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Keep Calm and COP On!

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Venez vivre et recréer la COP Climat à Plouzané ! Dans le cadre de la COP26 qui se tiendra à Glasgow, diverses actions vous sont proposées du 2 au 16 novembre 2021. Au programme : l’Agora Glaz dans le hall de l’IUEM du 2 au 10 novembre et  “ISblue COP” le 16 novembre au PNBI. Lire la suite

Virginie Thierry, Océanographe physicienne Ifremer au LOPS

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

Je suis diplômée de l’Ecole nationale supérieure de mécanique et d’aérotechnique (ENSMA) en mécanique des fluides. J’ai obtenu ma thèse à Ifremer en 2000 sur l’étude de la propagation d’ondes équatoriales dans l’Atlantique à partir d’observation. Les ondes permettent de propager sur de grandes distances l’énergie apportée à l’océan par des forçages extérieurs. Pendant ma thèse, j’ai étudié comment des ondes forcées en surface par le vent se propagent en profondeur et mettent en mouvement l’océan au-delà de 2000m de profondeur.

Ensuite, j’ai fait un Postdoc à la SCRIPPS Institution of Oceanography. Je travaillais toujours sur la dynamique des ondes équatoriales mais dans le Pacifique. Cette fois, mon étude était basée sur un  modèle numérique représentatif de l’état de l’océan.

Observer, comprendre et modéliser, a toujours été au cœur de mon activité de recherche. C’est ce que j’ai fait pendant ma thèse et  mon post-doc et que j’ai poursuivi à Ifremer après mon recrutement en 2002 en tant que cadre de recherche. Cette approche est indispensable à l’heure actuelle pour évaluer et anticiper la réponse de l’océan au changement climatique.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

J’ai choisi le LPO (LOPS) car je voulais devenir océanographe et continuer mon activité de recherche sur la physique des océans ; ce qui correspondait à mon expérience, à mes études et à mes souhaits en terme de carrière. L’environnement de travail était aussi très favorable car l’IUEM est l’un des meilleurs centres français d’océanographie. Le LPO offrait aussi une opportunité d’être une océanographe aux pieds mouillés comme je rêvais d’être et donc de participer, voire même de monter des campagnes en mer et faire des observations sur le terrain.

La proximité de la mer est aussi un élément déterminant.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Je suis chercheure en océanographie physique et travaille sur la dynamique du  gyre subpolaire de l’Océan Atlantique Nord. Mon activité est essentiellement basée sur l’analyse de données in situ, issues de campagnes océanographiques notamment. J’ai été chef de mission en 2015 et 2017 de deux campagnes du projet RREX pour étudier l’impact de la ride de Reykjanes (une montagne sous-marine au sud de l’Islande), sur les courants marins entre la surface et le fond.

Je travaille aussi à partir des flotteurs ARGO et suis fortement impliquée dans la contribution française à ce programme au niveau européen et international. Argo est un réseau de 4000 instruments autonomes qui mesurent la température et la salinité jusqu’à 2000 m de profondeur. Je contribue à l’extension de ce réseau vers des mesures de l’oxygène dissous et vers des mesures au-delà de 2000 m. Je suis d’ailleurs responsable du projet Argo-2030 retenu suite à l’Appel d’Offre pour les Equipements Structurants pour la Recherche (ESR/Equipex+) dont un des objectifs est de mener une expérience pilote avec des flotteurs Argo pouvant descendre jusqu’à 6000 m. Ce projet s’inscrit dans la continuité de l’Equipex Naos.

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

Les campagnes en mer sont assez rudes, notamment les campagnes RREX au sud de l’Islande au cours desquelles nous ne voyions ni bateau ni côte pendant 1 mois. En 2015,  nous étions dans un brouillard permanent avec une température de 6°C dans l’eau et dans l’air. Quand nous nous sommes rapprochés des côtes d’Islande, nous nous sommes accordés une partie de pêche à la morue que nous avons mangée sur le bateau. C’était un petit moment de grâce apprécié par tous.

