Mesurer la glace ? pas de quoi en faire des vagues

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La fonte inéluctable des glaces de mer rend nécessaire d’en estimer l’épaisseur. C’est possible, il suffit pour cela de mesurer les vagues…

La couverture de glace au niveau des pôles a beaucoup diminué depuis 1979, année des premières observations satellitaires, le réchauffement direct de notre atmosphère et les différents phénomènes physiques associés (modification des courants, intensification des événements climatiques extrêmes…) en sont les principaux responsables. Ainsi dans les régions polaires, les interactions entre les vagues et la glace sont de plus en plus importantes. En Arctique, l’étendue des glaces ayant considérablement diminué, la surface d’océan en eau libre a augmenté permettant aux vagues de se déployer. En Antarctique, les vagues ont un effet stabilisateur, elles viennent compresser la glace et lui opposent ainsi  une résistance à l’éloignement vers l’équateur et des eaux plus chaudes où elle fondrait.

Quand les vagues arrivent à hauteur d’un objet flottant, il les réfléchit et/ou les amortit, tout comme la quantité de mouvement qu’elles transportent. Cela produit une force horizontale sur l’objet (ici la glace de mer) qui peut amener son déplacement ou sa déformation. La compression entraîne l’épaississement des couches de glace flottantes sous forme d’empilements verticaux des morceaux de glace présents dans la zone de transition entre l’océan et la banquise (cf. fig. 1), c’est la Zone Marginale de Glace (ZMG). Les morceaux de glace, formant initialement une seule couche morcelée à la surface de la mer, peuvent se retrouver compressés jusqu’à se soulever pour s’empiler sur d’autres.  C’est le mouvement incessant des vagues qui favorise ce soulèvement en modifiant constamment les espacements et hauteurs des glaces flottantes. A partir d’un certain point, la force exercée par les vagues devient insuffisante pour compresser d’avantage la glace qui arrête alors d’épaissir.

L’étude présentée ici s’appuie sur la capacité de calculer la variation du mouvement de la glace à la surface de l’océan lorsqu’elle est soumise aux contraintes qui s’opposent à sa déformation : les contraintes externes sur la glace (les vagues, le vent, les courants) et la contrainte interne à la glace. Prenons l’exemple d’une boule de neige : la contrainte externe lui est imposée par nos mains qui tassent la neige tandis que la résistance de la neige au tassement, constitue la contrainte interne. L’opposition de ces deux contraintes, permet d’obtenir une boule de neige compacte, de taille constante pour une quantité de neige donnée.

Fig. 1 : Agrégation et compactage des morceaux de glace par les vagues (provenant de la gauche) vers la banquise (à droite)

Lorsque la glace ne bouge plus, on dit que le système glace-océan-atmosphère est à l’équilibre. Les contraintes externes et internes s’égalisent (la boule de neige est constituée et ne se tasse plus). Connaître la valeur de l’une des deux contraintes, c’est connaître la valeur de l’autre, on peut donc estimer les contraintes internes par des mesures extérieures (via un satellite par ex.), or comme on sait relier mathématiquement les contraintes internes à l’épaisseur de la glace, on peut alors déterminer celle-ci à partir de mesures océanographiques !

Des expériences ont ainsi été réalisées dans le parc national du Bic, véritable laboratoire naturel au long de l’estuaire du fleuve Saint-Laurent (Canada). Durant l’hiver et malgré une couverture de glace presque totale, une partie du fleuve reste cependant libre de glace  par l’apport en eaux plus chaudes, provenant de l’océan Atlantique. Lors d’épisodes venteux, des vagues s’y forment (ce serait impossible si toute la surface du fleuve était gelée) permettant ainsi l’étude d’une ZMG. Des mesures comparatives de courant, de vent et d’épaisseur de glace ont donc pu y être effectuées. Des bouées équipées de capteurs de mouvements et placées en différents points toujours plus éloignés du bord, ont permis d’effectuer des mesures de vagues (cf. fig. 2a) ; ce positionnement permet d’évaluer l’atténuation progressive des vagues par la glace. On observe ainsi (cf. fig. 2b) que l’énergie des vagues, mesurée pour chaque bouée, diminue à mesure qu’on s’éloigne de la zone d’eau à l’air libre, en suivant une loi de décroissance exponentielle.

En pratique, cette atténuation peut être ici associée à trois phénomènes : la réflexion des vagues sur la glace et vers le large, la dissipation de l’énergie des vagues par la turbulence (remous occasionnés par la rencontre entre les vagues et la glace) ou encore la friction entre morceaux de glace. Le premier phénomène reste négligeable car les morceaux de glaces sont de petites tailles vis-à-vis de la longueur des vagues (ce n’est pas toujours le cas). Le second n’a pas pu être mesuré durant les missions de terrain (mais compte tenu d’autres observations, il peut ne pas être négligeable). Ainsi, si l’atténuation examinée ici tient compte uniquement de la friction des glaces (troisième phénomène), il faut souligner que le résultat final est probablement sous-évalué, car l’effet de turbulence n’a pas été pris en considération.

Fig. 2a : Zone d’étude avec le parcours réalisé par les bouées lors d’une des séries de mesures. L’échelle de couleur indique le temps associé à la position de chaque bouée.

Fig. 2b : Atténuation de l’énergie E des vagues en fonction de la distance Xice au bord de glace. Plus la couleur est foncée, plus la bouée considérée se situe loin du bord.

Les mesures d’épaisseur ont été réalisées via des trous percés dans la glace, on y a introduit un bâton terminé d’un crochet afin de ne pas dépasser la surface inférieure du glaçon. Les mesures de vent et de courant ont montré que leur effet sur la glace reste négligeable comparé à celui des vagues. De ce fait, la mesure de l’atténuation des vagues permet directement d’estimer l’évolution de la contrainte externe des vagues sur la glace et celle de l’épaisseur de glace en fonction de la distance au bord de glace (cf. fig. 3).  Cette épaisseur croît rapidement jusqu’à atteindre une valeur maximale constante, concomitante à la disparition totale des vagues. La modélisation de l’évolution d’épaisseur de la glace correspond bien aux mesures effectuées sur le terrain. La disparité des mesures individuelles est due à la forte variabilité de l’état de surface de la glace.

Fig. 3 : Evolution de l’épaisseur de glace ζ divisée par l’épaisseur de glace à l’équilibre ζeq en fonction de la distance au bord de glace χ. La ligne noire désigne le modèle mathématique, les ronds  les mesures par bouée, les croix les mesures directes de l’épaisseur, les carrés et le losange jaunes les moyennes des croix.

