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Soutenance de thèse en Géosciences Marines par Assia FERNANE

Cette soutenance de thèse aura lieu le mercredi 17 décembre 2014 à 9h30 à l'IUEM, amphi A.

Sujet : "Reconstitution des fluctuations holocènes en relation avec les changements climatiques et l'antropisation sur les côtes bretonnes à partir de bio-indicateurs fossiles (chironomidés, pollen et foraminifères benthiques."

Résumé

L’évolution du climat Holocène a fait jusqu’ici l’objet de très peu d’études au niveau de la Bretagne. Celles-ci, s’inscrivant dans un contexte à la fois paléo-environnemental et archéologique, présentent souvent un caractère local et ponctuel qui permet difficilement de replacer les changements paléoenvironnementaux observés dans un contexte climatique plus global. Pourtant, la Bretagne, par sa particularité géographique et son exposition océanique, constitue un milieu de prédilection pour l’étude du climat puisqu’elle est fortement exposée, à l’actuel comme ce fut aussi le cas par le passé, aux aléas climatiques typiques de l’Atlantique Nord (régimes de tempêtes notamment) induits par les changements de configurations atmosphériques et océaniques. De plus, la région Bretagne présente une grande diversité de milieux littoraux, avec la présence de rias, d’estuaires, de marais salants, etc. Or, les environnements côtiers sous influence fluviale sont des puits sédimentaires soumis à de forts taux de sédimentation qui offrent l’opportunité d’enregistrer les changements environnementaux passés sur des milliers d’années. Les milieux d’arrière-plage (dunes, lagunes, tourbières), abondamment présents dans la région, constituent ainsi des domaines protégés de l’érosion marine et renferment des remplissages sédimentaires ayant potentiellement enregistré l’évolution séculaire et/ou millénaire du littoral breton, avec très certainement l’empreinte de certains évènements hydrodynamiques majeurs, mais aussi des traces de l’occupation humaine, dont certains auteurs ont montré le caractère précoce et croissant depuis le mésolithique. Ici, nous nous proposons de conduire des reconstitutions paléoenvironnementales et paléoclimatiques à partir de plusieurs séquences sédimentaires prélevées autour du littoral breton, afin de mieux comprendre la réalité des forçages naturels et/ou anthropiques sur les écosystèmes analysés. Pour mener à bien notre étude, nous avons développé une approche paléoécologique multidisciplinaire impliquant plusieurs disciplines complémentaires : sédimentologie et pétrographie, palynologie (pollen et dinokystes) et micropaléontologie (foraminifères benthiques et Chironomidae). Au final, l’analyse des séquences sédimentaires fournit une vision très précise et complète des fluctuations climatiques et environnementales qui ont caractérisé le Nord-Ouest de la France durant la seconde partie de l’Holocène, i.e. depuis les 7000 dernières années. Le recoupement des données entre les différents sites étudiés (1 site Nord Finistère et 2 sites Morbihan), montre l’hétérogénéité spatiale des données paléoécologiques qui caractérisent le secteur. Alors que les séquences prélevées sur les côtes sud bretonnes enregistrent un signal d’anthropisation dès le Néolithique moyen, celle-ci n’apparaît qu’à partir de l’Age du Bronze sur les côtes nord bretonnes, en accord avec les données archéologiques. De plus, nos données montrent que la néolithisation ne s’effectue pas de façon continue mais montre des phases de régression autour de la transition Néolithique final - Age du Bronze, en lien très certainement avec des détériorations climatiques. En effet, les périodes de froid signalées sur le nord de l’Europe durant l’Holocène et caractérisées par des récurrences de tempêtes dans la région Bretagne, semblent synchrones avec les chutes des marqueurs d’anthropisation mais aussi avec les retraits des populations de la côte vers l’intérieur des terres tels que décrits par les études archéologiques depuis le Néolithique final. Ces résultats suggèrent un impact direct du climat sur les dynamiques de population et d’occupation des territoires depuis le Néolithique en Bretagne.

 

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(C) Pascale Lherminier / Ifremer