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Dites au revoir aux baleines – Le changement climatique fait bouger la mégafaune marine

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Les scientifiques du WWF se sont associés à d’autres chercheurs et aux anciens des tribus pour révéler comment le changement climatique va redistribuer la mégafaune de l’océan mondial. Dans un nouvel article intitulé « Climate Change Will Re-draw the Map for Marine Megafauna and the People Who Depend on Them », qui spublié dans Frontiers in Marine Science, ils donnent un aperçu des gagnants et des perdants, parmi les espèces elles-mêmes et les personnes qui dépendent d’elles.

En s’appuyant sur les données présentées dans le très récent rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sur l’océan et la cryosphère, les chercheurs Susan Grose, Linwood Pendleton et leurs collègues illustrent les effets du changement climatique par trois parcours et fournissent six études de cas mettant en évidence la manière dont cela se produit aujourd’hui.

Le changement climatique fera en sorte que certains de leurs lieux de vie ne seront plus hospitaliers, ce qui obligera la mégafaune à trouver de nouveaux endroits où vivre. L’augmentation des températures de l’eau et de l’air va modifier la démographie : moins de descendants survivront, le rapport des sexes sera faussé et les épidémies de maladies réduiront la durée de vie. Enfin, à mesure que les espèces prédatrices s’adapteront au changement climatique et se déplaceront vers de nouvelles zones, la mégafaune qui s’en nourrit s’adaptera elle aussi… si elle le peut.

De nombreux obstacles limitent les déplacements des géants de l’océan. Certains sont d’origine humaine, tels que les voies de navigation, les moulins à marée et les filets dans les zones de pêche. D’autres sont naturels, comme les courants océaniques et la température de l’eau. Les rivages propices à la reproduction et à la nidification peuvent également être peu nombreux et éloignés. Amanda Leathers nous rappelle que pour les espèces tempérées de l’hémisphère sud, « il n’y a pas de nouvelles aires d’alimentation au sud… seulement une vaste étendue d’océan jusqu’à l’Antarctique ». Une chose est sûre, comme la mégafaune se déplaçe sur la Terre, les personnes qui en dépendent vont souffrir. Les gens dépendent de la mégafaune marine pour leur nutrition, leurs revenus et leur bien-être spirituel. Au fur et à mesure que les espèces s’éloignent ou disparaissent, l’accès à la viande qu’elles fournissent et les dollars des touristes qu’elles rapportent augmenteront.

Le peuple Ngāti Kuri d’Aotearoa-Nouvelle-Zélande en est un exemple notable. Ils dépendent des migrations annuelles des baleines à bosses par les îles Kermadec comme faisant partie de leur identité spirituelle. Un aspect de leur histoire est présenté dans l’article ; si les baleines disparaissent ou se déplacent, Sheridan Waitai, un ancien de Ngāti Kuri déclare sans ambages que « [ce] sera une tragédie collective » pour eux et « un signe que… tous ceux qui vivent sur terre… ont dépassé le point de non-retour… signalant [une] crise à l’échelle mondiale ».

Il y a de l’espoir. Les auteurs concluent en suggérant des moyens pour les gestionnaires et les décideurs de travailler ensemble à tous les niveaux administratifs, depuis la base jusqu’aux accords internationaux, afin d’aider à prévenir certains déplacements de populations, de créer des solutions pour empêcher l’extinction et, dans les cas où les déplacements de populations sont inévitables, de travailler avec les acteurs locaux pour faciliter la transition.

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Gregory O’Brien

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Susan Grose

Linwood Pendleton

Blog Changement clim-éthique réalisé par Olivier Ragueneau, chercheur CNRS au LEMAR

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En cette période de confinement, e-mobilisés, chacun se demande comment il peut contribuer au commun et aux réflexions sur l’après Covid-19. Dans cette optique, Olivier Ragueneau a eu envie de partager un essai intitulé :

Changement clim-éthique. « Agir global, penser local » et autres retournements jubilatoires.

