Adélie Pomade, Enseignant-chercheur en droit à AMURE

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

J’ai soutenu ma thèse à l’Université d’Orléans en 2009 sur la société civile et le droit de l’environnement. Dans cette recherche, j’ai apprécié de quelle manière la société civile participe en pratique à l’élaboration et à l’application du droit de l’environnement, et j’ai tiré les conséquences théoriques de cette analyse en proposant de revisiter les théories des sources du droit et de la validité des normes juridiques. Après ma thèse, j’ai continué à approfondir le rôle de la société civile et les jeux d’acteurs qu’elle implique, toujours en droit de l’environnement, mais au prisme de thématiques différentes : agriculture, forêt, biotechnologies, climat…

Pour cela, j’ai fait 2 post-docs en France : à l’Université de Lyon 3 et à l’Université de Rennes 1 (agriculture, activités minières), et 2 en Belgique à l’Université Catholique de Louvain et à l’Université Saint Louis de Bruxelles (forêt, instruments basés sur le marché de la biodiversité). Je suis ensuite partie 2 ans au Brésil à l’université Fédérale de Rio Grande Do Sul (FURG) en qualité de professeur invité, où j’ai exploré la relation entre les peuples autochtones, la biodiversité et le droit de l’environnement.

 

Mission d’observation de la biodiversité pendant la saison sèche, dans une réserve protégée du Pantanal (Centre-ouest du Brésil)

J’ai aussi coordonné des projets de recherche consacrés aux biotechnologies, nanotechnologies, ou encore à la pêche.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

Parmi les différentes thématiques que je n’avais pas encore réellement explorées, il y avait le milieu marin.  Il constituait pour moi un nouveau laboratoire d’observation des relations Humains-environnement au prisme du droit. C’est aussi l’interdisciplinarité en termes de potentiel de travail qui m’a fait venir à l’IUEM en septembre 2018, car depuis quelques années je m’intéresse au « savoir travailler ensemble ». Cela rejoint très bien mes champs d’expertise en tant que juriste environnementaliste : spécialiste des jeux d’acteurs et de normes en droit de l’environnement d’une part, et méthodologie de l’interdisciplinarité d’autre part.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Côté enseignement, j’interviens dans le Master 1 du Master SML. Je fais les TD inter-SML en droit de l’environnement. L’objectif est de permettre aux étudiants qui ne sont pas juristes de s’approprier la manière dont réfléchit un juriste. J’ai construis la pédagogie de ce cours autour de jeux de rôles et de travail en équipe. C’est très stimulant. A la rentrée prochaine, j’enseignerai également le droit de l’environnement aux étudiants de M2 du Master Droit des activités maritimes.

Par ailleurs, je suis responsable scientifique de l’unité d’enseignement Sciences et société. Avec Riwalenn Ruault, qui s’occupe plus particulièrement du volet pédagogique, nous nous attelons actuellement à développer une plus grande visibilité du remarquable travail accompli par les étudiants de M2 et les doctorants qui les encadrent. A suivre !

Concernant la recherche, elle se construit autour de 3 dynamiques : juridique, méthodologique et interdisciplinaire.

Pour la partie juridique, je travaille sur l’introduction de la notion de scénario en droit. L’objectif est de déterminer quelles normes seront les plus effectives et efficaces à l’issue d’un processus décisionnel ; cela invite à envisager un degré de prospective en droit. Par exemple, nous sommes au sein d’une Aire marine protégée (AMP) avec énormément de fréquentations touristiques nautiques. Des décisions sont prises pour réguler cette fréquentation et sont concrétisées par une norme juridique dont le contenu et la forme feront qu’elle sera appliquée ou non. Pour être sûr que la norme soit appliquée, il faut arriver à anticiper la réception et le bénéfice de cette norme par les destinataires ; une sorte de logique gagnant-gagnant.

En méthodologie, je travaille sur le « comment travailler ensemble » pour mettre sous tension sciences humaines et sociales et sciences du vivant. En effet, nous parlons beaucoup du travail en interdisciplinarité, mais en pratique cela est souvent chaotique. J’essaie donc d’accompagner cette dynamique en dégageant des moyens de faciliter les échanges. Dans ce cadre, je suis intervenue dans le séminaire du LEMAR indisciplinés, et un ouvrage a été publié aux Presses universitaires de Rennes (PUR). Dans la continuité, une journée d’études a été organisée à l’Institut de l’ouest : Droit et Europe (IODE) à Rennes 1. Le fascicule de restitution de l’atelier va être édité par AMURE à l’automne.

