BOOST

La nutrition des coraux comme coup de pouce pour les coraux face aux vagues de chaleur marine

Coordination

Fanny Houlbrèque (UMR ENTROPIE / PI); Anne Lorrain (WP1 leader)

Type de projet

National

Financement

ANR

Durée du projet

Début du projet

01/11/2023

Fin du projet

31/10/2027

Liens

Les récifs coralliens constituent des hot-spots de biodiversité et des réserves écologiques majeures. Ils sont d’une importance capitale pour les nombreux pays qui vivent à proximité. Avec le réchauffement climatique, les phénomènes thermiques extrêmes, appelés vagues de chaleur marine, ont des effets dévastateurs sur ces récifs, provoquant un blanchissement massif (c’est-à-dire une rupture de la symbiose entre les coraux et leurs algues Symbiodiniaceae, privant le corail de sa principale source d’alimentation). Le blanchissement peut entraîner la mort de l’hôte corallien si le stress persiste, à moins que les coraux ne puissent compter sur l’acquisition de nutriments hétérotrophes, en consommant de la matière organique ou des proies planctoniques. Il a été mis en évidence que certaines communautés coralliennes vivant dans des récifs mésotrophes (riches en plancton et en nutriments) sont moins sensibles au blanchissement. En conditions de laboratoire, il est désormais établi que les coraux nourris de plancton sont plus résistants au stress thermique, mais encore peu d’études ont été menées sur le terrain. Alors que les vagues de chaleur marines sont de plus en plus fréquentes et intenses, les zones riches en plancton et en matière organique (récifs mésotrophes) peuvent être essentielles à la survie des coraux en leur permettant d’obtenir des sources d’énergie externes. Ils pourraient ainsi servir de refuge aux coraux face au changement climatique. BOOST regroupe quatre UMR (ENTROPIE, LEMAR, MIO, LOMIC) et trois partenaires internationaux, le CSM, Duke University et KAUST sur un projet hautement multidisciplinaire fusionnant écophysiologie, biogéochimie, océanographie et télédétection. Des approches en laboratoire et in situ sont appliquées dans le cadre de BOOST pour: (1)(a) Déterminer si les récifs mésotrophes présentent des performances métaboliques plus élevées, et (b) si les coraux des récifs oligotrophes peuvent s’adapter aux conditions mésotrophes, en mesurant notamment leur productivité et leur calcification à l’aide d’équipements innovants avec un échantillonnage à haute fréquence, et en transplantant des coraux de récifs oligotrophes vers des récifs mésotrophes et en évaluant leurs paramètres physiologiques; (2) confirmer, dans des conditions in situ, que les coraux des récifs mésotrophes sont plus résistants au blanchissement en soumettant à un stress thermique aigu de courte durée des coraux prélevés dans les récifs méso- et oligotrophes; (3) Évaluer que les propriétés des tissus coralliens reflètent les propriétés nutritives de l’eau de mer environnante et permettre la détermination des niveaux d’hétérotrophie des coraux in situ, en mesurant de nouveaux marqueurs hétérotrophiques (valeurs isotopiques globales de δ13C et δ15N, δ15N d’acides aminés spécifiques et concentration d’un acide gras biomarqueur (acide cis-gondoïque)) calibrés sur des coraux cultivés en laboratoire, sous différents régimes alimentaires; (4) localiser d’autres récifs mésotrophes, où les coraux pourraient être plus résistants aux futures vagues de chaleur, en analysant les images satellites de chlorophylle-a de surface, autour de la Nouvelle-Calédonie.

BOOST fournira ainsi de nouveaux outils pour aider les décideurs politiques et les gestionnaires à décider où concentrer leurs efforts pour préserver les zones résilientes au changement climatique, et donc essentielles pour la protection et la restauration des récifs. Grâce aux résultats de BOOST, le statut hétérotrophe des coraux pourrait enfin être considéré comme une solution naturelle valable et la prochaine étape pourrait même consister à ensemencer certaines parties de récifs avec du plancton et de la matière organique pour leur conférer une meilleure résistance aux vagues de chaleur.

L'équipe

Collaborateurs

UMR ENTROPIE : Fanny HOULBRÈQUE, Riccardo RODOLFO-METALPA, Corina IOVAN, Hugues LEMONNIER, Sylvie FIAT, Florence ANTYPAS, Mahé DUMAS, Valentine MEUNIER
MIO : Martine RODIER, Sophie BONNET, Mercedes CAMPS
LOMIC :Mireille PUJO-PAY
CSM (Monaco) : Christine FERRIER-PAGES, Cecile ROTTIER
Duke Univ. (USA) : Nicolas CASSAR, Katryna NIVA
KAUST (Saudi Arabia) : Michael FOX