Olivier est océanographe de formation, biogéochimiste marin plus exactement. Pour des raisons que vous découvrirez dès le premier chapitre du manuscrit, il explicite les raisons d’une inflexion certaine dans sa trajectoire de recherche, qui date de l’année 2001, qui a mûri peu à peu et l’a emmené jusqu’à la COP 15 de Copenhague en 2009, pour y présenter l’idée de dette climatique. Depuis, il travaille de plus en plus en lien avec différentes disciplines des sciences humaines et sociales ainsi qu’avec la société civile organisée pour appréhender le fonctionnement et les trajectoires de ce qu’on appelle les socio-écosystèmes.

Son blog aborde les questions du changement climatique et des inégalités, que nous devrons traiter conjointement au lendemain de cette crise sanitaire, qui nous y invite déjà.

Il propose cet essai sous la forme d’une série de chapitres téléchargeables en ligne tous les trois jours, de façon à couvrir cette période de confinement, à 20h le mardi et le vendredi.

Voici le lien vers ce blog, où il explicite davantage sa démarche.

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Sébastien Hervé / UBO

 

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Olivier Ragueneau

 

L’océanographie au service du développement durable

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L’European Marine Board (EMB) lance un 5ème document d’orientation « Naviguer vers l’avenir V (NFV : Navigating the Future V) ; Recommandations pour la Décennie des Nations-Unies pour l’océan », qui contient des propositions pour les sciences océaniques afin d’atteindre les objectifs de développement durable de la Décennie des Nations Unies. Ce Policy brief a été lancé le 19 novembre 2019 au Parlement européen à l’occasion d’une manifestation multipartite organisée conjointement par le European Marine Board (EMB) et le European Bureau for Conservation and Development (EBCD) sur le thème « Les principaux défis environnementaux et le rôle des objectifs du développement durable ».

La décennie des océans

L’année 2021 marque le début de la Décennie des océans qui donne l’occasion aux scientifiques, aux décideurs, à l’industrie et au public de se réunir pour faire en sorte que la société continue de bénéficier des ressources océaniques tout en améliorant la santé écologique du milieu marin et en assurant sa durabilité à long terme. Six résultats sociétaux ont été esquissés et le Policy brief de l’EMB présente les recommandations d’une synthèse, rédigée par d’éminents spécialistes européens, sur la science nécessaire pour atteindre ces objectifs. NFV recommande un programme de recherche marine holistique, axé sur les solutions et la durabilité, qui doit être conçu conjointement par toutes les parties prenantes.

Pour assurer la propreté des océans, il faut déterminer les effets cumulatifs et les interactions entre de multiples apports anthropiques, notamment le CO2 atmosphérique, le ruissellement agricole, les eaux usées non traitées, les espèces marines envahissantes et la pollution plastique. Un océan sûr exige que nous soyons capables de prévoir les risques océaniques tels que les ondes de tempête, les vagues de chaleur marines, les météotsunamis, les tremblements de terre sous-marins, les glissements de terrain et les éruptions volcaniques, ainsi que les tsunamis qui leur sont associés. Nous devons mieux comprendre les déclencheurs de ces risques et des impacts, y compris la façon dont ils sont influencés par le changement climatique.

Un océan sain pour une économie bleue

Un océan sain et résilient est indispensable pour soutenir une économie bleue durable. Une vue d’ensemble complète du fonctionnement de la biodiversité marine et de sa valeur socio-économique est nécessaire. NFV recommande la mise en place d’un programme de recherche interdisciplinaire sur la connectivité océanique axé sur les liens entre l’océan physique, chimique, biologique, géologique et l’humanité. La gouvernance des océans devrait être guidée par la structure et la fonction quadri-dimensionnelles des écosystèmes marins. Un océan exploité de façon durable est un océan dont les seuils de sécurité et de durabilité permettent aux industries océaniques de fonctionner, comme les pêches, l’aquaculture, les biotechnologies et l’énergie. Les stratégies de résilience, les compromis et l’éthique devraient être intégrés dans les protocoles d’aide à la décision.