Du point de vue de la recherche interdisciplinaire, j’explore la manière et les voies mobilisées ou mobilisables par les sciences humaines et sociales pour saisir la science participative qui est principalement explorée par les sciences de la nature. Il s’agit vraiment d’établir une tension positive entre les unes et les autres. Dans ce contexte, j’ai déposé un projet H2020 SWAFs qui questionne les leviers de l’engagement citoyen à participer aux activités de science participative, au regard de différentes disciplines. Une journée d’étude sera organisée à l’IUEM à l’automne sur le sujet.

 

Préparations réalisées par des femmes d’une communauté autochtone de l’Etat du Pará (Nord du Brésil), lors d’entretiens relatifs aux usages traditionnels des plantes amazoniennes

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

Oui ! Une belle aventure culturelle (de mon point de vue). C’est lorsque je donnais des cours à la FURG. Dans l’Etat du Rio grande do Sul, les hivers sont très froids et humides. A la FURG, les cours sont souvent dispensés le soir, à partir de 19h et jusqu’à 23h, pour permettre aux étudiants de travailler dans la journée. Les salles de cours ne sont pas chauffées en hiver. Lors de mon 1er cours j’avais une vingtaine d’étudiants dans la salle, installés sur deux rangées d’arc de cercle, emmitouflés dans leurs manteaux et pour la plupart dans leurs ponchos (en référence à la culture gaúcho du sud du Brésil). Quatre ou cinq étudiants avaient avec eux un thermos d’eau chaude et deux d’entre eux une cuia (calebasse) où ils y avaient préparé du chimarrão (qu’on connait sous le terme maté).  Pendant le cours, les étudiants pratiquent la « Roda de chimarrão », c’est-à-dire qu’ils boivent tour à tour à la cuia pour se réchauffer et alimentent le chimarrão en eau chaude. Il serait impensable de leur demander de mettre un terme à cette tradition !

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

Quand j’ai reçu la médaille Vermeil de l’Académie d’Agriculture de France en 2018 ! C’était très symbolique pour moi, car il s’agissait de la reconnaissance, par des non-juristes, de la valeur ajoutée et de l’intérêt de mes travaux en droit pour leur communauté scientifique (écologie, géographie, biologie, anthropologie…).

Quels sont tes centres d’intérêt ?

Faire du bateau ! Je pratique le catamaran de sport depuis plus de dix ans. Au début c’était du loisir, et aujourd’hui, c’est en compétition, aussi bien en France qu’à l’international.

As-tu une devise ?

Ne jamais remettre à demain ce que je peux faire le jour même.

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Sylvain Chanteloup

Adélie Pomade / UBO

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Adélie Pomade

Transformer l’océanographie pour un monde meilleur par Linwood Pendleton d’AMURE

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Dans un nouvel article publié dans Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), Karen Evans, Martin Visbeck et Linwood Pendleton d’AMURE soutiennent que nous avons dix ans pour transformer de manière significative l’océanographie si nous voulons un jour avoir l’océan que nous voulons – un océan sain, productif et sûr pour les hommes et la nature.

 

Aujourd’hui, avec la pandémie qui nous menace, le besoin de transformation est encore plus urgent que lorsque ce papier a été présenté il y a quelques mois à peine. Les risques sanitaires de la recherche océanographique ont été mis en évidence par l’épidémie du COVID-19.

À l’avenir, de plus en plus de recherches océanographiques nécessiteront des plateformes autonomes pouvant fonctionner sans intervention humaine directe – les planeurs, les drones, les ROV, les hydrophones et les satellites devront supporter une plus grande part du fardeau de la recherche.  Heureusement, nous sommes prêts pour cette transformation.  Des plateformes de recherche autonomes télécommandées sont testées et déployées dans le monde entier.  De même, il existe déjà des moyens autonomes de surveillance, de régulation de la pêche et de l’utilisation des océans, mais ils n’ont jamais été financés au niveau nécessaire pour réaliser leur plein potentiel.

