« L’histoire insoupçonnée de l’huître » : Stéphane Pouvreau invité de la Terre au carré

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Notre collègue Stéphane POUVREAU était, au côté de Catherine Dupont (archéomalacologue au CNRS),  invité de l’émission « La Terre au Carré » du 4 février sur France Inter.

Menée par Mathieu VIDARD, cette émission intitulée « L’histoire insoupçonnée de l’huître » revient sur l’histoire mouvementée de ce coquillage emblématique de la gastronomie.

Présente sur Terre depuis plus de 150 millions d’années, l’huître a marqué l’histoire humaine, de la préhistoire à nos jours. Les chasseurs-cueilleurs se délectaient déjà de ce mollusque il y a 8 000 ans. Avec l’Antiquité, elle devient un mets de luxe prisé par les Romains, qui innovent en ostréiculture. Au Moyen Âge et à la Renaissance, l’huître incarne le raffinement, appréciée par les monarques comme Louis XIV et Louis XVIII. Cependant, l’huître a souvent frôlé l’extinction, victime de la surpêche et des maladies. Le XXe siècle voit l’huître plate décimée, remplacée progressivement par des variétés importées, principalement l’huître creuse japonaise que nous consommons aujourd’hui.

Aujourd’hui, des programmes de restauration comme REHPAR, dirigé par Stéphane tentent, dans la rade de Brest, de préserver cette espèce emblématique. Une poignée d’ostréiculteurs en baie de Quiberon maintient encore la production traditionnelle de l’huître plate, gardienne d’un patrimoine maritime menacé.

(Ré)écouter le podcast sur le site de France Inter

 

Exposition Report’Images #5

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Depuis 2017, le Club de la presse de Bretagne valorise la photographie d’information et le photojournalisme à travers une exposition nomade : Report’Images. Pour sa cinquième édition, Report’Images #5 revient avec huit nouveaux photoreportages, réalisés par des femmes et des hommes engagés sur le terrain en 2022 et 2023. Au total, ce sont 64 photographies à découvrir, offrant une vision enrichie et diversifiée du monde.

Parmi les 8 photographes présentés, Oscar CHUBERRE signe le reportage « L’océanographie met les voiles » qui relate la campagne scientifique bas carbone « Drastic » à laquelle ont participé plusieurs collègues du LEMAR.

L’exposition itinérante est présentée dans le métro de Rennes (ligne B, station Ste Anne) depuis le 9 septembre et sera présentée aux Ateliers des Capucins à Brest à partir du 25 octobre 2024.

Pour plus d’information, n’hésitez pas à consulter le dossier de presse de Report’Images#5

 

Claire Hellio, chevalier de l’Ordre National du Mérite

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Félicitations à notre collègue Claire Hellio qui vient d’être nommée « chevalier de l’Ordre National du Mérite » ! Cette distinction nationale a la triple vocation de traduire le dynamisme de la société, donner valeur d’exemple et reconnaître la diversité (culturelle, sociale et économique) de la société française. Claire avait déjà reçu en septembre 2023 la médaille de l’innovation CNRS.

Ces deux distinctions viennent récompenser ses travaux en biotechnologie qui visent à développer des solutions respectueuses de l’environnement à partir de composés d’origine marine, pour des produits cosmétiques ou des antifouling notamment.

Vous pouvez retrouver les autres personnalités finistériennes nommées à l’Ordre National du Mérite dans cet article de Ouest-France.

 

Suivi temporel des concentrations de mercure dans les thons, les travaux d’Anaïs Médieu dans la presse

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Les travaux d’Anaïs Medieu sur le suivi temporel des concentrations de mercure dans les thons ont fait ces derniers temps l’objet de nombreux articles dans la presse nationale et internationale :

Ces publication n’étant pas toutes en accès libre, voici un résumé des résulats d’Anaïs.

 

La stabilité des concentrations de mercure dans le thon depuis 1971 reflète l’inertie des océans et appelle à des réductions massives des émissions pour atteindre les objectifs de la Convention de Minamata.

Les humains sont exposés au méthylmercure toxique principalement en consommant des poissons marins qui bioaccumulent le méthylmercure dans les océans. La Convention de Minamata sur le mercure de l’ONU vise à réduire l’exposition humaine au mercure à travers la réduction des émissions anthropiques. Mais est-ce que cet effort de réduction a permis de réduire les concentrations de méthylmercure dans les océans et les poissons marins ? Une équipe internationale de chercheurs, coordonnée par l’IRD, s’est intéressée à cette question en compilant près de 3000 données de mercure mesurées dans des échantillons de thons capturés entre 1971 et 2022 dans les océans Pacifique, Indien et Atlantique.

