférence Océan des Nations Unies qui se tiendra à Lisbonne du 27 juin au 1er juillet 2022.

Sur la scène du sommet officiel, Denis Bailly a été invité dans l’atelier d’ouverture intitulé “La gouvernance de l’océan face au changement”. Il a porté le message d’une démocratie maritime qui reste à inventer et a appelé à “la reconnaissance des droits des communautés et des usagers historiques de la mer”. Son intervention est visionnable ici (à partir d’01’38’00).

L’après-midi du 9 février c’est Paul Tréguer qui a pris la place sur l’estrade pour modérer l’atelier “Océans polaires” (à partir de 04’56’00 sur le même enregistrement) aux côtés de Jérôme Chappelaz (IPEV) et Antje Boetius (AWI).

Les 9 et 10 février, Christophe Maes, Yves-Marie Paulet, Anne Choquet et Riwalenn Ruault sont intervenus dans le cadre du LIVE TV proposé par le Campus mondial de la mer (CMM) lors d’émissions sur des sujets dont ils sont spécialistes.

Brest capitale des océans TV, vendredi 10 février 2022

Les 9 et 11 février, Catherine Meur-Férec et Yves-Marie Paulet ont répondu aux questions du grand public en organisant respectivement une mini-conférence « Anticiper et s’adapter à l’élévation du niveau de la mer » et « La science océanique nécessaire à une gestion durable de l’océan » au sein d’une agora installée dans le pavillon événementiel d’Océanopolis.

Le 9 février, dans l’auditorium d’Océanopolis, Laurent Chauvaud a participé à une des tables rondes autour du lien sciences océaniques et société intitulée “Un océan avec et pour la société, les sciences participatives” (à partir de 50’18 sur le Replay en lien) aux côtés d’Isabelle Viol (MNHN), Céline Liret (Océanopolis) et Marjolaine Matabos (Ifremer).

La conférence participative sur la gouvernance de la haute mer et la protection de sa biodiversité “Rendez-vous à New-York” du 10 février a été notamment introduite par Joëlle Richard, Bleuenn Guilloux et Benjamin Dudouet (AMURE). Elle peut être de nouveau visionnée sur la chaîne YouTube d’Océanopolis en suivant le lien ou vous pouvez (re)découvrir l’introduction de la conférence intitulée “Qu’est-ce que la haute mer”, par Nadège Legroux, sur le site de l’initiative Ocean University. En bonus, les réactions à chaud des spectateurs à la fin de la conférence !

Votes en cours, acte 2 de la conférence “Rendez-vous à New-York”, jeudi 10 février 2022

L’UBO décrypte – au cours de la semaine du sommet, chaque soir, entre 18h et 19h, les thèmes principaux du One Ocean Summit ont été décryptés par les étudiants et les chercheurs de l’UBO et de l’IUEM à l’antenne de Radio U.  Yves-Marie Paulet (VP Mer UBO, LEMAR), Raphaël BAJON (LOPS), Ingrid Peuziat (LETG), Jennifer Beckensteiner (AMURE) et Marie Vagner sont notamment intervenus dans l’émission “C’est Vous Qui Le Dites” qui avait exceptionnellement pris ses quartiers à la fac Segalen.

Pour tout savoir sur les scientifiques du LEMAR impliqués pendant le One Ocean Summit, c’est ici.

Une revue de presse du sommet est consultable ici.

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