Ces résultats sont encourageants pour la communauté scientifique. En effet contrairement aux mesures des vagues observées toujours plus précisément via les données satellitaires, les estimations d’épaisseur de glace restent très difficiles à réaliser dans des conditions identiques. Grâce à cette découverte, l’estimation par satellite de l’épaisseur des glaces à partir des mesures de vagues devient envisageable (au moins dans des conditions similaires à celles présentées dans cette étude).

Médiation scientifique:

Assurée par Luc Barast, doctorant de lÉcole Doctorale des Sciences de la Mer et du Littoral (EDSML – Université Bretagne – Loire), en 1ère année de thèse dans l’équipe SIAM au sein du Laboratoire d’Océanographie Physique et Spatiale (LOPS) à l’Ifremer.

L’article

Marginal ice zone thickness and extent due to wave radiation stress.

https://doi.org/10.1175/JPO-D-17-0167.1

Les auteurs

Ce travail résulte d’une collaboration entre Peter Sutherland, (Ifremer, Univ. Brest, CNRS, IRD, Laboratoire d’Océanographie Physique et Spatiale, IUEM, Brest, France) et Dany Dumont (Institut des Sciences de la Mer de Rimouski, Université du Québec à Rimouski, Rimouski, Quebec, Canada) autour du projet BicWin, à propos de l’étude des phénomènes physiques et océanographiques des ZMG à partir du laboratoire naturel que constitue le parc du Bic.

La revue

« Journal of Physical Oceanography » est une revue publiée par l’American Meteorological Society. Elle traite de la physique des océans et des processus ayant lieux à leurs frontières. Les articles qui y sont publiés sont tout aussi bien basés sur de la théorie, des mesures de terrain ou par satellite, ou encore sur des résultats numériques.

Pour en savoir plus
https://www.quebecscience.qc.ca/sciences/les-10-decouvertes-de-2018/mesurer-force-vagues-canot-a-glace/

Contacts

Auteurs : consulter l’annuaire de l’IUEM

Bibliothèque La Pérouse : Suivi éditorial, rédaction, corrections et mise en page : Fanny Barbier

Service Communication et médiation scientifique : communication.iuem@univ-brest.fr

Géraldine Sarthou, Biogéochimiste CNRS, Directrice du LEMAR

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

J’ai soutenu ma thèse en 1996 à Toulouse, au laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiales (LEGOS). C’était les débuts des travaux sur le fer comme régulateur majeur de la productivité phytoplanctonique océanique. Cet élément est essentiel à la croissance des microorganismes et joue un rôle clé dans la pompe biologique de carbone. Je me suis donc attachée au cours de mon doctorat à étudier les concentrations de cet élément dans deux environnements contrastés en termes d’apports en fer : la mer Méditerranée et l’Océan Austral.

J’ai ensuite réalisé deux 2 post-doctorats à l’étranger : le 1er en Angleterre à l’université de Liverpool et le 2ème à Kiel (Allemagne) à Geomar. Au cours de ces post-doctorats, j’ai élargi mon expertise à d’autres métaux traces (en particulier le zinc) et au lien entre la matière organique dissoute et les métaux. J’ai en particulier travaillé sur des échantillons de sources hydrothermales au niveau du détroit de Bransfield dans l’Océan Austral. Je suis ensuite arrivée sur Brest à l’IUEM pour un dernier post-doctorat en 2000 avant d’être recrutée au CNRS en 2002 comme chargée de recherche.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

C’était l’opportunité de ce post doctorat. J’avais également envie de revenir en France et puis j’ai été attirée par la renommée des recherches menées à l’IUEM.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Côté recherche, je continue à travailler sur le cycle des métaux, leur spéciation et leurs liens avec le réseau trophique. Les objectifs sont de mieux quantifier leurs sources, leurs puits et leur devenir dans la colonne d’eau, ainsi que leur impact sur la pompe biologique de carbone. Dans mes recherches, je couple des observations et des expérimentations en laboratoire et je suis en interaction forte avec les modélisateurs. Depuis le début de ma thèse, j’ai embarqué sur de nombreuses campagnes océanographiques (15 au total, pendant 1 à 2 mois dans tous les océans de la planète sauf l’Arctique où je ne suis pas encore allée). J’ai été co-cheffe avec Pascale Lherminier de la mission GEOVIDE en 2014 dans l’océan Atlantique. Ce projet était la contribution française au programme international GEOTRACES dans l’Atlantique nord. Je suis fortement engagée dans ce programme international, pour lequel j’ai été membre du comité de pilotage international de 2011 à 2017 et je suis actuellement impliquée dans deux projets rattachés à ce programme (TONGA et SWINGS).

Depuis janvier 2022, je suis directrice du LEMAR, l’un des plus gros laboratoires de l’IUEM (avec plus de 130 permanents, une soixantaine de doctorants et une trentaine de post-doctorants/CDD). Ce qui m’a attiré dans cette fonction, c’est de travailler pour le collectif, de fédérer les personnes autour d’un projet commun et de mettre du sens et de la convivialité dans notre travail.

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

Pendant GEOVIDE, nous avons eu un problème de treuil. Le câble s’est déroulé à toute vitesse dans la colonne d’eau et quand nous avons réussi à remonter la rosette, c’était un vrai sac de nœuds !

Toujours au cours d’une mission, cette fois-ci dans l’Océan Austral, je travaillais avec une collègue dans le container propre qui était sur le pont arrière du navire et, via un appel sur la VHF, il nous a été formellement interdit de sortir du container jusqu’à la fin de la tempête qui a duré plusieurs heures ! C’était particulièrement stressant car nous étions bien secouées et le container faisait des bruits qui n’étaient pas très rassurants.

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

Avoir plongé depuis le pont d’un navire océanographique néerlandais (le Pelagia) en plein Océan Atlantique Tropical, puis avoir nagé tout autour du bateau : Une sensation de liberté totale même si les zodiaques étaient à l’eau pour sécuriser et vérifier que nos amis les requins n’approchaient pas.

Avoir navigué à bord du Pourquoi Pas ? proche d’un iceberg en Mer du Labrador ou à bord du Marion Dufresne au milieu des icebergs de l’Océan  Antarctique.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

Sport (badminton, volleyball, et un peu de footing aussi depuis le 1er confinement), lecture, balades sur les sentiers côtiers et voyages.

As-tu une devise ?

« Ne pas se décourager et garder espoir » Géraldine Sarthou.