L’étude révèle que les concentrations de mercure dans les thons sont restées globalement stables depuis 1971, sauf dans le nord-ouest Pacifique où elles ont significativement augmenté à la fin des années 1990s, probablement en lien avec l’augmentation massive des émissions anthropiques associées à l’usage intensif des combustions fossiles pour la production d’électricité en Asie. Ailleurs, la stabilité des niveaux de mercure dans les thons ne reflète pas la baisse mondiale des niveaux de mercure dans l’atmosphère résultant des politiques de réduction d’émissions. Les chercheurs relient cette stabilité dans les thons à l’inertie des océans et au stock de mercure historiquement émis qui continue d’alimenter les eaux de surface ou subsurface où vivent les thons. Ce mercure a été émis des décennies, voire des siècles auparavant, et ne reflète pas encore les effets des réductions d’émissions dans l’atmosphère.

Les chercheurs ont également simulé l’impact de différentes politiques de réduction des émissions sur les niveaux de mercure dans les océans. Même la politique d’émission la plus stricte mettrait 10 à 25 ans pour initier une baisse des concentrations de mercure dans les océans. Ces résultats soulignent la nécessité d’un effort mondial pour atteindre les objectifs de la Convention de Minamata de réduction des émissions et appellent à une surveillance mondiale continue et à long-terme des niveaux de mercure dans la vie marine.

 

L’océan stockerait davantage de carbone qu’estimé dans les précédentes études

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Notre collègue Frédéric Le Moigne a participé à une étude internationale sur l’efficacité de la pompe océanique de carbone. Cette étude publiée cette semaine dans le journal Nature réévalue à la hausse la capacité de stockage de carbone dans l’océan, notamment par la « neige marine ». Cette publication a fait l’objet d’un communique de presse du CNRS :

L’océan a une capacité de stockage du dioxyde de carbone atmosphérique près de 20% supérieure aux estimations présentées dans le dernier rapport du GIEC. C’est ce que révèle l’étude, à paraître dans la revue Nature le 6 décembre 2023, menée par une équipe internationale comprenant un biologiste du CNRS. Les scientifiques se sont penchés sur le rôle que joue le plancton dans le transport naturel du carbone depuis la surface vers les fonds marins.

En effet, friand de ce gaz qu’il transforme grâce à la photosynthèse en tissus organiques au cours de son développement, une partie du plancton se transforme en particules marines en fin de vie. Plus dense que l’eau de mer, cette « neige marine » coule dans les fonds marins stockant du carbone, et constitue également une ressource de nutriments essentiels pour de nombreuses créatures des profondeurs, depuis les minuscules bactéries jusqu’aux poissons de grands fonds.

En se basant sur l’étude d’une banque de données collectées sur l’ensemble du globe depuis les années 1970 à l’aide de navires océanographiques, l’équipe de sept scientifiques a pu cartographier numériquement les flux de matière organique de l’ensemble des océans. La nouvelle estimation de capacité de stockage qui en résulte s’élève à 15 gigatonnes par an, soit une augmentation d’environ 20% par rapport aux précédentes études (11 gigatonnes par an) rapportées par le GIEC dans son rapport de 2021.

Cette réévaluation de la capacité de stockage des fonds marins représente une avancée significative dans la compréhension des échanges de carbone entre l’atmosphère et l’océan au niveau planétaire. Si l’équipe souligne que ce processus d’absorption s’opère sur des dizaines de milliers d’années, et qu’il n’est donc pas suffisant pour contrebalancer l’augmentation exponentielle d’émissions de CO2 engendrée par l’activité industrielle mondiale depuis 1750, cette étude renforce néanmoins l’importance de l’écosystème océanique en tant qu’acteur majeur dans la régulation du climat planétaire à long terme.

Distribution globale du flux de carbone organique depuis la couche de surface de l’océan ouvert.
© Wang et al., 2023, Nature.

 

Référence de l’article, accessible en ligne :

Biological carbon pump estimate based on multi-decadal hydrographic data. Wei-Lei Wang, Weiwei Fu, Frédéric A. C. Le Moigne, Robert T. Letscher, Yi Liu, Jin-Ming Tang, and François W. Primeau. Nature, le 6 décembre 2023.
DOI : https://doi.org/10.1038/s41586-023-06772-4