Bilan du projet Erasmus + ScolaMAR

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Contexte et objectifs du projet

Le projet ScolaMAR (Innovative training for Smart coastal management and Sustainable blue growth) est un projet de renforcement de capacités dans le domaine de l’enseignement supérieur financé par la Commission européenne dans le cadre du programme Erasmus +.

L’objectif du projet a été, en 3 ans, de proposer une adaptation de modèles de formation européens en Sciences de la Mer et du Littoral, et notamment du Master SML à l’IUEM, au contexte marocain dans le but de faire face aux défis sociétaux liés à la gestion des zones côtières.

Les porteurs du projet côté IUEM sont David Graindorge, Catherine Meur-Ferec et Mohamed Jebbar.

L’ambition ultime du projet est de former des diplômés appelés à répondre aux besoins croissants de cadres et managers capables de gérer et de promouvoir la formation et la recherche dans les domaines liés au milieu marin et littoral (pêche et aquaculture, activités portuaires, pollution marine et côtière, dynamique côtière, géophysique marine et côtière, géomorphologie et érosion littorale, ressources marines, impacts des changements climatiques, gestion spatiale, aménagement du territoire…). Il vise également la mise à la disposition des décideurs des compétences capables de concevoir des méthodologies et proposer des solutions pouvant aider à l’atténuation et l’adaptation au changement climatique dans l’espace Méditerranéen et en Afrique.

Pour atteindre cet objectif, les quatre universités européennes (UBO, Cadiz, Algarve et Venise) et les quatre universités marocaines (Tanger, Rabat, El Jadida, Kénitra) impliquées dans le projet ont échangé leurs bonnes pratiques et travaillé ensemble à la définition d’une offre de formation de niveau Master au Maroc intégrant la diversité des disciplines liées au domaine des sciences marines et de la gestion côtière. Des structures telles que la plateforme portuaire Tanger-Med, l’Institut National de Recherche Halieutique (INRH) et l’Agence Nationale pour le Développement de l’Aquaculture (ANDA) ont également été associées au projet afin de permettre au consortium d’adapter au mieux l’offre de formation aux besoins du marché de l’emploi.

Activités du projet

Afin de permettre le développement de ce Master pluridisciplinaire et innovant, le projet s’est principalement appuyé sur la formation des formateurs marocains et notamment par l’organisation de 38 stages d’observation au travail (job-shadowing) au cours desquels les enseignants ont échangé avec les équipes sur place sur leurs pratiques pédagogiques et ainsi entamé l’élaboration du contenu des futurs modules d’enseignement.

L’IUEM, fort de son expérience de développement de cours en ligne avec le MOOC FlotRisCo, a soutenu et accompagné les équipes techniques et pédagogiques des universités partenaires dans l’adaptation de ce cours en ligne au contexte marocain, destiné à être intégré à la première année du Master.

Les enseignants et étudiants des quatre universités de Tanger, Rabat, Kénitra et El Jadida ont également participé à deux conférences scientifiques organisées au Maroc portant respectivement sur le changement climatique et l’impact sur la gestion intégrée des zones côtières et les risques côtiers. Les différentes communications présentées ont permis de dresser un aperçu de la recherche actuellement menée au Maroc et en Europe et ainsi sensibiliser un large public à ces problématiques.

Enfin, une école de terrain portant sur l’acquisition et la gestion de données dans le domaine marin et côtier a été organisée dans la zone de la lagune de Oualidia, dans la province de Sidi-Bennour au sud d’El Jadida du 1er au 5 octobre 2018.

Ce stage de terrain d’une semaine, présenté sous la forme d’ateliers théoriques et pratiques préparés conjointement par les enseignants des universités marocaines et européennes, a permis à une trentaine d’étudiants marocains d’apprendre l’utilisation d’équipements acquis dans le cadre du projet, dédiés à l’observation marine et côtière (GPS différentiel, sondeur à sédiment Stratabox, sonar monofaisceau, enregistreur de marées, de flux, salinité…).

Cette école de terrain a permis d’expérimenter ce format d’enseignement en vue de l’intégrer au programme de la première année du Master en construction.

Création d’un Master multi-sites, pluridisciplinaire et innovant

L’ensemble des activités réalisées dans le cadre du projet ScolaMAR ont permis de bâtir la structure et le contenu de ce nouveau Master unique au Maroc.

Intitulé « Sciences du Littoral : Approche Pluridisciplinaire », ce master dit « spécialisé » est innovant à la fois en termes de structuration car proposé sur quatre sites universitaires mais également en termes de contenu car il donne un aperçu de la multidisciplinarité des sciences marines et côtières et se concentre sur l’application directe de ces disciplines au contexte local marocain.

Le nouveau Master se compose d’une première année de tronc commun dispensée à l’Université de Tanger. Pendant les deux premiers semestres, les étudiants reçoivent les bases théoriques et pratiques des différentes disciplines liées aux sciences marines et côtières auxquelles s’ajouteront le cours en ligne et l’école de terrain développés dans le cadre du projet ainsi que des modules de « compétences transversales » destinés à faciliter l’insertion professionnelle des futurs diplômés.

La deuxième année du programme de master offrira la possibilité aux étudiants d’étudier dans l’une des quatre universités partenaires afin de se spécialiser dans l’un des principaux domaines d’application de la gestion intégrée des zones côtières :

Option 1 : génie côtier et applications, proposée à l’Université d’El Jadida

Option 2 : géomatique appliquée aux sciences humaines, proposée à l’Université de Kénitra

Option 3 : océanographie des écosystèmes côtiers et modélisation, proposée à l’Université Mohammed V de Rabat

Option 4 : aménagement du littoral et risques côtiers, proposée à l’Université de Tanger

Toujours dans un souci d’améliorer l’employabilité de ces étudiants, ces derniers effectueront un stage professionnel obligatoire d’une durée de 6 mois.

Crédit photos

Justine Roddier / UBO

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Justine Roddier