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Stéphane Bertin, Chercheur en physique du littoral au pôle observatoire marin de l’UMS

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Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

Je suis diplômé de l’école d’ingénieur Polytech Lyon avec une spécialité en mécanique des fluides, agrémentée d’un master recherche portant sur les applications de la mécanique des fluides à l’environnement. J’ai travaillé à l’Université d’Auckland en Nouvelle-Zélande de 2011 à 2018, où j’ai effectué ma thèse de doctorat ainsi qu’un postdoc au sein de la faculté d’ingénieur en génie civil et environnement. Mes travaux de recherche portaient sur le transport sédimentaire et la mesure des changements morphologiques par télédétection. Je me suis tout d’abord intéressé à la modélisation physique (utilisation de canaux hydrauliques en laboratoire) et à la mise en place d’outils de photogrammétrie afin de caractériser la relation entre écoulement d’eau et rugosité (microtopographie) de surface. L’idée derrière ces travaux était de pouvoir améliorer notre compréhension, et ainsi mieux modéliser, la boucle de rétroaction reliant les propriétés physiques d’un écoulement turbulent et les paramètres topo-morphologiques de la surface sédimentaire sur laquelle l’écoulement agit. J’ai eu l’occasion de poursuivre ces travaux lors d’expériences de terrain en milieu côtier et fluvial.

 

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

L’idée de pouvoir travailler à l’IUEM, un institut pluridisciplinaire tourné vers les sciences marines, et comprenant des services nationaux d’observation, m’a tout de suite intéressé. J’ai donc choisi l’IUEM pour la portée scientifique des travaux de recherche qui y sont menés, notamment en géomorphologie et télédétection appliquée au domaine côtier, mais aussi du fait de la possibilité de pouvoir interagir facilement avec d’autres équipes tournées vers des thématiques complémentaires, telles que l’océanographie et la biologie marine. J’ai aussi choisi l’IUEM pour sa situation géographique : je n’ai jamais pu être aussi proche de l’eau en travaillant !

 

Que fais-tu à l’IUEM ?

Mon travail à l’IUEM est celui d’un physicien adjoint contractuel, dont les missions rassemblent observation, recherche et enseignement. Je suis ainsi chargé d’assurer la co-coordination depuis Brest du service national d’observation DYNALIT (DYNAmique du LIttoral et du Trait de côte), dont l’IUEM est l’OSU coordinateur. DYNALIT est un réseau d’observation, labélisé SNO par le CNRS-INSU en 2014, dédié à la métrologie récurrente et de long terme visant à caractériser le fonctionnement physique et l’évolution morphologique du littoral. DYNALIT compte actuellement 35 sites-ateliers en France métropolitaine et outre-mer, répartis sur 5 façades maritimes. Dans ce contexte, j’effectue des travaux de recherche au sein du Laboratoire Géosciences Océan dont les principales orientations sont la mesure par télédétection, les protocoles de traitement et d’analyse de la géomorphologie, et les processus physiques contrôlant l’évolution court-terme du littoral au travers de séries d’observation. Un de mes projets clés pendant ma première année à l’IUEM a été la qualification et la valorisation d’une longue série temporelle de suivis topo-bathymétriques (mesures fines permettant de comprendre la géomorphologie) effectués sur la plage de Porsmilin. Je souhaite par ce travail améliorer la collecte, le traitement et l’analyse de ces données, ainsi que permettre la mise en relation avec les forçages hydrodynamiques (ex vagues, marée) mesurés ou modélisés. Je m’intéresse donc tout particulièrement à la qualification des erreurs dans les modèles topographiques et à leurs effets dans les analyses sédimentaires pour lesquelles ils sont utilisés. J’ai aussi eu l’occasion d’aider au développement et à la demande de financement de projets de recherche portant sur la mesure de l’état de mer sur les côtes et la caractérisation précise de la forme des vagues au déferlement.

Côté aide à l’enseignement, plusieurs sorties de terrain étaient prévues dans le cadre de la Licence 3 Hydrographie UBO-Shom. Ces sorties ont été annulées du fait des changements occasionnés par le confinement.

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

Cette anecdote me replonge dans un diner de conférence à Chengdu en Chine. Le repas proposé, un « hotpot », était typique de cette région (Sichuan) où le piment et le poivre (légèrement anesthésiant en bouche) sont particulièrement appréciés. Bien que prévisible, l’effet sur les mangeurs fut rapide et durable : visages rouges comme une tomate, sueur, envie d’éternuer !… Beaucoup de rire donc ! L’envie était trop forte pour pouvoir s’arrêter…

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

Je suis vraiment reconnaissant de l’opportunité de pouvoir travailler et nouer des liens avec des gens sur tous les continents. Mes plus beaux souvenirs sont ainsi d’avoir pu participer à des conférences à l’étranger, par exemple en Australie et en Chine, me permettant de découvrir un petit peu de ces pays.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

Je suis particulièrement tourné vers les activités de plein air et nautiques ! Je pratique régulièrement (jamais assez) le surf, mais aussi la nage, le vtt et la randonnée. Par la suite, je souhaiterais continuer ma formation à la voile. En dehors de ces activités sportives, j’apprécie jardiner, cuisiner et lire des romans, surtout ceux relatant de voyages et îles autour du monde…

As-tu une devise ?

