Projet Art & Science DIA II

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Le projet Art & Science DIA II est né de la collaboration de deux chercheuses du LEMAR – Brivaela MORICEAU et Maeva GESSON – et d’une étudiante de biologie qu’elles ont encadré, Ambre VALLET, devenue chorégraphe et fondatrice de la compagnie EKLA. Ensemble, elles ont imaginé un spectacle dont l’objectif serait de sensibiliser le public à l’importance cruciale des diatomées dans l’écosystème, alors même qu’elles nous sont invisibles au quotidien.

Le spectacle intitulé « Diatomées : Nos Invisibles Indispensables », est la première création d’EKLÀ. Son élaboration a mobilisé le talent et la créativité d’une chorégraphe, 3 danseuses, 1 designer d’espace, 2 compositeurs de musique et 2 artistes verriers. Cette œuvre chorégraphique immersive réunit danseurs et scientifiques autour de sculptures en verre, papier et tissu, célébrant la beauté du vivant et la force de l’action collective à l’image du rôle des diatomées dans la capture du carbone. La danse, entendue ici comme un média non conventionnel, poétise, traduit, métaphorise certains concepts et permet de marquer durablement les esprits. En créant un lien sentimental et en faisant découvrir la beauté des diatomées au grand public, cette création aspire à inciter chacun·e à agir pour protéger les océans et le vivant. Les projets ARDCO et CLIMARCTIC contribuent directement à la création du spectacle : les scientifiques y jouent un rôle actif en conseillant, validant et participant à la performance.

Après une première représentation à Océanopolis lors de la Fête de la Science, le projet cherche les moyens de poursuivre ses recherches artistiques et de retrouver le public sur scène.

 

José Luis Garcia Corona, prix de la thèse 2025 de l’institut océanographique de Monaco

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Le Laboratoire LEMAR est ravi de vous faire part d’une très belle distinction pour l’un de ses anciens doctorants, José Luis Garcia Corona.

José a reçu lundi 8 décembre 2025, à la maison de l’océan à Paris, le prix de la thèse 2025 de l’institut océanographique de Monaco qui récompense chaque année un jeune chercheur pour ses travaux de thèse dans une discipline liée à l’océan, ainsi que pour les publications parues à l’occasion de ces travaux. Le Prince Albert II de Monaco a remis les Grandes Médailles Albert Ier ainsi que les Prix de Thèse à 4 personnalités et 3 jeunes chercheurs salués pour leurs travaux et leur engagement en faveur de l’Océan.

José a effectué sa thèse au LEMAR (2019-2023) sous la direction de Caroline Fabioux et Hélène Hégaret, dans le cadre du projet France Filière Pêche MASCoet autour des contaminations ASP de la coquille Saint-Jacques Pecten maximus, un enjeu clé pour la sécurité alimentaire et l’activité socio-économique autour des pêcheries de pectinidés. Ses travaux de thèse ont permis des avancées significatives dans la compréhension des mécanismes physiologiques à l’origine de la longue rétention, chez la coquille Saint-Jacques, de la toxine acide domoïque produite par la diatomée Pseudo-nitzschia.

Bravo José !

 

L’IA au service des sciences de la mer : un séminaire jeunes chercheurs pour repenser la recherche en sciences de la mer

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Les 24 et 25 novembre 2025, la Faculté des Sciences Semlalia (FSSM) de l’Université Cadi Ayyad a accueilli un séminaire innovant intitulé « Apports de l’IA pour les Sciences de la Mer ». Organisé par la Jeune Equipe Associée (JEAI) Edge qui associe des chercheurs de la FSSM, de l’ESTE d’Essaouira, de la Faculté Polydisciplinaire de Safi et de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), cet événement a combiné expertise scientifique et dynamique interdisciplinaire.
Avec une majorité doctorants, ce séminaire a démontré que la nouvelle génération de scientifiques s’attache à faire évoluer les sciences de la mer grâce à l’intelligence artificielle.
Avec plus de 30 participants, ce séminaire a prouvé que :

  • L’IA pouvait jouer un rôle important pour répondre aux défis des sciences de la mer (biodiversité, pollution, gestion des ressources).
  • Les jeunes chercheurs marocains et français sont dynamiques et mettent en œuvre des recherches avec des applications concrètes (suivi des récifs coralliens, modélisation des
    trajectoires d’espèces, outils juridiques automatisés).
  • L’interdisciplinarité est la clé : informaticiens, biologistes, et juristes ont collaboré pour repenser la recherche en sciences de la mer.