La prévision océanique

Une prévision océanique conduira à une meilleure gestion des écosystèmes marins, à une exploitation durable des ressources, à des projections climatiques et à la prévision des risques océaniques. Il est nécessaire d’améliorer les observations et le partage des données océanographiques, ainsi que de développer l’Internet des objets océaniques, l’intelligence artificielle et l’informatique en nuage. Les données devraient être intégrées dans des modèles interdisciplinaires afin de créer des systèmes d’alerte rapide pour les multiples facteurs de stress, les points de basculement et les risques océaniques. Un océan limpide fournira des données et des informations océaniques à toutes les parties prenantes pour des prises de décision éclairées. NFV recommande le développement d’une plate-forme océanique en réalité virtuelle où les données seront disponibles et traitées en temps réel.

L’European Marine Board (EMB) est l’un des principaux groupes de réflexion européens sur la politique des sciences de la mer. L’EMB est un réseau de plus de 10 000 scientifiques des principaux instituts océanographiques et marins nationaux, d’organismes de financement de la recherche et de réseaux nationaux d’universités en Europe. Le Conseil de l’EMB offre une plate-forme à ses organisations membres pour développer des priorités communes, faire progresser la recherche marine et combler le fossé science-politique afin de relever les défis et de saisir les opportunités futures en sciences marines.

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European Marine Board

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Anne Marie Tréguier

Cyril Tissot, Chercheur CNRS en géomatique au LETG-Brest

Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

Avant d’arriver à l’IUEM, j’ai fait des études de géographie en géomatique appliquée aux dynamiques urbaines à l’université de Besançon, plus précisément sur les flux routiers et les flux touristiques de la licence au M1. Je suis arrivé en M2 à Brest. J’ai intégré le DEA de géomorphologie et aménagement des littoraux à l’IUEM (aujourd’hui mention EGEL). C’est à ce moment-là que j’ai commencé à m’intéresser aux problématiques à l’interface terre-mer. En thèse, j’ai travaillé sur la modélisation des émissions d’effluents d’élevage dans le Finistère. L’objectif était d’analyser la variabilité des épandages agricoles en relation avec la qualité des eaux côtières. Ensuite, j’ai fait un post-doc dans le cadre du programme environnement-vie et société (PEVS) du CNRS.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

La cadre de recherche pluridisciplinaire autour des sciences marines me plaisait beaucoup. Pour un géographe, cette proximité avec différentes disciplines académiques est un atout. Le dynamisme et l’excellente ambiance au sein de l’UMR LETG ont également été déterminants dans mon choix d’affectation. J’ai donc posé mes valises en 2004 suite à mon recrutement comme chargé de recherche au CNRS.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Je travaille sur le développement de modèles abordant les interactions homme-environnement. Je m’intéresse en particulier à la simulation des changements d’intensité des activités anthropiques en relation avec la variabilité des conditions d’environnement. Les champs d’application sont très divers : interactions pêche-écosystèmes marins, modèle d’optimisation spatiale pour l’implantation d’infrastructures en mer (Energies marines renouvelables (EMR)), adaptation des agro-systèmes côtiers aux changements climatiques (viticulture). Mes terrains d’études se situent en Bretagne, en Europe (Angleterre, Roumanie, Allemagne, Espagne) et à l’international (principalement Nouvelle-Zélande et Argentine).

En complément, je dispense quelques cours dans le cadre du master EGEL en géomatique appliquée à des problématiques littorales, de l’école doctorale des sciences de la mer et du littoral (EDSML) en systèmes d’informations géographiques (SIG) et j’enseigne également dans le Mastère EMR à l’ENSTA-Bretagne.

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

J’en ai au moins une pour chaque mission de terrain car il y a toujours des imprévus !  Il y a quelques années en Baie de Bourgneuf, nous faisions des relevés pour localiser avec précision les bancs ostréicoles et renseigner les densités d’élevages dans les parcs.

Dans cette zone l’envasement est très important et bien sûr, nous sommes retrouvés piégés à plusieurs reprises englués dans la crème de vase. Les ostréiculteurs présents sur place se sont certainement bien moqués de nous !

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

Difficile d’en évoquer un en particulier mais les missions de terrain sont vraiment les meilleurs moments. Fin 2018 j’ai notamment eu la chance d’aller dans les vignobles de Blenheim en Nouvelle Zélande (île du Sud). L’environnement y est incroyable, ce sont des vignobles littoraux extraordinaires.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

Le sport (surf, vtt) pour me vider la tête et la musique pour me détendre.