J’étais au village des sciences pendant les fêtes maritimes de Brest 2016 et j’ai vu François Hollande y faire un bain de foule. J’ai même une photo avec lui. Merci le village des sciences ! Ce n’est pas tous les jours qu’on est photographié avec un Président de la République.

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

Ce sont les campagnes en mer. C’est dur mais il y a une intensité professionnelle et humaine très forte que l’on ne retrouve pas ailleurs. Et puis c’est le cœur de notre métier.  Les trois campagnes pour lesquelles j’étais chef de mission, pour des raisons différentes, font partie de mes plus beaux souvenirs de boulot.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

La mer fait partie de mon ADN. J’aime les activités en lien avec la mer : surf et voile.

J’aime aussi les randonnées en montagne, la force de la nature.

 

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Stéphane Lesbats / Ifremer

Ifremer – Campagne RREX

 

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Virginie Thierry / Ifremer

 

Publication de l’essai Clim-éthique

Vous vous en souvenez, pendant le confinement au printemps dernier, Olivier Ragueneau avait ouvert un blog pour publier en ligne, tous les trois jours, un chapitre de son essai intitulé :

Changement clim-éthique. « Agir Global – Penser Local » et autres retournements jubilatoires

Cet essai est publié aujourd’hui chez Librinova et disponible en version numérique ou papier ici.

Pour ceux qui n’ont pas suivi cela au printemps :

Cet essai propose un autre récit fondé sur l’idée de transformation socio-écologique. S’adapter ne suffira pas. Penser global et agir local ne suffiront pas non plus pour réconcilier le sens et l’urgence. Plusieurs pistes sont donc proposées pour agir global et refonder les rapports Nord-Sud, à partir de l’idée de dette climatique. Pour penser (le) local également, à rebours de tous les actuels replis sur soi, en particulier nos rapports à l’autre et à la nature, à la technologie et au travail. Au temps aussi, et derrière le temps… Il ne s’agira rien de moins que de passer de la croissance à l’accroit-sens et nos unis-vers-cités auront un grand rôle à jouer dans cette perspective transformatrice.

Le sommaire est toujours accessible sur le blog, de même que les billets qui accompagnaient la sortie de chaque chapitre, faisant notamment le lien avec la période que nous traversons depuis. Vous pourrez également y laisser vos commentaires pour de riches discussions sûrement.

Bonne lecture à vous !

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Sébastien Hervé / UBO

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Olivier Ragueneau / CNRS

Parution d’un nouvel ouvrage, Océans : évolution des concepts

Dans le cadre de la nouvelle encyclopédie des sciences, l’ouvrage “Océans -évolution des concepts” est publié par ISTE Editions, en français et en anglais. Paul Tréguer (UBO), fondateur de l’IUEM, est co-auteur de ce livre avec Guy Jacques (CNRS) et Herlé Mercier (CNRS – Ifremer)

Abondamment illustré, il s’adresse à un public averti et aux étudiants, et plus largement à tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’océanographie et aux sciences de la mer. Il est original car, au delà de l’histoire de l’océanographie de sa création au 19ème siècle et jusqu’à nos jours, il s’intéresse à l’évolution des concepts qui sont la base des grands programmes internationaux.

Depuis l’expédition du HMS Challenger (1872-1876), notre vision de l’océan a totalement changé. L’Homme réalise qu’il joue un rôle clé dans la régulation du climat et de la biodiversité et qu’il est également, grâce à ses ressources biologiques et minières, un pourvoyeur de services pour l’humanité.

Océans s’appuie sur les données issues des nouveaux outils océanographiques et satellitaires, acquises lors de programmes internationaux interdisciplinaires. Il décrit les processus qui contrôlent le fonctionnement de l’océan aux différentes échelles spatiales et temporelles.

