Soutenance HDR de Sara Bazin

Apport de la géophysique multi-méthodes aux risques naturels

 

Pendant plus de 20 ans, mes travaux se sont concentrés sur le développement et l’application de méthodes géophysiques aux risques naturels. Le point commun que l’on retrouve dans mes recherches consiste à coupler différentes techniques en géophysique pour aller au-delà des résultats habituels. Je décris mes contributions aux problématiques de caractérisation de l’aléa sismique aux Antilles. Pour ce faire, je montre par exemple comment j’ai déployé un réseau de sismomètres de fond de mer (OBS) pour étudier les failles responsables du séisme des Saintes le 21 novembre 2004 (M6,3) et de ses répliques, qui continuent encore aujourd’hui. Je présente en outre comment une modélisation plus fine de la rupture sismique permet de mieux évaluer l’aléa tsunami que les modèles antérieurs faisant l’hypothèse d’un déplacement homogène sur le plan des failles.

Mes travaux les plus récents abordent le développement de méthodes géophysiques de proche surface pour résoudre des problèmes de société, tels que les risques liés aux argiles sensibles, la dégradation du pergélisol et la présence de schistes toxiques. Je montre par exemple qu’il est souhaitable de combiner plusieurs méthodes pour mieux contraindre l’interprétation géologique des modèles géophysiques. Ceci peut se faire soit directement grâce à une inversion conjointe (deux paramètres sont estimés simultanément au cours de l’inversion), soit en interprétant conjointement plusieurs paramètres physiques, ou encore en appliquant des contraintes a priori lors d’une inversion.

Enfin, je conclue par les axes de recherche que je propose d’étudier dans les années à venir. Le principal consiste à utiliser les réseaux d’hydrophones mouillés dans le canal SOFAR pour mieux comprendre les cycles magmato-tectoniques témoins de l’accrétion au niveau des dorsales ou de l’activité des volcans sous-marins. Le premier chantier hydroacoustique est celui de la dorsale indienne avec le réseau OHASIS-BIO (Observatoire HydroAcoustique de la SISmicité et de la BIOdiversité ) alors que le second est le nouveau volcan marin proche de Mayotte.

Composition du jury

BRIAIS Anne, Chargée de recherche, Observatoire Midi-Pyrénées, Toulouse

GUERIN Roger, Professeur, Sorbonne Université, Paris 5ème

KLINGELHORFER Frauke, Chercheure IFREMER, Plouzané

SIRIEX Colette, Professeure, Université de Bordeaux, Talence

TARITS Pascal, Professeur, Université de Bretagne Occidentale, Plouzané