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Marie Cheize

Géraldine Sarthou / CNRS

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Géraldine Sarthou / CNRS

 

Camp de terrain des étudiants en biologie/Écosystèmes marins

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Les étudiants du master de Sciences biologiques marines (SBM), spécialité Écosystèmes Marins, se sont rendus du 19 au 24 avril à Brignogan-Plages pour participer à un camp de terrain dans le cadre de l’Unité d’enseignement Observatoire, encadrés par Olivier Gauthier, Jacques Grall et Gauthier Schaal. L’objectif était de caractériser la variabilité spatiale et temporelle de la composition des communautés de la macrofaune benthique et de l’ichtyofaune démersale (ensemble des poissons d’un écosystème aquatique à proximité immédiate du benthos), et d’identifier les principales variables environnementales au sein de l’Anse de Pontusval.

Ce stage de terrain, organisé chaque année depuis 2018 (à l’exception de 2020), a pour objectif de constituer un suivi temporel spatialisé de l’évolution d’un écosystème côtier sous contraintes anthropiques. Au programme de ces 6 jours intenses, s’étirant souvent assez tard dans la nuit :

  • Définition du plan d’échantillonnage
  • Échantillonnage de la macrofaune benthique et des poissons démersaux
  • Tri et identification des 75 prélèvements réalisés (122 espèces et > 4000 individus identifiés)
  • Analyse des données et préparation de la restitution lors d’un oral d’une heure organisé 3 jours après le camp de terrain

L’occasion pour nos écologues benthiques en herbe de se confronter à nombre de problèmes concrets ou beaucoup plus conceptuels, inhérents à la réalisation d’un projet de recherche en écologie de terrain.

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Gauthier Schaal / UBO

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Gauthier Schaal / UBO

Au laboratoire aussi, recyclons les déchets plastiques !

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Engagé dans le projet Interreg Preventing Plastic Pollution, le CNRS poursuit le déploiement d’actions de réduction et de recyclage des déchets plastiques produits au sein de l’IUEM, identifié comme site pilote expérimental. Après la mise en place d’îlots de tri multi-flux, du recyclage des mégots de cigarette et l’installation de fontaines à eau, les actions se portent à présent sur les déchets plastiques non-souillés générés par les activités de recherche des laboratoires (e.g. tubes, cônes, flacons).

Le projet de recyclage des plastiques de laboratoire, lauréat de la finale du Makeathon SEA-EU

En novembre 2021, une équipe de l’IUEM a participé au Makeathon, un marathon créatif organisé à l’UBO Open Factory dans le cadre du projet européen SEA-EU et du dispositif « Campus innovant et durable ». Cette initiative a permis le déploiement d’un prototypage rapide d’un portoir de tubes coniques de 50 mL conçu à partir de plastiques de laboratoire triés, broyés et recyclés grâce aux équipements présents au FabLab de l’UBO.

La finale du Makeathon, réunissant les universités de Cadiz, Gdansk, Malte et Brest, a eu lieu à l’Université de Split en Croatie le 10 mars dernier. En présentant leur projet « Lab’oucle : la seconde vie des plastiques de laboratoire », l’équipe de l’IUEM a remporté la première place ex-aqueo ! Retrouvez le lien de l’évènement ici.

La transformation des déchets plastiques en objets utiles et durables

L’objectif du projet est (i) de créer et pérenniser une filière locale de recyclage des plastiques de laboratoire non-souillés et (ii) d’utiliser ces déchets plastiques afin de créer des objets utiles et durables au laboratoire.

Ce processus de valorisation se décompose en deux temps :

  • Dans les laboratoires de l’IUEM : mise en place de dix points de collecte répartis entre le BEEP, le laboratoire Geo-Ocean et le LEMAR pour différents items plastiques rigides non-contaminés, puis tri des plastiques suivant leur type et leur couleur. En trois mois, plus de 30 kilogrammes de plastiques rigides non-souillés ont été collectés sur 3 des 10 points de collecte de l’IUEM.
  • A l’UBO Open Factory : broyage des plastiques en petits granulés puis utilisation de ces granulés dans la machine à injection ou dans la presse pour créer de nouveaux objets : portoir, mobilier, horloge, supports, pots…

Le 18 mars 2022, à l’occasion de la journée mondiale du recyclage, une démonstration de broyage de plastiques de laboratoire a été organisée à l’IUEM. Ce temps a également permis de collecter les idées et les besoins des agents de l’IUEM pour définir les objets à créer à partir de cette nouvelle matière première. Rehausseur d’écran, mobilier de laboratoire, étagères murales, caisses de rangement, seaux/matériel terrain, kayak… ont notamment été évoqués. Il ne reste donc qu’à pérenniser la collecte et le tri des plastiques au sein des laboratoires pour que ces idées se concrétisent ! Si à votre tour vous souhaitez compléter cette liste et partager vos idées de création, contactez Mallorie Bodériou.

Pour en savoir plus

Crédits photos

Ika Paul-Pont / CNRS

Université de Split

Contacts

Mallorie Bodériou / CNRS
Ika Paul-Pont / CNRS

 

Alexis Bazire, Maître de conférences en microbiologie au LBCM

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

J’ai réalisé une thèse de microbiologie au laboratoire de Biotechnologie et Chimie Marines (LBCM) qui portait sur l’étude d’une bactérie potentiellement pathogène : Pseudomonas aeruginosa. L’objectif était de mieux comprendre comment ces bactéries interagissent au niveau moléculaire, avec pour objectif de court-circuiter leur communication et ainsi diminuer leur virulence. Trouver des molécules capables de couper la communication, c’est affaiblir l’adversaire et ce sont potentiellement des alternatives à l’utilisation massive d’antibiotiques.

Je suis ensuite parti en postdoc au Danemark à l’Université Technique du Danemark (DTU) située à Lyngby (ça se prononce Lunegbu), une petite ville à une dizaine de kilomètres au nord de Copenhague. La vie y était assez paisible, les danois ont une autre conception de la vie et du travail que les français. J’y ai appris à étudier la capacité des bactéries à former des communautés nommées biofilm, j’utilisais essentiellement la microscopie confocale à balayage laser. Ces compétences m’ont permis d’être recruté en 2007 en tant que maître de conférences au LBCM, puisque le laboratoire développait depuis peu sa thématique autour des biofilms.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

Avant mon arrivée à l’IUEM, j’étais déjà en poste au LBCM puisque c’est le laboratoire dans son intégralité qui a d’abord été associé à l’IUEM en 2012 puis intégré en 2017. Ce fut une volonté commune de notre laboratoire mais évidente d’un point de vue personnel puisque je travaille sur de nombreux modèles bactériens d’origine marine.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Étant maître de conférences, je suis un peu multi taches, une sorte de couteau suisse.

