la 4ème révolution industrielle au service de la conservation des océans

Dans un nouvel article, intitulé Disrupting Data Sharing for a Healthier Ocean, publié fin avril dans le Journal des sciences marines du Conseil International pour l’Exploration de le Mer (CIEM), des spécialistes de la conservation marine et des professionnels des données d’IBM révèlent de nouvelles façons dont la technologie et les réseaux sociaux pourraient perturber le partage des données océaniques pour transformer les méthodes de gestion de l’océan. Linwood Pendleton, Professeur à l’UBO au laboratoire AMURE de l’IUEM et responsable mondial des sciences océaniques au World Wild Foundation, est le principal auteur de cette étude.

«Vous ne géreriez pas une entreprise sans disposer de votre inventaire en temps réel, mais c’est exactement ainsi que nous essayons de gérer une grande partie de notre océan», déclare Linwood Pendleton. «La grande majorité des données océanographiques restent enfermées dans des carnets, sur des ordinateurs portables et stockées sur des sites Web. Les gestionnaires des océans et des côtes ne peuvent pas utiliser des données qu’ils ne peuvent pas trouver.»

Heureusement, les progrès en matière de partage et de gestion des données, et même de marketing social, déjà largement utilisés dans les affaires, les finances et même les soins de santé, pourraient débloquer ces trésors de données océanographiques.

Atelier de brainstorming en août 2018

Pendant tout ce mois, sept professionnels des données d’IBM se sont joints à des scientifiques de la conservation des océans du WWF, de l’Université du Queensland et de l’Institut Australien des sciences marines pour un intense atelier de brainstorming visant à identifier les moyens susceptibles de débloquer, organiser et rendre accessibles les données océaniques dont les conservateurs et gestionnaires ont besoin pour assurer la survie des écosystèmes marins dans un monde où le changement climatique et la croissance économique mettent en péril les écosystèmes. Bien que l’équipe se soit d’abord concentrée sur la conservation des récifs coralliens, il est devenu évident que les défis et les solutions auxquels étaient confrontés les gestionnaires de récifs coralliens s’appliquaient à tous les écosystèmes marins.

Lyndon Llewellyn de l’institut Australien des sciences marines, scientifique de renom, a déclaré que la Grande Barrière de corail était l’un des écosystèmes les mieux étudiés au monde. «La gestion de toutes les données produites par ces études est époustouflante et le flux de données ne fait que s’accroître, s’accélérer et se diversifier à mesure que de plus en plus de scientifiques, d’organisations et de citoyens s’efforcent de les comprendre et de les protéger».

Grâce aux progrès récents de la technologie de collecte de données, nous disposons de plus de données océanographiques que jamais. Mais le principal défi reste de les stocker et de les rendre accessibles.

«Sortir les données du domaine scientifique et les mettre entre les mains des professionnels de l’océan n’est pas si différent que d’acheminer les produits des artisans aux consommateurs», selon Guillermo Olmedo, un cadre supérieur d’IBM Argentine en Amérique latine.

«En utilisant des méthodes avancées de collecte et de partage des données, la communauté océanographique pourrait ouvrir la voie à un nouveau paradigme de collaboration mondiale et la technologie peut également aider les gens à mettre leurs données sur le marché virtuel des idées», ajoute Rahul Jain, un consultant d’IBM Inde.

Contenu de l’article

Le document comprend des propositions sur les facteurs d’impact des données, les interfaces Web qui utilisent l’intelligence artificielle pour automatiser le téléchargement des données, et même la création d’une «machine combinatoire» qui fournirait un guichet unique et un réseau social aux producteurs et utilisateurs de données.

«Débloquer les données, c’est d’abord amener les gens à partager leurs données, ce qui exige un changement de culture. La création d’écosystèmes qui donneront du crédit et de la reconnaissance aux scientifiques qui partagent des données est un moyen d’encourager cela», note Lynette Seow, une consultante d’IBM Singapour.

Ove HoeghGuldberg, l’un des co-auteurs de l’article, réfléchit sur les résultats. «Nous espérons que ce document fournira une feuille de route afin de trouver des moyens de transformer la façon dont nous utilisons la science pour gérer nos océans. Les Nations Unies ont proclamé les dix prochaines années Décennie des sciences océaniques au service du développement durable et c’est notre première contribution à cette grande entreprise.»

Crédit photo : Jibril Firman Sofia / WWF indonésie

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