Trophées de la valorisation UBO 2026 : des chercheurs du LEMAR récompensés

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Mercredi 8 avril, a eu lieu un temps fort de la « semaine de la Recherche de l’UBO » : la cérémonie des trophées de la valorisation. Lors de cette nouvelle édition, sept chercheurs ont été mis à l’honneur pour leurs travaux d’innovation et d’ouverture vers les enjeux sociétaux et économiques. Parmi les lauréats, le LEMAR a été représenté pour les prix de la transition et celui du Partenariat Structurant.

Le prix Transition a été décerné à Douraied BEN SALEM (LaTIM), Jean-Alix BARRAT (LEMAR) et Raphaël TRIPIER (CEMCA), pour leur projet d’IRM Verte développée au sein de la chaire « MeGadoRe » (Medical Gadolinium Recycling). Suite à la découverte de traces de Gadolinium dans des coquilles saint-jacques en 2019, des scientifiques d’expertises complémentaires, soutenus par les entreprises du domaine, ont travaillé de concert afin de créer un circuit de recyclage de ce produit. C’est l’objet de la chaire « MeGadoRe » qui a pour objectif de promouvoir le recyclage du gadolinium contenu dans les agents de contraste utilisés en IRM afin de réduire la pollution liée à cette activité. Aujourd’hui, le réseau IRM Verte récupère et valorise les reliquats des injections intraveineuse utilisées sur les 700 appareils d’IRM qui constituent le réseau. La recherche se poursuit désormais sur le traitement de l’urine des personnes à qui cet agent de contraste est injecté.

Le prix Partenariat Structurant est revenu à Philippe Soudant, pour le projet TrackInOil sur lequel il travaille étroitement avec Loïc Harrault. Les lipides extraits des produits de la mer sont utilisés dans de nombreux domaines, de l’alimentaire à la cosmétique. La qualité de ces lipides et leur provenance influencent leur valeur sur les marchés. Conséquence : des pratiques frauduleuses émergent et avec elles, des risques sanitaires et environnementaux. Le LabCom TrackinOil se consacre au renforcement de la sécurité des filières industrielles en développant des outils de traçabilité de ces lipides et en élaborant des procédures rigoureuses d’assurance qualité.

Félicitation à nos collègues, ainsi qu’à tous les autres lauréats, dont vous pourrez retrouver les travaux sur cette page.

Inauguration de la chaire partenariale OCEAN LEAVES

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Mardi 31 mars 2026 a eu lieu à Océanopolis l’inauguration de la chaire OCEAN LEAVES, en présence de Pascal Olivard – président de l’UBO – et de Anne Le Goff – présidente de la fondation UBO.

Portée par nos collègues Claire Hellio et Fanny Kerninon, cette chaire est le fruit d’un partenariat entre le LEMAR, la fondation UBO, Le ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature et Le ministère des Outre-mer.

OCEAN-LEAVES est dédiée à l’optimisation de la conservation des herbiers marins tropicaux d’outre-mer et au renforcement de l’engagement en leur faveur. Elle vise à structurer une interface de référence entre la recherche scientifique, l’action de terrain, la formation et l’appui aux politiques publiques. Elle ambitionne de mieux comprendre, préserver et valoriser ces écosystèmes essentiels bien qu’encore largement méconnus, mais indispensables à la biodiversité, au climat et aux territoires littoraux.

En savoir plus

Contacter la chaire Ocean Leaves

Typologie des habitats benthiques de Saint-Pierre et Miquelon

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Nos collègues Jacques Grall, Laurent Chauvaud et Erwan Amice (IUEM/LEMAR) ont initié en 2023, une collaboration avec PatriNat (OFB-MNHN) afin de mieux connaître et décrire les habitats marins de l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon. Deux ans plus tard, ce travail aboutit à la publication de la première Typologie des habitats benthiques de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Entre septembre 2023 et mai 2025, deux missions de terrain – Habeem 1 et 2 – ont permis de prospecter plus de 170 sites, de l’estran jusqu’à 150 mètres de profondeur. Plongées scientifiques, prélèvements à la benne et à la drague, observations sur l’estran : cet important effort d’échantillonnage, mené sur deux saisons, a mobilisé chercheurs et experts locaux. Résultat : près de 50 habitats marins identifiés, décrits et organisés au sein d’une typologie cohérente.

