PARASED

Écologie fonctionnelle des protistes parasites dans les écosystèmes benthiques

Coordination

Aurélie Chambouvet

Type de projet

Financement

ANR

Durée du projet

Début du projet

01/06/2016

Fin du projet

31/05/2020

Liens

Bien que la plupart des parasites marins (en particulier les micro-parasites eucaryotes) soient encore mal connus, ils jouent pourtant un rôle fondamental dans l’équilibre des écosystèmes marins car ils infectent tous ses compartiments. Toutefois, cet équilibre fragile est aujourd’hui menacé, notamment par les changements globaux : i.e. intensification des activités humaines, réchauffement climatique, introduction d’espèces exotiques pouvant conduire à l’émergence et l’augmentation de nouvelles pathologies.

Les Perkinsozoa, groupe composé de protistes parasites, en font un des groupes intéressants car le plus connu étant Perkinsus spp, responsable de la « Dermo ». Ce dernier est responsable de mortalités massives de bivalves conduisant notamment à l’effondrement de l’industrie ostréicole en Virginie, USA.  Paradoxalement, ces organismes sont facilement détectables (au niveau de la séquence) en milieu lacustre mais très peu en milieu marin. Grâce au programme européen BioMarKs, j’ai pu mettre en évidence que la diversité de ces parasites en milieu marin était largement plus importante que décrite précédemment. Ils sont simplement longtemps passés inaperçus pendant les séquençages environnementaux car ces organismes semblent être localisés principalement dans le sédiment. Ainsi ce phylum apparaît aujourd’hui comme plus complexe et composé de nombreuses espèces de parasites.

Dans le cadre du projet PARASED, l’objectif principal est maintenant d’élucider le rôle écologique de ce group de parasites, les Perkinsozoa, révélé par leurs signatures génétiques.

Dans ce contexte, ce projet s’articule donc autour de 4 objectifs : 1) d’évaluer la phylogeography des Perkinsozoa a travers une échelle globale et locale, 2) d’identifier les variabilités génétiques et leur abondance saisonnière, 3) de décrire leur cycle de vie et leur spectres d’hôtes et finalement 4) de décrire les processus fondamentaux biologiques intervenant dans l’interaction entre les Perkinsozoa et leurs hôtes.

La stratégie que je propose ici ciblera en priorité le model commercialement important P. olseni puis les résultats et les méthodologies développées pourront être transférées à des clades de Perkinsozoa seulement décrit par leurs signatures génétiques.

Par ailleurs la problématique développée ici est innovante et d’actualité car il s’intéresse premièrement à un groupe de parasites très peu décrits, les Perkinsozoa, mais dont les représentants sont responsable de mortalités massives et deuxièmement au compartiment benthique, affectés fortement par les  perturbations anthropiques mais dont la diversité et le rôle fonctionnel des protistes est encore largement ignorés. Notre approche pluridisciplinaire rassemblera des domaines scientifiques variés tels que la biologie, la physiologie, l’écologie et la bio-informatique et s’appuiera sur l’expertise scientifique des partenaires dont l’association conduit à la solidité de ce projet.

Les données et résultats générés par ce projet permettront l’acquisition d’un ensemble de connaissance importante, au niveau du cycle de vie et l’impact écologique de ces parasites sur leurs hôtes que ce soit P. olseni ou des Perkinsozoa en général. De plus, la transcriptomique comparative des voies de signalisation lors de l’infection permettront de comprendre la place du parasitisme et son évolution que ce soit dans les alvéolés ou à travers les eucaryotes. Ces résultats pourront, peut-être, nous permettre d’identifier des nouvelles des cibles pharmaceutiques. Finalement, compte tenu de l’urgence de cette problématique environnementale, les données issues de ce projet auront des conséquences écologiques importantes et permettront l’adaptation ou la mise en place d’une politique de conservation pérenne dans le cadre de la gestion de la biodiversité.

Ce projet original, que ce soit dans la recherche française ou internationale, formera ainsi les fondations de ma future thématique de recherche au LEMAR qui s’intéressera à l’évolution et l’importance écologique des micro-parasites eucaryotes dans les écosystèmes marins benthiques.

L'équipe

Collaborateurs

  • Xavier de Montaudouin (Université de Bordeaux)
  • Adam Monier (Université d’Exeter)
  • Cédric Berney (Station Biologique de Roscoff)
  • Isabelle Arzul (Ifremer)
  • Raffaele Siano (Ifremer)

Laboratoire LEMAR – 2018