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Soutenance de thèse en biologie marine par Marine HOLBACH

Cette soutenance de thèse aura lieu le vendredi 19 décembre 2014 à 14h salle A 215 de l'IUEM en visio conférence avec l'université du Québec.

Sujet :La sensibilité de larves de pectinidés aux conditions d'élevage : le flux ouvert comme alternative aux mortalités massives.

Résumé

Dans de nombreux pays, l’aquaculture de pectinidés dépend aujourd’hui du succès de la production contrôlée de juvéniles. Néanmoins, les fortes variations des taux d’éclosion des œufs et de la survie larvaire, enregistrées à ce jour, rendent cette production imprévisible. Les élevages larvaires en flux ouvert de coquille Saint-Jacques (Pecten maximus) ont été développés en Norvège et présentent des résultats prometteurs. Malheureusement, les rendements de production encore faibles et l’impossibilité de travailler à fortes densités restent un frein majeur au développement de cette technique. En France, une technique en flux-ouvert, en petit volume (5 L), et à forte densité (≤ 300 larves mL-1) a été développée pour les ostréidés. Des expériences préliminaires visant à décliner ce système d’élevage aux larves de P. maximus se sont avérées infructueuses : retard de croissance et forte mortalité en quelques jours. Il est reconnu que les larves de pectinidés doivent faire face à des contraintes diverses en écloserie : bactériologiques, physiologiques et environnementales. Elles sont également plus sensibles que les larves des autres espèces de bivalves comme par exemple l’huître japonaise (Crassostrea gigas). Il apparait donc nécessaire aujourd’hui d’identifier plus clairement l’origine des phénomènes perturbant le bon développement des larves en flux ouvert afin d’améliorer la qualité des élevages et les rendements larvaires.

Ainsi cette thèse cherche à (1) contrôler la qualité sanitaire des stades précoces de P. maximus, et (2) comprendre la sensibilité des larves face aux conditions d’élevage en flux ouvert. Elle est axée sur trois chapitres regroupant quatre expériences.

  Dans un premier temps, nous avons testé l’impact de la présence du sédiment lors du conditionnement des géniteurs. Il a clairement été mis en évidence que la présence de sédiment favorisait la contamination des œufs émis et des larves-D qui en découlent par des bactéries du genre Vibrio. Les profils lipidiques des œufs et des larves-D issus des deux conditionnements étaient similaires, indiquant que l’absence de sédiment n’impacte pas la gamétogénèse. Les larves issues de ces géniteurs conditionnés sans sédiment et élevées en séquentiel, ont enregistré des taux de mortalité significativement supérieurs aux larves issues de géniteurs conditionnés avec sédiment.

  Nous avons également cherché à déterminer l’impact du bullage sur la physiologie des larves. Pour cela nous avons étudié les performances larvaires et suivi des indicateurs de stress tels que l’activité des enzymes du stress oxydatif (Catalase, Superoxyde Dismutase) et du métabolisme énergétique (Citrate Synthase). Quelle que soit l’intensité du bullage, nous avons observé une réduction de la croissance et une mortalité précoce par rapport au lot témoin qui pourrait être expliquée par la diminution observée dans la consommation des larves.

  Enfin, deux autres expériences ont permis de déterminer quels paramètres d’élevage en flux ouvert seraient les plus favorables au développement des larves de coquille Saint‑Jacques. Dans un premier temps, l’influence sur le développement larvaire de l’utilisation d’enceintes circulaires et rectangulaires à fond plat a été testée. Des résultats encourageants ont été obtenus dans les enceintes rectangulaires à fond plat, avec des taux de survie et de compétence jamais observés lors de nos tests réalisés dans les enceintes développées pour les ostréidés. Dans un second temps, des élevages en flux ouvert ont été réalisés dans les enceintes rectangulaires afin d’étudier l’impact de l’intensité du renouvellement d’eau sur le développement et la physiologie des larves via les indicateurs de stress cités plus haut. Un renouvellement complet de l’enceinte toutes les 4 heures, a eu le même impact sur les performances larvaires et la physiologie qu’un renouvellement deux fois plus rapide. En ajoutant un bullage dans ce système, nous avons constaté la mort de toutes les larves en fin d’élevage. Il semblerait donc que le bullage soit le paramètre le plus perturbant pour les larves de coquille Saint‑Jacques.

  Grâce à l’étude et à la compréhension des mécanismes physiologiques impliqués dans la lutte contre le stress des larves de P. maximus en flux ouvert, ce projet de doctorat donne des clés permettant d’améliorer cette technique d’élevage tout en limitant l’utilisation de produits chimiques en milieu contrôlé.

Photo du mois

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(C) Pascale Lherminier / Ifremer