Après avoir considéré l’évolution des concepts en océanographie physique, chimique et biologique, cet ouvrage profile l’avenir d’un océan plus chaud, acidifié et moins oxygéné. Il montre comment une vision de l’océan à différentes échelles modifie sa compréhension. Enfin, il présente les défis auxquels est confronté l’océan en matière d’exploitation des ressources biologiques et minières dans le cadre d’un développement durable, et de régulation du changement climatique.

Pour en savoir plus

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Florence L’Hostis / CNRS

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Paul Tréguer

Dites au revoir aux baleines – Le changement climatique fait bouger la mégafaune marine

Les scientifiques du WWF se sont associés à d’autres chercheurs et aux anciens des tribus pour révéler comment le changement climatique va redistribuer la mégafaune de l’océan mondial. Dans un nouvel article intitulé “Climate Change Will Re-draw the Map for Marine Megafauna and the People Who Depend on Them”, qui spublié dans Frontiers in Marine Science, ils donnent un aperçu des gagnants et des perdants, parmi les espèces elles-mêmes et les personnes qui dépendent d’elles.

En s’appuyant sur les données présentées dans le très récent rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sur l’océan et la cryosphère, les chercheurs Susan Grose, Linwood Pendleton et leurs collègues illustrent les effets du changement climatique par trois parcours et fournissent six études de cas mettant en évidence la manière dont cela se produit aujourd’hui.

Le changement climatique fera en sorte que certains de leurs lieux de vie ne seront plus hospitaliers, ce qui obligera la mégafaune à trouver de nouveaux endroits où vivre. L’augmentation des températures de l’eau et de l’air va modifier la démographie : moins de descendants survivront, le rapport des sexes sera faussé et les épidémies de maladies réduiront la durée de vie. Enfin, à mesure que les espèces prédatrices s’adapteront au changement climatique et se déplaceront vers de nouvelles zones, la mégafaune qui s’en nourrit s’adaptera elle aussi… si elle le peut.

De nombreux obstacles limitent les déplacements des géants de l’océan. Certains sont d’origine humaine, tels que les voies de navigation, les moulins à marée et les filets dans les zones de pêche. D’autres sont naturels, comme les courants océaniques et la température de l’eau. Les rivages propices à la reproduction et à la nidification peuvent également être peu nombreux et éloignés. Amanda Leathers nous rappelle que pour les espèces tempérées de l’hémisphère sud, “il n’y a pas de nouvelles aires d’alimentation au sud… seulement une vaste étendue d’océan jusqu’à l’Antarctique”. Une chose est sûre, comme la mégafaune se déplaçe sur la Terre, les personnes qui en dépendent vont souffrir. Les gens dépendent de la mégafaune marine pour leur nutrition, leurs revenus et leur bien-être spirituel. Au fur et à mesure que les espèces s’éloignent ou disparaissent, l’accès à la viande qu’elles fournissent et les dollars des touristes qu’elles rapportent augmenteront.

Le peuple Ngāti Kuri d’Aotearoa-Nouvelle-Zélande en est un exemple notable. Ils dépendent des migrations annuelles des baleines à bosses par les îles Kermadec comme faisant partie de leur identité spirituelle. Un aspect de leur histoire est présenté dans l’article ; si les baleines disparaissent ou se déplacent, Sheridan Waitai, un ancien de Ngāti Kuri déclare sans ambages que “[ce] sera une tragédie collective” pour eux et “un signe que… tous ceux qui vivent sur terre… ont dépassé le point de non-retour… signalant [une] crise à l’échelle mondiale”.

Il y a de l’espoir. Les auteurs concluent en suggérant des moyens pour les gestionnaires et les décideurs de travailler ensemble à tous les niveaux administratifs, depuis la base jusqu’aux accords internationaux, afin d’aider à prévenir certains déplacements de populations, de créer des solutions pour empêcher l’extinction et, dans les cas où les déplacements de populations sont inévitables, de travailler avec les acteurs locaux pour faciliter la transition.

