Le gouvernement doit revenir sur son passage en force et retirer son projet de LPPR

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Les avancées de la science sont le résultat d’une intelligence collective, fondée sur les coopérations au sein d’une communauté scientifique, entre femmes et hommes acteurs de la recherche (chercheurs, ingénieurs, techniciens et administratifs), entre laboratoires, entre institutions de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, au-delà des frontières. Les résultats de la recherche se construisent dans la durée, par l’accumulation de connaissances successives.

Alors que nous vivons une crise sanitaire d’ampleur inégalée, le gouvernement a cyniquement décidé d’imposer son projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), unanimement critiqué par les personnels de la recherche publique à plusieurs reprises avant la crise. L’émergence du COVID-19 a pourtant mis en lumière l’absurdité de cette idéologie court-termiste, fondée tant sur la course au profit et la précarité matérielle et intellectuelle, que sur l’idée erronée que la recherche est le fait de héros providentiels. Quant au calendrier, à marche forcé, il est plus qu’inacceptable.

Cette déclaration, à laquelle je souscris pleinement en tant que Directeur du LEMAR, provient du site internet de l’URFM (Unité de Recherche écologie des Forêts Méditerranéennes).

Voir ce billet de blog de Mediapart, qui décrypte très bien la LPPR:
https://blogs.mediapart.fr/philippe-blanchet/blog/110620/passage-en-force-soudain-de-la-loi-de-programmation-de-la-recherche

La mobilisation contre la LPPR s’intensifie

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De plus en plus d’actions contre l’UBERISATION de la recherche et des Universités et une réforme faite par une minorité au seul bénéfice d’une minorité.

Les annonces récentes de la Ministre de l’ESR ne répondent pas aux contestations de fond exprimées par les multiples motions et actions de la communauté universitaire. Non officielles, ces déclarations à la presse ne garantissent en rien l’absence de ces mesures dans le projet de loi ni, surtout, qu’elles ne reviendront pas sous forme d’amendements pendant l’examen de la LPPR au Parlement.

Plus encore, elles ne répondent en rien à la volonté d’un changement véritable de politique en matière d’enseignement supérieur et de recherche.

Le site « Sauvons l’Université » (SLU) recense les mouvements en cours dans toute la France.

Prenez connaissance du communiqué de SLU du 29 janvier 2020.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », Rabelais en version 2018

Alison Antes pose en effet la question : Quelles sont les décisions et les comportements qui permettent que soit conduite dans nos laboratoires et institutions une recherche innovante, rigoureuse et éthique ? Et elle relève que de nombreux/euses personnes en position d’exercer des fonctions managériales ont une connaissance limitée sur la manière de créer des conditions de travail salutaires et dynamiques (« healthy workplace»). Je ne suis pas certain que cela s’apprenne vraiment dans les formations managériales. Comment favoriser une bonne dynamique d’équipe ? Comment être engagés au quotidien, accessibles et conscients de la nécessité de maintenir une bonne atmosphère de travail ?

Je ne vais pas paraphraser ici son papier ni les 6 tâches principales qu’elle suggère à tous les scientifiques en position de responsabilité. Agir pour l’établissement de bonnes conditions et relations de travail doit être au tout début de notre liste de tâches en permanence. Le titre de son article est déjà tout un programme. Pour ma part, je vais l’afficher devant mes yeux sur le mur au dessus de mon bureau.

Un article à lire absolument par toutes celles et ceux qui sont en position managériale dans le domaine de la science !

Antes, A., 2018. First law of leadership: be human first, scientist second. Nature, 563, 601. doi : 10.1038/d41586-018-07530-7

Avec mes meilleurs vœux pour 2019 !

Bienvenue au LEMAR !

En plus de nous présenter, ainsi que nos travaux, ce site est une de nos contributions au débat public et à la dissémination des connaissances issues de la recherche afin de contribuer à la culture scientifique de tous nos concitoyens.

La situation environnementale actuelle et l’actualité souvent tragique liée aux dérèglements climatiques nous confère en tant que scientifiques une responsabilité importante. Le climato-scepticisme n’a pas disparu, loin de là, et des autorités politiques de premier plan affichent clairement leur volonté de privilégier des avantages à court-terme et de refuser d’agir alors que leurs propres administrations reconnaissent que la situation actuelle conduit à la catastrophe.

Le dernier rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et les rapports de l’IPBES (Panel international sur la biodiversité et services écosystémiques) auxquels nous avons contribué soit directement, soit par nos recherches, ont montré que certains écosystèmes sont déjà fortement impactés. Il s’agit notamment des zones côtières soumises à inondations, et des zones Arctiques et intertropicales. Dans ces dernières, les coraux et les pêcheries artisanales sont particulièrement menacés.

Les unités mixtes de recherche (UMR) sont un lieu privilégié de création de la connaissance. Le LEMAR réunit des équipes dédiées à la recherche fondamentale, à l’innovation, à la recherche pour le développement, à l’appui aux politiques publiques, à l’enseignement et la formation, et à la dissémination des connaissances. Si vous nous suivrez régulièrement, vous verrez qu’il y a aussi matière a être (un peu) optimistes si tous ensemble nous prenons conscience et agissons en prenant appui sur la meilleure science.

A bientôt, ici même !