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Ion Tillier

Hervé Quénol / CNRS

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Cyril Tissot / CNRS

 

 

Retour sur OceanObs’19 à Honolulu

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Dans le cadre de sa série de conférences décennales, OceanObs’19 a regroupé à Honolulu du 16 au 20 septembre 2019 la communauté mondiale des observateurs des milieux océaniques, des scientifiques aux utilisateurs finaux.

Objectifs de la manifestation

Cette conférence décennale dont la première a eu lieu en France en 1999, a cherché à améliorer la réponse aux besoins scientifiques et sociétaux par un système intégré d’observation des océans, afin de mieux comprendre l’environnement marin, de surveiller le climat et d’informer sur les stratégies d’adaptation, ainsi que d’utiliser durablement des ressources océaniques. OceanObs’19 a poursuivi l’élaboration de stratégies visant à mettre en place un système pérenne d’observation multidisciplinaire et intégré de l’océan et à mieux relier les observateurs, les modélisateurs et les communautés d’utilisateurs. Les contributions (sous la forme d’articles blancs communautaires appelés « community white paper ») ont permis d’orienter l’élaboration de la stratégie tout au long de la conférence pour la prochaine décennie. La conférence et ces articles blancs s’articulent autour de 10 thèmes essentiels pour le bénéfice de la société qui étaient les suivants « Observing System Governance », « Data & Information Systems », « Observing Technologies & Networks », « Pollution & Human Health », « Hazards & Maritime Safety », « Blue Economy », « Discovery », « Ecosystem Health & Biodiversity », « Climate Variability & Change » et « Water, Food, & Energy Security ».


Implication des scientifiques de l’IUEM

L’IUEM et l’Ifremer étaient présents à cette manifestation, particulièrement les agents du LOPS (Pascale Lherminier, Nicolas Kolodziejczyk, Guillaume Charria, Jérôme Paillet) mais aussi du Lemar (Patrice Brehmer) et avec une forte contribution à distance de Fabrice Ardhuin du LOPS. US Imago (Unité propre IRD sur le campus de Plouzané) était aussi présente. Elle est liée de manière indirecte au LOPS, au Lemar et à l’IUEM. Un poster décrivant l’IUEM a été présenté à la conférence et l’IRD, tutelle de l’IUEM, était l’un des sponsors officiels. Les principaux thèmes soutenus par les agents de l’IUEM dans leurs articles blancs (déjà 240 000 vues) ont porté sur les contributions des navires aux systèmes d’observation ; l’infrastructure de recherche JERICO ; l’observation en France de l’océan côtier et du littoral, ainsi que sur le rapport coût efficacité des capteurs biogéochimiques mais aussi de capteurs utilisés en biologie marine.  Enfin, les agents de l’IUEM ont aussi présenté d’autres contributions notamment le projet européen H2020 Trialtlas et ont participé aux animations du Hall d’expositions notamment sur le stand de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA).

Les scientifiques ont fait remarquer aux organisateurs la faible participation des pays Africains et des pays dits du Sud en général. Le renforcement de leur capacité d’expertise sur les milieux océaniques devrait être une priorité pour la décennie a venir, entrant ainsi une cohérence avec la Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable (2021-2030). Gageons que l’IUEM et ses partenaires auront à cœur de contribuer à cette noble mission.

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Pascale Lherminier / Ifremer

Patrice Brehmer / IRD

Colloque Sea State Climate Change Initiative (CCI)

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Cet événement organisé par le LOPS se tiendra du mardi 8 au mercredi 9 octobre 2019 à l’IUEM (Amphi A). Cette manifestation s’adresse à tous ceux qui s’intéressent aux états de mer, notamment ceux qui travaillent dans la recherche et l’industrie sur les observations, la modélisation et les applications en lien avec les états de mer. Ce colloque comprendra des exposés, des présentations et des discussions sur l’importance des états de mer dans les sciences du système Terre, sur les applications scientifiques et industrielles des bases de données d’états de mer et sur les exigences scientifiques associées à la Variable Climatique Essentielle (Essential Climate Variable, ECV) « états de mer ».