 

La 4ème révolution industrielle est entièrement consacrée à la recherche et à la gestion des océans.  Comme pour la 3ème révolution industrielle, si les scientifiques sont prêts à s’adapter à ces changements, nous pourrions assister à une augmentation sans précédent de la productivité et du progrès scientifiques – avec plus de temps consacré à l’analyse et à la découverte et moins de temps à la collecte et au traitement des données brutes.

Les scientifiques marins, notamment les océanographes, les économistes, les anthropologues, les écologues, les météorologues et une myriade d’autres personnes travaillent sans relâche pour trouver de meilleurs moyens pour créer la science nécessaire pour lutter contre la perte de biodiversité et le changement climatique. Les perturbations causées par la pandémie du COVID-19 seront sans aucun doute importantes pour l’océanographie, mais elles pourraient bien être le catalyseur dont nous avons besoin pour sortir de la routine et créer un changement de paradigme unique qui pourrait conduire à une nouvelle révolution en sciences marines.  Une révolution dont nous avons grandement besoin si nous voulons que l’océan redevienne ce qu’il est et tel que nous en avons besoin.

Voir l’article original.

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Elva Escobar

WWF

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Linwood Pendleton

Une étude réalisée par Natalia Llopis Monferrer au LEMAR met en lumière de nouveaux acteurs majeurs du cycle de la silice dans l’océan

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L’article de Natalia Llopis Monferrer paru dans « Global Biogeochemical Cycles » sur l’importance des radiolaires (organismes planctoniques marins) dans le cycle du silicium de l’océan mondial a été honoré par l’American Geophysical Union (AGU).

Natalia LlopisMonferrer, de nationalité espagnole, est doctorante au LEMAR. Elle est co-encadrée par Aude Leynaert (CNRS, LEMAR), Fabrice Not (CNRS, Station biologique de Roscoff) et Paul Tréguer (UBO, LEMAR).

De minuscules protistes pourvus d’un squelette de verre, connus sous le nom de Rhizaria, pourraient être responsables d’un cinquième de la quantité totale de silice produite par les organismes océaniques à l’échelle planétaire.

Les principaux contributeurs du cycle global du silicium sont des algues unicellulaires appelées diatomées, qui utilisent le silicium dissous dans l’eau de mer pour élaborer un exosquelette ou une carapace de silice appelée frustule. Dans une nouvelle étude, Llopis Monferrer et al. (2020) montrent qu’un autre groupe d’organismes planctoniques, les Rhizaria, pourraient produire jusqu’à 19% de la quantité totale de silice biogène dans l’océan.

 

Les Rhizaria sont des animaux microscopiques unicellulaires, mais comme les diatomées, ils utilisent le silicium dissous pour construire un squelette de silice. Cette structure peut remplir diverses fonctions, comme celle de les protéger des prédateurs.

Alors que les diatomées sont des algues et résident dans les couches de surface de l’océan (parce qu’elles ont besoin de lumière pour se développer), les Rhizaria sont hétérotrophes (ce sont des animaux) et vivent à toutes les profondeurs. De plus en plus d’études qui tiennent compte des zones profondes des océans suggèrent que les Rhizaria pourraient jouer un rôle encore ignoré dans la production de silice biogène, mais jusqu’à présent, les estimations de leur contribution sont restées très spéculatives.

Afin de générer les premières estimations de la contribution des Rhizarias à la production mondiale de silice biogénique, les chercheurs ont collecté des échantillons de plancton sur 22 sites en mer Méditerranée. En se concentrant sur deux groupes principaux de Rhizaria – les polycystines et les phéodaires – l’équipe a mené des expériences en utilisant du silicium radioactif pour mesurer les taux de production de silice des organismes.

Les scientifiques ont ensuite combiné les résultats de leurs expériences avec des données publiées précédemment sur l’abondance des polycystines et des phéodaires dans les océans du monde entier. L’analyse a révélé que l’activité d’élaboration du squelette des Rhizarias pourraient représenter de 1 à 19 % de la quantité totale de silicium océanique incorporée dans la silice biogène chaque année.

