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Christine Authemayou, Maître de conférences en tectonique et géomorphologie au LGO

Que faisais-tu avant de venir à l’IUEM ?

J’ai fait ma thèse à Aix en Provence au laboratoire du Cerege (Centre européen de recherche et d’enseignement des géosciences de l’Environnement) de 2002 à 2005. L’objet de cette thèse était d’étudier l’activité de failles sismiques dans la chaîne du Zagros en Iran. J’ai ensuite fait un postdoc à Lausanne en Suisse jusqu’en 2008 sur l’étude de l’activité de failles au Guatemala puis j’ai été recrutée comme maître de conférences à l’UBO en septembre 2008.

Pourquoi as-tu choisi l’IUEM ?

Ce sont les thématiques de recherche en géosciences du LGO qui m’ont attirées. Je souhaitais apporter mon savoir-faire et mes connaissances de terrain pour faire un pont entre les recherches dans le domaine marin et le domaine côtier terrestre. J’étais aussi attirée par la dynamique de l’IUEM,  la dimension humaine du LGO et ses interactions avec les autres unités de l’Institut, propices au développement de projets et à la communication entre scientifiques.

Que fais-tu à l’IUEM ?

Une partie de mes activités est dédiée à l’enseignement, à la fois en licence et en Master SML. Je réalise des cours magistraux, des travaux dirigés (TD) et des stages de terrain qui sont pour moi primordiaux à la formation de futurs géologues. Depuis 2007, j’ai repris la responsabilité du Master Géosciences océan.

Côté recherche, mes objectifs sont d’étudier les déformations de la croûte terrestre grâce à des marqueurs (paléo-rivages soulevés, rivières, plans de failles…) observés en surface au niveau des marges et de comprendre les processus responsables de ces déformations. Actuellement, je travaille sur 2 chantiers impliquant l’étude de récifs coralliens soulevés en Indonésie et à Cuba. Ces deux zones sont localisées sur des limites de plaques tectoniques très actives. Les objectifs sont à la fois de mieux comprendre la géodynamique de ces zones, mais aussi de déterminer les différents facteurs externes qui contrôlent la morphogénèse de ces terrasses coralliennes et de quantifier l’érosion de ce type de côtes.

Equipe franco (LGO-M2C-IsTerre-LPG) cubaine (IGP) au cours du terrain de novembre 2018 (financement LabexMER).

Enfin, je suis correspondante communication pour le LGO, en binôme avec Aurélie Penaud.

As-tu des anecdotes professionnelles à nous raconter ?

En Indonésie, nous devons parfois échantillonner dans des zones sensibles. Notamment en juin 2018, nous devions échantillonner dans un site sacré d’un village traditionnel de l’île de Sumba qui pratique une religion animisme appelée Marapu. Pour le prélèvement, il a fallu faire un rituel religieux pour demander l’autorisation aux esprits, leurs ancêtres. Nous avons du également donner de l’argent coincé entre la pierre et le marteau de géologue, le temps de la prière pour dédommager le sacrifice du lieu.

 

Mission de terrain à Sumba (Indonésie) en juillet 2018 : collaboration franco (LGO-M2C-IsTerre-LPG) indonésienne (LIPI) sur financements INSU-CNES.

J’ai d’autres anecdotes plus anciennes, surtout lors des mes terrains au Guatemala, car avec les croyances Mayas et la peur des exploitations minières, il était mal vu être d’être géologue et on risquait d’être brûlé vif. Malgré beaucoup de prudence, il nous est arrivé de nous débarrasser des échantillons dans la nature au dernier moment après avoir été prévenu d’un risque.

Quel est ton plus beau souvenir de boulot ?

Il n’y en a pas qu’un. Mes plus beaux souvenirs sont associés aux rencontres sur le terrain, celles de mes collègues et des  habitants. Partager les connaissances, les cultures, les musiques, cela enrichit les missions.

Quels sont tes centres d’intérêt ?

En dehors de la géologie, ils sont classiques ; la randonnée, la nature, la danse, mes enfants…

As-tu une devise ?

Pas vraiment mais en ce moment c’est plutôt Carpe diem.