Tolérance thermique et adaptation physiologique de l’huître dans un environnement changeant.

Dr Fabrice Pernet

Dr Elodie Fleury, Dr Charlotte Corporeau

Les études climatologiques de ces dernières décennies ont mis en évidence une élévation des températures usuellement mesurées dans l’eau et l’air, et par une augmentation du niveau de la mer. Dans ce contexte, il apparait crucial d’évaluer les capacités d’acclimatation des espèces intertidales aux conditions climatiques locales, et en particulier aux variations thermiques de grandes amplitudes qu’elles subissent entre les périodes d’immersion et d’exondation. En effet, la nature de l’habitat et la hauteur sur estran des espèces intertidales va déterminer l’amplitude des températures qu’elles subissent lorsqu’elles sont émergées. Or, les populations vivant à leur limite maximale de tolérance thermique pourraient être plus vulnérables aux changements
climatiques. L’objectif principal de ce projet de thèse consiste à étudier les traits de vie et les capacités d’acclimatation d’un mollusque bivalve intertidal en fonction de l’altitude et de la latitude. Cette étude porte principalement sur l’huître creuse Crassostrea gigas. Plus précisément, les objectifs sont i) d’analyser in situ avec des capteurs électroniques endogènes comment la  température corporelle de cette espèce varie en fonction de l’habitat, de l’origine des individus (populations sauvages vs élevages), des temps d’exondation et des conditions hydroclimatiques,
ii) de caractériser les mécanismes physiologiques de l’acclimatation (synthèse de protéines de choc thermique, adaptation homéovisqueuse des membranes cellulaires, dépression métabolique par exemple) chez cette espèce en lien avec les variations temporelles de la température corporelle, iii) de modéliser, à partir des données endogènes collectées, l’allocation aux différentes fonctions physiologiques lors des conditions d’émersion, selon les gradients bathymétriques. Ces travaux vont permettre d’analyser les mécanismes de tolérance thermique de ce mollusque bivalve durant les phases d’exondation, et les conséquences du changement de température endogène sur ses caractères physiologiques et anatomiques. L’évaluation de la plasticité des individus selon ces conditions constituera une condition préalable fondamentale pour faire des prédictions sur les aires de répartition des huîtres dans le contexte des changements climatiques, et de ses capacités de colonisation des côtes nord européennes.

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