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Gregory O’Brien

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Susan Grose

Linwood Pendleton

Blog Changement clim-éthique réalisé par Olivier Ragueneau, chercheur CNRS au LEMAR

En cette période de confinement, e-mobilisés, chacun se demande comment il peut contribuer au commun et aux réflexions sur l’après Covid-19. Dans cette optique, Olivier Ragueneau a eu envie de partager un essai intitulé :

Changement clim-éthique. “Agir global, penser local” et autres retournements jubilatoires.

Olivier est océanographe de formation, biogéochimiste marin plus exactement. Pour des raisons que vous découvrirez dès le premier chapitre du manuscrit, il explicite les raisons d’une inflexion certaine dans sa trajectoire de recherche, qui date de l’année 2001, qui a mûri peu à peu et l’a emmené jusqu’à la COP 15 de Copenhague en 2009, pour y présenter l’idée de dette climatique. Depuis, il travaille de plus en plus en lien avec différentes disciplines des sciences humaines et sociales ainsi qu’avec la société civile organisée pour appréhender le fonctionnement et les trajectoires de ce qu’on appelle les socio-écosystèmes.

Son blog aborde les questions du changement climatique et des inégalités, que nous devrons traiter conjointement au lendemain de cette crise sanitaire, qui nous y invite déjà.

Il propose cet essai sous la forme d’une série de chapitres téléchargeables en ligne tous les trois jours, de façon à couvrir cette période de confinement, à 20h le mardi et le vendredi.

Voici le lien vers ce blog, où il explicite davantage sa démarche.

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Sébastien Hervé / UBO

 

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Olivier Ragueneau

 

L’océanographie au service du développement durable

L’European Marine Board (EMB) lance un 5ème document d’orientation « Naviguer vers l’avenir V (NFV : Navigating the Future V) ; Recommandations pour la Décennie des Nations-Unies pour l’océan », qui contient des propositions pour les sciences océaniques afin d’atteindre les objectifs de développement durable de la Décennie des Nations Unies. Ce Policy brief a été lancé le 19 novembre 2019 au Parlement européen à l’occasion d’une manifestation multipartite organisée conjointement par le European Marine Board (EMB) et le European Bureau for Conservation and Development (EBCD) sur le thème « Les principaux défis environnementaux et le rôle des objectifs du développement durable ».

La décennie des océans

L’année 2021 marque le début de la Décennie des océans qui donne l’occasion aux scientifiques, aux décideurs, à l’industrie et au public de se réunir pour faire en sorte que la société continue de bénéficier des ressources océaniques tout en améliorant la santé écologique du milieu marin et en assurant sa durabilité à long terme. Six résultats sociétaux ont été esquissés et le Policy brief de l’EMB présente les recommandations d’une synthèse, rédigée par d’éminents spécialistes européens, sur la science nécessaire pour atteindre ces objectifs. NFV recommande un programme de recherche marine holistique, axé sur les solutions et la durabilité, qui doit être conçu conjointement par toutes les parties prenantes.

Pour assurer la propreté des océans, il faut déterminer les effets cumulatifs et les interactions entre de multiples apports anthropiques, notamment le CO2 atmosphérique, le ruissellement agricole, les eaux usées non traitées, les espèces marines envahissantes et la pollution plastique. Un océan sûr exige que nous soyons capables de prévoir les risques océaniques tels que les ondes de tempête, les vagues de chaleur marines, les météotsunamis, les tremblements de terre sous-marins, les glissements de terrain et les éruptions volcaniques, ainsi que les tsunamis qui leur sont associés. Nous devons mieux comprendre les déclencheurs de ces risques et des impacts, y compris la façon dont ils sont influencés par le changement climatique.