Ces résultats remettent en question l’idée selon laquelle les diatomées ont un contrôle total sur le cycle du silicium océanique, un processus qui est couplé à d’autres cycles biogéochimiques, tels que les cycles du carbone et de l’azote.  (Global Biogeochemical Cycles, 2020).

Cet article est une traduction de l’article original paru dans EOS.

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Miguel Méndez-Sandin

Aude Leynaert / CNRS

Natalia Llopis Monferer / UBO

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Natalia Llopis Monferrer

L’Arctique en pleine transformation

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Une nouvelle étude menée par des chercheurs de la Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI) et leurs collègues internationaux a révélé que les eaux de ruissellement des rivières et des sédiments du plateau continental apportent des quantités importantes de carbone et de métaux traces dans certaines parties de l’océan Arctique via la dérive transpolaire, un courant de surface important qui fait passer l’eau de la Sibérie à l’océan Atlantique Nord en passant par le pôle Nord. Ces efforts de recherche ont été réalisés dans le cadre du programme international GEOTRACES au cours duquel 2 expéditions ont été menées en 2015 dans l’Arctique Central.

Ces résultats ont été publiés cette semaine dans le Journal of Geophysical Research-Oceans. 4 laboratoires français ont participé à cette étude dont le LEMAR et plus particulièrement Hélène Planquette, chargée de recherche au CNRS et Aridane G. González, maintenant en poste à l’ Oceanography and Global Change Institute (IOCAG, Las Palmas, Espagne).

Importance des éléments traces et des nutriments

« De nombreux éléments traces qui pénètrent dans l’océan en provenance des rivières et des sédiments du plateau continental sont rapidement éliminés de la colonne d’eau », explique Matthew Charette, biogéochimiste marin du WHOI et auteur principal de l’étude. « Mais dans l’Arctique, ils sont liés à l’abondante matière organique des rivières, ce qui permet de transporter le mélange jusqu’à l’Arctique central, à plus de 1 000 kilomètres de leur source ».

Les éléments traces, comme le fer, constituent des éléments de base essentiels à la vie océanique. À mesure que l’Arctique se réchauffe et que de grandes parties de l’océan se libèrent de la glace pendant de longues périodes, les algues marines deviennent plus productives. Une plus grande abondance d’éléments traces provenant des rivières et des sédiments du plateau continental peut entraîner une augmentation des nutriments atteignant le centre de l’océan Arctique, ce qui alimente davantage la production d’algues.

« Il est difficile de dire exactement quels changements cela pourrait induire », déclare M. Charette. « mais nous savons que la structure des écosystèmes marins est déterminée par la disponibilité des nutriments ».

Les nutriments alimentent la croissance du phytoplancton, une algue microscopique qui constitue la base de la chaîne alimentaire marine. En général, plus de phytoplancton apporte plus de zooplancton, c’est-à-dire de petits poissons et crustacés, qui peuvent ensuite être consommés par les prédateurs océaniques supérieurs comme les phoques et les baleines.

On s’attend à ce que les concentrations d’éléments traces et de nutriments, auparavant enfermés dans les sols gelés (permafrost), augmentent à mesure qu’une plus grande quantité de ruissellement fluvial atteint l’Arctique, qui se réchauffe à un rythme beaucoup plus rapide que la plupart des autres régions du monde.  Bien qu’une augmentation des nutriments puisse stimuler la productivité marine de l’Arctique, M. Charette met en garde sur le fait que la perte continue de glace de mer va encore aggraver le réchauffement climatique, ce qui aura un impact plus large sur les écosystèmes.

« L’Arctique joue un rôle important dans la régulation du climat de la Terre, la couverture de glace réfléchissant la lumière du soleil vers l’espace, ce qui contribue à atténuer la hausse des températures mondiales due aux émissions de gaz à effet de serre », ajoute-t-il. « Une fois la glace disparue, l’océan Arctique absorbera davantage de chaleur de l’atmosphère, ce qui ne fera qu’aggraver notre situation climatique ».

Le financement de GEOTRACES arctique a été assuré par la Fondation nationale des sciences des États-Unis, le Conseil suédois de la recherche Formas, l’Agence nationale de la recherche française (ANR) et le LabexMER, l’Organisation néerlandaise pour la recherche scientifique et le fonds de recherche indépendant danois. Les expéditions Arctic GEOTRACES ont été soutenues par les capitaines et les équipages de l’USCGC Healy et du R/V Polarstern.

