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Soutenance d'habilitation à diriger des recherches : Sabine ROUSSEL

"Du stress de la chèvre au stress de l'ormeau : utilisation de l'éthologie pour mieux comprendre les réponses des animaux aux modifications de leur environnement".

Le stress est défini chez les mammifères comme la réaction aux agents stressants impliquant au moins une composante psychologique. Les animaux rencontrent des agents stressants en élevage pendant toute la durée de la vie, y compris pendant la période prénatale, pouvant compromettre leur bien-être. Parmi les critères utilisés pour mettre en évidence une réponse de stress, le comportement est un critère sensible qui varie de manière précoce en cas d’exposition à un agent stressant. Néanmoins, une approche multicritère est essentielle afin de bien comprendre les réponses des animaux.

Dans le cadre de mes travaux, je me suis intéressée à l’effet d’agents stressants psychologiques et nutritionnels subis par des brebis et des chèvres gestantes sur le comportement et la physiologie du stress de la progéniture. Il a ainsi été démontré qu’un agent stressant psychologique pendant le dernier tiers de la gestation modifiait le comportement d’exploration de la progéniture et modifiait partiellement la réactivité de l’axe corticotrope et l’activité des enzymes de synthèse des catécholamines. Un stress nutritionnel pendant le dernier tiers de la gestation modifie le comportement alimentaire de la progéniture à l’âge adulte. Peu d’effets sont observés dans le jeune âge.

Les animaux d’élevage peuvent aussi être confrontés à des agents stressants tels que les tensions électriques parasites pendant leur période de production. Ces tensions électriques peuvent être considérées comme un agent stressant modéré n’influençant pas les performances de production chez les bovins laitiers et les ovins en croissance, mais générant une réponse de stress chronique modérée en cas de présence imprévisible de ces tensions.

Les agents stressants sont souvent présentés comme néfaste pour l’individu. Lorsque le niveau de stress est trop élevé pour l’individu, il est évident que l’adaptation de l’animal est fortement compromise, aboutissant à une diminution des performances zootechniques et une dégradation importante des conditions de bien-être des animaux. Lorsque les agents stressants sont d’intensité faible ou modérée, les conséquences pour son bien-être sont nettement moins problématiques et peuvent même présenter des avantages pour l’animal en terme adaptatif.

Mon projet de recherche actuel consiste à étudier les réponses de stress et le comportement alimentaire d’un mollusque, Haliotis tuberculata. L’approche comportementale est peu développée pour étudier les réponses des mollusques aux modifications de leur environnement. Les premiers résultats montrent qu’un agent stressant, même de faible intensité comme un environnement nouveau, a des répercussions à moyen terme sur le rythme circadien et la réactivité comportementale de l’ormeau. Concernant le comportement alimentaire, l’ormeau a un comportement de déplacement pour ingérer les algues uniquement pendant la période nycthémérale. Si plusieurs algues sont proposées, l’ormeau a un régime varié même s’il présente une préférence pour Enteromorpha intestinalis et Asparagopsis armata. Les choix alimentaires se basent sur la valeur nutritionnelle et les propriétés physiques des algues. L’ormeau étant une espèce nouvellement domestiquée, il sera intéressant de regarder les effets de la domestication sur sa réponse de stress et son comportement alimentaire à moyen terme.

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