National
Isblue, Ifremer
Début du projet
01/01/2025
Fin du projet
30/04/2026
La température environnementale joue un rôle fondamental dans la régulation des processus biologiques chez les animaux, en raison de son influence sur les réactions biochimiques. En particulier, elle affecte fortement la performance métabolique des ectothermes en agissant sur l’activité enzymatique et la fonction mitochondriale. Les mitochondries présentent une plage de température optimale (Topt) dans laquelle elles fonctionnent efficacement. Au-delà de cette plage, la production d’ATP diminue en raison d’une augmentation des fuites de protons et d’une réduction de l’efficacité de couplage. Une inefficacité prolongée peut altérer le fonctionnement cellulaire et entraîner une mortalité liée au stress thermique.
La température influence également le comportement des organismes, modifiant leur exposition thermique et, par conséquent, leurs fonctions physiologiques. Ainsi, avant d’atteindre le point de défaillance métabolique, les ectothermes peuvent limiter le stress thermique en se déplaçant vers des environnements plus favorables. Ces comportements peuvent être quantifiés en mesurant l’évitement thermique et la tolérance à des environnements thermiques variables. Le lien entre physiologie et comportement est donc essentiel pour comprendre les déplacements des ectothermes face aux variations thermiques, notamment dans un contexte d’intensification et de multiplication des vagues de chaleur. Cependant, la relation entre performance mitochondriale et préférence thermique comportementale reste encore mal établie.
Dans ce contexte, ce projet vise à comprendre l’impact de l’acclimatation thermique sur la performance mitochondriale et sur la prise de décision des poissons quant à rester dans un environnement chaud ou à se déplacer vers un milieu plus frais. Pour établir cette relation entre performance mitochondriale et préférence thermique individuelle, nous utilisons des juvéniles de bar européen (Dicentrarchus labrax), une espèce vivant dans des estuaires caractérisés par une forte variabilité thermique. Sur des poissons issus de l’Aber Crozon et acclimatés à 15 °C ou 20 °C pendant plusieurs mois, nous évaluons expérimentalement la fonction mitochondriale dans les tissus cérébraux et les muscles rouges sur un gradient thermique allant de 10 à 40 °C, à l’aide de respirométrie haute résolution et de mesures d’ATP. En parallèle, nous mesurons leur préférence thermique grâce à un dispositif de type shuttle box.
Collaborateurs
Christophe Lebigre (UMR DECOD, Ifremer)
Léopold Ghinter (UMR LEHNA, Université Lyon 1)
Emmanuel Pretti (Université d’Ottawa, Canada)
Léana Mathias (Sorbonne Université)
Vincent Mélançon (Université de Montréal, Canada)
Mickaël Péron (WasserClusterLunz, Autriche)