J’y suis donc chercheur, avec, comme je le disais, une activité autour de l’étude des biofilms des bactéries pathogènes marines ou non et la recherche de molécules d’origine marine limitant la virulence. Je participe à plusieurs projets, notamment avec des collègues du LEMAR, comme Sylvain PETEK et Gwenaëlle LE BLAY avec lesquels nous co-encadrons une thèse et collaborerons prochainement sur un Flagship ISblue récemment acquis. Toujours sur le volet de la limitation des biofilms de pathogènes, je collabore avec l’entreprise MARINE AKWA qui développe des probiotiques pour l’aquaculture. Et sur un volet plus fondamental, je participe de façon continue mais plus ou moins assidument, depuis presque 20 ans maintenant, à une collaboration avec un laboratoire d’Évreux sur les mécanismes de virulence de P. aeruginosa. Ce sont des personnes que j’apprécie, avec qui il est facile de travailler en confiance et qui sont devenues plus que des collègues depuis toutes ces années.

J’y enseigne, à l’UBS sur le site de Lorient, de la Licence 1 au Master 2, je dirais même en Licence -1 puisque j’organise un cycle préparatoire aux études de santé destiné aux élèves de terminale souhaitant se diriger vers des études médicales. Nos promotions d’étudiants restent raisonnables, même si en L1 ça devient très chargé ; ce qui permet une proximité assez agréable avec les étudiants, on arrive encore à associer des noms et des visages.

Et enfin, au niveau administratif, je suis directeur adjoint du LBCM, directeur des études de 2 parcours de L3, correspondant de la Licence accès Santé UBS/UBO, et coordinateur du thème 4 ISblue. Ça fait beaucoup de paperasses et de mails…

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

Deux me viennent à l’esprit, la première qui au final n’est pas très drôle mais qui témoigne de l’engagement dans ce métier. Je devais faire un suivi expérimental avec des points toutes les 4 heures, je n’habitais pas très loin du laboratoire, donc je mettais mon réveil à sonner pour me lever et faisais l’aller-retour rapidement. Lors d’un point à 4h du matin, j’ai eu une petite frayeur en croisant mon directeur de thèse qui lui venait finaliser la rédaction d’un article ! On s’est amusé de la situation, car on était presque en pyjama, mais cela ne m’a finalement pas dégoûté du métier.

La seconde, j’étais en postdoc au Danemark, dans un avion en direction d’un gros congrès au Québec et assis près d’un homme avec qui je discutais de tout et de rien. Je me doutais bien qu’il allait aussi au congrès car l’avion ressemblait à un charter de chercheurs danois. Je n’étais pas vraiment bilingue et il faut avouer que les danois mâchent un peu leurs mots, je n’avais donc pas compris son nom. Ce n’est que lorsque j’ai assisté au congrès que j’ai compris que c’était le principal chairman du congrès, un chercheur dont j’avais lu tous les papiers mais que je n’avais jamais rencontré auparavant ! De souvenirs, je n’avais pas dû lui raconter trop de bêtises…. Comme quoi, les congrès servent aussi à rencontrer les gens et pas qu’à se balader vers de parfois chouettes destinations.

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

Des souvenirs, j’en ai beaucoup en 20 ans. De façon générale, je trouve fabuleux de définir sur le papier une série d’expériences pour tester des hypothèses et que les résultats obtenus soient exactement ceux prévus. J’ai également un excellent souvenir de ma soutenance d’HDR, car on y est plus détendu que lors de la soutenance de thèse, et c’est une superbe occasion d’inviter des collègues reconnus et pour lesquels on a plus l’habitude de lire les papiers que de discuter avec.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

Je suis un passionné de Football, depuis tout petit. J’ai commencé à suivre le FC Lorient depuis mon arrivée ici, et j’aime bien chambrer les collègues Brestois lorsque le derby nous revient. Je pratique le dimanche matin mais là l’objectif c’est plutôt de s’amuser avec les copains et se retrouver pour la troisième mi-temps qui dure presque plus que le match lui-même.

J’aime également pratiquer la pêche au Bar, j’y vois essentiellement une balade en mer, les plus agréables sont celles du lever du jour, quand il fait encore bien frais. C’est souvent un jeu du chat et de la souris, il faut titiller le poisson pour qu’il attaque le leurre, cela m’amuse beaucoup. Pour les connaisseurs et les préservateurs de la ressource, je pratique le « catch and release ».

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Alexis Bazire / UBS

Laure Taupin / UBS

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Alexis Bazire / UBS

 

L’IUEM au One Ocean Summit

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Le One Ocean Summit s’est déroulé du 9 au 11 février 2022 à Brest. L’UBO a participé activement aux différents événements liés à ce rendez-vous international consacré à la protection de l’océan. Au regard des sujets abordés, plusieurs membres de l’IUEM ont été partie prenante de différents temps forts.

Les débats ont tout d’abord commencé en amont du sommet, les 4, 5 et 6 février, avec Les soulèvements de la mer organisés par le collectif vives eaux et accueilli par le LABERS (Laboratoire d’études et de recherche en sociologie de l’UBO). ONGs, associations et scientifiques ont pris successivement la parole pour proposer d’autres pistes de reflexions que celles abordées au sein du sommet officiel, autour de la surexploitaiton de l’océan.  Betty Quéffelec (AMURE) est revenue sur les notions de bien commun et de conditions d’exploitation des ressources marines avec Pierre-Yves Cadalen (CRBC, UBO). Yves-Marie Paulet a proposé un regard sur ses recherches sur l’évolution de la rade de Brest et celle de la pêche à la coquille Saint-Jacques.

Le One Ocean Summit University – initiative portée par Yves-Marie Paulet, Denis Bailly, Romain Le Moal, Joëlle Richard et Charline Guillou, a également démarré en amont du sommet par la consultation de jeunes chercheurs internationaux. L’objectif était de fédérer, par une démarche participative et collaborative, les expertises et dynamiques en présence afin de proposer un regard commun sur les enjeux de la recherche et de la formation dans le contexte de la Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable. Un groupe d’une soixantaine de doctorants et post-doctorants a ainsi travaillé en amont du sommet pour rédiger des recommandations à l’attention des décideurs, autour des dix thématiques des ateliers du One Ocean Summit.

