![]() |
Le projet ALG-AD :Des micro-algues pour recycler les effluents agricolesaprès méthanisation |
|---|
Aujourd’hui, une part croissante des déchets agricoles (animaux et végétaux) sont valorisés grâce à la production de biogaz en méthaniseurs. Toutefois le digestat, effluent liquide issu de ce procédé et riche en nutriments (azote, phosphore, potasssium…), représente des volumes considérables, essentiellement évacués par épandage. Dans les zones agricoles classées en excédent structurel pour l’azote, des solutions alternatives à l’épandage du digestat doivent être trouvées afin de réduire l’eutrophisation des milieux.
Une approche consiste à réduire, avant épandage, les teneurs en azote et phosphore du digestat en l’utilisant comme source de nutriments pour la production de micro-algues en photobioréacteur.
C’est dans ce contexte que démarre le projet Européen Interreg intitulé ALG-AD. Coordonné par Carole LLewellyn de l’université de Swansea (Grande Bretagne), ce projet de 5,5 millions d’euros implique des partenaires de Ghent (Belgique) et de Karlsruhe (Allemagne). Il inclue également 5 partenaires français, emmenés par Philippe Soudant (LEMAR).
L’option retenue pour ce projet est la production de micro-algues, en présence de lumière, mais aussi d’un substrat carboné complémentaire assurant une vitesse de croissance et une concentration cellulaire élevées. La biomasse devra être valorisée sous forme d’extraits (peptides, acides gras, pigments, carbohydrates…) en alimentation animale.
Les deux volets majeurs du projet sont donc la mise en place d’une production à échelle pilote, et la caractérisation des techniques d’extraction et de purification.
Trois photoréacteurs seront installés simultanément en Grande-Bretagne, Belgique et France et les mêmes souches de micro-algues seront testées dans ces réacteurs sur les digestats locaux.
L’objectif est d’étudier la viabilité technique, économique et sanitaire des options de culture et d’extraction.
Pour les partenaires français, La culture sera réalisée dans un réacteur multi-cylindres automatisé de 4 m3, conçu et assemblé au LEMAR (Luc Chauchat et Denis de la Broise) et installé sur le site de la Cooperl à Lamballe. Les techniques d’extraction et purification seront étudiées au sein des plateformes LIPIDOCEAN et BIODIMAR. La caractérisation des risques sanitaires sera menée par l’ANSES, et des essais en alimentation animale seront menés par la Cooperl.




