CEPA 7 : le colloque d’écophysiologie animale aura lieu à Brest

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La biodiversité fait face à une crise environnementale importante. Il est ainsi urgent d’identifier l’impact des contraintes environnementales sur le fonctionnement écologique et physiologique des espèces animales, mais également les adaptations mises en place par ces organismes pour répondre aux changements environnementaux.

L’écophysiologie animale est une discipline cruciale à ce niveau, en intégrant les mécanismes sous-jacents au métabolisme, à l’énergétique, au comportement, à la reproduction, la communication et bien d’autres fonctions animales, depuis le gène à la population.

En France, tous les deux ans, une importante communauté d’écophysiologistes regroupant des chercheurs de divers horizons organise le Colloque d’Ecophysiologie Animale, CEPA. Ce colloque permet de communiquer les nouveaux résultats de la recherche fondamentale et appliquée dans le domaine auprès d’une communauté à la fois scientifique et professionnelle. Cette grande communauté encourage le partage des connaissances et des avancées scientifiques tout en renforçant l’esprit de cohésion de la recherche.

Après Lyon (2013), La Rochelle (2015), Strasbourg (2017), Rennes (2019), Montpellier (2021) et Tours (2023), ce colloque aura lieu pour la première fois au bout du monde, à Brest. Il permettra à un maximum de chercheurs et d’étudiants de présenter leurs derniers résultats et réflexions.

Cette 7ème édition aura lieu du 28 au 30 octobre 2025, dans l’amphithéâtre du Pôle numérique Brest Iroise à Plouzané.

Principales dates à retenir :

  • Date limite de soumission des résumés : avant le 15 juin 2025
  • Date limite d’inscription ‘early bird’: 15 août 2025
  • Date limite d’inscription ‘late bird’: 15 septembre 2025


Retrouvez toutes les infos pratiques et le programme sur le site web du colloque.



Décodage des facteurs d’atténuation du flux de carbone dans la pompe biologique océanique

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Résumé

La pompe biologique fournit du carbone à l’intérieur des océans, ce qui favorise le piégeage du carbone à long terme et fournit de l’énergie aux écosystèmes des grands fonds. Son efficacité est déterminée par les transformations des particules nouvellement formées dans la zone euphotique, suivies d’une atténuation du flux vertical par des processus mésopélagiques. L’atténuation en profondeur du flux de carbone organique particulaire (POC) est modulée par de multiples processus impliquant le zooplancton et/ou les microbes. Néanmoins, elle continue d’être principalement paramétrée à l’aide d’une relation empirique, la « courbe de Martin ». L’exposant de loi de puissance dérivé est la métrique standard utilisée pour comparer les schémas d’atténuation du flux entre les provinces océaniques. Nous présentons ici les résultats expérimentaux in situ de C-RESPIRE, un double intercepteur de particules et incubateur déployé à plusieurs profondeurs mésopélagiques, mesurant l’atténuation du flux de POC à médiation microbienne. Nous avons constaté que dans six régimes océaniques contrastés, représentant une gamme de 30 fois le flux de POC, la dégradation par les microbes attachés aux particules comprenait 7-29 pour cent de l’atténuation du flux, ce qui implique un rôle plus influent pour le zooplancton dans l’atténuation du flux. La reminéralisation microbienne, normalisée par rapport au flux de POC, varie d’un facteur 20 entre les sites et les profondeurs, les taux les plus faibles étant observés lorsque les flux de POC sont élevés. Les tendances verticales, allant jusqu’à des changements d’un facteur trois, étaient liées à de forts gradients de température dans les sites des basses latitudes. En revanche, la température a joué un rôle moindre dans les sites des latitudes moyennes et élevées, où les tendances verticales peuvent être déterminées conjointement par la biochimie des particules, la fragmentation et l’écophysiologie microbienne. Cette déconstruction de la courbe de Martin révèle les mécanismes sous-jacents qui conduisent à l’atténuation du flux de POC à médiation microbienne à travers les provinces océaniques.

