Typologie des habitats benthiques de Saint-Pierre et Miquelon

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Nos collègues Jacques Grall, Laurent Chauvaud et Erwan Amice (IUEM/LEMAR) ont initié en 2023, une collaboration avec PatriNat (OFB-MNHN) afin de mieux connaître et décrire les habitats marins de l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon. Deux ans plus tard, ce travail aboutit à la publication de la première Typologie des habitats benthiques de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Entre septembre 2023 et mai 2025, deux missions de terrain – Habeem 1 et 2 – ont permis de prospecter plus de 170 sites, de l’estran jusqu’à 150 mètres de profondeur. Plongées scientifiques, prélèvements à la benne et à la drague, observations sur l’estran : cet important effort d’échantillonnage, mené sur deux saisons, a mobilisé chercheurs et experts locaux. Résultat : près de 50 habitats marins identifiés, décrits et organisés au sein d’une typologie cohérente.

Comment définir un habitat marin ? Il s’agit d’une zone caractérisée par des conditions physiques (profondeur, hydrodynamisme, nature du substrat, géomorphologie) et biologiques (espèces dominantes ou structurantes). Chaque habitat fait l’objet d’une fiche descriptive illustrée, détaillant ses caractéristiques physiques et les espèces associées. Au total, plus de 300 espèces ont déjà été recensées. Un important travail photographique, notamment réalisé par Erwan Amice, met en lumière la beauté et la complexité des fonds marins de l’archipel.

Au-delà de l’inventaire, cette typologie constitue un précieux outil pour l’action. Elle fournit un langage commun de référence, facilitant la cartographie des habitats, les études d’impact, l’identification d’habitats déterminants pour les ZNIEFF marines ou encore la mise en place de mesures de protection et de restauration. Elle offre également une photographie de l’existant à un instant donné, précieuse dans un contexte de changements environnementaux rapides.

Ce projet illustre l’importance des collaborations scientifiques au service des territoires. En structurant les connaissances sur les habitats marins de Saint-Pierre-et-Miquelon, le LEMAR et ses partenaires contribuent concrètement à une meilleure compréhension et à une gestion durable de ce patrimoine naturel exceptionnel.

Télécharger ou consulter le guide sur la Typologie des habitats benthiques de Saint-Pierre-et-Miquelon.

 

Référence :

Andres S., Pinsivy L., Amice E., Grall J. & Chauvaud L., 2025. Typologie des habitats benthiques de Saint-Pierre et Miquelon. V.1. PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD), LEMAR (CNRS), Paris, 149 p.

Science Comes To Town : découvrez le programme !

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En 2026, le projet Science Comes to Town met la science au cœur de la ville à Brest, Kiel et Split, avec plus de 1 000 événements ouverts à toutes et tous pour rapprocher le monde de la recherche et la société.

Financée par la Commission européenne, l’initiative aborde des enjeux majeurs tels que la protection de l’océan, la formation des jeunes talents ou la santé. À Brest, elle est coordonnée par Brest Métropole, Océanopolis, le Technopôle Brest-Iroise, l’Université de Bretagne Occidentale et l’Alliance SEA-EU, en lien avec de nombreux partenaires locaux.

Les équipes, chercheurs et chercheuses de l’IUEM y contribuent activement à travers plusieurs actions et temps forts, notamment via les activités de formation ISblue et la participation à des événements de culture scientifique tout au long de l’année.

Au programme :

21/02/2026, 14h/18h, Espace Jaurès – SʼUnir : La science entre attraction et répulsion, avec la participation de Gauthier Schaal (Lemar) 

11/03/2026, 20h30, Ateliers des Capucins – Harmonyse, l’harmonie des Abysses, une expérience immersive mêlant science et musique. Porté par Marcia Maia et des collègues chercheur·es des laboratoires Geo-Ocean et BEEP, ce ciné-concert propose une plongée artistique au cœur des abysses océaniques. Sur écran géant, des images sous-marines dialogueront avec une œuvre symphonique originale interprétée par l’Orchestre universitaire de Brest.

11/03/2026, 19h, Médiathèque des Capucins – Conférence Harmonyse, en direct depuis le navire océanographique « Pourquoi pas ? » de l’Ifremer, permettra au public de rencontrer l’équipe et de découvrir les coulisses de cette création. 

Dans le cadre du Festival RESSAC, festival Art et Science de l’UBO et de Science Comes to Town, deux expositions sont proposées par les étudiants de l’IUEM grâce aux Projets Interdisciplinaires Mutualisés (PIM) soutenus par ISblue.

  • l’exposition Fils, flots, fluages se tiendra du 10 mars au 3 avril 2026 aux Abords (Espace d’exposition de la Faculté Victor Segalen)
  • l’exposition collective Post-Pétrole se tiendra du 10 mars au 30 mai 2026 à la Maison de la Fontaine et à la Tour Tanguy.

Retrouvez l’agenda complet de Science Comes to Town sur l’agenda de la ville de Brest.