Qu’est-ce que le Climate Change Initiative ?

Depuis 2010, l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et ses États membres se sont engagés à retraiter les archives à long terme d’observations spatiales de la Terre afin de fournir aux spécialistes du climat les bases de données les plus complètes, précises et cohérentes possibles sur les variables climatiques essentielles, comme l’exige la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Ce programme international s’appelle le Climate Change Initiative.

Pourquoi avons-nous besoin d’informations précises sur les états de mer ?

Les états de mer dépendent des vagues de surface (mer de vent et houle) qui sont omniprésentes dans les océans et les mers. Ils ont un impact sur les flux d’énergie air-mer, le mélange des océans, l’étendue des glaces de mer et les évolutions morphologiques du littoral. Comprendre les états de mer et leurs variabilités est crucial non seulement pour l’étude du climat, mais aussi pour un grand nombre de questions sociales, économiques et écologiques, telles que la protection des côtes, la sécurité maritime, l’ingénierie offshore, la conception des navires, la planification spatiale marine et le développement des énergies marines renouvelables. Les modifications de la circulation atmosphérique causées par l’augmentation des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont susceptibles d’impacter la distribution mondiale des caractéristiques moyennes et extrêmes des états de mer. Pourtant, nos connaissances actuelles sur les conditions futures des états de mer (moyennes et extrêmes) sont encore très limitées par un manque d’observations cohérentes à long terme.

Depuis 2018, la variable « État de mer » a rejoint la liste des ECV établie par le Système Mondial d’Observation du Climat (SMOC). Le projet Sea State CCI s’appuie sur les résultats du projet GlobWave (2010-2014) et travaille actuellement au retraitement de 20 ans d’observations satellitaires, acquises par altimétrie radar et radars à synthèse d’ouverture (SAR), afin de générer la base de données globale la plus précise et cohérente possible des paramètres des états de mer. La génération des bases de données CCI, se base sur les exigences du SMOC et les besoins de la communauté d’utilisateurs de données climatiques. A ce titre, les “User Consultation Meetings” permettent de consulter régulièrement des utilisateurs de données climatiques afin d’intégrer leurs exigences dans les systèmes d’observation du climat.

La version 1.1 de la base de données Sea State CCI est disponible ici.

Pour en savoir plus

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Isak Combrinck

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Sébastien Hervé / UBO

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Guillaume Dodet /Ifremer

Fabrice Ardhuin / CNRS

 

Plongée dans l’Université d’été « Mer et Journalisme »

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L’organisation de l’école d’été ISblue « Mer et Journalisme » est une première en France. Elle s’est déroulée à l’IUEM les 27 et 28 août 2019. 27 personnes, dont 24 journalistes des media nationaux, régionaux et locaux y ont participé, de même que 2 représentants d’une fondation et une avocate du Barreau de Paris. Cette formation avait pour objectif principal d’apporter un éclairage sur plusieurs « points chauds » dans le domaine de l’océanographie, les impacts du changement climatique, l’économie, le droit et les technologies des sciences marines. Elle s’est organisée autour de conférences, d’ateliers et de tables rondes pour aboutir à la convergence des scientifiques et des journalistes pour l’élaboration de communiqués de presse satisfaisant les exigences des deux professions.

Plus de 15 scientifiques d’ISblue ont apporté leur expertise, ayant tous à cœur de participer au transfert et à la médiatisation de leurs connaissances afin de sensibiliser le grand public aux défis socio-environnementaux liés à l’océan.

Pendant ces 2 journées, plus d’une soixantaine de personnes était présente en continu lors des plénières en amphi.

Le 27 août matin, après une allocution du président de l’UBO, Matthieu Gallou, le directeur, Fred Jean, a présenté l’IUEM. L’école a été introduite par Jean-Louis Etienne et Catherine Chabaud, parrain et marraine de l’événement. Paul Tréguer, coorganisateur, a rappelé la démarche visionnaire qui en 20 ans a abouti à la création de l’IUEM, de l’Europôle Mer, du Labex-Mer et d’ISblue, à forte visibilité internationale et montré que l’océan est aujourd’hui au cœur des questions sociétales majeures. Il a également précisé la composition d’ISblue. Pauline Letortu, coorganisatrice, a présenté le programme des 2 journées comprenant des conférences générales, des tables rondes et des ateliers.