Plusieurs jeunes chercheurs basés à l’IUEM (AMURE, LOPS, LEMAR) ont participé activement à ce travail de groupe, dont certains ont pu être accrédités pour participer au sommet. Découvrez en suivant ce lien, les messages de cette génération de chercheurs, portés par les accrédités. Les contributeurs brestois à cette initiative ont ensuite partagé leur expérience aux côtés de Céline Liret et Denis Bailly à l’occasion de la conférence de clôture organisée à Océanopolis. Le replay est disponible ici.

La constitution de ce groupe de chercheurs a été rendue possible grâce à l’appui de plusieurs réseaux et partenaires internationaux (ECOP, OYSTER, All-Atlantic Youth, Réseau des Universités Marines, SEA-EU, CONEXUS…).

Conférence de clôture à Océanopolis, vendredi 11 février 2022

Fort de ce succès, la dynamique se poursuit et se renforce pour apporter une contribution à la Conférence Océan des Nations Unies qui se tiendra à Lisbonne du 27 juin au 1er juillet 2022.

Sur la scène du sommet officiel, Denis Bailly a été invité dans l’atelier d’ouverture intitulé “La gouvernance de l’océan face au changement”. Il a porté le message d’une démocratie maritime qui reste à inventer et a appelé à “la reconnaissance des droits des communautés et des usagers historiques de la mer”. Son intervention est visionnable ici (à partir d’01’38’00).

L’après-midi du 9 février c’est Paul Tréguer qui a pris la place sur l’estrade pour modérer l’atelier “Océans polaires” (à partir de 04’56’00 sur le même enregistrement) aux côtés de Jérôme Chappelaz (IPEV) et Antje Boetius (AWI).

Les 9 et 10 février, Christophe Maes, Yves-Marie Paulet, Anne Choquet et Riwalenn Ruault sont intervenus dans le cadre du LIVE TV proposé par le Campus mondial de la mer (CMM) lors d’émissions sur des sujets dont ils sont spécialistes.

Brest capitale des océans TV, vendredi 10 février 2022

Les 9 et 11 février, Catherine Meur-Férec et Yves-Marie Paulet ont répondu aux questions du grand public en organisant respectivement une mini-conférence « Anticiper et s’adapter à l’élévation du niveau de la mer » et « La science océanique nécessaire à une gestion durable de l’océan » au sein d’une agora installée dans le pavillon événementiel d’Océanopolis.

Le 9 février, dans l’auditorium d’Océanopolis, Laurent Chauvaud a participé à une des tables rondes autour du lien sciences océaniques et société intitulée “Un océan avec et pour la société, les sciences participatives” (à partir de 50’18 sur le Replay en lien) aux côtés d’Isabelle Viol (MNHN), Céline Liret (Océanopolis) et Marjolaine Matabos (Ifremer).

La conférence participative sur la gouvernance de la haute mer et la protection de sa biodiversité “Rendez-vous à New-York” du 10 février a été notamment introduite par Joëlle Richard, Bleuenn Guilloux et Benjamin Dudouet (AMURE). Elle peut être de nouveau visionnée sur la chaîne YouTube d’Océanopolis en suivant le lien ou vous pouvez (re)découvrir l’introduction de la conférence intitulée “Qu’est-ce que la haute mer”, par Nadège Legroux, sur le site de l’initiative Ocean University. En bonus, les réactions à chaud des spectateurs à la fin de la conférence !

Votes en cours, acte 2 de la conférence “Rendez-vous à New-York”, jeudi 10 février 2022

L’UBO décrypte – au cours de la semaine du sommet, chaque soir, entre 18h et 19h, les thèmes principaux du One Ocean Summit ont été décryptés par les étudiants et les chercheurs de l’UBO et de l’IUEM à l’antenne de Radio U.  Yves-Marie Paulet (VP Mer UBO, LEMAR), Raphaël BAJON (LOPS), Ingrid Peuziat (LETG), Jennifer Beckensteiner (AMURE) et Marie Vagner sont notamment intervenus dans l’émission “C’est Vous Qui Le Dites” qui avait exceptionnellement pris ses quartiers à la fac Segalen.

Pour tout savoir sur les scientifiques du LEMAR impliqués pendant le One Ocean Summit, c’est ici.

Une revue de presse du sommet est consultable ici.

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Brest métropole

Charline Guillou / UBO

Campus mondial de la mer

Océanopolis

Contacts

Romain Le Moal / UBO

Anne Briais, Chercheuse CNRS en géodynamique à Geo-Ocean

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

J’ai obtenu un doctorat à Sorbonne Université (anciennement Paris VI – UPMC) tout en effectuant mes recherches au laboratoire de tectonique de l’Institut de physique du globe de Paris (IPG) où j’ai travaillé sur l’ouverture de la mer de Chine du sud. C’était un sujet de géosciences marines au sein d’un laboratoire qui étudiait la tectonique en Asie. C’est à cette occasion-là que j’ai fait mes 1ères campagnes en mer après avoir fait le choix du domaine marin et non du terrain. Je suis allée en Postdoc à l’Université de Rhode Island aux États-Unis puis j’ai fait un 2ème post doc au National Oceanographic Centre (NOC) à Southampton, anciennement Institute of oceanographic sciences à Wormley. Lors de ces postdocs, j’ai travaillé sur les dorsales océaniques actives. Puis, j’ai été recrutée au CNRS en 1992 en tant que chargée de recherche au Laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiales (LEGOS). C’était le début de l’océanographie par satellite. Cette nouvelle technique a permis de faire des cartes globales du champ de gravité. Indirectement, nous pouvions étudier la dynamique des dorsales océaniques sur 200 millions d’années. Ensuite, j’ai continué à travailler avec les données satellites et les données de campagnes en mer au Laboratoire de dynamique terrestre et planétaire toujours à l’Observatoire Midi-Pyrénées (OMP) puis au Géosciences Environnement Toulouse (GET).

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

J’ai décidé de rejoindre Brest car je travaillais plus avec des collègues du laboratoire Geo-Ocean (anciennement LGO) qu’avec des collègues toulousains. Mes thématiques de recherche sont le cœur de métier de Geo-Ocean.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Mes recherches sont centrées sur la dynamique des dorsales océaniques et des rifts et l’interaction avec la circulation du manteau. De manière générale, j’apporte des connaissances sur le fonctionnement de la planète et la tectonique des plaques. Dans un cadre plus terre à terre, les résultats de mes recherches aident à comprendre l’hydrothermalisme et donc localiser les ressources minières potentielles, ainsi que les limites tectoniques sources de séismes.

