Séminaire d’Emile Okal, Professeur Emeritus, Northwestern University, Evanston, IL, USA

Quinze ans de tsunamis depuis Sumatra 2004: Gagnons-nous en sagesse?

 

Les deux tsunamis géants de 2004 en Indonésie (230 000 morts) et 2011 au Japon (18 000 morts) ont éveillé, à l’échelle mondiale, l’attention de la Société au risque posé par ces catastrophes. Entre temps, et depuis 2004, pas moins d’une vingtaine de tsunamis ont causé de substantielles pertes humaines et matérielles.  Nous examinons ici les progrès réalisés au cours de ces quinze dernières années, tant sur le plan scientifique qu’en termes de mitigation et de gestion d’alerte en temps réel. Nous définissons un “index de sagesse”, basé sur une estimation certes subjective de la performance des systèmes d’alerte et de la réponse des populations à risque, dont nous montrons qu’il continue malheureusement à osciller dans le temps sans tendance bien définie. Les principaux progrès réalisés se situent en champ lointain, où on ne recense que deux victimes après 2004. Le principal défi demeure celui des “tsunami earthquakes”, séismes à rupture lente se produisant en violation des lois de similitude sismique, qui peuvent être mal ou non ressentis en champ proche malgré leur violent potentiel de tsunami (p. ex. Java, 2006; Mentawai, 2010).  On terminera par une évaluation critique de la cascade d’incompétences grossières qui a conduit au désastre de la centrale nucléaire de Fukushima en 2011.

 

 

(avec Émile Okal à droite)

 

 

Rivage de Niuatoputapu (Tonga) après le tsunami des Samoa du 29 Sep. 2009. La palmeraie (futs de 15 m de haut) a été complètement détruite. Noter à la base de l’ile de Tafahi, à l’arrière plan, le liseré clair indiquant la destruction de la végétation côtière, jusqu’à une hauteur de 22 m