Séminaire de Michael NIRRENGARTEN (Université de Cergy-Pontoise)

Évolution tectonique, magmatique et thermique de la rupture continentale en Mer de Chine Méridionale

L’extension continentale suivi de sa rupture et la création d’une nouvelle lithosphère océanique sont des évènements majeurs de la tectonique des plaques enregistrés dans les domaines distaux des marges passives. Les expéditions ODP (Ocean Drilling Program) au niveau des marges de l’Atlantique, ont investigué des modes de rupture contrastés avec de faibles budgets magmatiques présentant de larges étendues de manteau exhumé ou des systèmes riches en magma caractérisés par des croûtes ignées épaisses. Les récentes expéditions IODP (International Ocean Discovery Program) 367, 368 & 368X au niveau de la marge SE chinoise ont foré des hauts de socles présentant une transition progressive entre une croûte continentale amincie et une croûte océanique ignée.

Dans cette étude nous intégrons ces nouvelles données de forages avec des données et modélisations géophysiques sur la marge SE chinoise mais également sur la marge conjuguée NO palawan afin d’analyser l’évolution tectono-magmatique de la rupture continentale. Ainsi nous mettons en évidence grâce notamment à l’asymétrie des structures et domaines, une phase de rupture continentale ou l’extension tectonique et l’accrétion magmatique sont concomitantes avant la stabilisation du système sur une ride médio-océanique.

L’état thermique de la lithosphère pendant l’extension et la rupture continentale est un paramètre essentiel contrôlant le mode de déformation et la production magmatique. Grace à différentes analyses sur la maturité thermique de la matière organique contenue dans les sédiments pre- syn- et post-rift nous avons pu modéliser l’évolution thermique de la marge distale SE chinoise. Ces nouvelles données combinées avec d’autres exemples permettent de déterminer les processus génériques et spécifiques contrôlant le mode de rupture continentale.

Figure : A) Lignes sismiques des marges conjuguées SE chinoise et NO palawan reconstruites à l’anomalie magnétique C10n (~ 28.5 Ma). B) Interprétation des marges conjuguées intégrant les données des forages IODP 367 & 368.

Contact : Jacques Deverchère