Au sein de l’International Ocean Discovery Program (IODP), je suis retournée en mer de Chine en 2014 et 2017 pour des campagnes de forage qui ont confirmé mes résultats de thèse : nous avons pu dater les fonds marins en mer de Chine et apporter des contraintes sur les âges du rifting et de l’ouverture océanique.

À l’heure actuelle, je suis co-cheffe de l’expédition IODP395 au sud de l’Islande prévue en 2020 qui a été reportée en 2023. Nous allons mieux comprendre l’interaction entre le point chaud de l’Islande et la dorsale médio-atlantique nord. C’est une campagne océanographique sur le JOIDES Resolution, navire de forages scientifiques.

Un autre grand projet en cours est l’étude de la dorsale sud est indienne au sud de la Tasmanie. J’ai été cheffe de mission de la campagne STORM (South Tasmania Ocean Ridge and Mantle) en 2015. Pendant cette campagne, nous avons levé des cartes bathymétriques dans des zones jusqu’ici inconnues, en particulier à cause de la météo.

Je participe également à d’autres recherches de collègues brestois, par exemple avec Marcia Maia dans l’atlantique équatorial.

Je fais aussi de l’enseignement sur les dorsales et la géodynamique en licence et en M1 du Master Géosciences Océan.

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

J’ai soutenu ma thèse le jour de la chute du mur de Berlin.

À la fin de ma 1ère campagne en mer, le N/O Jean Charcot devait débarquer à Jakarta et pour des raisons politiques, il n’a jamais été autorisé à accoster. Nous n’avons pu prendre l’avion qu’une semaine après depuis Singapour.

Pendant la campagne STORM, le mauvais temps était tel que le frigo de la cafet a basculé et a été retrouvé sur le ventre malgré l’amarrage et les attaches. C’était la 1ère fois que ça arrivait sur l’Atalante !

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

Beaucoup de bons moments sur les campagnes en mer, par exemple un rayon vert lors d’une campagne dans l’océan indien, des albatros dans le grand sud, ou un poulpe à oreilles suivi à plus de 4000 mètres de fond depuis le Nautile.

Le tour complet de l’île de Pâques au petit matin à la fin de la campagne Pacantarctic 2.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

Les voyages et la danse.

As-tu une devise ?

Il faut savoir ce que l’on veut dans la vie.

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Georges Ceuleneer / Campagne STORM

IODP

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Anne Briais / CNRS

 

Festival RESSAC du 7 au 11 mars 2022

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RESSAC est le festival d’arts et sciences de l’UBO. Il est porté par Christine Paillard, coordonné par Erwan Geoffroy et aura lieu sur les différents sites de l’UBO, avec notamment plusieurs évènements à l’IUEM et au PNBI le jeudi 10. De nombreux spectacles, expositions, rencontres et conférences tous aussi intéressants les uns que les autres sont à portée de toutes et tous. À l’affiche, chercheurs, artistes ou étudiants proposent plus de 35 événements ou créations originales à la croisée des arts et des sciences disséminés sur la ville de Brest et sa région. Le programme complet se trouve ici.

Vendredi 11 mars, trois événements seront très liés à la recherche IUEM : les conférences internationales Arts et Sciences au PN2B de 10h à 12 H avec Tim Ingold, Cristina Veiga-Pirès et Stephan Chaix et la table ronde “variations processuelles” sur les processus arts et sciences à 15h à la BU du Bouguen.

Dans le cadre de cette manifestation, le worshop OSMOSES offre l’opportunité d’explorer la thématique “Arts & Sciences” grâce à 4 ateliers différents qui se tiendront au PNBI et à l’IUEM. Ces ateliers s’adressent à toutes les personnes intéressées par ces démarches originales et prêtes à tenter l’expérience ! Retrouvez toutes les infos détaillées et le formulaire d’inscription sur le site d’ISblue.

L’atelier aquarelle à l’eau de mer est complet, mais 3 autres ateliers n’attendent que vous.

Pour la soirée de clôture du 11 mars, le projet PADDLE sera présenté dans la cadre d’une exposition photographique. Cette exposition offre un panel photographique des missions du projet de recherche au Cap Vert, au Sénégal et au Brésil. Toutes les photographies ont été réalisées par Sébastien Hervé. PADDLE veut créer un réseau et une plateforme collaborative, qui construira la théorie et les méthodes pour une Planification Spatiale Marine pertinente dans les zones tropicales.

Une conférence musicale sera également proposée autour du projet SONARs. Elle rassemblera les travaux de Laurent Chauvaud en écologie marine autour de l’acoustique et des sons sous-marins et les compositions musicales de François Joncour.

Pour tout savoir sur le festival

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Sébastien Hervé / UBO

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Christine Paillard / CNRS

 

Lancement du projet de Contrat de plan État-Région (CPER) GLAZ le 1er mars 2022

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Construire une infrastructure de recherche de niveau mondial capable de détecter, d’anticiper et d’accompagner les transitions socio-environnementales que les écosystèmes terrestres et côtiers vont connaître dans les décennies à venir. C’est l’objectif du projet de recherche CPER 2021 – 2026 GLAZ, lancé le mardi 1er mars 2022 à l’IUEM, à Brest. Ce projet est porté par l’IUEM, École interne de l’UBO, l’Observatoire des Sciences de l’Univers de Rennes (OSUR), l’Observatoire des sciences de l’univers Nantes Atlantique (OSUNA), l’Institut National de Recherche pour l’Agriculture, l’alimentation et l’Environnement (INRAE), la Maison des Sciences de l’Homme en Bretagne (MSHB).

Un projet d’envergure

Une vingtaine  de laboratoires est impliquée dans le projet GLAZ qui est fondé sur la mise en réseau d’observatoires de recherche existants et déjà labellisés. L’ensemble des sciences de l’environnement et des géosciences, des sciences humaines et sociales et des sciences de la donnée est mobilisé pour doter les régions Bretagne et Pays de la Loire de moyens de recherche et d’observation ayant une forte visibilité internationale afin de répondre aux enjeux liés aux changements climatiques et à la pression anthropique sur l’environnement.

L’objectif du projet est d’évaluer des trajectoires du continuum terre-mer (y compris les espaces urbanisés) en y intégrant l’ensemble des déterminismes naturels incluant les activités humaines.