Comment définir un habitat marin ? Il s’agit d’une zone caractérisée par des conditions physiques (profondeur, hydrodynamisme, nature du substrat, géomorphologie) et biologiques (espèces dominantes ou structurantes). Chaque habitat fait l’objet d’une fiche descriptive illustrée, détaillant ses caractéristiques physiques et les espèces associées. Au total, plus de 300 espèces ont déjà été recensées. Un important travail photographique, notamment réalisé par Erwan Amice, met en lumière la beauté et la complexité des fonds marins de l’archipel.

Au-delà de l’inventaire, cette typologie constitue un précieux outil pour l’action. Elle fournit un langage commun de référence, facilitant la cartographie des habitats, les études d’impact, l’identification d’habitats déterminants pour les ZNIEFF marines ou encore la mise en place de mesures de protection et de restauration. Elle offre également une photographie de l’existant à un instant donné, précieuse dans un contexte de changements environnementaux rapides.

Ce projet illustre l’importance des collaborations scientifiques au service des territoires. En structurant les connaissances sur les habitats marins de Saint-Pierre-et-Miquelon, le LEMAR et ses partenaires contribuent concrètement à une meilleure compréhension et à une gestion durable de ce patrimoine naturel exceptionnel.

Télécharger ou consulter le guide sur la Typologie des habitats benthiques de Saint-Pierre-et-Miquelon.

 

Référence :

Andres S., Pinsivy L., Amice E., Grall J. & Chauvaud L., 2025. Typologie des habitats benthiques de Saint-Pierre et Miquelon. V.1. PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD), LEMAR (CNRS), Paris, 149 p.

Delmoges : Mieux comprendre les captures accidentelles de dauphins dans le golfe de Gascogne pour pouvoir les réduire.

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Le projet scientifique Delmoges (DELphinus MOuvements GEStion), auquel a participé notre collège Amélia VIRICEL-PANTE, s’est achevé et a publié ses rapports finaux, disponibles ici.
Ce projet interdisciplinaire, initié en 2022 avait pour objectif d’étudier, pour la première fois, les mécanismes à l’origine des captures accidentelles de dauphins communs dans le golfe de Gascogne et de proposer des pistes de solutions pour concilier pêche et protection des dauphins communs. Le projet a généré un grand nombre de connaissances nouvelles, notamment sur l’écologie des
dauphins et sur la mesure et la cartographie du risque de capture, à différentes échelles spatio-temporelles.

Les principaux résultats du projet Delmoges sont :
1/ Causes de l’augmentation des captures depuis 2016 : Delmoges a montré que le réchauffement des eaux concentre les proies des dauphins (les petits poissons pélagiques) près des côtes, les attirant dans les zones de pêche hivernales. Ces dauphins, globalement en bonne santé au moment de leur mort, sont capturés lorsqu’ils chassent activement les anchois et sardines.
2/ Mesure et cartographie du risque de captures : Delmoges a cartographié le risque de capture des dauphins en croisant données de pêche et observations en mer, pour les zones, périodes et types de pêche pour lesquelles ces données étaient disponibles. Ce travail révèle que la co-occurrence géographique entre les dauphins, leurs proies et les engins de pêche est variable, mais parfois importante. Certaines zones côtières peu profondes semblent particulièrement à risque en hiver lorsque certains types de proies y sont présentes.
3/ Mesures de gestion et de remédiation : enjeux d’efficacité et d’acceptabilité. Depuis 2024, la France a instauré des fermetures temporaires de zones de pêche pour les engins à risque. Cette mesure, efficace à court terme mais coûteuse sur le plan économique et social, appelle à discuter et évaluer des options alternatives. Delmoges a apporté des perspectives nouvelles à travers différents scénarios, incluant des approches technologiques, des limitations et changements de stratégies de pêche, et des mesures incitatives.

Les résultats de ces recherche ont fait l’objet de nombreuses communications dans la presse et dans les institutions porteuses du projet :

Amélia a également été interviewée pour un reportage de France 3 :

Laboratoire LEMAR – 2018