Restons optimiste !

Crédit photos

Candide Lionet

Stéphane Bertin / UBO

Contact

Stéphane Bertin / UBO

Marion Jaud, Ingénieur de recherche CNRS en télédétection au Pôle image et instrumentation (P2I)

Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

Quand j’étais élève-ingénieur en 3ème année à l’ENSTA-Bretagne, j’ai pu m’inscrire en parallèle en Master 2 en géophysique marine à l’IUEM. J’ai ensuite poursuivi sur une thèse en géosciences marines à l’Institut concernant les méthodes de télédétection à haute résolution pour le suivi des transferts sédimentaires à l’interface Terre-Mer. Après mon doctorat, j’ai travaillé 3 ans à l’Institut de Recherche scientifique et technique pour l’environnement et l’agriculture (IRSTEA) à Clermont-Ferrand. Je travaillais sur des méthodes de cartographie radar pour le suivi de parcelles agricoles ou de berges de rivières. Je suis revenue à l’IUEM en 2015 en CDD et ai obtenu un concours d’ingénieur de recherche CNRS en 2018, qui m’a permis d’intégrer le P2I de l’unité mixte de services (UMS).

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

Etant donné mon parcours, j’ai tissé beaucoup de liens avec l’IUEM, que ce soit avec le lieu ou avec toutes les personnes que j’ai pu rencontrer. Je trouve extrêmement stimulant et enrichissant de travailler dans un environnement pluridisciplinaire.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Actuellement, je suis responsable du P2I, plateforme de l’IUEM pour favoriser la mutualisation d’équipements et de services, plutôt destinés au domaine littoral et côtier (plateformes drones, GPS, sondeur multi-faisceaux, capteurs de pression, sondes multi-paramètre…). Dans ce cadre-là, j’aiguille les personnes faisant appel au P2I et, selon leurs besoins, je les forme à l’utilisation des instruments ou au traitement des données ou les oriente vers la personne adéquate.

Je travaille plus particulièrement sur les méthodes d’imagerie, que ce soit l’imagerie satellite, drone ou terrestre.

Ma spécialité est la stéréo-photogrammétrie qui consiste à reconstruire des modèles topographiques en 3D à partir de photographies. J’essaie de faire évoluer les protocoles d’acquisition ou les méthodes de traitement pour améliorer la qualité des résultats ou faciliter le travail sur le terrain. Cela est utile, entre autres, pour les acquisitions récurrentes dans le cadre du Service National d’Observation DYNALIT pour l’étude du trait de côte.

J’interviens également pour les enseignements, notamment en Systèmes d’informations géographiques (SIG), dans le cadre du Master Géosciences Océans et du Mastère spécialisé Energies Marines Renouvelables basé à l’ENSTA-Bretagne ou lors de formations au Centre de Météorologie Spatiale à Lannion.

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

Je pense que, comme pour beaucoup de collègues, les anecdotes sont souvent associées à des missions sur le terrain. Une de mes belles anecdotes remonte à une mission en Guyane l’année dernière avec des collègues du LEMAR et du LGO.

Après une journée de terrain un peu calamiteuse, on arpentait la plage à la recherche d’échantillons qui étaient tombés à l’eau et, par hasard, en soulevant un filet échoué, nous avons découvert un nid de tortues luth et avons donc passé la soirée à assister à l’éclosion et à les voir regagner la mer à la lumière de la Lune. C’était un moment particulièrement émouvant.

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

Lors d’une mission à La Réunion, pour reconstituer un modèle 3D d’un glissement de terrain le long d’une paroi verticale de 1000 m de haut au fin fond de l’île, je me suis retrouvée à prendre des photos depuis la porte d’un hélicoptère. On avait travaillé sur le plan de vol et la méthode de prise de vue jusqu’à 2h du matin la veille et j’avais un peu la pression. Mais une fois l’acquisition terminée, j’ai relevé la tête de mon appareil photo et j’ai vu le paysage fabuleux autour de l’hélicoptère. En plus, le pilote nous a ramené à la base « en mode sportif » à travers le Bras des Roches Noires, c’était incroyable !

Quels sont tes centres d’intérêt ?

J’adore partir en rando sur plusieurs jours avec mon sac à dos ! Et quand la météo devient hivernale, je consacre mon temps libre à la peinture, la lecture et le cinéma…

As-tu une devise ?

Une citation d’Oscar Wilde : « Il faut toujours viser la Lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles ! »

Crédit photos

Françoise Collin

Anne Duperret / Université Le Havre Normandie

Véronique Cuq / UBO

Philippe Grandjean / UCBL

Contact

Marion Jaud / CNRS

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Pôle image et instrumentation (P2I)