Dans ce cadre, trois questions se posent :

La santé des écosystèmes sous contrainte : l’influence des activités humaines et des modes actuels d’occupation du sol sur les flux de matières au sein du continent et jusqu’à l’océan

La résilience des territoires et leur adaptation au changement : les relations qui lient structure des paysages, influence des sociétés actuelles et passées, dynamique de l’environnement et des ressources

L’évaluation des risques et des scénarios prospectifs : ces approches intègrent aléas, enjeux et risques en considérant aussi les représentations sociales qui permettent d’appréhender, aux diverses échelles spatiales et temporelles, la complexité des dynamiques continentales et côtières, naturelles et anthropiques en tenant compte de leurs évolutions respectives.

Ce projet contribue aux grands enjeux de société tels que définis dans les Objectifs du Développement Durable de l’ONU (ODD), et particulièrement ceux sur l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de ses effets (ODD 13), la préservation et la restauration des écosystèmes aquatiques et terrestres (ODD 14 et 15), les ressources en eau et en sol, en qualité et quantité (ODD 6), les transferts et transformations des contaminants, le cycle des éléments (ODD 6 et 15), l’émergence de villes et de communautés durables (ODD 11), l’amélioration de la santé humaine par l’amélioration de l’état des écosystèmes (ODD 3).

Structuration de GLAZ

Ce projet est structuré autour de quatre axes principaux. Le premier s’appuie sur des laboratoires in situ de l’environnement, le deuxième intitulé laboratoire vivant des interactions homme-environnement a pour objectif de mobiliser  les sciences humaines et sociales, les sciences de l’environnement et les acteurs des territoires pour favoriser le partage des savoirs. Le troisième axe fait appel aux simulateurs virtuels de l’environnement pour prévoir des scénarios et trajectoires et le dernier vise à accroître l’innovation dans les formations.

Une identité visuelle 

Glaz désigne en breton les nuances de couleur du bleu gris au turquoise en passant par le vert. Glaz est emblématique des dynamiques et complexités de cette continuité entre le continent et le littoral, entre les différents compartiments et trames de l’environnement que nous proposons d’aborder quels que soient la région et le temps passé, présent et futur.

Les porteurs de projet

INRAE, Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, est un acteur majeur de la recherche et de l’innovation créé le 1er janvier 2020. Institut de recherche finalisé issu de la fusion entre l’Inra et Irstea, INRAE rassemble une communauté de 12 000 personnes, avec 273 unités de recherche, service et expérimentales implantées dans 18 centres sur toute la France. L’institut se positionne parmi les tout premiers organismes de recherche au monde en sciences agricoles et alimentaires, en sciences du végétal et de l’animal, et se classe 11e mondial en écologie-environnement. Il est le premier organisme de recherche mondial spécialisé sur l’ensemble « agriculture-alimentation-environnement ». INRAE a pour ambition d’être un acteur clé des transitions nécessaires pour répondre aux grands enjeux mondiaux. Face à l’augmentation de la population, au changement climatique, à la raréfaction des ressources et au déclin de la biodiversité, l’institut construit des solutions pour des agricultures multi-performantes, une alimentation de qualité et une gestion durable des ressources et des écosystèmes.

L’IUEM, École interne de l’UBO, est un observatoire des sciences de l’Univers (OSU) du CNRS, interdisciplinaire en sciences de la mer, et créé en 1997. Il regroupe 500 personnels, 270 étudiants en master et 200 doctorants. Il a trois missions principales : la recherche, la formation avec les Masters et l’Ecole doctorale des sciences de la mer et du littoral (EDSML) et enfin l’observation côtière et hauturière. Il regroupe 7 laboratoires (Unités mixtes de recherche associant l’UBO, le CNRS, l’IRD, l’Ifremer et l’UBS) et propose 8 cursus de master en sciences de la mer et du littoral. Il abrite également l’École doctorale des sciences de la mer et du littoral et contribue à une mission nationale d’observation portée par une unité de services dédiée. L’IUEM est un acteur majeur de la recherche française et européenne en sciences de la mer. Bénéficiant d’un environnement privilégié qui regroupe plus de la moitié du potentiel national dans ce domaine, ses équipes sont présentes sur toutes les grandes problématiques de recherche et travaillent sur tous les océans. Toutes les disciplines étudiant le milieu marin et les activités qui s’y déroulent y sont représentées : physique, chimie, biologie, génétique écologie, biogéochimie, géophysique, géologie, géographie, droit, économie…

La Maison des sciences de l’homme en Bretagne (MSHB) est une unité d’appui et de recherche dont les tutelles sont le CNRS, les quatre universités bretonnes (Rennes 1, Rennes 2, UBO et UBS) et l’école des hautes études en santé publique (EHESP).

Elle fédère les 40 laboratoires en sciences humaines et sociales du territoire breton. Elle est, par ailleurs, un membre actif du Réseau national des Maisons des sciences de l’homme (RnMSH). Elle a notamment pour mission de soutenir des projets pluridisciplinaires ou interdisciplinaires à dimension internationale.

L’Observatoire des sciences de l’univers Nantes Atlantique (OSUNA) créé en 2008 est une école interne de Nantes Université. Il est composé d’une unité d’appui et de recherche (CNRS, Nantes Université, Université Gustave Eiffel, Université d’Angers, IMT Atlantique et CNAM Le Mans) et de six laboratoires et équipes de recherche Pour la période 2022-2026, ses activités se déclinent en 2 thèmes : “Terre-Mer” et “Planètes et Satellites

L’Observatoire des Sciences de l’Univers de Rennes (OSUR) est constitué de 5 unités ou équipes de recherche et d’une unité d’appui et de recherche (CNRS, Université de Rennes 1, Université Rennes 2), ainsi que 5 unités associées (INRAE, L’Instit Agro Rennes-Angers). L’OSUR a trois missions principales : (1) composante de l’université de Rennes 1 (école interne), il assure une mission de formation dans le domaine des sciences de la Terre, de l’écologie et de l’environnement (licences, masters), (2) structure fédérative de recherche, il structure et pilote les recherches en environnement en associant les principaux laboratoires de cette thématique au sein du pôle scientifique rennais, (3) Observatoire des Sciences de l’Univers du CNRS (INSU), il assure des missions spécifiques sur l’observation des systèmes planétaires et environnementaux sur le long terme.
https://osur.univ-rennes1.fr/

Pour en savoir plus

Les partenaires : CNRS, Université de Nantes, UBO, Université de Rennes 1, Université de Rennes 2, Université Angers, le CNAM, l’IRD, l’IMT Institut Mines-Télécom, L’institut agro Rennes Angers, l’UBS, l’Université Gustave Eiffel et l’École nationale supérieure de chimie de Rennes.