Journée d’accueil des primo-doctorant·es de l’EDSML

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Le 25 novembre, ils et elles étaient une cinquantaine à participer à la journée d’accueil des nouvelles personnes débutant leur doctorat à l’École Doctorale des Sciences de la Mer et du Littoral – EDSML en 2025-2026.

Accueilli·es par l’ensemble de la communauté de l’École Doctorale, l’objectif de cette journée est de présenter le déroulé du doctorat dans sa dimension réglementaire mais aussi de proposer des ressources.

Cette réunion d’accueil a été suivie d’un temps d’échange et de discussion. Des formations pour les doctorant·es toutes années confondues ont été proposées l’après-midi. La journée s’est terminée par une soirée de cohésion festive, afin que toutes les personnes doctorantes puissent se retrouver dans la bonne humeur.

Le prochain rendez-vous est donné les 25 et 26 mars 2026 pour les journées scientifiques et la présentation des travaux des doctorant·es de 3ème année.

Séminaires « Les diplomates océaniques – dialogues ethnographiques »

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Le cycle de séminaires ODIPE 2026 – Ocean Diplomacy Ethnography

« Les diplomates océaniques – dialogues ethnographiques »

En quelques années, l’Océan est devenu un objet diplomatique à part entière. Pourtant, derrière l’apparente cohérence des évènements internationaux, la fabrique de cette ‘diplomatie océanique’ reste un processus hésitant, fragmenté et traversé de multiples acteurs et tensions – que ce séminaire issu de l’initiative de recherche OMER-ODIPE * ambitionne d’interroger.

Des dispositifs internationaux, jusque-là pensés séparément, sont aujourd’hui intégrés dans l’opérationnalisation de l’ODD 14 (« Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable »), portée depuis 2017 par les conférences des Nations unies sur l’océan (UNOC), conçues pour répondre à cette fragmentation. La 3ème UNOC à Nice en juin 2025 (après celles de New York en 2017 et de Lisbonne en 2022) a souvent été présentée par ses promoteurs comme une conférence des parties (COP), à l’image de celles de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CNUCC) ou de la Convention sur la diversité biologique (CDB). Ce processus d’océanisation de la diplomatie en est à ses prémisses, traversé par le foisonnement, l’indétermination et des stratégies variées. Les scènes, les logiques et les significations de la diplomatie océanique se laissent difficilement appréhender dans toute leur complexité, leurs interconnexions et leurs ramifications — y compris pour les communautés de recherche les plus directement concernées..

Ethnographier ces événements de façon collective, coordonnée, et en interaction avec l’ensemble de la communauté scientifique en sciences de l’océan, facilite la compréhension et la restitution de ce qui s’y joue : depuis quelles cultures politiques, quelles communautés épistémiques, cette diplomatie océanique s’invente-t-elle ? Quels en sont les ressorts ? Qui sont les diplomates qui y opèrent, et comment ? Au service de quelles conceptions de l’Océan, de quels intérêts, de quelles causes ? Quel(s) Océan(s) contribuent-ils à dessiner, à légitimer ?

Le séminaire ODIPE articulera ces retours de terrain ethnographique et les retours d’expérience de participant·es à ces événements, pour engager un dialogue interdisciplinaire critique autour d’une dizaine de thèmes majeurs qui les traversent – biodiversité marine, climat, pêche, pollutions telluriques, gouvernance, justice épistémique, mobilisations, systèmes d’observation.

PROGRAMME 2026

Session introductive
Titre : Ethnographier l’océanisation de la diplomatie maritime
Date : 6 janvier 2026


Session #2
Titre : L’UNOC depuis l’œil des journalistes : parler des océans et faire parler les acteur·ices de la diplomatie océanique
Date : 27 janvier 2026


Session #3
Titre : Performance océanique à l’UNOC : pratiques esthétiques en milieu diplomatique
Date : 3 février 2026


Session #4
Titre : Observation de l’océan et diplomatie océanique au prisme des infrastructures de surveillance environnementale
Date : 14 avril 2026 (reportée)


Session #5
Titre : Le moment bleu des négociations pour un Traité Plastiques
Date : 10 mars 2026


Session #6
Titre : ‘Green exceptionalism’ goes offshore? Unpacking the main diplomatic narratives on Costa Rican oceans at the Third United Nations Ocean Conference
Date : 31 mars 2026


Session #7
Titre : Du One Ocean à la pêche : dialogue autour du secteur professionnel des pêches au One Ocean Scientific Congress et à l’UNOC
Date : 7 avril 2026


Session #8
Titre : Les abysses à Nice : frontière lointaine ou enjeu incontournable ?
Date : 21 avril 2026


Session #9
Titre : Quel océan voulons-nous ? Connaissances autochtones, pouvoir et les politiques de la gouvernance globale de l’océan
Date : 5 mai 2026


Session de clôture
Titre : Synthèse & perspectives
Date : 19 mai 2026

 

Science participative entre un skipper et des scientifiques

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Parution d’un article : Dominance of cellulosic and synthetic microfibers in upper layers of the Atlantic Ocean: evidence from the Vendée Globe 2020 race

