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Contexte

Ce projet scientifique qui débutera fin 2017 et durera jusqu’en 2021 vise à trouver des solutions pour lutter contre la déprédation, c’est-à-dire contre les dégâts causés par des mammifères marins sur les poissons capturés par les pêcheurs en région Antarctique.

Ainsi, lorsque le poisson est pris dans les engins de pêche, des mammifères viennent se servir et manger les poissons déjà pêchés, ce qui entraîne plusieurs conséquences économiques et biologiques. Ces poissons mangés sont une perte directe de recettes pour les pêcheurs et puisqu’il n’y a pas de traces, il devient difficile de quantifier ces pertes et donc d’avoir une idée sur la dynamique des stocks. Cette interaction peut avoir d’autres impacts que l’on ne connaît pas aujourd’hui. Ce projet étudie tout particulièrement la déprédation, par les orques et cachalots, de la légine (équivalent de la morue dans les eaux en Antarctique vendue 50 euros le kilo en moyenne), espèce pêchée par des armements basés à la Réunion. Ce phénomène existe également dans beaucoup d’autres d’endroits y compris en Bretagne, notamment au sein du Parc naturel marin d’Iroise (PNMI). L’intérêt est économique et biologique : il devient nécessaire de trouver des réponses pour faire face à ce phénomène, d'autant plus que les déprédateurs concernés ici sont des espèces protégées.

Montage du projet 

Le projet, porté par le centre d'études biologiques de Chizé (CEBC-CNRS), est un couplage inter-disciplinaire avec plusieurs partenaires brestois tels que l’Ifremer, l’UBO et l’Ensta. Il associe aussi le CNRS, l’INRA, l’IRD, le MNHN et Hydrô Réunion. Cette équipe pluridisciplinaire est composée d’un important staff technique pour trouver des moyens pour lutter contre la déprédation (CNRS et Ensta). L'UMR AMURE, l'Ifremer et le MNHN s'occuperont de la partie sur la modélisation bio-économique.

Objectifs

OrcaDepred vise d'abord à mieux comprendre le comportement de déprédation et l'écologie des espèces de cétacés impliquées afin d'offrir aux entreprises de pêche des solutions opérationnelles et techniques pour faire face à la déprédation, sachant que l’efficacité des approches techniques testées à ce jour, notamment l'utilisation de répulsifs acoustiques, semble limitée en certaines circonstances. Dans le cadre d'OrcaDepred, quatre Work Packages (WP) seront mis en œuvre pour étudier et résoudre le problème de la déprédation. Le WP1 vise à mieux comprendre les comportements naturels d'alimentation et d'interactions  avec les pêcheries des cétacés et, dans le cas des palangres pélagiques, ce WP vise également à identifier les espèces de cétacés particulièrement concernées. Le WP2 est consacré à l'évaluation des conséquences de la déprédation à travers une approche de modélisation bio-économique pour une gestion durable de ces pêcheries.

Une modélisation écosystémique basée sur les liens trophiques entre espèces sera réalisée pour évaluer les conséquences écologiques de la déprédation et de la pêche au niveau de l'écosystème. Le WP3 examinera si les changements dans les niveaux d'interaction entre les cétacés et les navires sont liés aux différences de pratiques de pêche entre les capitaines et/ou les caractéristiques des navires, en accordant une attention particulière au bruit acoustique généré. Ces analyses sont essentielles pour guider les entreprises de pêche dans leurs choix stratégiques : Former leurs capitaines de pêche et/ou effectuer des changements techniques sur leurs navires. Le WP4 mettra en œuvre une approche technique pour éliminer la déprédation. En partenariat avec l'industrie, de nouveaux prototypes de dispositifs de protection des poissons sur les lignes, non nocifs pour les cétacés et pouvant limiter les niveaux de prises accessoires seront testés et les systèmes opérationnels seront brevetés.

Conséquences de la déprédation

La déprédation dans les écosystèmes marins (prélèvement de poissons à partir des engins de pêche) par les cétacés à dents engendre des conflits majeurs, entre les activités humaines et la faune sauvage, dans l'utilisation des ressources naturelles. En particulier, la déprédation par les mammifères marins sur les pêcheries a des conséquences directes importantes sur i) les performances économiques des armements, ii) les conditions de travail (ex: augmentation de la charge de travail et du temps de travail, etc. ), iii) la ressource (très sensible et vulnérable pour la majorité des stocks et espèces cibles) et iv) les espèces de mammifères marins impliquées, et donc sur l'ensemble de l'écosystème marin. La situation observée, dans la zone de Crozet et de Kerguelen dans le cadre de la pêche à la palangre démersale ciblant la légine australe d'une part, et la pêche à la palangre pélagique opérant depuis l'île de la Réunion et ciblant l'espadon et le thon d’autre part, est très intéressante et tout à fait appropriée pour la mise en place de ce projet de recherche combinant l'analyse de données existantes, la collecte d'un large éventail de nouvelles données et la mise en œuvre de protocoles expérimentaux.

Formation au sein du projet

La formation de post-doctorants, de doctorants et d'étudiants en master / ingénieur est un moyen très efficace de diffusion des connaissances tant dans le monde académique que dans le monde professionnel de la conservation et de la gestion de la biodiversité. Seront ainsi formés 2 post-docs, 2 doctorants et 7  étudiants en masters / ingénieurs au sein du programme OrcaDepred. En raison de la nature du projet, ces étudiants seront amenés à développer un large éventail de compétences techniques et d'expérience de terrain sur des sujets de recherche appliquée et fondamentale. De plus, les données recueillies dans le cadre de ce projet seront mises à disposition en tant que matériel de support pour des cours de bio-acoustique, de sciences de l'ingénieur, de socio-économie et d'écologie de la conservation. Ce transfert sera facilité dans le cadre du projet OrcaDepred par le fait que 3 des principaux contributeurs sont des enseignants-chercheurs.

Contacts AMURE :

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