Principaux points à retenir :

– Les eaux de ruissellement des rivières et des sédiments du plateau continental apportent des quantités importantes de carbone et de métaux traces dans certaines parties de l’océan Arctique via la dérive transpolaire.

– Les niveaux de nutriments et la productivité pourraient augmenter dans l’Arctique grâce à l’apport supplémentaire de ces nutriments, mais la perte de la couverture de glace continuera d’aggraver le réchauffement général et influencera la structure des écosystèmes.

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Stefan Hendricks

Aridane Gonzalez Gonzalez

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Hélène Planquette

Colloque sur le transport maritime et la protection de la biodiversité

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Les 12 et 13 décembre 2019 s’est déroulé à l’IUEM un colloque international sur un sujet
encore peu traité dans le domaine des sciences de la mer et du littoral portant sur le transport
maritime et la biodiversité.

Objectifs du colloque

En effet, activité économique majeure de la mondialisation, le transport maritime porte
des atteintes à la biodiversité et lui fait subir des risques. Alors que les écosystèmes se
dégradent de manière critique, il est urgent d’approfondir l’étude des conséquences du
transport maritime sur la biodiversité et de rechercher comment contribuer à leur limitation.

Le droit de la mer, le droit maritime et le droit de l’environnement définissent le cadre
des activités maritimes de transport et les conditions de la protection du milieu marin.
La pertinence de ce système, incluant la prévention et la réparation des atteintes à
l’environnement, doit être interrogée et évaluée au regard des enjeux de protection de la biodiversité.
Ce colloque a contribué à l’étude du droit encadrant les rapports entre le transport maritime et la biodiversité, en enrichissant la réflexion par le dialogue avec les sciences économiques et la
biologie.

Cet événement était organisé par le laboratoire de recherche AMURE. Ce colloque était parrainé par la
Société Française pour le Droit de l’Environnement (SFDE) et bénéficie du soutien de l’UBO, de la Faculté de droit économie gestion & AES, de l’IUEM, d’ISblue, du département du Finistère ainsi que de Brest Métropole. Le colloque a rempli les conditions pour être pris en compte au titre de l’obligation de formation continue des avocats.

Outre les différents experts français invités à s’exprimer sur la question, deux invités internationaux ont été reçus : le professeur Aldo Chircop de l’Université de Dalhousie, Halifax, de la Marine & Environmental Law Institute, et le professeur Khalifa Ababacar Kane de l’Université de Ziguinchor au Sénégal.

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Séverine Julien / UBO

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Séverine Julien

 

L’UBO Open Factory (UOF), un outil ouvert à tous pour le développement et le prototypage de projet

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Une formation à l’impression 3D organisée par l’UBO Open Factory (UOF-site de Quimper*) le jeudi 12 et le vendredi 13 décembre 2019, a rassemblé 5 étudiants et 3 enseignants-chercheurs de l’ESIAB, ainsi que deux ingénieurs de l’IUT de Quimper et de l’UBS.

La première partie de la formation animée par Tomo Murovec (UOF) et Laurent Marchal (UOF) a porté sur l’apprentissage du logiciel de conception en 3D Fusion (AUTODESK). Puis Nicolas Decourcelle, MCF à l’ESIAB, a présenté des exemples de l’impression 3D alimentaire et de la bio-impression. Enfin, la dernière partie de la formation était dédiée à la conception et l’impression d’objets en 3D sur les imprimantes du site Quimpérois de l’UOF. A l’issue de la formation, chaque participant est reparti avec les objets qu’il avait lui-même conçus.

Manon Buscaglia, doctorante à l’EDSML et Fabienne Guérard du LEMAR participaient à cette formation pour appréhender les aspects concrets de l’impression 3D dans le but de faire par la suite des essais d’impression en 3D de matrices de collagènes marins pour l’ingénierie tissulaire. C’est l’un des thèmes explorés dans le cadre du projet européen INTERREG VB « BLUE HUMAN » dans lequel est partenaire le LEMAR (F. Guérard, G. Le Blay, C. Hellio, V. Stiger, M. Fauchon et M. Buscaglia). Ce projet de recherche porte sur les biomatériaux d’origine Marine (notamment le collagène) pour l’ingénierie tissulaire.