Maria El Rakwe (a), Bénédicte Morin (b), Lena Thomas (a), Victor Burger (b,c), Edgar Dusacre (b), Florence Mazeas (a), Fabrice Amédéo (d), Catherine Dreanno (a), Sophie Lecomte (c), Christophe Maes (e), Jérôme Cachot (b), Enora Prado (a)

a IFREMER, REM/RDT/LDCM Centre Bretagne, Plouzané, France
b Univ. Bordeaux, CNRS, Bordeaux INP, EPOC, UMR 5805, F-33600, Pessac, France
c Univ. Bordeaux, CNRS, Bordeaux INP, CBMN, UMR 5248, F-33600, Pessac, France
d Ocean Calling, Vannes, France
e LOPS-IRD, Brest, France

Cette étude met en lumière la prédominance des microfibres dans la pollution anthropique des eaux de surface de l’océan Atlantique.
Les résultats s’appuient sur des échantillons collectés tout au long du Vendée Globe 2020 par Fabrice Amedeo, offrant une opportunité rare d’observations en conditions réelles et à l’échelle globale.

Les principales conclusions montrent que :
• Les eaux de surface de l’Atlantique sont largement contaminées par des microplastiques et des fibres cellulosiques;
• Les microfibres constituent la majorité des particules anthropiques observées, représentant jusqu’à 78–94 % selon les tailles de filtration;
• Les fibres cellulosiques dominent parmi les microfibres anthropiques dans les fractions supérieures à 100 µm;
• L’analyse de particules jusqu’à 30 µm révèle la prédominance des petites tailles;
• La diversité des polymères et des morphologies est maximale dans la fraction 30–100 µm;

Ces résultats soulignent la nécessité d’adapter et d’élargir les cadres de surveillance de la pollution plastique, afin d’intégrer pleinement les petites particules et les microfibres, encore largement sous-estimées dans les approches actuelles.

Ce travail illustre la richesse d’un projet collaboratif entre un navigateur engagé et des scientifiques (dont C.Maes, DR IRD UMR LOPS)  transformant une course autour du monde en véritable plateforme de sciences participatives, capable de produire des données environnementales inédites là où les observations sont rares.

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0025326X25016492

Une étude révèle l’origine d’un biais de température important dans les modèles de climat

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Malgré l’amélioration de la résolution des modèles, des erreurs systématiques – appelées biais ­– subsistent dans la représentation de la température océanique et atmosphérique moyenne dans certaines régions côtières. Une étude publiée dans Geophysical Research Letters, a identifié l’origine de ce biais. Une découverte prometteuse qui permettra aux scientifiques de développer des modèles encore plus performants. 

Les modèles de climat globaux sont d’une importance cruciale pour prévoir les impacts du réchauffement planétaire. Leur amélioration majeure au cours des dernières décennies, n’a cessé de faire l’objet de nombreuses études et leur degré de réalisme a souvent été corrélé à l’augmentation de la résolution des modèles, c’est-à-dire à la finesse du point de grille qu’ils peuvent représenter. Dernièrement, l’augmentation sans précédent de la puissance de calcul disponible a permis le développement de modèles de climat à l’échelle kilométrique, qui permettent non seulement une meilleure représentation du climat à l’échelle mondiale, mais également d’obtenir des projections des changements à l’échelle locale, où les politiques et stratégies d’adaptation sont mises en œuvre.

Cependant, une récente étude a mis en évidence que, malgré l’amélioration de la résolution des modèles, des erreurs systématiques – appelées biais ­– subsistent dans la représentation de la température océanique et atmosphérique moyenne dans certaines régions côtières.  Ces biais peuvent être expliqués par l’absence de la prise en compte de la marée dans ce type de modèle. La marée, bien qu’étant un phénomène périodique très court comparé aux échelles de temps d’évolution du climat a en réalité un effet moyen non nul sur notre système climatique via le mélange turbulent qu’elle induit. L’absence de prise en compte de ce phénomène dans les modèles peut conduire à des erreurs de température de l’ordre de 3°C dans l’océan et 1.5°C dans l’atmosphère, en particulier le long des côtes de la Manche, de la mer d’Irlande et de la mer du nord.

Cette étude s’appuie sur l’évaluation de 8 modèles de climat provenant de différents centres de recherche autour du monde (Europe, Etats-Unis, Chine, etc.) ainsi que sur des observations satellites. Elle a été réalisée par des scientifiques du CNRS, de l’Ifremer, du Met Office (Royaume-Unis) et de l’Institut de Météorologie Max-Plank (Allemagne).

Les régions côtières étant particulièrement vulnérables aux effets du réchauffement climatique, la prévision par les modèles de la température en climat présent et futur y a un fort enjeuCette découverte permettra aux scientifiques de développer des stratégies afin de mieux inclure les effets de la marée dans la future génération de simulations de climat qui informeront les prochains rapports du GIEC.

Contact :

Audrey Delpech
Chercheuse CNRS au laboratoire d’océanographie physique et spatiale (LOPS – IUEM)