Avant l’atelier, une journée de réseautage a été organisé pour faciliter les échanges entre les participants. Après le séminaire, une conférence publique à l’ESTE d’Essaouira a été organisée pour présenter les résultats du séminaire et générer des échanges avec les étudiants sur les différents moyens d’utiliser l’IA dans les recherches en sciences de la mer.

 

Mission DJIVES2 : Inventaire des végétaux et des spongiaires à Djibouti

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Suite à une première campagne au printemps 2023, Valérie Stiger, Théo Gromberg et Sylvain Petek du LEMAR et Moustapha Nour du CERD sont en mission à Djibouti du 5 au 21 novembre afin de réaliser un inventaire des végétaux et des spongiaires dans de nouvelles zones. La mission DJIVES 2 financée par ISblue et le CERD, avec le soutien logistique de l’AquaClub pour la plongée, va permettre de compléter les précédents inventaires/recouvrement des macroalgues en saison « fraiche ».

Ces deux campagnes ont été initiées dans le cadre de la thèse de Moustapha Nour : «  Étude des macroalgues des côtes de Djibouti : Chimiotaxonomie et isolement de composés d’intérêt pour des applications biotechnologiques ». Pour chacune des 18 stations étudiées, les manips et plongées visent à prélever des échantillon d’algues et d’éponges et à effectuer des mesures physico-chimiques de température, salinité et oxygène de l’eau de mer. Des photos d’ensemble et des organismes sont réalisées, des alguiers sont constitués et la biomasse prelevée sera congelée pour de future analyses chimiques et génétiques pour de possibles applications en biotechnologie marine.

Les Efflorescences phytoplanctoniques subantarctiques dans l’ouest de l’océan Indien sont fertilisées par des eaux riches en fer du courant des Aiguilles

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Résumé

Le Courant des Aiguilles, qui longe la côte Est de l’Afrique australe, se divise à la pointe du continent : une partie forme les anneaux des Aiguilles, d’énormes tourbillons qui dérivent vers l’Atlantique, tandis que le courant de retour des Aiguilles (ARC) se prolonge vers l’est dans l’océan Indien. Ce système, l’un des plus puissants de la planète, joue un rôle clé dans le climat mondial, en particulier par le phénomène d’« Agulhas Leakage », qui transporte de l’eau chaude et salée vers l’Atlantique.

Nous avons étudié un flux moins connu que nous avons nommé le « Southern Agulhas Leakage » (SAL), qui traverse le Front subtropical et apporte du fer de la côte est-africaine au secteur Indien de l’océan Austral. Le fer, élément limitant pour le phytoplancton, soutient ainsi environ un quart de la production primaire annuelle et de l’export de carbone dans cette région. Notre modèle couplé physique-biogéochimique à haute résolution montre que le SAL fournit près de la moitié du fer dissous dans la partie ouest de la zone subantarctique de l’océan Indien, comblant un déficit important dans le budget régional du fer.

Les corrélations avec des archives paléoclimatiques suggèrent qu’une intensification passée de l’ARC aurait pu renforcer l’apport en fer et la productivité, influençant potentiellement les concentrations atmosphériques de CO₂ au cours des 130 000 dernières années. Cette étude souligne que le système des Aiguilles n’est pas seulement un transporteur de chaleur et de sel, mais aussi de nutriments et de métaux, reliant les océans Indien et Austral et impactant le cycle global du carbone.

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Concentration en Chlorophylle a observée par satellite le 25 décembre 2017, reportée sur la topographie océanique de surface révélant le Courant de Retour des Aiguilles (ARC), le front subtropical (STF) et le front subantarctique (SAF)

 

Points forts de l’étude

  • Une vingtaine de Sverdrups (1Sv = 1 million m3/s) traverse le front subtropical vers la zone subantarctique (SAZ) du secteur Indien de l’Océan Austral
  • Ces masses d’eaux, associées au Courant de Retour des Aiguilles, transporte du fer de la marge est-africaine dans la SAZ Indienne
  • Cet apport de fer permet de boucler le budget de ce micronutriment dans cette zone, et y explique le quart de la production primaire océanique et de l’export de carbone en dessous de 100 m
  • La variabilité de l’ARC, et donc des apports associés de fer, pourrait expliquer une grande partie des variations de productivité océanique observée dans cette région au cours des âges glaciaires-interglaciaires

Référence

Bucciarelli, E., Penven, P., Pous, S., Tagliabue, A. Western Indian subantarctic phytoplankton blooms fertilized by iron-enriched Agulhas water. Nat. Geosci. (2025). https://doi.org/10.1038/s41561-025-01823-z

 

Pour aller plus loin, Pierrick PENVEN (IRD, LOPS), co-auteur de l’article a rédigé un article « behind the paper » que vous pouvez retrouver ici.

Laboratoire LEMAR – 2018