Stefan Lalonde reçoit le prix 2019 Houtermans

Le prix Houtermans a été décerné à Stefan Lalonde, chargé de recherche au CNRS au LGO, lors de la dernière conférence Goldschmidt ; la plus grande conférence internationale dans le domaine de la géochimie qui s’est tenue à Barcelone en août 2019.

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Campagne SMARTIES Affleurements de péridotite vus depuis l’intérieur du Nautile

Sémardi de Marcia Maia : La campagne SMARTIES

Une dorsale en manque de magma

 

mardi 1er octobre, nous rececrons Marcia Maia qui nous parlera de la campagne SMARTIES

 

La campagne SMARTIES, à bord du « Pourquoi Pas ? », entre le 12 juillet et le 24 août 2019, a étudié la région de l’intersection entre la faille transformante de la Romanche et l’axe de la dorsale Médio-Atlantique. Lors de la campagne, 25 plongées avec le sous-marin Nautile ont permis l’observation directe du fond de la mer, l’enregistrement de vidéos et de photographies, l’échantillonnage de roches et l’enregistrement de profils magnétiques à de très grandes profondeurs. En surface, nous avons acquis des données de bathymétrie, gravimétrie et magnétisme, qui révèlent la grande complexité des processus magmatiques et tectoniques dans cette région unique. En effet, le grand décalage entre les deux axes de la dorsale lié à la Romanche résulte en une accrétion particulièrement « froide ». Par conséquent, le domaine transformant, le bassin nodal et le domaine axial sont très profonds et parmi les 25 plongées, seulement 4 on débuté à moins de 4000 m de profondeur et l’immersion moyenne pour l’ensemble des plongées est 4564 m. Le Nautile a plongé sept fois à plus de 5000 m et trois fois à plus de 6000 m ! Il s’agit d’une performance exceptionnelle avec plus de 82 km parcourus sur le fond en 133 heures. Nous avons pu ramener plus de deux tonnes de roches très diversifiées, certaines très déformées, témoin des processus tectoniques qui dominent l’accrétion à cet endroit. Pour autant, le magmatisme n’est pas absent, même si très localisé, et des nombreuses plongées dans le domaine axial ont ramené des basaltes frais, avec du verre. Les premiers résultats montrent une accrétion dominée par la tectonique avec une zone néo-volcanique très faillée et des directions très obliques par rapport à la direction d’extension. Près de la transformante, une succession de « core-complexes », faillés et inactifs, correspondent à des larges zones de manteau exhumé. Cerise sur le gâteau, nous avons pu découvrir lors des deux dernières plongées, des vestiges d’activité hydrothermale sur une structure composée de péridotites. Sur les flancs de cette colline, une activité résiduelle sous sédiments persiste.

Séminaire d’Emile Okal, Professeur Emeritus, Northwestern University, Evanston, IL, USA

Quinze ans de tsunamis depuis Sumatra 2004: Gagnons-nous en sagesse?

 

Les deux tsunamis géants de 2004 en Indonésie (230 000 morts) et 2011 au Japon (18 000 morts) ont éveillé, à l’échelle mondiale, l’attention de la Société au risque posé par ces catastrophes. Entre temps, et depuis 2004, pas moins d’une vingtaine de tsunamis ont causé de substantielles pertes humaines et matérielles.  Nous examinons ici les progrès réalisés au cours de ces quinze dernières années, tant sur le plan scientifique qu’en termes de mitigation et de gestion d’alerte en temps réel. Nous définissons un « index de sagesse », basé sur une estimation certes subjective de la performance des systèmes d’alerte et de la réponse des populations à risque, dont nous montrons qu’il continue malheureusement à osciller dans le temps sans tendance bien définie. Les principaux progrès réalisés se situent en champ lointain, où on ne recense que deux victimes après 2004. Le principal défi demeure celui des “tsunami earthquakes », séismes à rupture lente se produisant en violation des lois de similitude sismique, qui peuvent être mal ou non ressentis en champ proche malgré leur violent potentiel de tsunami (p. ex. Java, 2006; Mentawai, 2010).  On terminera par une évaluation critique de la cascade d’incompétences grossières qui a conduit au désastre de la centrale nucléaire de Fukushima en 2011.

 

 

(avec Émile Okal à droite)

 

 

Rivage de Niuatoputapu (Tonga) après le tsunami des Samoa du 29 Sep. 2009. La palmeraie (futs de 15 m de haut) a été complètement détruite. Noter à la base de l’ile de Tafahi, à l’arrière plan, le liseré clair indiquant la destruction de la végétation côtière, jusqu’à une hauteur de 22 m

 

26 septembre 2019

Soutenance de thèse de Jean Lecoulant

Modélisation et simulations des ondes T : modes de Rayleigh et effets 3D

Résumé

Lorsqu’un séisme se produit sous l’océan, les ondes sismiques se transforment à l’interface croûte/océan en ondes acoustiques basse-fréquence, appelées ondes T, qui peuvent se propager dans la colonne d’eau sur de très grandes distances. Ces ondes sont d’une grande importance pour la surveillance de l’activité sismique et volcanique sous-marine car elles comblent un manque d’information dans les données sismologiques terrestres. La localisation de la source acoustique peut être déduite par trilatération à partir des temps d’arrivée de l’onde T sur plusieurs hydrophones et une magnitude acoustique peut être dérivée des niveaux reçus. Au-delà, les informations obtenues à partir des signaux des ondes T restent incomplètes car les mécanismes de génération des ondes T, leur mode de propagation, et l’importance des effets 3D dans le processus sont mal connus. Pour traiter ces questions, cette thèse utilise un code spectral aux éléments finis (SPECFEM) capable d’effectuer des simulations en forme d’onde complète des ondes sismiques dans la croûte terrestre et des ondes acoustiques dans l’océan.

Le modèle analytique développé dans cette thèse décrit des ondes T qui se propagent sous forme de modes de Rayleigh ; ce modèle prédit également le spectre des ondes PN et SN, qui sont les précurseurs des ondes T dans les enregistrements d’événements de forte magnitude. Dans une configuration 2D avec un fond plat et un océan uniforme, les modes théoriques (solution analytique) et simulés (SPECFEM) d’ondes T et les spectres d’ondes PN et SN montrent un très bon accord. Le modèle numérique peut donc être appliqué avec confiance à des configurations pour lesquelles un modèle analytique ne peut pas être simplement dérivé : une interface croûte/océan avec un mont sous-marin, avec ou sans canal SOFAR dans l’océan, et un fond marin plat avec une rugosité à courte longueur d’onde. Ces simulations mettent en évidence les conditions nécessaires à la génération d’ondes T énergétiques et confirment le rôle prédominant des modes de Rayleigh dans leur propagation. Les résultats du modèle avec un fond marin rugueux sont très comparables aux données hydroacoustiques d’un séisme majeur survenu sous une plaine abyssale. La version 3D de SPECFEM permet enfin d’étudier l’importance des effets 3D dans la génération des ondes T. À distance, les amplitudes et les temps d’arrivée diffèrent selon qu’un événement sismique se produit sous un mont sous-marin ou sous une dorsale. Par conséquent, les localisations de la source à partir de temps d’arrivée peuvent être biaisées par des effets topographiques en 3D à proximité de la région de l’épicentre.

Séminaire de Jennifer Montaño

Blind Testing of Shoreline Evolution Models