Conférences générales

Laurent Chauvaud du LEMAR dans son intervention intitulé « Un océan d’idées nouvelles » a illustré comment l’étude des pectinidés, limité au départ au niveau local, l’a conduit à acquérir progressivement une vision mondiale de l’océan, de l’Arctique à l’Antarctique, en donnant désormais une dimension artistique à la recherche marine.

Jean-Pierre Gattuso du LOV, représentant du GIEC, a présenté « L’Océan de l’Anthropocène » en rappelant la sortie fin septembre du rapport du GIEC. Dans ce dernier, le rôle central de l’océan dans la régulation du climat et les risques engendrés par un changement climatique rapide sur le cycle du carbone et sur les écosystèmes marins est souligné.

Gilles Boeuf du MNHN a captivé son auditoire en traitant du sujet « Dans l’océan, une crise de la biodiversité ? » resituant le développement des organismes marins dans le schéma général de l’évolution et posant les éléments qui argumentent dans le sens d’une crise aigüe de la diversité dans l’océan sous les impacts anthropiques.

Les tables rondes 

La table ronde « Enjeux climatiques » était  animée par Guillaume Roullet du LOPS et Jean-Louis Le Corvoisier, animateur professionnel, avec la contribution par visioconférence de Gaël Durand de l’IGE Grenoble sur le thème «  Les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique sont-elles en train de fondre ? Quel est l’impact sur le niveau de la mer ? » et en présentiel de Pascale Lherminier du LOPS pour répondre à la question « Quels sont le rôle et l’évolution des courants océaniques en Atlantique nord dans le contexte du changement climatique ? »

La table ronde Enjeux climatiques animée par Olivier Thébaud d’AMURE et Jean-Louis Le Corvoisier a d’abord entendu Jean Boncoeur d’AMURE présentant « La soutenabilité des ressources biologiques exploitables : quel est l’effet des régulations à différents niveaux ? » puis Annie Cudennec d’AMURE sur la question « Au delà des zones de juridiction nationale, peut-on protéger la biodiversité ? »

La table ronde Enjeux technologiques animée par Patrick Poupon du PMBA et Jean-Louis Le Corvoisier a successivement entendu Nicolas Kolodziejczyk puis Jean Tournadre, tous deux du LOPS, répondre successivement aux questions « Quels nouveaux enjeux pour l’observation des océans ? » et « Quels défis pour l’océanographie satellitaire ? »

Les ateliers 

L’atelier risques côtiers a été animé par Catherine Meur-Férec du LETG-Brest et Jean-Louis Le Corvoisier. Après une présentation factuelle d’un événement où se croisent aléas et enjeux côtiers par Catherine Meur-Férec, le débat s’est engagé, avec et entre journalistes, sur la meilleure façon de traduire pour le grand public ce phénomène complexe.

L’atelier deep-sea mining animé par Pierre-Marie Sarradin, Ewan Pelleter et Arthur de Pas d’Ifremer a permis de pouvoir interagir avec des scientifiques sur un sujet complexe mais à fort potentiel économique.

L’atelier Formation avait pour objet de réfléchir à l’élaboration d’un préprojet d’emaster de formation continue sur le thème « Mer et Journalisme » en collaboration avec le Centre de Formation des Journalistes (Paris), représenté par sa directrice Julie Joly. Il a permis d’identifier les convergences de formation entre universitaires et les journalistes.

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Sébastien Hervé / UBO

Cécile Nassalang / CNRS

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Paul Tréguer

Pauline Letortu

Deuxième édition du colloque International « IMBER Future Oceans »

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La deuxième édition du colloque international IMBER open science (Programme Intégré sur la Biosphère Marine) se tiendra du 17 au 21 juin au quartz de Brest. Des scientifiques du monde entier y convergeront afin de présenter leurs travaux qui s’articulent autour du thème suivant : « durabilité des océans au profit de la société : compréhension, défis et solutions ».

