Julien THEBAULT

Biologie et écologie marine, sclérochronologie, géochimie des carbonates

Maître de Conférences
Université de Bretagne Occidentale

Assignment

Laboratoire LEMAR

Discovery

Contact

Mon cursus universitaire a été axé jusqu’en licence sur la biologie et l’écologie générale. Je me suis spécialisé sur les écosystèmes marins en maîtrise et DEA. A partir de mon doctorat, j’ai commencé à associer mes compétences d’écologue marin au champ thématique de la géochimie des carbonates biogéniques, et me suis alors plongé dans l’analyse de la composition des coquilles de mollusques aquatiques à l’aide de techniques de pointe généralement utilisées en géosciences (ablation laser, spectrométrie de masse ICP-MS et IR-MS). Le couplage entre ces méthodes géochimiques et l’auto-écologie des mollusques m’a ainsi permis de calibrer divers proxies de paramètres environnementaux archivés dans les coquilles (e.g. température, dynamique phytoplanctonique), puis de développer des reconstructions paléo-écologiques et paléo-environnementales sur des durées allant de l’année (avec une résolution temporelle journalière) à plusieurs siècles (résolution annuelle). Aujourd’hui encore, l’essentiel de mes activités de recherche porte sur l’extraction, l’analyse et l’interprétation des proxies archivés dans les coquilles de mollusques d’écosystèmes côtiers (Europe, Arctique, Pacifique, Afrique de l’Ouest) afin (i) d’obtenir des informations sur leurs traits d’histoire de vie, (ii) de reconstruire la variabilité environnementale présente et passée, et in fine (iii) de décrire et comprendre le fonctionnement écologique des écosystèmes côtiers tempérés, tropicaux et polaires. Plus récemment, ces techniques géochimiques m’ont permis d’aborder les problématiques de connectivité dans les populations d’invertébrés benthiques (e.g. gastéropode Crepidula fornicata).

Un post-doctorat réalisé à l’US Geological Survey de Menlo Park (Californie) m’a d’autre part permis de développer des compétences sur la réalisation de bilans production primaire / respiration dans un système d’ex-marais salants après leur reconnection à la baie de San Francisco. J’ai par la suite continué à travailler sur l’étude du métabolisme des organismes et des communautés benthiques, à l’aide d’enceintes transparentes installées in situ à l’interface eau-sédiment. Cela est rendu possible grâce à ma qualification de plongeur professionnel qui me permet d’effectuer des relevés et expérimentations en plongée jusqu’à la profondeur de 30 m. Ces méthodes peuvent être appliquées à l’étude du métabolisme d’individus isolés (e.g. gastéropode tropical Tectus niloticus en Nouvelle-Calédonie) ou bien à l’échelle de communautés (étude réalisée en 2014 sur les biocénoses dominées par des algues Characeae dans le lac Titicaca, Bolivie).

Plus récemment, une partie de mon activité s’est orientée vers l’étude des mouvements des invertébrés benthiques à l’aide de petits accéléromètres détectant d’infimes déplacements. L’objectif est d’obtenir des informations sur les rythmes d’activité de ces organismes afin, par exemple, de déterminer les périodes durant lesquelles ces organismes sont susceptibles de calcifier, améliorant ainsi la calibration des proxies archivés dans leurs coquilles. D’autre part, ces travaux améliorent nos connaissances éthologiques permettant ainsi d’optimiser les mesures de gestion des populations lorsque celles-ci sont menacées.

Enfin, je m’intéresse aussi, de manière assez marginale pour l’instant, à l’écologie trophique des biocénoses benthiques par l’intermédiaire de l’analyse de leurs tissus en terme de composition isotopique en carbone et azote, ainsi qu’en acides gras.

En résumé, mes activités de recherche sont focalisées sur la description et la compréhension du fonctionnement écologique des écosystèmes côtiers des pôles aux tropiques, à l’aide de différentes approches complémentaires que sont :

  • la sclérochronologie et la sclérochimie des coquilles de mollusques bivalves
  • le métabolisme des organismes et communautés benthiques (bilan respiration / production / calcification)
  • l’écologie trophique benthique (∂13C, ∂15N, acides gras)
  • l’éthologie des invertébrés benthiques (acclérométrie).

Parallèlement à mes activités de recherche, je suis également enseignant au Département de Biologie de l’Université de Bretagne Occidentale, ainsi qu’à l’Institut Universitaire Européen de la Mer. J’enseigne notamment la zoologie aux étudiants de Licence 1, focalisant mes cours sur l’entomologie et les deutérostomiens. J’interviens également en L2 (introduction à l’écologie marine) et en L3 (dynamique des populations, méthodes et pratiques en écologie, camp de terrain). Au niveau Master 1, j’enseigne la biologie des populations et plus particulièrement ses aspects évolutifs (sélection et évolution des traits de vie), ainsi que la biologie de la conservation et l’écologie des milieux polaires aux étudiants de la mention Sciences Biologiques Marines. Par ailleurs, j’interviens également en écologie générale et marine dans le parcours Expertise et Gestion de l’Environnement Littoral (EGEL). Enfin, j’initie les étudiants de M2 aux enregistrements biologiques de l’environnement, unité d’enseignement consistant en une introduction à la sclérochronologie et à la sclérochimie des organismes aquatiques. Je supervise en outre les travaux de recherche d’étudiants de M1, M2 et de doctorants, essentiellement en sclérochronologie et chimie des coquilles de mollusques.

Participation in research projects