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Exposition Arctic Blues

Cette exposition présentée par le Laboratoire international associé BeBEST et FOVEARTS en collaboration avec le Museum national d’Histoire naturelle est visible du samedi 22 juin 2019 au dimanche 22 septembre 2019 aux ateliers des capucins de Brest.

Elle est le résultat du travail d’une équipe pluridisciplinaire qui a prouvé au cours des missions sa capacité à apprendre, à se connaître et à construire ensemble malgré les différences et les enjeux de chacun. Une équipe scientifique de biologistes marins, B.B.Polar, réunissant des chercheurs français (CNRS) dont Laurent Chauvaud directeur de recherche en biologie marine au LEMAR et Erwan Amice plongeur & photographe sous-marin au sein du même labo; ainsi que des chercheurs québécois (UQAR, ISMER) travaille en régions arctiques (Spitzberg, Groenland, baie d’Hudson) sur les indicateurs des variations climatiques enregistrés dans les coquilles de bivalves. Elle formule des hypothèses sur l’importance de la glace de mer sur la structure et le fonctionnement des organismes vivants sur ces fonds marins.

L’exposition

Aujourd’hui, Art et Sciences, Recherche et Création, entretiennent des rapports étroits, des similitudes et des influences réciproques. Les chercheurs ont donc souhaité intégrer quatre artistes visuels à l’équipe. Ce projet de coproduction réunit un commissaire d’exposition et deux artistes de chaque territoire. L’objectif est aujourd’hui de restituer l’expérience humaine, artistique et scientifique des missions B.B. POLAR par le biais d’une grande exposition autour de la thématique de l’Océan arctique. Cette dernière mêlera les pratiques scientifiques et les créations artistiques afin de rendre compte de cette rencontre entre ces différents « métiers ». L’objectif est de montrer aussi au cœur de cette exposition comment se crée un « récit » individuel et collectif. La cohabitation au sein d’un même espace d’exposition de la création artistique et de la découverte scientifique entraînera des interactions, des interférences et des niveaux de lecture inédits. Dans le parcours de cette exposition, une tentative de démonstration de la sensibilité artistique intimement mêlée à des découvertes scientifiques peut permettre de rendre intelligibles les changements globaux que notre planète doit affronter aujourd’hui.

Son déroulement

Le parcours de l’exposition sera organisé en 3 espaces permettant au visiteur de revisiter ses connaissances et son propre imaginaire sur le pôle nord, déconstruire des malentendus pour finalement découvrir et mieux apprécier les réalités modernes de ce pôle. Dès son arrivé dans l’exposition, le visiteur entrera dans un espace dans lequel sera retracé l’histoire des découvertes des premiers explorateurs polaires et la symbolique populaire du « Pôle nord ». Puis il sera invité à dépasser ces références familières, à traverser les apparences, bouleverser ses croyances et découvrir une réalité consciente, vivante et débarrassée de tout poncif. A partir de cette base, les différentes étapes de la visite de l’exposition se succèderont sous forme de zones thématiques insérant les travaux des scientifiques et ceux des artistes.

Cette exposition fera la part belle aux résultats scientifiques de l’écologie, de la bio-géochimie mais également à des résultats propres, chez les mollusques benthiques et à la sclérochronologie. L’acmé de l’exposition est la zone représentant le monde polaire sous marin. Le visiteur “plongera” avec les scientifiques sous les eaux arctiques à la découverte d’un monde éclatant et surprenant. En immergeant de cette expérience au coeur de l’Océan arctique, le visiteur sera invité à réfléchir aux enjeux de cette zone vitale pour notre planète.

Crédit photos :

Erwan Amice/CNRS

Sandra Rocha

Lise Hascoët

Jean Gaumy/)Magnum photos

Contact

Laurent Chauvaud

La presse en parle :

Fonte de la banquise arctique : L’effet des vagues scruté sur et sous la glace

Quel est l’effet des vagues sur la fonte de la banquise ? Pour répondre à cette question, une série de
mesures inédites va être menée dans les cinq prochaines années. Sous-marins, canot à glace, avion et satellite seront ainsi déployés au niveau de l’estuaire du fleuve Saint-Laurent et de l’océan Arctique, dans le cadre du projet ERC WAAXT mené par Peter Sutherland, chercheur au Laboratoire d’océanographie physique et spatiale (LOPS) rattaché à l’IUEM (UBO/CNRS/Ifremer/IRD).
Les vagues qui frappent la banquise peuvent fragiliser la glace mais peuvent aussi contribuer à l’épaissir. De plus, en fondant, la banquise laisse place à la mer libre et donc à un champ de vagues de plus en plus important.
Afin de mieux comprendre l’effet des vagues sur la banquise, Peter Sutherland veut multiplier les données : « Jusqu’ici, beaucoup d’études théoriques ont été menées sur le sujet.
Mais très peu de campagnes ont eu lieu sur site, en mer, pour valider les outils de calcul. » Pour
combler cette lacune, il a décroché une bourse jeune chercheur de 2 millions d’euros sur
une période de cinq ans, versée par le Conseil européen de la recherche (ERC). Seules cinq
bourses de ce type ont été obtenues par des chercheurs français en 2018 dans le domaine
des sciences de la terre. Le projet s’intitule WAAXT, comme Wave-modulated Arctic Air-sea
eXchanges and Turbulence.
Les premières campagnes de mesure auront lieu dans un laboratoire naturel développé
depuis 2014 par l’Institut des Sciences de la mer de Rimouski, de l’Université de Québec. Il
s’agit d’une baie instrumentée proche de l’institut, un cadre idéal pour étudier des processus
de petite échelle et tester de nouveaux instruments dans une zone contrôlée et accessible
dans des conditions qui ressemblent à l’Arctique. Puis, les avancées faites dans ce laboratoire, côté scientifique et ingénierie, seront appliquées aux expériences à plus grande échelle dans l’océan Arctique.

Une précision de mesure qui va du kilomètre au centimètre 

Dans le cadre du projet WAAXT, des mesures innovantes vont être déployées à toutes les échelles, du kilomètre au centimètre.
Trois petits sous-marins autonomes équipés de capteurs sillonneront la couche limite océanique, sous les vagues et sous la glace, tandis que des mesures par avion et par satellite permettront de
mesurer les vagues et la banquise. En complément, les scientifiques courront à bord d’un canot à glace pour mesurer les propriétés mécaniques de la glace (photo ci-contre).
Originaire du Canada, Peter Sutherland, a fini sa thèse sur la turbulence et les vagues en 2013 aux Etats-Unis (Scripps Institution of Oceanography à San Diego). Il a ensuite effectué un post-doctorat
à Sorbonne Université sur l’interaction entre les vagues et la banquise. Il est arrivé à l’Ifremer en tant que chercheur en océanographie physique en octobre 2015. Pour mener à bien son projet, il va pouvoir s’entourer d’une équipe de deux doctorants et deux post-doctorants.

La fonte de la banquise arctique en quelques chiffres

La banquise couvre en moyenne 5 millions de km2 en période estivale.
C’est une réduction de 3 millions km2 (l’équivalent de 120% de la mer Méditerranée) depuis la fin des années soixante-dix.
Chaque hiver la banquise revient, mais son épaisseur diminue en lien avec la réduction de glace l’été.
L’effet des vagues sur la banquise est mal connu, et constitue une incertitude importante pour les projections à plus long-terme.

Pour en savoir plus
Article scientifique paru en août 2018 sur l’épaississement de la zone de glace sous l’effet des vagues

Vidéo de mesures effectuées par canot à glace au niveau de l’estuaire du fleuve