Figure

a, Schéma des transformations cumulées des particules décantées (indiquées par des barres verticales pleines) dues au flux de zooplancton (FF), DVM et MR avant l’interception des particules par C-RESPIRE pendant la phase de collecte initiale à chacune des trois profondeurs. MR (en bleu) représente la phase d’incubation ultérieure de C-RESPIRE au cours de laquelle seule MR agit sur les particules interceptées pour diminuer le POC .

b, Déconstruction des principaux facteurs d’atténuation du flux de POC. La RM (zones bleues) est telle que décrite en a et est déduite de la consommation d’O2 mesurée et d’un QR fixe. Les taux d’accumulation de C organique dissous pendant l’incubation étaient faibles (représentant en moyenne 21 ± 16% de la MR), ce qui confirme un couplage étroit entre la solubilisation et la MR. Le flux résiduel de POC (cercles ouverts) correspond au POC (intercepté) mesuré à la fin de l’incubation in situ de plusieurs jours. Le flux cumulé de POC (cercles remplis) est reconstruit en utilisant la somme du POC résiduel et de la RM (c’est-à-dire le flux de POC résiduel + la RM) et devrait refléter une courbe de Martin, représentée par la ligne noire continue.

c, Emplacements des déploiements de C-RESPIRE superposés à une carte de la climatologie de la productivité primaire nette (PPN) dérivée des satellites (2003-2018) (obtenue à partir du site Web Ocean Color de la NASA et de l’algorithme CAFE). Vert, SG ; brun, BEN ; rouge, SAZ ; orange, PAPA ; bleu, MED ; violet, SPSG.

Référence

Bressac, M., Laurenceau-Cornec, E.C., Kennedy, F. et al. Decoding drivers of carbon flux attenuation in the oceanic biological pump. Nature 633, 587–593 (2024). https://doi.org/10.1038/s41586-024-07850-x

 

Pour aller plus loin

Un article vulgarisé a été écrit par le CNRS et publié sur leur site web.

Polaris, le CNRS, l’UBO et l’ANR unissent leur force pour le LabCom « TrackInOil »

Cet automne 2024 a eu lieu à Brest le lancement du Laboratoire Commun (LabCom) « TrackInOil » qui a pour objectif de développer des outils de profilage moléculaire et signature isotopique permettant de contrôler l’origine et la qualité des lipides issus de produits de la mer, essentiels dans de nombreux domaines industriels.

Ce laboratoire commun, financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR) à hauteur de 362 k euros, associe le LEMAR et Polaris, expert français de la greentech, en particulier dans le domaine de la lipochimie. L’objectif : développer des outils de profilage moléculaire et signature isotopique permettant de contrôler l’origine et la qualité des lipides issus de produits de la mer, essentiels dans de nombreux domaines industriels.

Les lipides issus de produits de la mer sont utilisés dans de nombreux domaines industriels (compléments alimentaires, nutrition santé, pharmaceutique, cosmétique, nutrition animale) et peuvent avoir différentes origines, biologiques, synthétiques ou géographiques. La qualité de ces ingrédients et leur origine peuvent entrainer de grandes différences dans les prix sur un marché en pleine croissance, entraînant parfois des comportements frauduleux. Cette nouvelle collaboration recherche-entreprise vise à développer et valoriser des outils innovants pour améliorer la traçabilité de ces « huiles marines ».

 

Plus de détails sur le site web du CNRS

L’IA pour le milieu marin, séminaire interdisciplinaire jeunes chercheurs à Marrakech

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Les 26, 27 et 28 novembre 2024 à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech, a eu lieu le Séminaire international et Interdisciplinaire « l’IA et science marine ».

Ce séminaire s’inscrit dans le cadre du Projet Nawras qui vise à évaluer la protection juridique de l’environnement marin grâce à l’Intelligence Artificielle. Co-organisé par l’Université Cadi Ayyad et l’Institut de Recherche pour le Développement, il a rassemblé des chercheur.euses en sciences de la mer, en droit et en intelligence artificielle travaillant sur des sujets transverses.

Ce séminaire a permis de se réunir autour de problématiques communes traitées par des approches diverses et novatrices, et ainsi stimuler l’interdisciplinarité et les collaborations entre jeunes chercheur.euses. Les présentations ont mêlé thématiques globales, questionnements éthiques et applications précises. Les sujets de thèse présentés sous forme de posters ont également été affichés durant le séminaire.

Les jeunes chercheur.euses valoriseront les travaux de ce séminaire interdisciplinaire et interculturel par une conférence grand public qui aura lieu le jeudi 5 décembre 2024 à l’Université Cadi Ayyad pour présenter la variété d’enjeux de protection des océans et les perspectives émergentes.

Potentiel des métabolites d’éponges marines contre les prions

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Contexte

Contrairement aux agents infectieux traditionnels tels que les virus, les bactéries, les parasites ou les champignons, les prions sont des agents infectieux non conventionnels composés uniquement d’une protéine ayant une conformation tridimensionnelle alternative et ne contenant pas de matériel génétique tel que l’ADN ou l’ARN [1-4].