Outre les imprimantes 3D, comme tout FabLab, l’UOF dispose de machines servant au prototypage des projets sur lesquelles il est possible d’apprendre en toute sécurité : découpeuse/graveuse au Laser, fraiseuse, thermoformeuse, machine à commande numérique, etc.

Vous pouvez contacter l’UOF pour tout projet de réalisation d’un prototype pour vos manips de laboratoire par exemple. Et si vous avez un projet personnel, l’open Bidouille est ouvert à tous les étudiants et personnels de l’UBO tous les jeudis après-midi de 14h à 17h, sur rendez-vous.

Pour en savoir plus

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Tomo Murovec / UBO

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Fabienne Guérard

Retombées économiques de la gestion durable des terres au Sénégal et au Niger (Initiative ELD)

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Ces ateliers de dissémination pour un dialogue science-politique sur les retombées économiques de la gestion durable des terres au Sénégal et au Niger (Initiative ELD, Economics of Land Degradation) se sont déroulés du 18 au 23 novembre à Dakar et du 25 au 30 novembre 2019 à Niamey.

L’équipe ELD d’AMURE (Emmanuelle Quillérou, Katia Frangoudes, et Laure Zakrewski) est de retour d’Afrique de l’ouest. Les 4 groupes au Sénégal et les 4 groupes au Niger ont à présent terminé leurs études, dont les résultats ont été présentés par les ambassadeurs ELD afin de servir de base à des échanges lors d’un atelier de dissémination et de dialogue science-politique.

Dans les deux pays, la plupart des options de gestion durable des terres (GDT) évaluées dans ces études de cas sont viables du point de vue financier (pour les producteurs) et de manière générale du point de vue économique (pour l‘ensemble de la société). L‘adoption à grande échelle des mesures de GDT ne semble donc pas être bloquée par des barrières financières ou économiques à l’adoption, de manière globale. Cependant, plusieurs barrières potentielles ont été identifiées afin de pouvoir servir de pistes d’investigations supplémentaires :

Les rapports finalisés des quatre groupes du Sénégal et du Niger, les 2 rapports de synthèse pour chaque pays, et les notes politiques associées seront très prochainement disponibles sur le site.

Les résultats scientifiques et pistes ont été discutés lors d’ateliers de disséminations dans les pays, organisés à l’interface science-politique. Ces ateliers clôturent le processus de développement des capacités à l’approche 6+1 de l’Initiative ELD au sein du cadre plus large du projet Regreening Africa. L’approche 6+1 est une méthodologie pour parvenir à une analyse coût-bénéfice (par exemple, déterminer si une pratique de gestion durable des terres est viable économiquement et/ou financièrement). Il y a 6 étapes pour arriver aux résultats de cette analyse, et le +1 correspond à l’action. Le Sénégal et le Niger sont les deux premiers pays à avoir finalisé ce processus, suivis de près par le Ghana. Le Sénégal et le Niger sont parmi les pays du projet qui ont établi le plus de cas d’études (4 par pays).

La suite des activités ELD menées depuis février 2018 au Sénégal et au Niger est à présent à l’initiative des groupes de travail ELD de ces pays. Souhaitons leurs des vents favorables !

#ReGreenAfrica #ReGreenNiger #ReGreenSenegal #ELDSolutions #SDG15 #ReGreeningAfrica #sciencepolicy

Crédits photo et légende

Pirogue sur le Niger

Emmanuelle Quillérou

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Emmanuelle Quillérou

Katia Frangoudes

Laure Zakrewski

 

Atelier RESOMAR

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Cette année, la thématique de l’atelier RESOMAR était la Turbidité. Organisé par Ifremer et l’IUEM, il s’est déroulé le 26 novembre sur le site d’Ifremer et le 27 Novembre 2019 à l’IUEM.Objectifs

  • Partager, au sein de la communauté COAST-HF voire au delà, les outils et protocoles mis en œuvre afin de mesurer à haute fréquence et sur le long terme la turbidité optique et la concentration en Matières en suspension (MES) en zone côtière
  • Libre échange autour des retours d’expérience associée à la mesure de turbidité

Au cours de cet atelier, différents thèmes ont été abordés : types de capteurs, métrologie, mise en œuvre, calibration, analyse, validation et qualité de la mesure, accessibilité.

