Clara Therville (IRD, UMR SENS)
International
ANR-JCJC
Début du projet
01/01/2026
Fin du projet
31/12/2030
Les zones côtières des Suds font face à des changements majeurs, climatiques et d’augmentation des pressions anthropiques, et cumulent les sources de vulnérabilité. Dans ces socio-écosystèmes, les pêcheries artisanales représentent un moyen d’existence et de résilience essentiel, qui menacent de s’effondrer. Dans ce contexte, toute recherche-action engagée pour répondre à ces défis de durabilité doit faire face à plusieurs défis :
- penser les pêcheries de manière dynamique et intégrée, au-delà de l’extraction, et dans une perspective socio-écologique et territoriale élargie ;
- adresser leur co-gestion adaptative et leur gouvernance multi-niveaux ;
- porter des démarches co-construites, applicables largement, tout en maintenant une posture réflexive.
Le projet WOSHECO propose une telle démarche interdisciplinaire et participative d’appui au suivi, à la gestion et à la gouvernance de petites pêcheries mal connues : les pêcheries de coquillages par les femmes. Il étudie les pêcheries d’arche (Senilia senilis), un coquillage largement répandu et exploité le long des côtes ouest-africaines. Le développement initial des outils et réflexions se fera dans le delta du Sine Saloum, où les femmes s’inquiètent de la diminution de la ressource, et collaborent depuis 25 ans avec des écologues sur cette problématique. Le projet articule modélisation des dynamiques écologiques, analyse des dynamiques sociales en jeu, et exploration de scénarios socio-écologiques de gestion et de gouvernance construits collectivement, à l’échelle de la pêcherie et du territoire. Il mobilise plusieurs méthodologies (modélisation informatique, expérimentation in situ, jeux sérieux, enquêtes, récits de vie, théâtre participatif) – et met les femmes et les acteurs institutionnels au cœur de la démarche. Le projet soutient une montée en échelle en fournissant une boîte à outils dont la généricité sera testée sur d’autres pêcheries d’arche au Sénégal, puis diffusée à l’échelle régionale.

© Ariadna BURGOS | IRD