Un océan sain pour une économie bleue

Un océan sain et résilient est indispensable pour soutenir une économie bleue durable. Une vue d’ensemble complète du fonctionnement de la biodiversité marine et de sa valeur socio-économique est nécessaire. NFV recommande la mise en place d’un programme de recherche interdisciplinaire sur la connectivité océanique axé sur les liens entre l’océan physique, chimique, biologique, géologique et l’humanité. La gouvernance des océans devrait être guidée par la structure et la fonction quadri-dimensionnelles des écosystèmes marins. Un océan exploité de façon durable est un océan dont les seuils de sécurité et de durabilité permettent aux industries océaniques de fonctionner, comme les pêches, l’aquaculture, les biotechnologies et l’énergie. Les stratégies de résilience, les compromis et l’éthique devraient être intégrés dans les protocoles d’aide à la décision.

La prévision océanique

Une prévision océanique conduira à une meilleure gestion des écosystèmes marins, à une exploitation durable des ressources, à des projections climatiques et à la prévision des risques océaniques. Il est nécessaire d’améliorer les observations et le partage des données océanographiques, ainsi que de développer l’Internet des objets océaniques, l’intelligence artificielle et l’informatique en nuage. Les données devraient être intégrées dans des modèles interdisciplinaires afin de créer des systèmes d’alerte rapide pour les multiples facteurs de stress, les points de basculement et les risques océaniques. Un océan limpide fournira des données et des informations océaniques à toutes les parties prenantes pour des prises de décision éclairées. NFV recommande le développement d’une plate-forme océanique en réalité virtuelle où les données seront disponibles et traitées en temps réel.

L’European Marine Board (EMB) est l’un des principaux groupes de réflexion européens sur la politique des sciences de la mer. L’EMB est un réseau de plus de 10 000 scientifiques des principaux instituts océanographiques et marins nationaux, d’organismes de financement de la recherche et de réseaux nationaux d’universités en Europe. Le Conseil de l’EMB offre une plate-forme à ses organisations membres pour développer des priorités communes, faire progresser la recherche marine et combler le fossé science-politique afin de relever les défis et de saisir les opportunités futures en sciences marines.

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European Marine Board

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Anne Marie Tréguier

Cyril Tissot, Chercheur CNRS en géomatique au LETG-Brest

Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

Avant d’arriver à l’IUEM, j’ai fait des études de géographie en géomatique appliquée aux dynamiques urbaines à l’université de Besançon, plus précisément sur les flux routiers et les flux touristiques de la licence au M1. Je suis arrivé en M2 à Brest. J’ai intégré le DEA de géomorphologie et aménagement des littoraux à l’IUEM (aujourd’hui mention EGEL). C’est à ce moment-là que j’ai commencé à m’intéresser aux problématiques à l’interface terre-mer. En thèse, j’ai travaillé sur la modélisation des émissions d’effluents d’élevage dans le Finistère. L’objectif était d’analyser la variabilité des épandages agricoles en relation avec la qualité des eaux côtières. Ensuite, j’ai fait un post-doc dans le cadre du programme environnement-vie et société (PEVS) du CNRS.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

La cadre de recherche pluridisciplinaire autour des sciences marines me plaisait beaucoup. Pour un géographe, cette proximité avec différentes disciplines académiques est un atout. Le dynamisme et l’excellente ambiance au sein de l’UMR LETG ont également été déterminants dans mon choix d’affectation. J’ai donc posé mes valises en 2004 suite à mon recrutement comme chargé de recherche au CNRS.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Je travaille sur le développement de modèles abordant les interactions homme-environnement. Je m’intéresse en particulier à la simulation des changements d’intensité des activités anthropiques en relation avec la variabilité des conditions d’environnement. Les champs d’application sont très divers : interactions pêche-écosystèmes marins, modèle d’optimisation spatiale pour l’implantation d’infrastructures en mer (Energies marines renouvelables (EMR)), adaptation des agro-systèmes côtiers aux changements climatiques (viticulture). Mes terrains d’études se situent en Bretagne, en Europe (Angleterre, Roumanie, Allemagne, Espagne) et à l’international (principalement Nouvelle-Zélande et Argentine).

