Outils personnels

Vous êtes ici : Accueil / L'institut / Actualités / Avis de soutenance de thèse en biologie marine par Anne Rolton

Avis de soutenance de thèse en biologie marine par Anne Rolton

Cette soutenance de thèse intitulée "Impacts du dinoflagellé toxique karenia brevis sur la reproduction et les jeunes stades de développement des bivalves Crassostrea virginica et Mercenaria mercenaria" se tiendra le mardi 20 janvier 2015 à 14h dans l'amphi A de l'IUEM.

Les efflorescences d’algues toxiques (HAB) peuvent avoir des effets sur la santé humaine, et ont des impacts économiques et environnementaux dans le monde entier. L’espèce de HAB la plus répandue dans le golfe du Mexique (GoM) est le dinoflagellé toxique, Karenia brevis. Les brévétoxines (PbTx) produites par K. brevis peuvent avoir des effets graves, provoquant des épisodes de mortalité de mammifères marins, d’oiseaux et de poissons, mais aussi l'intoxication neurotoxique (NSP) chez l'homme. Même si de nombreuses espèces de coquillages sont affectées par K. brevis, les effets de cette algue sur des espèces écologiquement et économiquement importantes telles que le « clam » (Mercenaria mercenaria) et l'huître Américaine (Crassostrea virginica) sont encore mal compris.

Les efflorescences de K. brevis peuvent durer plusieurs mois. Par conséquent, les bivalves pourraient être exposés à K. brevis pendant de longues périodes, coïncidant avec les saisons de reproduction et de ponte. Les objectifs de ce projet étaient i) de  déterminer les effets chroniques d’une exposition contrôlée en laboratoire et d'une exposition naturelle de terrain à K. brevis, sur la reproduction des adultes de M. mercenaria et C. virginica, et sur la qualité de la descendance ainsi produite et ii) de déterminer les effets directs d’une exposition de K. brevis sur les gamètes, les embryons et le développement larvaire de ces espèces.

Les « clams » et les huîtres ont accumulé des niveaux élevés de PbTx après exposition à K. brevis, indiquant un degré «d’insensibilité» à PbTx, même si les paramètres physiologiques de la reproduction de ces deux espèces ont été affectés. La brévétoxine était présente à la fois dans le sperme et les ovocytes des adultes des deux espèces exposées à K. brevis. Un transfert maternel de PbTx à la descendance via les ovocytes, peut avoir entraîné les effets négatifs significatifs observés lors du développement larvaire, mais seulement jusqu'à la fin de la phase lécithotrophe (au cours duquel les larves utilisent les réserves lipidiques de l’ovocyte).

La similarité des effets négatifs et dose-dépendants causés par l'exposition de gamètes et de jeunes stades de vie à différentes préparations de cellules de K. brevis suggère que d'autres composés toxiques, en plus de PbTx, pourraient être impliqués dans la toxicité. Les larves exposées à partir du stade de gamète ou du stade embryonnaire ont répondu de manière similaire en termes de sensibilité suggérant que la majorité des effets négatifs se produisent au cours des divisions embryonnaires.

Le « clam » et l’huître américaine sont plus sensibles à K. brevis que ce qui est généralement admis. Les effets résultant de stress multiples sur les adultes et jeunes stades de vie, combinés à une exposition quasi-annuelle aux efflorescences de K. brevis, pourraient engendrer des perturbations significatives en termes de recrutement et de dynamique des populations de ces espèces, et pourraient donc avoir des répercussions environnementales et économiques plus larges. D'autres études sont nécessaires pour identifier les composés bioactifs et déterminer la proportion des effets négatifs attribuables à K. brevis / PbTx / ou autres composés bioactifs. Une meilleure compréhension de ces effets pourrait faciliter la modélisation des efflorescences de K. brevis, ce qui permettrait de prédire les impacts aigus et chroniques d’efflorescences sur la fécondité, le recrutement et donc la résilience des populations de bivalves dans le SO de la Floride et d'autres régions touchées du GoM. Ces résultats pourraient également aider à la prise de décisions plus scientifiquement fondées sur le choix de sites appropriés pour la pêche / l’aquaculture de bivalves ainsi que sur les méthodes à envisager pour la restauration et l’amélioration des stocks de bivalves sauvages à entreprendre.

Photo du mois

Geovide_PLherminier_0790.JPG

(C) Pascale Lherminier / Ifremer