Finalité

  • Warning sur la mesure de turbidité et son caractère non « universel/générique » : quelle conséquence à l’échelle du réseau ?
  • Peut-on aller vers une méthodologie partagée au sein du réseau ?
  • L’objectif est de produire un document de synthèse sur les pratiques actuelles et les pistes d’harmonisation possible, voire un article méthodologique issu des ateliers pratiques en fonction des résultats obtenus.

Agenda de l’atelier

Cet atelier se décompose en séances pratiques et en séances d’échanges. Les ateliers pratiques ont tourné autour de la mesure de turbidité, vis-à-vis de standards ou de suspensions naturelles, en inter-comparant un maximum de capteurs mis en œuvre dans le réseau.

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Sébastien Hervé / UBO

Peggy Rimmelin-Maury / CNRS

Retour sur les unités d’enseignements transversales

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Les unités d’enseignements (UE) transversales ont eu lieu cette année du mois de septembre à novembre. Les semaines passées ont fleuri aux quatre coins de l’Institut des affiches comme « La belle pêche », « OSS 118 Occupy Sea Space », ou « Maman j’ai raté la transition écologique » et bien d’autres encore. Ce n’était pas une journée d’intégration pour les étudiants mais la conclusion de 7 semaines de réflexion et de recherche sur l’interdisciplinarité du Master Sciences de la Mer et du Littoral.

Ces unités d’enseignements transversales ont lieu sur les deux années de Master. Lors de la première année, l’UE se nomme « Enjeux et Problématique ». Cet enseignement a pour objectif pédagogique de développer la coopération entre les pairs (étudiants à étudiants) tant par la transmission de leurs savoirs que par la découverte d’approches méthodologiques différentes de celles de leur spécialisation, en pluridisciplinarité.

Changement de formule cette année

Cette année, une nouvelle formule a débuté avec un fonctionnement par ateliers disciplinaires. Répartis dans des groupes de 12 à 20 étudiants de 5 spécialités du Master, les étudiants ont travaillé sur des problématiques centrées autour des risques côtiers (identification, gestion, prévention des risques liés aux changements climatiques), chacun apportant son regard méthodologique sur cette problématique commune. L’étudiant devait assister à quatre ateliers (dont trois extérieurs à sa discipline de formation), dans lesquels les enseignants donnaient la vision de leur champ d’expertise sur le sujet et la plus-value que pouvait apporter une collaboration interdisciplinaire dans leur contexte professionnel.

Cette transformation de l’UE a été une réussite autant pour les étudiants qui ont adhéré à cette formation, que pour les intervenants qui ont enrichi les échanges autour de ces sujets. Cet enseignement sera reconduit pour les années suivantes avec l’intégration potentielle de l’ensemble des mentions du Master SML.

Pour leur deuxième année de Master, l’UE se nomme « Sciences et Société ». De nombreux objectifs pédagogiques sont associés à cet enseignement : l’exploration de controverses socio-scientifiques, la problématisation d’un sujet, l’interdisciplinarité mais aussi des objectifs de pédagogie par projet.

Pour ce faire, les étudiants sont répartis en groupes de travail (toutes les disciplines des SML sont identifiées dans les groupes) suivants les sujets présentés par les doctorants. Deux mois d’exploration du sujet en équipes interdisciplinaires autonomes encadrée par le doctorant s’en suivent.

Cette année 6 équipes ont été constituées du côté de l’IUEM et 2 pour le parcours STPE-IGRECL (Vannes). Pour conclure, cette réflexion et ces deux mois d’interdisciplinarité, un après-midi de restitution sous forme d’ateliers d’1h30 a été organisé le 19 novembre dernier. Cette restitution organisée à destination des étudiants de M1 mais aussi des membres du jury (enseignants, chercheurs, scientifiques, responsables de communication, guides scientifiques…) était ouverte à tous les curieux de la pluridisciplinarité. Pour le plaisir des yeux, de nombreux décors ont été réalisés cette année afin d’illustrer leur travail de recherches, en voici quelques images.

