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Recyclage des déchets de l’aquaculture par la méthanisation :

énergie doublement verte et fort potentiel pour la fertilisation des sols, dans une idée d’économie circulaire

Le secteur de la pêche et de l’aquaculture, est une source fondamentale de nutrition pour l’homme, en particulier dans de nombreux pays en développement. Le développement moderne de la pisciculture nécessite de l’énergie pour le fonctionnement et l’optimisation de leurs systèmes de production. Notre étude examine le potentiel d’utilisation des déchets organiques issus de l’engraissement du poisson pour produire de l’énergie sur le site de production (ndlr: directement à la ferme aquacole) par le processus dit de méthanisation. Le potentiel méthanogène des excréments (fèces) de poisson tilapia (Oreochromis niloticus, ndlr: un des poissons d’élevage le plus produit dans le monde) a été déterminé avec l’utilisation d’un inoculum microbien méthaniseur et sans. À la fin des essais de méthanisation, les digestats (ndlr: reste issue du processus de methanisation) résultants du processus ont été testés en tant qu’engrais organiques pour l’agriculture. Les tests ont montré que la production cinétique de biogaz était plus rapide dans les matières fécales de poisson inoculées que dans les fèces de poisson non inoculées. Dans les deux cas, le biogaz produit contenait plus de 60% de méthane (CH4) à partir de la deuxième semaine d’incubation, ce qui indique qu’il était de bonne qualité. De plus, le volume total de CH4 produit était deux fois plus important avec la présence d’inoculum microbien que sans. Les tests de biofertilisants n’ont montré aucune différence significative pour la plupart des paramètres de croissance de l’oignon et de la tomate par rapport au témoin non fertilisé, sauf dans un cas pour les plants de tomate, qui ont considérablement augmenté leur biomasse aérienne. Nos résultats montrent que les excréments de poisson sont de bons substrats méthanogènes, favorisant la récupération d’énergie, susceptibles de faciliter l’autonomie des exploitations aquacole. Cependant, la valorisation des digestats en tant que biofertilisant nécessite encore d’autres tests agronomiques. Sur la base de nos résultats, nous estimons que l’équivalent des besoins énergétiques de près de dix millions de personnes pourrait être couvert grâce au potentiel aquacole du biogaz fécal de poisson d’eau douce dans le monde ou qu’a minima l’autosuffisance énergétique des exploitations aquacoles pourrait être encouragée.

Production de biogaz  par les fèces de poissons

La production de biogaz à partir des fèces de poissons a été suivie à l’aide du test BMP standard. Après 9 semaines, les fèces de poissons produisaient plus de biogaz avec l’inoculum (IFF = 1100 mL) que les fèces de poissons sans l’inoculum (UIFF = 900 mL) (voir figure). La production de biogaz à partir du substrat seulement (UIFF) a suivi un taux presque constant (entraînant une accumulation linéaire) pendant les neuf semaines d’incubation.

 

References

Ndiaye, N.A., Maiguizo-Diagne, H., Diadhiou, H.D., Ndiaye, W.N., Diedhiou, F., Cournac, L., Gaye, M.L., Fall, S., and Brehmer, P. (n.d.). Methanogenic and fertilizing potential of aquaculture waste: towards freshwater farms energy self-sufficiency in the framework of blue growth. Reviews in Aquaculture (Early view). doi:10.1111/raq.12390.

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