Etude de la contamination et décontamination des Pectinidés en acide domoïque lors d’efflorescences toxiques de Pseudonitzschia (PEP)

José Luis Garcia-Corona

Caroline Fabioux / Hélène HEGARET

Elodie FLEURY

50 % France Filière Pêche | 50 % UBO EDSML

Depuis les années 2000, plusieurs sites aquacoles de la côte Manche-Atlantique font face des efflorescences récurrentes de la microague toxique Pseudonitzschia (PSN) productrice d’acide domoïque (AD), une neurotoxine amnésiante (Amnesic Shellfish Poisoning). L’AD se concentre à forte dose dans les coquillages filtreurs, rendant alors leur consommation dangereuse, avec des conséquences sévères sur la santé humaine pouvant aller jusqu’à la mort. C’est le cas de la coquille Saint-Jacques (CSJ) Pecten maximus, troisième espèce vendue sous les criées françaises pour un total de 75 millions d’euros en 2016. Elle est exploitée par une importante flottille allant du nord de la France aux Pertuis Charentais. La CSJ, contrairement à d’autres bivalves, se décontamine très lentement (Blanco et al 2002; Amzil et al 2006), obligeant alors la fermeture partielle ou totale de la pêcherie sur de très longues périodes (plusieurs mois à années) avec des conséquences économiques majeures dans les régions où les pectinidés sont exploités. Ainsi, les pêcheries de la baie de Seine, du Morbihan, des Glénan, de la rade de Brest et des Pertuis Charentais ont régulièrement fait l’objet de fermetures parfois pendant plusieurs années avec parfois un report de pêche sur le pétoncle noir. Dans ce contexte d’augmentation des efflorescences toxiques et de la mise en péril de l’activité économique d’exploitation de la CSJ, il devient urgent de comprendre les raisons de la plus lente décontamination des CSJ en AD par rapport à d’autres pectinidés, comme le pétoncle noir Chlamys varia.

Ce projet de thèse vise à réaliser une étude comparée des mécanismes de contamination et décontamination de l’AD par la coquille Saint-Jacques et le pétoncle noir ; afin d’améliorer la gestion de l’activité de pêche qui se reporte en partie vers cette ressource lors des épisodes toxiques.

Différents organes des bivalves seront prélevés afin de 1) quantifier la toxine par tissu, 2) localiser la toxine à l’échelle cellulaire et subcellulaire par immunohistochimie et fractionnement et 3) effectuer une analyse moléculaire ciblée des transporteurs membranaires, dont l’absence potentielle chez la CSJ pourrait expliquer la lente décontamination (Mauriz and Blanco 2010, Pazos et al 2017).

Ce projet devrait permettre d’obtenir un suivi de la cinétique de contamination/décontamination et la localisation de l’AD dans les tissus par différentes techniques, pour une meilleure compréhension des différences entre CSJ et pétoncles noirs et des mécanismes physiologiques associés à la rétention de l’AD par les CSJ. Ces connaissances sont nécessaires pour identifier des solutions de réduction de la contamination ou d’accélération de la décontamination et ainsi potentiellement proposer des scénarios d’accélération de la décontamination de l’AD chez les CSJ.

Ce projet de thèse s’appuie sur un projet France Filière Pêche MASCOET actuellement en cours d’évaluation, qui financera pour la thèse 50% de la bourse et l’intégralité des coûts de fonctionnement.

PANORAMA


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