La forme physiologique de la protéine prion (PrPC) se trouve dans les cellules saines, en particulier dans le système nerveux. Cependant, dans les maladies à prions, la PrPC subit des changements de conformation, se repliant dans une conformation pathogène connue sous le nom de PrPSc. La caractéristique unique de la PrPSc est sa capacité à agir comme un modèle, induisant un mauvais repliement de la PrPC dans la conformation pathologique de la PrPSc et un agrégat. La capacité de la PrPSc à se modeler et à se convertir lui permet de s’autopropager et de se propager au sein d’un organisme ainsi qu’entre les individus sans impliquer le matériel génétique traditionnel [5,6]. L’accumulation d’oligomères et d’agrégats de PrPSc, qui perturbe la fonction cellulaire au fil du temps, induit une perte neuronale et une vacuolisation, conduisant finalement à des troubles neurodégénératifs. La propagation de la PrPSc contribue à l’aspect spongiforme de l’architecture cérébrale observée chez les personnes affectées par les prions, qui est une signature des maladies à prions.

Les maladies à prions, également appelées encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST), sont un groupe de troubles neurologiques rares et mortels qui affectent à la fois les humains et les animaux. Les maladies à prions humaines (maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ), variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (vMCJ), maladie de Gerstmann-Sträussler-Scheinker, etc.

La protéine prion mal repliée est remarquablement résiliente et peut résister aux méthodes de décontamination standard, ce qui rend ces agents pathogènes difficiles à contrôler. Les caractéristiques spécifiques des prions rendent les maladies à prions particulièrement difficiles à cibler à l’aide des approches thérapeutiques traditionnelles, ce qui fait qu’à l’heure actuelle il n’existe aucun traitement approuvé pour ces maladies.

Points forts de l’article

Cet article rassemble une partie des travaux réalisés dans le cadre du projet Proteomar qui vise à explorer la chimiodiversité marine à la recherche de métabolites bioactifs contre les prions.

Un criblage d’activités biologiques, réalisés avec 166 extraits d’organismes marins tropicaux (invertébrés, macroalgues) et 3 cyclolipopeptides de microorganismes contre les prions de levure a mis en évidence le potentiel des éponges de la famille des Verongiida pour empêcher la propagation des prions.

Suite à ces premiers résultats encourageant, une étude chimique approfondie a été menée sur l’éponge Suberea laboutei de Wallis et Futuna, permettant d’isoler 6 composés de la famille des bromotyrosines, dont 4 actifs contre les prions de levures.

Cette famille chimique paraissant très prometteuse, 16 autres dérivés de bromotyrosine et de bromophénol précédemment isolés à partir d’éponges Verongiida ont été testés contre les prions de levure, démontrant le potentiel de 6 composés supplémentaires.

 


Figure 2. Structures of the isolated compounds 1–6 from Suberea laboutei.

 

Ces 10 molécules candidates ont ensuite été étudiées pour leur activité contre les prions dans les cellules de mammifère, permettant d’identifier pour la première fois la capacité de 6 dérivés de bromotyrosine à réduire la propagation du prion PrPSc et la capacité de 2 d’entre eux à réduire le stress du réticulum endoplasmique.

La découverte de ces deux activités biologiques chez ces dérivés de bromotyrosine sont décrites ici pour la première fois, offrant une nouvelle perspective thérapeutique pour les patients souffrant de maladies à prions qui sont actuellement incurables et par conséquent mortelles. Les molécules identifiées ici pourraient également être bénéfiques pour une gamme plus large de maladies, car l’agrégation des protéines et le stress du RE sont également des caractéristiques des maladies de mauvais repliement des protéines telles que les maladies de Parkinson et d’Alzheimer.

 

Référence

Sinane, M.; Grunberger, C.; Gentile, L.; Moriou, C.; Chaker, V.; Coutrot, P.; Guenneguez, A.; Poullaouec, M.-A.; Connan, S.; Stiger-Pouvreau, V.; Zubia, M.; Fleury, Y.; Cérantola, S.; Kervarec, N.; Al-Mourabit, A.; Petek, S. & Voisset, C. Potential of Marine Sponge Metabolites against Prions: Bromotyrosine Derivatives, a Family of Interest. Mar. Drugs 2024, 22, 456.

https://doi.org/10.3390/md22100456

 

Cette publication a fait l’objet de plusieurs travaux de médiation et de valorisation :

– Dans la revue The Conversation

– Sur le site du Mag’ IRD

– Sur le site de l’UBO

Laboratoire LEMAR – 2018