IRD. Une expo liant l’art à la science pour les 75 ans

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Pour marquer ses trois quarts de siècle d’existence, l’Institut de recherche pour le développement (IRD) présente une exposition à l’IUEM (rue Dumont d’Urville, 29200, Plouzané).

Consultez l’article du Télégramme de Brest publié le 20 février 2019 :

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Avant la débâcle

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L’ouvrage “Avant la débâcle” est édité et conçu par les éditions autonomes, Nathalie Bihan, Brest, et publié par les éditions autonomes. Imprimé à 200 exemplaires sur papier Inuit – dépôt légal 4e trimestre 2018. Photos de Jean Gaumy (Magnum Photos) et de Erwan Amice (CNRS), textes de Jean-Manuel Warnet (UBO). Prix : 10 euros.

L’ouvrage a été conçu dans le cadre d’une résidence d’artistes et de missions scientifiques de Jean Gaumy et Jean-Manuel Warnet avec les équipes du LIA BeBest du LEMAR, qui ont été possibles grâce au soutien de la Fondation UBO et du projet européen INTAROS. Les projets scientifiques sont coordonnés par Laurent Chauvaud (DR du CNRS au LEMAR) et le projet artistique est coordonné par Emmanuelle Hascoët / Fovearts.

Auris Maris

En 2014, un nouveau projet a vu le jour entre plusieurs artistes et scientifiques de différentes disciplines.  Le projet Auris-Maris sur l’ormeau, « Auris Maris, Une oreille de mer à l’écoute le changement climatique », soutenu financièrement par le LabexMer, réunit une plasticienne, Anne Le Mée, un plasticien sonore, Hughes Germain, un ethnologue, Fabien Riera  et Philippe Arson, comme explorateur audiovisuel et une biologiste, Christine Paillard.

Partant du principe fondateur d’une rencontre égalitaire entre des acteurs de plusieurs disciplines d’arts (plastiques, sonore, visuel, corporel) et de sciences (de la nature et de la société), nous cherchons à explorer et expérimenter les dynamiques de la création transdisciplinaire. Notre enjeu est, par la découverte et l’absorption mutuelle de nos univers mentaux, sensibles et temporels d’aboutir à une poïétique véritable qui ne nous soit ni propre, ni fondamentalement étrangère. Le risque de la démarche réside en cela, car elle nous engage dans des parcours individuels et collectifs mettant en péril nos identités personnelles et professionnelles tout en nous demandant d’en affirmer ce qui en constitue le fondement original.

Cette démarche holistique qui engage chacun dans son corps par la danse, l’art plastique et sonore a pour but d’inviter par l’immersion, le spectateur à être acteur de sa propre découverte du monde et de la construction de son savoir. Car la compréhension de la complexité ne peut passer que par l’expérience conjointe du sensible et du rationnel.

contact : Christine Paillard

 

Danse et biologie

Frontières coquillières en milieu marin (2006-2010)

La construction d’une démarche scientifique nécessite des capacités de choix et de projection dans l’avenir, lesquels  font intervenir d’une part une analyse fine de connaissances dogmatiques mais aussi un réseau de savoirs intimes difficilement quantifiables que l’on peut nommer l’intuition.  Allier ces deux savoirs, intellectuels et sensibles fait partie intégrante de notre  démarche scientifique, même si très rarement le chercheur en sciences le conscientise. Pourquoi le scientifique nie dans son travail quotidien l’apport du sensible dans sa réflexion, le choix de ses hypothèses,  la mise en place de ses protocoles expérimentaux, ses analyses de résultats. Dans les sciences du vivant, comme la biologie, une grande part de nos approches, sont expérimentales, et nécessite des répétitions nombreuses. Dans l’art, et en particulier dans la danse, le terme répétitions est un terme communément utilisée pour illustrer le travail quotidien des danseurs préparant un travail chorégraphique. La démarche artistique et en particulier celle chorégraphique implique une recherche continue et une approche expérimentale corporelle rigoureuse. L’expérimentation, ne serait-ce pas aussi ce qui nous relie nous scientifiques et artistes, et plus précisément pour les danseurs et biologistes, une recherche commune sur le vivant, le mouvement de la vie.

Lors du projet  de recherche associant  un chorégraphe et une biologiste, nous avons expérimenté un travail corporel à partir d’un support scientifique «la formation de la coquille et ses altérations ».  Pour moi biologiste, ces expérimentations vécues corporellement ont modifié profondément ma vision et ont entrainé de nouvelles interprétations, lesquelles ont impulsé de nouvelles hypothèses et donc des expérimentations différentes. Par exemple, le travail corporel m’a apporté toute une réflexion nouvelle sur la notion de variabilité dans la construction coquillière. La formation de la coquille associe des matrices organiques avec des souplesses variées et des cristaux qui s’y insèrent pour former un bio-minéral.  Pour chaque espèce de mollusque, ce bio-minéral montre des structures différentes, et de plus au sein de la même espèce, en fonction de perturbations environnementales, on peut observer une forte variabilité de la calcification, associée à des modifications du support matriciel organique. Ressentir cette variabilité, c’est une expérience que j’ai pu vivre corporellement sans au préalable avoir pu l’imaginer. Ressentir corporellement comment l’impact de facteurs environnementaux peut moduler  le processus de biominéralisation a été une révélation.  Cette prise de conscience corporelle m’a permis d’intégrer, dans mes recherches récentes sur la plasticité et les capacités d’adaptation des animaux marins au changement climatique, d’autres point de vue de chercheurs, non seulement celui des artistes mais aussi ceux d’éthologue, sociologue et ethnographe.

 Christine Paillard, 2011