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Justine Doré (LEMAR), distinguée à la conférence internationale de sclérochronologie

En deuxième année de doctorat en Ecologie Marine au Laboratoire des Sciences de l’Environnement Marin (LEMAR), Justine Doré a reçu le prix de la troisième meilleure présentation orale soutenue par un doctorant lors de la cinquième conférence internationale de Sclérochronologie qui s’est déroulée du 16 au 20 Juin 2019 à Split en Croatie. Cette conférence avait pour objectif de réunir tous les chercheurs, doctorants et post-doctorants travaillant sur un sujet commun : l’étude des pièces calcifiées biogéniques (la sclérochronologie).

Sa thèse

Sous la supervision de Julien Thébault  et de Gwénaëlle Chaillou, sa thèse est aussi intégrée dans le LIA BeBEST, Laboratoire Franco-Québecois de recherche et de développement technologique en écologie benthique. Dans le cadre de ses recherches Justine Doré s’attache à relier les variations passées d’éléments traces (Baryum, Magnésium, Strontium…) incorporés dans des coquilles de bivalves subpolaires (Notamment à Saint-Pierre et Miquelon ainsi que dans l’estuaire du Saint-Laurent au Québec) aux variations temporelles de la production primaire. Le but poursuivi est de pouvoir enrichir et augmenter les connaissances sur l’évolution passée du phytoplancton au cours du temps. S’intéresser au phytoplancton, qui est la base de la chaine alimentaire marine et la principale source d’oxygène mondiale, permet de mieux appréhender les potentiels changements biologiques dus au changement climatique.

C’est dans cette perspective que son travail consiste à utiliser les coquilles de bivalves comme archives de l’environnement. Comme les arbres, les coquilles possèdent des marques (annuelles, saisonnière, journalière, ….) d’arrêt de croissance (stries pour les coquilles et cernes pour les arbres) pouvant nous renseigner sur le temps écoulé. Ainsi, il est possible d’attribuer un âge précis à une coquille. Cette étude est appelée Sclérochronologie. Les coquilles de bivalves sont les boîtes noires des océans. Chaque variation de l’environnement est enregistrée sous forme de concentrations différentes en éléments traces qui, une fois décortiquées, donnent des informations cruciales sur la température, la salinité ou encore la production primaire. Elle utilise donc la sclérochronologie pour relier ces variations environnementales au temps.

L’objet de la présentation orale

Lors de sa présentation, la doctorante a mis en avant l’utilisation d’un traceur environnemental de la dynamique phytoplanctonique, le baryum. Cet élément très peu étudié a été présenté comme variant de la même manière entre différents individus (Arctica islandica) au niveau de Saint-Pierre et Miquelon (archipel français dans l’Atlantique Nord-Ouest).

Cette spécificité a démontré l’utilité du Baryum dans la datation (âger les individus les uns par rapport aux autres) mais a permis aussi de retracer les variations passées du Baryum de 1893 à 2016 et donc potentiellement de la production primaire de l’Atlantique Nord.

Crédit photos

Mišo Pavičić/Institute of Oceanography and Fisheries, Split, Croatie

Julien Thébault / UBO

Contact

Justine Doré

Exposition Arctic Blues

Cette exposition présentée par le Laboratoire international associé BeBEST et FOVEARTS en collaboration avec le Museum national d’Histoire naturelle est visible du samedi 22 juin 2019 au dimanche 22 septembre 2019 aux ateliers des capucins de Brest.

Elle est le résultat du travail d’une équipe pluridisciplinaire qui a prouvé au cours des missions sa capacité à apprendre, à se connaître et à construire ensemble malgré les différences et les enjeux de chacun. Une équipe scientifique de biologistes marins, B.B.Polar, réunissant des chercheurs français (CNRS) dont Laurent Chauvaud directeur de recherche en biologie marine au LEMAR et Erwan Amice plongeur & photographe sous-marin au sein du même labo; ainsi que des chercheurs québécois (UQAR, ISMER) travaille en régions arctiques (Spitzberg, Groenland, baie d’Hudson) sur les indicateurs des variations climatiques enregistrés dans les coquilles de bivalves. Elle formule des hypothèses sur l’importance de la glace de mer sur la structure et le fonctionnement des organismes vivants sur ces fonds marins.

L’exposition

Aujourd’hui, Art et Sciences, Recherche et Création, entretiennent des rapports étroits, des similitudes et des influences réciproques. Les chercheurs ont donc souhaité intégrer quatre artistes visuels à l’équipe. Ce projet de coproduction réunit un commissaire d’exposition et deux artistes de chaque territoire. L’objectif est aujourd’hui de restituer l’expérience humaine, artistique et scientifique des missions B.B. POLAR par le biais d’une grande exposition autour de la thématique de l’Océan arctique. Cette dernière mêlera les pratiques scientifiques et les créations artistiques afin de rendre compte de cette rencontre entre ces différents « métiers ». L’objectif est de montrer aussi au cœur de cette exposition comment se crée un « récit » individuel et collectif. La cohabitation au sein d’un même espace d’exposition de la création artistique et de la découverte scientifique entraînera des interactions, des interférences et des niveaux de lecture inédits. Dans le parcours de cette exposition, une tentative de démonstration de la sensibilité artistique intimement mêlée à des découvertes scientifiques peut permettre de rendre intelligibles les changements globaux que notre planète doit affronter aujourd’hui.

Son déroulement

Le parcours de l’exposition sera organisé en 3 espaces permettant au visiteur de revisiter ses connaissances et son propre imaginaire sur le pôle nord, déconstruire des malentendus pour finalement découvrir et mieux apprécier les réalités modernes de ce pôle. Dès son arrivé dans l’exposition, le visiteur entrera dans un espace dans lequel sera retracé l’histoire des découvertes des premiers explorateurs polaires et la symbolique populaire du « Pôle nord ». Puis il sera invité à dépasser ces références familières, à traverser les apparences, bouleverser ses croyances et découvrir une réalité consciente, vivante et débarrassée de tout poncif. A partir de cette base, les différentes étapes de la visite de l’exposition se succèderont sous forme de zones thématiques insérant les travaux des scientifiques et ceux des artistes.

Cette exposition fera la part belle aux résultats scientifiques de l’écologie, de la bio-géochimie mais également à des résultats propres, chez les mollusques benthiques et à la sclérochronologie. L’acmé de l’exposition est la zone représentant le monde polaire sous marin. Le visiteur “plongera” avec les scientifiques sous les eaux arctiques à la découverte d’un monde éclatant et surprenant. En immergeant de cette expérience au coeur de l’Océan arctique, le visiteur sera invité à réfléchir aux enjeux de cette zone vitale pour notre planète.

Crédit photos :

Erwan Amice/CNRS

Sandra Rocha

Lise Hascoët

Jean Gaumy/Magnum photos

Contact

Laurent Chauvaud

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