En complément, je dispense quelques cours dans le cadre du master EGEL en géomatique appliquée à des problématiques littorales, de l’école doctorale des sciences de la mer et du littoral (EDSML) en systèmes d’informations géographiques (SIG) et j’enseigne également dans le Mastère EMR à l’ENSTA-Bretagne.

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

J’en ai au moins une pour chaque mission de terrain car il y a toujours des imprévus !  Il y a quelques années en Baie de Bourgneuf, nous faisions des relevés pour localiser avec précision les bancs ostréicoles et renseigner les densités d’élevages dans les parcs.

Dans cette zone l’envasement est très important et bien sûr, nous sommes retrouvés piégés à plusieurs reprises englués dans la crème de vase. Les ostréiculteurs présents sur place se sont certainement bien moqués de nous !

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

Difficile d’en évoquer un en particulier mais les missions de terrain sont vraiment les meilleurs moments. Fin 2018 j’ai notamment eu la chance d’aller dans les vignobles de Blenheim en Nouvelle Zélande (île du Sud). L’environnement y est incroyable, ce sont des vignobles littoraux extraordinaires.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

Le sport (surf, vtt) pour me vider la tête et la musique pour me détendre.

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Ion Tillier

Hervé Quénol / CNRS

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Cyril Tissot / CNRS

 

 

Retour sur OceanObs’19 à Honolulu

Dans le cadre de sa série de conférences décennales, OceanObs’19 a regroupé à Honolulu du 16 au 20 septembre 2019 la communauté mondiale des observateurs des milieux océaniques, des scientifiques aux utilisateurs finaux.

Objectifs de la manifestation

Cette conférence décennale dont la première a eu lieu en France en 1999, a cherché à améliorer la réponse aux besoins scientifiques et sociétaux par un système intégré d’observation des océans, afin de mieux comprendre l’environnement marin, de surveiller le climat et d’informer sur les stratégies d’adaptation, ainsi que d’utiliser durablement des ressources océaniques. OceanObs’19 a poursuivi l’élaboration de stratégies visant à mettre en place un système pérenne d’observation multidisciplinaire et intégré de l’océan et à mieux relier les observateurs, les modélisateurs et les communautés d’utilisateurs. Les contributions (sous la forme d’articles blancs communautaires appelés « community white paper ») ont permis d’orienter l’élaboration de la stratégie tout au long de la conférence pour la prochaine décennie. La conférence et ces articles blancs s’articulent autour de 10 thèmes essentiels pour le bénéfice de la société qui étaient les suivants « Observing System Governance », « Data & Information Systems », « Observing Technologies & Networks », « Pollution & Human Health », « Hazards & Maritime Safety », « Blue Economy », « Discovery », « Ecosystem Health & Biodiversity », « Climate Variability & Change » et « Water, Food, & Energy Security ».


Implication des scientifiques de l’IUEM

L’IUEM et l’Ifremer étaient présents à cette manifestation, particulièrement les agents du LOPS (Pascale Lherminier, Nicolas Kolodziejczyk, Guillaume Charria, Jérôme Paillet) mais aussi du Lemar (Patrice Brehmer) et avec une forte contribution à distance de Fabrice Ardhuin du LOPS. US Imago (Unité propre IRD sur le campus de Plouzané) était aussi présente. Elle est liée de manière indirecte au LOPS, au Lemar et à l’IUEM. Un poster décrivant l’IUEM a été présenté à la conférence et l’IRD, tutelle de l’IUEM, était l’un des sponsors officiels. Les principaux thèmes soutenus par les agents de l’IUEM dans leurs articles blancs (déjà 240 000 vues) ont porté sur les contributions des navires aux systèmes d’observation ; l’infrastructure de recherche JERICO ; l’observation en France de l’océan côtier et du littoral, ainsi que sur le rapport coût efficacité des capteurs biogéochimiques mais aussi de capteurs utilisés en biologie marine.  Enfin, les agents de l’IUEM ont aussi présenté d’autres contributions notamment le projet européen H2020 Trialtlas et ont participé aux animations du Hall d’expositions notamment sur le stand de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA).