Le contexte

Le changement climatique et la surexploitation des ressources conduisent à une perte de biodiversité. C’est dans cette perspective que les océans sont sujets à de nombreuses pressions inhérentes aux activités humaines. Dès lors, il est important de savoir d’une part si les ressources de l’océan pourront résister à ces pressions et d’autre part si un développement durable et responsable pourrait garantir la sauvegarde de la biodiversité.

Les thèmes

C’est conscient de cette situation que les trois thèmes qui suivent ont été choisis afin d’animer les débats :

  • Compréhension et quantification de l’état et de la variabilité des écosystèmes marins.
  • Amélioration des scénarios, des prévisions et des projections autour des futurs systèmes océan-homme à plusieurs échelles.
  • Amélioration et atteinte d’une gouvernance durable des océans.

Sessions et ateliers

Les sessions se feront en forme d’allocutions, d’ateliers, de contributions ainsi que d’autres formats très novateurs. D’ailleurs, il sera possible d’avoir jusqu’à 10 ateliers simultanément. L’originalité de l’édition de cette année réside dans le fait qu’elle traitera non seulement des mutations en cours dans les écosystèmes des océans du large et de ses mers côtières. Mais également elle permettra l’évaluation des impacts socio-économiques ainsi que la proposition de stratégies d’adaptation.

En outre, les ateliers intéressent directement les politiques, les collectivités, les acteurs socio-économiques tous secteurs d’activité confondus et plus largement donc, toute citoyenne et tout citoyen. Il s’agira donc d’apporter des réponses aux questions suivantes:

  • Comment vont évoluer les pêches et les activités littorales ?
  • Faut-il modifier la gestion des ressources biologiques à l’échelle européenne ?
  • De nouveaux évènements extrêmes qui augmenteront directement l’érosion du littoral sont-ils à attendre?
  • Quelles sont les interfaces à manager entre science et entreprises pour résoudre de concert les principaux problèmes environnementaux ?
  • Quels seraient les impacts d’une modification du Gulf Stream sur le climat du grand ouest et sur la vie quotidienne des habitants de la presqu’ile armoricaine ?

Les participants 

367 étudiants ainsi que 385 chercheurs participeront à cet évènement. Parmi ces derniers, 6 membres du comité local seront au rendez-vous. Il s’agit de Laurent Bopp, Marie Bonnin, Nadia Ameziane, Olivier Thébaud  , Géraldine Sarthou, et Paul Tréguer qui est également membre du conseil scientifique.

Interview de Paul Tréguer réalisée par Brigitte Bornemann

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IMBER

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Paul Tréguer

Le changement climatique affectera les courants marins profonds en Atlantique nord

Le dernier rapport du GIEC montre l’urgence de réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Un article publié dans Nature Climate Change aujourd’hui confirme cette nécessité, avec des prévisions sur les courants marins profonds en Atlantique Nord à l’horizon 2100. Une
publication du LOPS.

Pour en_savoir plus

L’océan au cœur des discussions internationales sur le climat

Mettre en avant la place de l’océan dans les discussions sur le climat

Depuis les années 1990 les discussions sur le climat s’étaient surtout centrées sur les enjeux de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de lutte contre la déforestation. L’océan, qui couvre pourtant 71% de la surface du globe et absorbe 30% du CO2 émis chaque année par l’Homme dans l’atmosphère était relativement absent des débats. Depuis 2015 et la COP21 ayant eu lieu à Paris, l’océan a émergé comme un élément des discussions sur le climat.

La Plateforme Océan et Climat est née en 2014 d’une alliance entre des associations, des scientifiques et quelques industriels. Son objectif est de promouvoir les enjeux liés à l’océan et au climat auprès des politiques, des décideurs et du grand public. Lors de la COP21 la plate-forme Océan et Climat a communiqué sur la manière dont l’océan est impacté par les changements climatiques, ainsi que sur le fait que l’océan peut faire partie des solutions face au changement climatique.