Les financeurs

État, Union européenne, Région Bretagne, Région Pays de la Loire, L’Europe s’engage en Pays de la Loire, Rennes métropole, Brest métropole, Nantes métropole, Département du Finistère, Département d’Ille-et-Vilaine, CNRS et INRAE.

Crédit photo

Panoramic Bretagne

Contact

Cécile NASSALANG / CNRS

 

Journée portes ouvertes UBO 2022

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L’IUEM participe à la journée portes ouvertes de L’UBO le samedi 5 mars 2022 de 9h à 17h.
Cet événement est l’occasion de découvrir les différentes formations de masters enseignées à l’Institut.

Les scientifiques qui seront présents sur un stand IUEM à l’UFR Sciences répondront aux questions des futurs étudiants potentiels sur les formations suivantes :

L’Institut n’aura pas de stand à  l’UFR Droit ni Lettres mais les intervenants des stands de licence pourront répondre aux interrogations sur les :

Les visiteurs pourront échanger sur les débouchés, les spécificités de chaque parcours, les unités de formation… avec les enseignants-chercheurs, ingénieurs, doctorants, étudiants présents.

Les intervenants se relaieront sur des créneaux de 2 heures pour répondre aux questions posées ainsi que pour partager leur passion pour le monde de la recherche marine.

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Cécile Nassalang / CNRS

Contacts

Cécile Nassalang / CNRS

Ayoub Barghaze / UBO

 

 

Didier Flament, Chercheur en microbiologie des Archaea au laboratoire BEEP

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

J’ai fait ma thèse à la Station biologique de Roscoff sur la recherche de glycoside hydrolase de bactéries marines dans le laboratoire de Bernard Kloareg. L’idée était de trouver des enzymes capables de dégrader les polysaccharides de la paroi des algues rouges. Un des objectifs principaux était de mieux comprendre le fonctionnement et la structure de ces enzymes. Il y avait aussi un volet biotechnologique qui consistait à proposer des outils pour produire des fragments de polysaccharides sulfatés ayant pour effet de renforcer l’immunité naturelle des plantes en champs, face à l’attaque de champignons nuisibles notamment.

Ensuite j’ai enchaîné par un postdoc de 18 mois en bioinformatique à l’Ifremer dans le laboratoire Microbiologie et de Biotechnologie des Extrêmophiles. Le sujet consistait à annoter le génome de Pyrococcus Abyssi, littéralement « la boule de feu des abysses », et à rechercher de nouvelles séquences d’enzymes thermostables d’intérêt industriel. Cette espèce microbienne appartient au domaine des Archaea, le 3ème domaine du vivant, et a été prélevée au niveau d’une source hydrothermale à environ 3000 mètres de profondeur. Sa température optimale de croissance est de 98 °C. Pour la petite histoire, le génome de cette fameuse boule de feu des abysses a permis au Genoscope de régler ses machines avant d’attaquer le séquençage du génome humain.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

Par amour ! Pour ma femme d’abord qui avait déjà un emploi à Plouzané et aussi pour le milieu marin bien sûr. J’ai eu la chance de pouvoir être recruté en 2001 dans le labo ou j’avais effectué mon postdoc qui est rapidement devenu le LMEE en fusionnant avec l’équipe « Diversité et adaptations des procaryotes des environnements extrêmes » hébergée au LEMAR à l’époque.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Mon projet de recherche consiste à combiner des approches de génétique, de biochimie et de biologie moléculaire pour percer les mystères de la réparation et de la réplication de l’ADN chez les archaea hyperthermophiles marines, des microorganismes totalement épatants ! Les Archaea sont en effet des championnes pour se développer dans les environnements les plus extrêmes et elles ont une histoire évolutive très intrigante puisqu’il est maintenant admis que la branche des eucaryotes prend racine au sein de ce domaine.

A partir de 2014, je suis devenu responsable du labo situé sur le site Ifremer de l’unité mixte de recherche (UMR) et Directeur adjoint (DA) de l’unité. Mon mandat de DA s’est terminé en décembre 2021 avec la naissance d’une nouvelle UMR BEEP, pour Biologie et Écologie des Écosystèmes marins Profonds. Elle provient de la fusion du LMEE avec le laboratoire Environnement Profond de l’Ifremer et de la volonté de regrouper, dans une même unité, des écologues des compartiments faunistiques et microbiens associés aux écosystèmes de l’océan profond.

A la fin de cette année, je terminerai également mon mandat de responsable de laboratoire et je compte bien me remettre à maniper. Nombre de mes collègues sont sceptiques sur mes capacités à retourner à la paillasse, j’espère bien les faire mentir à ce sujet !

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

En 2006, Joël Querellou, Directeur du labo, organisait le congrès international Extremophiles au Quartz à Brest. Je participais à l’organisation et avais le rôle de faire respecter le temps des interventions orales. Pour cela, j’avais décidé de faire retentir un son de gong lorsque le temps imparti était écoulé. Je dois admettre que le son était plutôt du type « métal hurlant » que « carillon Feng Shui ». Après la première intervention, Joël m’a discrètement mais fermement demandé d’adopter une autre approche. Il faut dire que le premier oral était celui de Christian de Duve, Prix nobel de physiologie, et que eu égard à sa notoriété et son grand âge (89 ans à l’époque), le Vicomte de Duve ne s’attendait pas une telle interruption dans son discours ! J’ai pali en le sentant défaillir, m’imaginant déjà supporter la culpabilité d’avoir provoqué un malaise du vieil homme, mais heureusement après une petite pause et quelques gorgées d’eau, il a réussi à aller au bout de son oral et à descendre à peu près normalement de l’estrade !

Je pourrais aussi vous raconter quand, en tant que chaire d’une session d’un congrès international, j’ai lancé ma session devant une salle vide !!!  Mais c’est une autre histoire et certains risquent de ne plus accepter mon aide pour l’organisation de congrès.

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

Quand je recherchais des gènes de glycosides hydrolase en thèse, après avoir criblé 15000 clones issus de 3 banques génomiques différentes pendant plusieurs semaines (demander aux vieux biologistes moléculaires de vos unités ce que ça représente !), j’en ai finalement trouvé un positif Hip Hip Hip Hourra !!!

Quels sont tes centres d’intérêt ?

La Planche à voile, la lecture, balades et voyage à vélo

As-tu une devise ?

J’aime bien celle qu’on attribue à Aristote :

Il y a trois sortes d’hommes : les vivants, les morts, et ceux qui vont sur la mer.

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Olivier Dugornay / Ifremer

Sébastien Laurent / Ifremer

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Didier Flament / Ifremer