Les scientifiques ont fait remarquer aux organisateurs la faible participation des pays Africains et des pays dits du Sud en général. Le renforcement de leur capacité d’expertise sur les milieux océaniques devrait être une priorité pour la décennie a venir, entrant ainsi une cohérence avec la Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable (2021-2030). Gageons que l’IUEM et ses partenaires auront à cœur de contribuer à cette noble mission.

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Pascale Lherminier / Ifremer

Patrice Brehmer / IRD

Colloque Sea State Climate Change Initiative (CCI)

Cet événement organisé par le LOPS se tiendra du mardi 8 au mercredi 9 octobre 2019 à l’IUEM (Amphi A). Cette manifestation s’adresse à tous ceux qui s’intéressent aux états de mer, notamment ceux qui travaillent dans la recherche et l’industrie sur les observations, la modélisation et les applications en lien avec les états de mer. Ce colloque comprendra des exposés, des présentations et des discussions sur l’importance des états de mer dans les sciences du système Terre, sur les applications scientifiques et industrielles des bases de données d’états de mer et sur les exigences scientifiques associées à la Variable Climatique Essentielle (Essential Climate Variable, ECV) “états de mer”.

Qu’est-ce que le Climate Change Initiative ?

Depuis 2010, l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et ses États membres se sont engagés à retraiter les archives à long terme d’observations spatiales de la Terre afin de fournir aux spécialistes du climat les bases de données les plus complètes, précises et cohérentes possibles sur les variables climatiques essentielles, comme l’exige la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Ce programme international s’appelle le Climate Change Initiative.

Pourquoi avons-nous besoin d’informations précises sur les états de mer ?

Les états de mer dépendent des vagues de surface (mer de vent et houle) qui sont omniprésentes dans les océans et les mers. Ils ont un impact sur les flux d’énergie air-mer, le mélange des océans, l’étendue des glaces de mer et les évolutions morphologiques du littoral. Comprendre les états de mer et leurs variabilités est crucial non seulement pour l’étude du climat, mais aussi pour un grand nombre de questions sociales, économiques et écologiques, telles que la protection des côtes, la sécurité maritime, l’ingénierie offshore, la conception des navires, la planification spatiale marine et le développement des énergies marines renouvelables. Les modifications de la circulation atmosphérique causées par l’augmentation des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont susceptibles d’impacter la distribution mondiale des caractéristiques moyennes et extrêmes des états de mer. Pourtant, nos connaissances actuelles sur les conditions futures des états de mer (moyennes et extrêmes) sont encore très limitées par un manque d’observations cohérentes à long terme.

Depuis 2018, la variable “État de mer” a rejoint la liste des ECV établie par le Système Mondial d’Observation du Climat (SMOC). Le projet Sea State CCI s’appuie sur les résultats du projet GlobWave (2010-2014) et travaille actuellement au retraitement de 20 ans d’observations satellitaires, acquises par altimétrie radar et radars à synthèse d’ouverture (SAR), afin de générer la base de données globale la plus précise et cohérente possible des paramètres des états de mer. La génération des bases de données CCI, se base sur les exigences du SMOC et les besoins de la communauté d’utilisateurs de données climatiques. A ce titre, les “User Consultation Meetings” permettent de consulter régulièrement des utilisateurs de données climatiques afin d’intégrer leurs exigences dans les systèmes d’observation du climat.

La version 1.1 de la base de données Sea State CCI est disponible ici.

Pour en savoir plus

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Isak Combrinck

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Sébastien Hervé / UBO

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Guillaume Dodet /Ifremer

Fabrice Ardhuin / CNRS