Afin d’atteindre l’objectif de l’Accord de Paris de contenir la hausse des températures en deçà de 2 °C, les Etats signataires doivent produire des contributions nationales présentant leurs engagements. Un des objectifs de l’Alliance internationale d’initiatives Océan et Climat, organisme créé par la plate-forme Océan et Climat, est donc d’aider les Etats à intégrer le thème de l’océan dans les contributions qu’ils doivent produire en intégrant des thèmes comme les énergies marines renouvelables ou la séquestration du carbone dans les zones côtières.

L’océan est davantage présent dans le 5ème rapport du GIEC (Groupe intergouvernemental des experts sur le climat) publié en 2014. Celui-ci conclut que l’océan a absorbé 30 % des émissions de CO2 dues aux activités humaines provoquant l’acidification de l’océan, que l’influence de l’homme a très probablement contribué à la fonte de la banquise, au réchauffement de surface et à l’élévation du niveau des mers.

Lors de la COP de Paris, le GIEC a également décidé de publier un rapport spécial sur les océans qui sera présenté en septembre 2019. Il traitera d’une série de thèmes liés aux océans et aux littoraux comme la hausse du niveau des mers ou les effets des changements sur les écosystèmes, sur la biodiversité et sur les services écosystémiques. Il s’agira également de passer en revue des solutions d’atténuation (par exemple la restauration de mangrove permettant de séquestrer du carbone) et des solutions d’adaptation des communautés dépendant des écosystèmes marins. Une partie portera sur les extrêmes, les changements brutaux et la gestion des risques. Le rapport traitera de l’océan mais aussi de la cryosphère c’est-à-dire des calottes glaciaires, des glaciers de montagne et de la banquise. Les changements touchant l’océan dans les régions polaires feront donc également l’objet d’un chapitre.

Contacts : Denis Bailly, Laboratoire Amure, Membre du comité scientifique de l’initiative Océan et Climat : denis.bailly@univ-brest.fr ; Anne-Marie Tréguier, Laboratoire LOPS, auteur pour le 6e Rapport d’évaluation du GIEC : anne.marie.treguier@ifremer.fr

La gouvernance de l’océan dans le contexte du changement climatique

Avec le changement global, les océans et les mers se trouvent face à des enjeux qui amènent à s’interroger sur leur gouvernance dans une perspective de gestion durable. On peut citer l’exemple de l’Arctique où le changement climatique ouvre la voie au développement des activités humaines. Plusieurs acteurs entrent en ligne de compte avec des intérêts divers allant de l’exploitation commerciale à la préservation de l’environnement. Usage des océans, circulation, accès aux ressources comme par exemple les ressources minières ou énergétiques… L’idée est de décider, collectivement, de l’avenir des océans soumis à la pression des activités humaines.

La Convention des Nations unies de 1982 sur le droit de la mer est le document qui fixe des obligations générales permettant d’assurer l’utilisation pacifique des mers et des océans ainsi que la préservation et la protection du milieu marin. Face à la diversité des problématiques et des régions concernées (ex. : acidification et blanchiment des coraux, exploitation du pétrole en Arctique, protection des espèces menacées), il existe des conventions sectorielles et des conventions régionales.

En 2015, l’Agenda 2030 pour le développement durable a été adopté par les Nations unies. L’Objectif de développement durable n° 14 (ODD) porte sur la protection et le développement durable de l’océan, des mers et des ressources marines. Il vise à prévenir la pollution de l’océan, protéger l’écosystème océanique, mettre fin à la surpêche et à lutter contre les effets de l’acidification. Il s’agit d’améliorer la mise en œuvre de la gouvernance dans une dynamique de collaboration, en prenant en compte les enjeux globaux comme les enjeux régionaux. L’Océan est aujourd’hui au cœur de l’agenda politique international.

L’océan à découvert. Agathe Euzen, Françoise Gaill, Denis Lacroix et Philippe Cury, coordination scientifique. CNRS éditions, collection ‘A découvert’, 2017. Chapitre «La gouvernance de l’océan: un chantier entre science et politique» – Camille Mazé et olivier Ragueneau (LEMAR) Contact : olivier.ragueneau@univ-brest.fr

Repères : Qu’est-qu’une COP? Qu’est-ce que le GIEC?

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