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Exposition et conférence : Du fer dans l'Océan austral : une oasis de plancton

Du 8 au 24 février 2012, exposition dans le hall de l'IUEM ; le 16 février à 13h, conférence dans l'Amphi A de l'IUEM ; entrée gratuite et ouverte à tous.

En octobre-novembre 2011, trois chercheurs du Laboratoire des sciences de l'environnement marin (Lemar) de l'IUEM ont participé sur le Marion Dufresne à une campagne océanographique au large de Kerguelen. Baptisée Keops II, cette campagne avait pour objet d'étudier le développement printanier du phytoplancton dans des eaux naturellement enrichies en fer, oasis de productivité au sein d'un océan Austral qui en est très peu pourvu.

Dans d'immenses régions océaniques, dont la plus grande partie de l'océan Austral, la production des algues microscopiques du plancton est limitée par la quantité de fer disponible ; cet élément, présent en quantités toujours très faibles dans l'eau de mer, est en effet indispensable à tous les organismes vivants. Cette limitation a une conséquence climatique planétaire car le phytoplancton se développe en absorbant du dioxyde de carbone (CO2) qui provient en partie de l'atmosphère. La matière organique qu'il fabrique par la photosynthèse passe dans les maillons supérieurs de la chaîne alimentaire, mais une petite fraction échappe à ce cycle et descend vers des eaux plus profondes : organismes non consommés, pelotes fécales, etc. Cet export de carbone organique peu à peu reminéralisé par les bactéries est appelé "pompe biologique de carbone" ; c'est un des mécanismes par lesquels l'océan absorbe et stocke pour des durées très longues une partie du carbone rejeté dans l'atmosphère par les activités humaines sous forme de CO2. Faute de fer en quantité suffisante, cette pompe biologique ne tourne pas partout à plein régime : c'est pourquoi des projets envisagent de "fertiliser" l'océan en apportant du fer là où le plancton en manque. Cependant cette "géo-ingéniérie" à grande échelle aurait des conséquences inconnues mais potentiellement très profondes.

Pour mieux comprendre les mécanismes de la pompe biologique de carbone, le projet Keops étudie précisément une région de l'océan Austral où l'eau est naturellement fertilisée par la proximité du grand plateau insulaire de Kerguelen. Pendant deux mois, une cinquantaine de scientifiques de plusieurs pays ont récolté des données sur les caractéristiques et les déplacements des masses d'eau, la production de plancton, la chute de particules organiques, la sédimentation, etc.

Pendant le mois de février, l'IUEM met le projecteur sur la campagne Keops II, à travers deux évènements ouverts à tous :

- du 8 au 24 février, une exposition préparée avec le concours de l'Ipev et du CNRS/Insu présente une maquette du Marion Dufresne, des posters didactiques sur les opérations effectuées à bord, une sélection des meilleurs photographies prises par les scientifiques, et quelques uns des appareils de prélèvement ou de mesure utilisés au cours de la campagne.

- le 16 février à 13h, une conférence donnée par G. Sarthou, F. Planchon et F. Chever, les trois participants de l'IUEM à Keops II, expliquera de façon très illustrée et en termes accessibles à tous les objectifs du projet et les travaux réalisés à bord.

Photo du mois

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(C) Pascale Lherminier / Ifremer