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Riwalenn Ruault

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Riwalenn Ruault

L’océanographie au service du développement durable

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L’European Marine Board (EMB) lance un 5ème document d’orientation « Naviguer vers l’avenir V (NFV : Navigating the Future V) ; Recommandations pour la Décennie des Nations-Unies pour l’océan », qui contient des propositions pour les sciences océaniques afin d’atteindre les objectifs de développement durable de la Décennie des Nations Unies. Ce Policy brief a été lancé le 19 novembre 2019 au Parlement européen à l’occasion d’une manifestation multipartite organisée conjointement par le European Marine Board (EMB) et le European Bureau for Conservation and Development (EBCD) sur le thème « Les principaux défis environnementaux et le rôle des objectifs du développement durable ».

La décennie des océans

L’année 2021 marque le début de la Décennie des océans qui donne l’occasion aux scientifiques, aux décideurs, à l’industrie et au public de se réunir pour faire en sorte que la société continue de bénéficier des ressources océaniques tout en améliorant la santé écologique du milieu marin et en assurant sa durabilité à long terme. Six résultats sociétaux ont été esquissés et le Policy brief de l’EMB présente les recommandations d’une synthèse, rédigée par d’éminents spécialistes européens, sur la science nécessaire pour atteindre ces objectifs. NFV recommande un programme de recherche marine holistique, axé sur les solutions et la durabilité, qui doit être conçu conjointement par toutes les parties prenantes.

Pour assurer la propreté des océans, il faut déterminer les effets cumulatifs et les interactions entre de multiples apports anthropiques, notamment le CO2 atmosphérique, le ruissellement agricole, les eaux usées non traitées, les espèces marines envahissantes et la pollution plastique. Un océan sûr exige que nous soyons capables de prévoir les risques océaniques tels que les ondes de tempête, les vagues de chaleur marines, les météotsunamis, les tremblements de terre sous-marins, les glissements de terrain et les éruptions volcaniques, ainsi que les tsunamis qui leur sont associés. Nous devons mieux comprendre les déclencheurs de ces risques et des impacts, y compris la façon dont ils sont influencés par le changement climatique.

Un océan sain pour une économie bleue

Un océan sain et résilient est indispensable pour soutenir une économie bleue durable. Une vue d’ensemble complète du fonctionnement de la biodiversité marine et de sa valeur socio-économique est nécessaire. NFV recommande la mise en place d’un programme de recherche interdisciplinaire sur la connectivité océanique axé sur les liens entre l’océan physique, chimique, biologique, géologique et l’humanité. La gouvernance des océans devrait être guidée par la structure et la fonction quadri-dimensionnelles des écosystèmes marins. Un océan exploité de façon durable est un océan dont les seuils de sécurité et de durabilité permettent aux industries océaniques de fonctionner, comme les pêches, l’aquaculture, les biotechnologies et l’énergie. Les stratégies de résilience, les compromis et l’éthique devraient être intégrés dans les protocoles d’aide à la décision.

La prévision océanique

Une prévision océanique conduira à une meilleure gestion des écosystèmes marins, à une exploitation durable des ressources, à des projections climatiques et à la prévision des risques océaniques. Il est nécessaire d’améliorer les observations et le partage des données océanographiques, ainsi que de développer l’Internet des objets océaniques, l’intelligence artificielle et l’informatique en nuage. Les données devraient être intégrées dans des modèles interdisciplinaires afin de créer des systèmes d’alerte rapide pour les multiples facteurs de stress, les points de basculement et les risques océaniques. Un océan limpide fournira des données et des informations océaniques à toutes les parties prenantes pour des prises de décision éclairées. NFV recommande le développement d’une plate-forme océanique en réalité virtuelle où les données seront disponibles et traitées en temps réel.

L’European Marine Board (EMB) est l’un des principaux groupes de réflexion européens sur la politique des sciences de la mer. L’EMB est un réseau de plus de 10 000 scientifiques des principaux instituts océanographiques et marins nationaux, d’organismes de financement de la recherche et de réseaux nationaux d’universités en Europe. Le Conseil de l’EMB offre une plate-forme à ses organisations membres pour développer des priorités communes, faire progresser la recherche marine et combler le fossé science-politique afin de relever les défis et de saisir les opportunités futures en sciences marines.

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European Marine Board

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Anne Marie Tréguier