Dynamique des dunes sableuses biogènes profondes et des bancs sableux en Mer d’Iroise : caractérisation in-situ et mesures en canal expérimental

Christophe Delacourt

Pascal Le Roy & Nicolas Le Dantec

Le projet aborde la dynamique sédimentaire des grandes structures sableuses des plates-formes continentales. Il vise à caractériser par une double approche la dynamique courte et long terme des dunes hydrauliques et des bancs sableux des plates-formes continentales à fortes dispersions sédimentaires : 1) une approche terrain associée à des séries de mesures itératives géophysiques et à des échantillonnages sédimentaires permettant de caractériser les géométries internes et externes et d’estimer les taux de migration des structures situées à profondeurs intermédiaires (50 à 120m) , 2) des mesures analogiques en bassin d’essai permettant de caractériser les comportements hydrodynamiques des matériaux en présence.

Les cibles choisies correspondent prioritairement aux dunes hydrauliques et bancs sableux de la plate-forme médiane de la Mer d’Iroise. La Mer d’Iroise est une zone de forte confluence hydrodynamique associée à une plate-forme à écueils contrôlant la circulation tidale associée à un régime macro-tidal et sous l’influence de tempêtes. De précédents travaux (Franzetti, 2013a, 2013b, 2014, 2015) ont porté sur l’un de ces bancs, le banc du Four associé à un champ de dunes géantes de nature bioclastique qui ont montré des vitesses de migration de 3 à 20m/an. Ces vitesses significatives n’avaient jusqu’à lors pas été non répertoriés en contexte profond à l’exception de la mer d’Irlande (Van Landeghem, 2012 ; Franzetti et al., 2013). Elles attestent d’une dynamique hydro- et morpho-sédimentaire contemporaine pour ces structures, qui traduit une situation d’équilibre avec les forçages hydrodynamiques. Les résultats révèlent également l’absence de loi de puissance liant la taille des structures et leur vitesse de migration mais aussi des rapports d’équilibres s’éloignant des structures classiques répertoriées (Flemming, 2000). Cette variation serait en partie imputable à la nature bioclastique des sables constitutifs. Toutefois, cette hypothèse reste à vérifier. Les travaux ont montré également l’importance du contrôle morphologique hérité dans l’évolution long terme du banc (Franzetti et al., 2015). La présence de plusieurs discordances internes du banc du Four qui séparent différents sets dunaires est associée aux modifications de la dynamique tidale qui accompagnent la mise en eau progressif des seuils morphologiques du socle cristallin rattaché au Massif Armoricain durant l’Holocène. Le banc du Four est un stock également caractérisé par un assemblage de larges foresets dunaires atteignant des amplitudes verticales remarquables de 20 à 30m à forts pendages (20°) et imputables aux conditions de très fortes énergies de la plate-forme d’Iroise (Franzetti et al., 2015).

On cherchera donc à travers ce projet à prolonger la démarche en portant l’étude sur les autres bancs et dunes de la Mer d’Iroise (Banc d’Ar Men, Haut Fond d’Ouessant, banc de Kafarnao, Pierres Noires comptant les plus hautes dunes recensées). De nouvelles données bathymétriques et sismiques acquises durant la campagne SPEEDUNES (2015, PI N Le Dantec) permettront d’assoir le début du travail. Ces données seront complétées par de nouvelles acquisitions géophysiques et sédimentologiques en 2019 (campagne Bankable, programmée du 9 au 23 juin 2019) et par d’autres mesures à réaliser au cours de la première et deuxième année de thèse. Le projet comporte également un volet expérimental en laboratoire à partir de Le travail sera réalisé au laboratoire Géosciences Océan en collaboration avec les partenaires brestois (SHOM et Ifremer) et l’Institut de Physique de Rennes (IPR). Il permettra de réaliser des mesures en chenal expérimental afin de mieux caractériser le comportement hydrodynamique de ces sables biogènes associées à une dynamique tidale.

Instructions et dossier de candidature

DYNELI & PEPS


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