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Les journées des jeunes géomorphologues organisées par le LETG

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Du 23 au 25 juin 2021, le laboratoire Littoral, Environnement, Télédétection, Géomatique a organisé les  journées des jeunes géomorphologues (JJG 2021 – Brest) qui se sont tenues à l’IUEM. Cette manifestation a été organisée sous l’égide de l’association 1901 du Groupe français de géomorphologie (GFG), dont l’organe de publication est la revue Géomorphologie : relief, processus, environnement. Le GFG représente la France au sein de l’IAG (International Association of Geomorphologist), organe international de la géomorphologie dans le monde qui regroupe une soixantaine de pays. Cette manifestation était soutenue par le LETG, le laboratoire LETG-Brest, le CNRS, l’UBO, l’EUR ISblue, et la chaire ArMeRIE de l’UBO.

Objectifs et organisation de ces journées

Les journées des jeunes géomorphologues s’adressent à tous les jeunes chercheurs français et internationaux intéressés par la géomorphologie, les géosciences de l’environnement et les risques associés. Les doctorants (ou docteurs depuis moins de 2 ans), étaient invités à proposer une communication (orale ou poster) sur l’ensemble des thèmes intéressant la géomorphologie. Cette manifestation donnera lieu à un numéro spécial de la revue Géomorphologie : relief, processus, environnement, dans lequel les communicants sont invités à proposer un article.

L’organisation de ces journées a été assurée par Serge Suanez, Pierre Stéphan, Pauline Letortu, et Alain Hénaff du laboratoire LETG. La journée de communication a eu lieu le mercredi 23 juin dans l’amphi A de l’IUEM ; elle était suivie de deux jours d’excursion les 24 et 25 juin dans le nord Finistère et les Côtes d’Armor.

Durant la première  journée de sortie de terrain (24 juin), les problématiques de conservation du milieu naturel (Natura 2000), des aléas (érosion / submersion) et de suivis morphologiques et hydrodynamiques ont été abordées. Sur le site de Plouescat, la gestion et la conservation de la baie de Goulven, ainsi que la géo-archéologie côtière de l’allée couverte de Kernic ont, entre autres, été étudiées. Le vendredi 25, la sortie de terrain s’est effectuée sur le sillon de Talbert (Pleubian, Côte d’Armor).

Crédits photos

Erwan Le Cornec / GEOS AEL

Dominique Halleux / Conservatoire du Littoral

Denis Mercier / GFG

Contact

Serge Suanez / UBO

 

Les sociétés humaines, vulnérables face au changement climatique

Impacts sur la santé, l’agriculture, la pêche et sur l’économie, les sociétés humaines sont déjà confrontées aux défis posés par le changement climatique. Sur le littoral, qui concentre une importante densité de population et une économie dépendant des écosystèmes marins, prendre en compte le changement climatique est un enjeu important.

Plusieurs éléments caractérisent les changements en cours. Ils provoquent notamment des effets différents dans les pays du nord et dans les pays du sud. Par ailleurs, ceux-ci se combinent à d’autres facteurs tels que la pollution, une forte urbanisation des zones littorales, ou encore la surpêche.

L’exemple des activités économiques

Il est difficile de dire quel sera vraiment l’impact du changement global sur les activités économiques telles que le tourisme, l’aquaculture ou la pêche. Il a déjà des conséquences avérées sur les espèces marines et il y a donc notamment des répercussions au niveau de la pêche. Cependant, pour se faire une idée des changements à l’œuvre, les économistes constatent qu’il faut pouvoir travailler sur des observations de longue durée permettant de suivre à la fois l’évolution de la biodiversité et de l’activité de la pêche. Il faut également prendre en compte d’autres facteurs comme la surpêche ou l’ouverture internationale des marchés.

Le travail avait été fait en 2008-2010 sur un projet ANR nommé Chaloupe auquel le laboratoire Amure a participé. Ce projet a étudié les écosystèmes du Golfe de Gascogne, de Guyane et du Maroc. Les chercheurs ont conclu que le changement climatique a des conséquences économiques pour les pêcheries mais ont également constaté que les pêcheurs développent des capacités d’adaptation, en pêchant par exemple d’autres espèces.

Contact au laboratoire Amure : pascal.lefloch@univ-brest.fr

Vers un observatoire des risques côtiers

La population du littoral français est en constante augmentation depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Selon l’INSEE, les communes littorales hébergeaient près de 8 millions de résidents en 2014. Et des projections publiées en avril 2018 indiquent que les départements littoraux pourraient concentrer 39 % de la population française en 2050.

Dans le même temps, ces territoires sont soumis à des risques exacerbés par le changement climatique, et notamment, la hausse du niveau des mers. Celle-ci est provoquée par la fonte des glaces et par le fait que l’océan plus chaud se dilate. Le scénario le plus pessimiste du dernier rapport du GIEC (Groupe intergouvernemental des experts sur le climat) prévoit, de son côté, une hausse moyenne d’1 mètre en 2100 par rapport à 2000, au niveau mondial, sachant que tous les littoraux ne seront pas tous impactés de la même manière.

Des chercheurs de l’IUEM étudient les enjeux liés à la mobilité de la ligne de rivage en prenant en compte les processus géographiques à l’œuvre mais également les enjeux humains. L’évolution du trait de côte est liée à plusieurs facteurs qui provoquent des phénomènes d’érosion et de submersion. Outre la hausse du niveau des mers, les épisodes tempétueux comme la tempête Xynthia en 2010 ou encore l’extraction de sédiments marins peuvent également être cités. Le changement climatique est pris en compte comme un facteur aggravant.

Dans le cadre du projet Cocorisco (2011-2015), les chercheurs ont établi une définition de la vulnérabilité qui comprend quatre dimensions : L’exposition aux aléas tels que l’érosion et la submersion, les enjeux (valeur humaine, économique ou environnementale), la gestion des risques (prévention, protection et alerte) et les représentations (croyances, valeurs, stéréotypes). Les géographes du laboratoire Littoral, environnement, télédétection, géomatique (LETG Brest) ont travaillé avec des spécialistes de plusieurs disciplines, et notamment des psychologues, qui constatent que si les gens ne nient pas le changement climatique et la hausse du niveau des mers, ils ont tendance à mettre le risque à distance.

Avec le projet Osirisc (2016-2019) qui fait suite au projet Cocorisco, les chercheurs comptent mettre en place un observatoire du suivi à long terme des risques côtiers, en prenant en compte ces quatre aspects de la vulnérabilité. Il s’agit d’améliorer les pratiques et les stratégies de gestion des risques côtiers et de développer un outil d’aide à la décision pour les collectivités et les services de l’Etat.

Contact au LETG Brest : catherine.meurferec@univ-brest.fr

Repère: Les services écosystémiques